Les albums

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Classique - Paru le 4 mai 2018 | CPO

Livret Distinctions 5 de Diapason
Ténor le père, ténor le fils ! Christoph Prégardien peut s’enorgueillir d’avoir engendré un digne descendant de son art vocal, puisque le fils Julian emboite désormais le pas (tandis que dorénavant le père s’oriente sagement vers des répertoires moins aigus…). Pour preuve cet album consacré aux divers Orphées opératiques de Peri, Caccini, Monteverdi , Belli, Landi et Rossi, aux différents Orphées mélodiques de Johnson, Farmer, Lawes, Greene, Boyce, Grayson et Purcell, ainsi qu’à quelques Orphées purement instrumentaux de Byrd, Voigtländer et autres. Ainsi qu’on le voit, Prégardien mêle compositeurs célèbres et maestros quelque peu oubliés, nous permettant ainsi d’avoir une extraordinaire vue d’ensemble de ce que pouvait être la vision musicale du mythe et du personnage d’Orphée tout au long de plusieurs siècles allant de la première Renaissance au milieu de l’ère baroque, en Italie, en Allemagne et en Angleterre. Le chanteur est accompagné par l’ensemble Teatro del Mondo, qui rassemble tout ce qui se faisait à l’époque : cornet à bouquin, flûtes à bec, violon, gambe, lira da gamba, théorbe, guitare, orpharion (une sorte de luth), harpe, clavecin, luth-clavecin, orgue et tambourin à cordes – une sorte de cithare de la sphère ibérique et gasconne. Grande richesse instrumentale, grande ampleur vocale, grand éventail de compositions, que souhaiter de plus… © SM/Qobuz
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Classique - Paru le 4 mai 2018 | CPO

Livret Distinctions 5 de Diapason
Quelque soixante à quatre-vingt ans avant la plus célèbre Passion selon saint Mathieu qui soit, celle de Bach, il en existait déjà une considérable quantité (en langue vernaculaire, s’entend) signée Selle, Flor, Furchtheim, Funcke et aussi le présent Johann Sebastiani (1622-1683). La sienne fut écrite en 1663 pour la cathédrale de Königsberg dont il venait d’être nommé Cantor, un poste qu’il tiendrait – ainsi que celui de Kapellmeister auprès de la cour – presque jusqu’à sa mort. On est ici très, très loin stylistiquement de l’austère Passion de Schütz (quasi-contemporaine), par exemple, Sebastiani, nourri à la source italienne la plus contemporaine, celle de l’opéra et de l’oratorio romain, vénitien, napolitain, déroulant un véritable drame lyrique dans lequel les récitatifs, tissés dans le discours général, sont systématiquement accompagnés d’une riche polyphonie instrumentale et non pas seulement d’un simple continuo. La Passion de Sebastiani est sans conteste son ouvrage le plus considérable, et même en son temps il fut donné, redonné, publié et diffusé à travers la Prusse. L’accompagnement orchestral est confié à un grand ensemble polyphonique de violes pour la partie écrite, tandis que le compositeur lui-même, dans sa préface, précise que les continuos doivent être confiés au plus grand nombre possible d’instruments : orgue positif, épinette ou clavecin, luths, théorbes. C’est précisément cette richesse instrumentale qu’a rassemblée l’ensemble du Festival de musique ancienne de Boston, avec un plateau de chanteurs qui prennent à cœur leur rôle narratif certes, mais aussi le contenu dramatique et humain du texte qui leur est confié. Une magnifique découverte sans doute pour bien des mélomanes qui ne connaissaient pas même l’existence de ce compositeur baroque majeur, dont hélas l’écrasante majorité des manuscrits a été anéantie lors de la Seconde Guerre mondiale, qui a laissé Königsberg en ruine. © SM/Qobuz
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Symphonies - Paru le 4 mai 2018 | CPO

Livret Distinctions 5 de Diapason
De son temps, le compositeur autrichien Johann Nepomuk David (1895-1977) connut une solide renommée ; sa Seconde Symphonie de 1938 ne fut-elle pas créée l’année suivante par rien moins que Hermann Abendroth avec l’Orchestre du Gewandhaus de Leipzig ? Quant à la Quatrième, commencée en 1942 mais plusieurs fois remaniée jusqu’à sa version définitive de 1948, elle aussi fut créée par l’Orchestre du Gewandhaus, et trouva bientôt le chemin du répertoire de chefs tels que Keilberth, Leitner, Jochum ou encore Rosbaud, évident témoignage de tout l’intérêt que suscitait David parmi les interprètes les plus renommés de son temps. Puis vint l’avant-garde, à laquelle le compositeur ne souscrivit jamais ; il avait lui-même côtoyé Schönberg en empruntant quelques éléments techniques du Viennois, tout en gardant toujours un pied fermement ancré dans la tonalité, l’écriture modale et la polyphonie rigoureuse. Aussi n’est-il pas impossible de voir des parallèles avec son exact contemporain Hindemith – tous deux sont nés en 1895, même si parfois l’influence du tout dernier Bruckner pointe le bout de son nez, en particulier dans l’ample énergie des points culminants. Voilà un fascinant bonhomme qu’il est bon de restituer à la place qui est légitimement sienne dans le concert des nations. © SM/Qobuz
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Classique - Paru le 4 mai 2018 | Herisson

Distinctions 5 de Diapason
« Le labyrinthique catalogue pour clavier solo de Carl Philipp Emanuel Bach se visite en flânant plutôt qu'en parcours exhaustifs [...] Poursuivant un travail de fond sur les sources, aiguisant son regard par la fréquentation de la littérature du temps, Mathieu Dupouy l'aborde avec une vision riche et personnelle. [...] Comme possédé par son sujet, Dupouy évite tous les pièges de cette écriture en pointillé. Il en dégage la ligne directrice en s'appuyant autant sur les ressources de timbre (palette très "boisée" d'un somptueux pianoforte Gräbner de 1791) que sur la structure des pièces. [...] Par sa diversité et son autorité sur un terrain glissant, ce récital fait une initiation idéale à ce répertoire passionnant.» (Diapason, juin 2018 / Philippe Ramin)
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Quatuors - Paru le 20 avril 2018 | Aparté

Hi-Res Livret Distinctions 5 de Diapason - 4F de Télérama - Choc de Classica
À l’occasion du bicentenaire de la naissance de Charles Gounod, cette première intégrale des quatuors à cordes (dont deux inédits) sur instruments d’époque révèle une partie méconnue de son œuvre, dominée par la musique vocale. Figure majeure du Romantisme français, Gounod s’inscrit avec ses cinq quatuors dans la lignée du classicisme viennois. Les accents lyriques du Quatuor en sol mineur ou la légèreté aérienne du Scherzo du Petit Quatuor évoquent rien moins que les noms de Schubert et Mendelssohn. Les musiciens du Quatuor Cambini-Paris (Julien Chauvin, Karine Crocquenoy, Pierre-Éric Nimylowycz et Atsushi Sakaï) restituent avec grâce ces pages empreintes de gravité et de suavité. © Aparté/Little Tribeca
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Classique - Paru le 19 mars 2007 | Aeolus

Livret Distinctions 5 de Diapason - 4 étoiles du Monde de la Musique
Quare fremuerunt gentes - Veni creator - Quae est ista - Offertoire pour orgue - O Salutaris - Ave Maria - Tantum ergo - Domine Deus in simplicitate - Andantino pour orgue - Domine non secundum - O salutaris... / Katia Velletaz, sop. - Emiliano Gonzalez Toro, ténor - Stephan MacLeod, basse - Maîtrise du CPM de Genève - Diego Innocenzi, orgue - Bernard Tétu, direction - Solistes de Lyon...
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Opéra - Paru le 6 avril 2018 | Glossa

Hi-Res Livret Distinctions 5 de Diapason
Créée en 1749 pour saluer le Traité d’Aix-la-Chapelle signé entre George II et Louis XV qui met fin à la guerre de Succession d’Autriche, la pastorale héroïque Naïs de Rameau consacre le triomphe de la virtuosité sur la scène de l’Académie Royale de Musique, alors qu’en Angleterre, Haendel écrit sa célèbre Musique pour les feux d’artifice royaux pour la même occasion. Lassé des sombres tragédies et de leur lot de passions noires et oppressantes, le public accueille avec enthousiasme les ouvrages plus légers – ballets et pastorales – dans lesquels la soprano Marie Fel et le ténor Pierre Jélyotte se font applaudir pour leurs tours de gosier prodigieux. Avec Naïs, Rameau signe certaines de ses pages les plus impressionnantes, parmi lesquelles l’ouverture et le prologue descriptif, retraçant le combat entre les Titans et la cour céleste pour gouverner l’Olympe. Échanges galants, évolution d’athlètes, prophétie, fête pastorale, combat naval et noces sous-marines ponctuent l’ouvrage et accompagnent l’éclosion des sentiments tendres qui unissent Naïs et Neptune. Cette coproduction entre le Centre de Musique Baroque de Versailles (CMBV) et le Müpa Budapest Early Music Festival vient confirmer la place prise désormais par György Vashegyi dans le domaine de la musique baroque et de la musique française en particulier. Après le succès des Fêtes de Polymnie du même Rameau en 2015 ou encore la révélation d’Isbé de Mondonville, voilà que le chef hongrois récidive à la tête d’excellents chanteurs et de ses deux ensembles, le Budapest Orfeo Orchestra et le Purcell Chorus qu’il a fondé à Budapest, à la fin de ses études à l’Académie Franz Liszt complétées par des masterclasses avec Sir John Eliot Gardiner et Helmut Rilling. Cette production franco-hongroise autour de Rameau va se prolonger avec la parution prochaine des Indes Galantes. © François Hudry/Qobuz
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Musique de chambre - Paru le 6 avril 2018 | Warner Classics

Livret Distinctions 5 de Diapason
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Classique - Paru le 6 avril 2018 | Paraty Productions

Hi-Res Livret Distinctions 5 de Diapason
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Classique - Paru le 6 avril 2018 | Warner Classics

Hi-Res Livret Distinctions 5 de Diapason
Les affinités d’Emmanuel Krivine avec la musique française son connues depuis longtemps, ses enregistrements avec l’Orchestre National de Lyon et le Philharmonique du Luxembourg, deux phalanges symphoniques dont il fut le directeur, en témoignent. Il s’agit ici de son premier album avec l’Orchestre National de France dont il est le directeur artistique depuis 2017. La Mer et les Images pour orchestre constituent, avec le Prélude à l’après-midi d’un faune, Jeux et les trois Nocturnes, l’ossature de l’œuvre pour orchestre de Debussy. On y trouve un imaginaire aux lointaines perspectives, une harmonie très raffinée et des recherches de timbres qui posent souvent des problèmes difficiles aux chefs d’orchestre qui risquent de se noyer dans la recherche de couleurs au détriment de la structure de l’ensemble, car pour impressionniste qu’elle soit, la musique de Debussy n’en est pas moins d’une grande rigueur d’écriture. Rien de tel avec Emmanuel Krivine et les musiciens du National qui privilégient le lyrisme avec une opulence orchestrale d’une grande sensualité. © François Hudry/Qobuz
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Classique - Paru le 30 mars 2018 | PentaTone

Hi-Res Livret Distinctions 5 de Diapason - Gramophone Editor's Choice
Le titre d’une œuvre peut-il influer sur la manière dont l’approche l’interprète ? Les deux plus grands chefs-d’œuvre pianistiques de Messiaen, en tous cas, portent des titres qui suggèrent des expériences musicales très différentes : Vingt Regards sur l’Enfant-Jésus (1944) est plongé dans la ferveur religieuse et la contemplation, tandis que le Catalogue d’oiseaux (1956–1958) rappelle davantage un ouvrage de référence ornithologique. Voire… Le compositeur lui-même déclarait à Claude Samuel : « J’ai tenté de rendre avec exactitude le chant de l’oiseau type d’une région, entouré de ses voisins d’habitat, ainsi que les manifestations du chant aux différentes heures du jour et de la nuit ». Toutefois, il poursuivait en décrivant une dimension plus expressive et poétique de l’œuvre. Les chants d’oiseaux sont en effet « accompagnés dans le matériel harmonique et rythmique des parfums et couleurs du paysage où vit l’oiseau », d’autant qu’en effet, il n’est guère possible de transcrire « exactement » à quelque instrument humain que ce soit l’invraisemblable rapidité des chants d’oiseaux ; on a pu imaginer que l’idée de « reproduction sonore » était au centre de la conception de Catalogue d’oiseaux, mais dans l’œuvre achevée, c’est bel et bien un grand compositeur que nous entendons, un maître des structures innovantes trouvant une gamme étonnante de sonorités de piano. En d’autres termes, malgré son titre, Catalogue d’oiseaux n’est en aucun cas un simple documentaire musical, mais bien plus une série de poèmes musicaux explorant les oiseaux et les autres merveilles naturelles – en l’occurrence de la France, puisque tous ces délicieux volatiles ont été notés à travers l’Hexagone. Pierre-Laurent Aimard en donne une lecture à la fois hyper-précise et rigoureuse vis à vis de la (diabolique) partition, et pourtant si poétique et inspirée, qu’on a l’impression qu’il joue sous la dictée ornithologique. © SM/Qobuz
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Classique - Paru le 25 mars 2018 | Passacaille

Hi-Res Distinctions 5 de Diapason
On ne s’étonnera guère que Telemann, lui-même baryton, ait consacré une belle part de sa production de cantates (quelque 1400 ouvrages en tout !) à sa voix, d’autant que selon les habitudes de l’époque dans le monde protestant, le personnage de Jésus était confié à cette même voix. Voici donc une poignée de cantates de la Passion pour basse solo, d’une grande intimité et surtout d’une immense douleur déroulée avec maestria par le compositeur qui, il n’y a pas à en démordre, sait toujours rester original. On est presque dans une sorte de théâtre musical sacré, dans lequel la trame est déroulée dans les courts et sobres récitatifs, puis commentée dans les déchirantes arias débordant de peinture sonore. Le baryton-basse néerlandais Peter Kooy (ou encore Kooij), un disciple du mythique Max von Egmond, et dont la carrière s’est envolée dès les années 1980 avec Herreweghe au sein de La Chapelle Royale et du Collegium Vocale de Gand, nous donne une lecture veloutée, sur le tapis instrumental que lui déroule L’Armonia Sonora. En guise de respiration, les trois cantates sont entrelacées de quelques sonates instrumentales. L’album se referme avec une aria tirée de l’ample Oratorio-Passion Seliges Erwägen des bittern Leidens, « Gute Nacht, ihr meine Lieben ». Difficile de ne pas penser à Bach avec son propre « Gute Nacht » – Bach à qui on a déjà pensé avec l’une des cantates, Ich will den Kreuzweg gerne gehen dont le texte et l’esprit s’approchent bien sûr de Ich will den Kreuzstab gerne Tragen du Cantor de Leipzig (également pour basse solo !), notez la petite différence de formulation entre les deux collègues et amis que furent Bach et Telemann. © SM/Qobuz
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Classique - Paru le 23 mars 2018 | Glossa

Hi-Res Livret Distinctions 5 de Diapason
S’il n’est pas aussi connu de nos jours comme ses contemporains et compatriotes Francesco Durante ou Leonardo Leo, Francesco Feo n’en est pas moins un représentant majeur de la grande école napolitaine ; il laissa d’ailleurs son poste au Conservatoire Sant-Onofrio de Naples à Leo pour prendre celui laissé vacant par Durante au Conservatoire dei Poveri di Gesù Cristo, toujours à Naples : c’est tout dire de ce magnifique creuset que fut le royaume des Deux-Siciles (dont Naples était la capitale) à la grande époque. L’oratorio San Francesco di Sales, Apostolo del Chablais fut donné pour la première fois à Bologne en janvier 1734, puis repris quelques années plus tard à Venise, preuve évidente que l’ouvrage connut quelque renommée. D’ailleurs, Feo, du haut de ses seize opéras – dont le premier mettait pour la première fois en musique le livret d’un nouveau-venu, Metastasio – était l’un des compositeurs les plus considérés de son temps, non seulement à Naples mais aussi à Vienne et à Madrid, et l’on ne peut que se demander pourquoi diable sa musique n’est pas plus diffusée de nos jours. Gageons que cet enregistrement, une première discographique (la partition n’a été reconstituée que tout récemment), saura le replacer sur l’avant-scène baroque italienne qu’il devrait légitimement partager avec Leo et Durante. L’Orchestre de Chambre de Stuttgart, sous la direction de Fabio Biondi, s’est associé les talents d’un parfait plateau de chanteurs. © SM/Qobuz
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Duos - Paru le 23 mars 2018 | Warner Classics

Hi-Res Livret Distinctions 5 de Diapason
Dans la famille Chung – dynastie serait le mot plus exact –, je voudrais… la violoniste. Et voilà donc Kyung-wha Chung (née en 1948), dont la carrière commença avec éclat avant même qu’elle atteignît l’âge de dix ans ; ce qui ne l’a pas empêché par la suite de poursuivre ses études à la Juilliard, car l’état d’enfant-prodige comporte un grand risque, celui de rester enfant. Chung n’a pas commis cette erreur, de sorte que sa carrière d’adulte a ensuite pris un essor planétaire. Elle a choisi ici le répertoire franco-belge de Fauré et Franck, dont la Première Sonate de l’un et l’unique Sonate de l’autre représentent bien évidemment les piliers de l’enregistrement. Franck offrit la sienne au monde en 1886, mais en réalité celle de Fauré est bien antérieure puisqu’elle date de 1876 déjà ! C’est donc à la fois le premier Fauré et le Franck de la grande maturité qui se confrontent ; toutes deux partagent la tonalité radieuse de la majeur (au violon, les tonalités sont bien plus différentiées que par exemple au piano, certaines étant bien plus éclatantes, pour des raisons techniques un brin… techniques à expliquer), toutes deux sont architecturées en quatre mouvements, mais dans l’une s’exprime la jeunesse et la fougue – et un brin de ton de salon, peut-être – tandis que chez Franck on sent l’assise des ans, l’ample construction cyclique et l’art consommé de donner à chaque instrument une part égale du discours. En complément de programme, Chung et le pianiste Kevin Kenner proposent quelques bonbons des deux compositeurs, ainsi qu’un petit Debussy et Salut d’amour d’Elgar, adressée à sa fiancée en gage de sincérité. © SM/Qobuz
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Musique de chambre - Paru le 23 mars 2018 | CPO

Livret Distinctions 5 de Diapason - Gramophone Editor's Choice
La musique française a été plusieurs fois redevable à des musiciens venus d’ailleurs d’avoir apporté un nouvel élan au style national, tels le Florentin Jean-Baptiste Lully (Giovanni-Battista Lulli en fait) qui a inventé la tragédie en musique, le grand motet ou l’ouverture à la française, ou le Liégeois César Franck auquel on doit le renouveau de la symphonie et de la musique de chambre ayant entraîné dans son sillage toute une école de jeunes musiciens français. Le Quatuor à cordes en ré majeur de César Franck, une de ses dernière œuvres, est bien le premier grand quatuor à cordes de l’école française moderne, celui qui ouvre la voie à Debussy et à Ravel. Créé en 1890 avec un accueil très enthousiaste à la Société Nationale de Musique, il est aujourd’hui délaissé par les quartettistes sans qu’on sache vraiment pourquoi, car c’est une œuvre forte qui aurait parfaitement sa place au sein du répertoire. Spécialisé dans le répertoire russe (Chostakovitch, Weinberg) et créateur de plusieurs œuvres contemporaines (Greif, Mantovani ou Rihm), le Quatuor Danel a travaillé avec le Quatuor Amadeus et le Quatuor Borodine. Grâce à une gamme expressive très colorée et des nuances d’une grande subtilité, les musiciens du quatuor trouvent un ton à la fois élégiaque et tragique aux deux œuvres de Franck ici présentes. Dans le fameux Quintette en fa mineur, plus souvent enregistré, le pianiste finlandais Paavali Jumppanen se fond parfaitement dans l’ensemble, dans un dialogue des plus féconds. © François Hudry/Qobuz
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Classique - Paru le 23 mars 2018 | Evidence

Hi-Res Livret Distinctions 5 de Diapason
Élisabeth Jacquet de La Guerre n’a pas à rougir de se retrouver enfin aux côtés des Chambonnière et Couperin dans la discographie consacrée au clavecin du XVIIe siècle. C’est ce que nous apprend le livret érudit de ce nouveau disque. Compositrice méconnue aujourd’hui, elle jouissait pourtant d’une grande réputation de son vivant. Et pour cause, ses compositions inspirées exploitent tous les registres du clavecin, donnant de l’ampleur à ses oeuvres. Dans ce deuxième album solo, Marie van Rhijn poursuit l’exploration du Grand Siècle sur un très beau clavecin d’époque, le même que celui du précédent enregistrement. Inspirée par son programme, la musicienne prolonge l’un des menuets d’un double de sa composition, à la manière d’Élisabeth Jacquet de La Guerre bien sûr. Manifestant par-là que ce répertoire est toujours actuel. © Evidence
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Classique - Paru le 23 mars 2018 | Glossa

Hi-Res Livret Distinctions 5 de Diapason
Secrète, Mara Galassi distille ses albums avec un raffinement rare au long de ces vingt dernières années, aiguisant ainsi notre impatience d’écouter son dernier projet, fascinant, ayant pour titre "Portrait of a Lady with Harp (« Portrait de dame à la harpe »). L’atmosphère dans laquelle nous plonge la grande harpiste milanaise est celle de la cour de Christine de Suède : la reine splendide et scandaleuse qui renonça au trône, se convertit au catholicisme et s’établit à Rome en plein Seicento, pour mener une vie – culturelle – spectaculaire où elle troqua son titre de Majesté contre celui de Mécènisssime d’une multitude de gens de lettres, de science et, surtout, de musique. Parmi les compositeurs actifs à Rome, Christine protégeait ceux qu’elle admirait le plus avec la même générosité, qu’ils fussent ou non de sa cour, entre autres : Alessandro Stradella, Bernardo Pasquini, Arcangelo Corelli et Alessandro Scarlatti. Le mystère qui entoure tous les projets discographiques de Mara Galassi n’est pas absent ici : cette dame à la harpe, dont le livret reproduit le portrait, est-elle la reine auto-exilée ? Dans l’essai accompagnant cette édition, Arnaldo Morelli enquête sur l’histoire, sulfureuse, de ce tableau tout en peignant en pleine pâte la vie musicale de Christine à Rome. Cette vie, intense et turbulente, reflet fidèle de la Rome des années centrales du Seicento, flamboie dans l’interprétation de Mara Galassi qui joue d’un instrument basé sur la célèbre « Arpa Barberini » construite par Girolamo Acciari en 1632, une harpe triple au registre ample et d’une grande subtilité sonore. © Glossa
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Musique concertante - Paru le 23 mars 2018 | Alpha

Hi-Res Livret Distinctions 5 de Diapason
Et si ce nouvel album était la nouvelle grande version du Concerto pour violoncelle en mi mineur d’Edward Elgar ? Tout dans la personnalité de la jeune violoncelliste Marie-Elisabeth Hecker nous le laisse croire, grâce à la sonorité somptueuse et à fièvre brûlante qui parcourt son interprétation de bout en bout. Evidemment il est tentant de comparer la jeune Allemande à sa lointaine collègue Jacqueline Du Pré qui avait fait de ce concerto son cheval de bataille. L’éditeur ne s’y est d’ailleurs pas trompé en photographiant Marie-Elisabeth Hecker exactement dans la même pose qu’une des célèbres photos de la violoncelliste anglaise, jeune épouse alors de Daniel Barenboim, la tête penchant juste de l’autre côté pour faire diversion. Née à Zwickau, en 1987, elle est une des plus jeunes participantes à remporter le Concours Rostropovitch à Paris. En 2010, elle obtient un vibrant succès dans sa ville natale en jouant le Concerto en la mineur pour le bicentenaire de la naissance de Robert Schumann (né dans la même ville) sous la direction d’un Daniel Barenboim sans doute très touché par une situation le renvoyant à sa propre jeunesse. L’accompagnement très attentif et soigné d’Edo de Waart nous fait découvrir les riches sonorités de l’Orchestre Symphonique d’Anvers (Antwerp Symphony Orchestra), dont il fut le titulaire de 2011 à 2016. Une nouvelle preuve de la haute qualité atteinte aujourd’hui par les orchestres dans le monde. Couplage très intéressant avec une brève pièce ultra-romantique dont Elgar avait le secret, Sospiri, transcrite ici pour violoncelle et cordes, déjà révélée par la violoncelliste Sol Gabetta. Le Quintette avec piano en la mineur est l’autre grande pièce d’Elgar figurant sur ce nouvel enregistrement. Composée en 1918, c’est une œuvre d’un grand raffinement qui prend souvent des allures orchestrales, dans un langage très brahmsien. © François Hudry/Qobuz
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Classique - Paru le 16 mars 2018 | Gramola Records

Hi-Res Livret Distinctions 5 de Diapason
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Classique - Paru le 16 mars 2018 | Deutsche Grammophon (DG)

Hi-Res Livret Distinctions 5 de Diapason
Difficile de classer Mass de Bernstein, créée en 1971. Il ne s’agit pas vraiment d’une messe à proprement parler, mais d’une sorte de détricotage de la messe traditionnelle ; d’ailleurs, le titre complet est MASS: A Theatre Piece for Singers, Players, and Dancers (« MESSE : une pièce théâtrale pour chanteurs, musiciens et danseurs »), et l’argument pourrait être celui d’une sorte de service divin qui tournerait au vinaigre avant de retrouver, finalement, la paix universelle. Au début, tout le monde semble d’accord, puis les « musiciens de rue » commencent à questionner la nécessité, voire même l’existence, d’un dieu. La cacophonie qui s’installe jusqu’à l’Élévation catastrophique est finalement apaisée après que le serviteur de la messe rassemble tous les esprits autour de la divinité et un dernier « allez en paix ». Bernstein a rassemblé dans sa partition tous les éléments possibles et imaginables de la musique du XXe siècle : jazz band, blues, ensemble de rock, Broadway, expressionnisme, dodécaphonisme, modernisme qui n’est pas sans rappeler Britten, musique de rue, fanfare, voix classiques mêlées aux voix de rock et de jazz et aux récitations du Gospel : une véritable Tour de Babel qu’il n’est pas nécessairement facile de rassembler autour d’un même souffle. Mais on peut faire confiance à Yannick Nézet-Séguin de savoir faire le lien entre tous ces éléments disparates. Notez qu’il s’agit là d’un enregistrement réalisé en direct et en concert, avec une distribution spatiale tout à fait ébouriffante. Cocasserie historique, le FBI – qui ne rate jamais une occasion de se ridiculiser – considéra Mass comme un brûlot pacifiste et anti-establishment, enjoignant Nixon de ne pas assister à la création. Sachant que l’œuvre avait été commandée par Jackie Kennedy pour l’inauguration du Kennedy Center for the Arts de Washington, en plein bourbier états-unien au Vietnam… © SM/Qobuz