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Tiken Jah Fakoly

Doumbia Moussa Fakoly est un descendant de Fakoli Doumbia, général de Soundiata Keita, le fondateur, au XIIIe siècle, de l’empire du Mandé. Devenu Tiken Jah Fakoly, il est un guerrier pétri de sagesse traditionnelle, mais en phase avec son époque. Sa mission est d’informer, de contribuer à l’éducation. Il est épris de justice et se bat pour l’équité et le droit des peuples. Il dénonce les abus des puissants, ceux des anciens colons de la Françafrique qui puisent les ressources de son continent comme ceux des hommes d’État africains ivres de pouvoir. Son arme est un micro, ses munitions des vers bien aiguisés que drapent des rythmiques reggae implacables. Il est un phare pour une partie de la jeunesse d’Afrique de l’Ouest.

Né en 1969, en Côte d’Ivoire, qui, à cette époque, est La Mecque ouest-africaine, Tiken veut être chanteur. Le reggae le régale et le succès de son compatriote Alpha Blondy le pousse à s’accrocher, malgré un père hostile à sa vocation. En 1989, il monte son premier groupe, Djelys. Pendant cinq ans, ils mûrissent leurs idées, leur son et leurs chansons. En 1995, après quelques essais infructueux et grâce à l’aide de coopérants français convaincus de son talent, Tiken Jah enregistre Mangecratie. « On a tout compris Allez dire aux hommes politiques/Qu'ils enlèvent nos noms dans leur business… » En quelques mois, la chanson résonne dans tout le pays et interpelle au-delà. Il fait ses premiers pas en France en première partie des Grenoblois de Sensimillia, il y est accueilli à bras ouverts par la diaspora et séduit aussi un public blanc amateur de reggae et ouvert à son discours engagé.

Son album suivant, Cours d’histoire, sort en Afrique et en Europe en 1999. Il est suivi l’année suivante par Le Caméléon, ou figurent un de ses classiques, Mon pays va mal, ou Alpha Condé, qui dénonce l’enfermement arbitraire de ce rival de Lansana Conté, le président guinéen. Censurée en Guinée, la chanson devient un hymne à la résistance pour la jeunesse d’Afrique de l’Ouest. En Côte d’Ivoire apparaît le concept xénophobe d’ivoirité, qui, dans un pays traditionnellement métissé, tente d’imposer une supériorité ethnique des peuples du sud du pays sur ceux du nord. Tiken Jah s’y oppose vigoureusement (Nationalité, Ohba Ohba…) Mal vu des gouvernements successifs, sous la présidence de Laurent Gbagbo, sa vie est menacée. Il quitte le pays pour s’installer à Bamako. En 2002, Tiken Jah part enregistrer en Jamaïque, dans le mythique studio Tuff Gong, avec Sly & Robbie, Earl China Smith ou U Roy. Sur Françafrique, il dépoussière certaines de ses chansons, dresse un tableau sombre de l’Afrique postcoloniale et de la crise ivoirienne qui est à son paroxysme. Ce disque, pour lequel il obtient une Victoire de la Musique en 2003, est un succès international.

En 2004, lorsqu’il présente à Bamako les chansons de Coup de gueule, également enregistré à Kingston, 20 000 personnes se déplacent pour les découvrir. Sur ce disque, il a invité les membres de Zebda, Mouss et Hakim, avec qui il chante Où veux-tu que j’aille ? et Magyd Cherfi, auteur de ce morceau et de Tonton d’America. Avec le rappeur Didier Awadi, il chante Quitte le pouvoir, adressée aux chefs d'État africains qui s'accrochent à leur fonction et notamment au président sénégalais Wade, ce qui lui vaut une interdiction de séjour dans ce pays. En 2006, Tiken Jah fait construire à Bamako un studio pour enregistrer ses albums et ceux de jeunes artistes. Il le baptise du nom de son ami H. Camara, comédien et militant tué en 2002 par les Escadrons de la mort ivoiriens. Pour L’Africain, Tiken, Dioula du Nord, invite Béta Simon, Bété du Sud, à chanter en duo Ma Côte d’Ivoire. Il convie aussi les rappeurs Akon sur Soldiers et Soprano sur Ouvrez les frontières. En 2007, le calme revient en Côte d’Ivoire, Gbagbo et son opposant enterrent la hache de guerre et Tiken Jah Fakoly est invité à revenir dans son pays. Il y donne deux concerts triomphaux en décembre. En 2009, il crée l’association Toloni, pour la promotion de l’éducation et met en place les opérations Un concert, une école, qui permet de construire des établissements scolaires grâce aux recettes des ventes de billets.

En 2010, sa musique se métisse de pop sur African Revolution. En 2012 , le nouveau président ivoirien, Alassane Ouattara, réunit au cœur de la caravane de la réconciliation qui sillonne le pays, Tiken Jah Fakoly et Alpha Blondy, les deux vedettes nationales, jusqu’alors sérieusement brouillés par leurs divergences politiques. Leurs deux voix s’unissent aussi sur la chanson Diaspora, tiré de l’album Dernier Appel sur lequel sont aussi conviés Nneka et Patrice. En 2015, il embarque à nouveau pour le studio Tuff Gong où il enregistre Racines, disque hommage aux classiques du reggae, Marley ou Peter Tosh, Buju Banton ou Burning Spear. Tiken Jah y chante avec Ken Boothe, U Roy ou Max Romeo et reprend le tube d’Alpha Blondy Brigadier Sabari.

En 2017, Tiken Jah ouvre à Abidjan un immeuble dédié au reggae qui comprend studio d’enregistrement, cafétéria et une radio libre. Il s’occupe aussi d’une ferme à Bamako, espérant revaloriser auprès des jeunes la culture sur le sol africain. En trente ans de carrière, la popularité de Tiken Jah Fakoly n’a fait que croître, mais ses convictions humanistes n’ont pas faibli. © Benjamin Minimum

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