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Musiques du monde - Paru le 17 juin 2011 | Columbia - Legacy

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1976 fut une année faste pour le reggae avec la sortie des albums solo des trois voix des Wailers séparés depuis deux ans : Blackheart Man de Bunny Wailer, Rastaman Vibration de Bob Marley, et ce Legalize It de Peter Tosh. Aîné de la bande et le seul à pouvoir challenger l’aura de Bob – le caractère introverti de Bunny Wailer l’ayant poussé vers l’ombre –, Peter Tosh possédait lui aussi l’ADN d’un prophète du reggae. Le morceau-titre, un cri en faveur de la légalisation de la marijuana sorti en juin 1976, fut immédiatement interdit par les autorités jamaïcaines – la chanson réagissait à une vague de violences policières autour des fumeurs d’herbe –, contribuant ainsi à son succès et occultant quelque peu le reste de cet album composé avec le concours d’une bonne partie des musiciens des Wailers (Aston et Carlton Barrett, Tyrone Downie, Al Anderson et même Rita Marley sont de la partie).Si Peter Tosh n’est pas doté d’une “grande” voix, il dispose d’un bon sens de la soul et d’un timbre reconnaissable immédiatement, grâce auquel il se donne parfois des airs de prédicateur, comme sur le prêche rasta Igziabeher (Let Jah Be Praised). Mais il sait aussi se faire plus léger en proposant à une fille d’aller jouer à Ketchy Shuby, et son reggae prend déjà des airs pop-rock sur No Sympathy, avec la guitare bluesy d’Al Anderson, ou la ballade d’amoureux vexé Till Your Well Runs Dry, tandis que Brand New Second Hand s’adresse aux filles trop superficielles.Bref, Peter Tosh étale sur ce disque un vrai potentiel pop, qui aurait pu le conduire chez Island en d’autres circonstances. Lui qui ne ratait jamais une occasion de tacler Chris Blackwell en public s’est d’ailleurs vite trouvé un autre mentor britannique séduit par son charisme : Mick Jagger, présent lors du One Love Peace Concert de 1978, totalement subjugué par l’audace de Tosh, qui alluma un spliff sur scène tout en morigénant les deux principaux hommes politiques jamaïcains de l’époque, Michael Manley et Edward Seaga. L’album Bush Doctor sortira quelques mois plus tard sur Rolling Stones Records, porté par le single Don't Look Back, une reprise des Temptations avec au micro le duo Tosh/Jagger… © Smaël Bouaici/Qobuz
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1976 fut une année faste pour le reggae avec la sortie des albums solo des trois voix des Wailers séparés depuis deux ans : Blackheart Man de Bunny Wailer, Rastaman Vibration de Bob Marley, et ce Legalize It de Peter Tosh. Aîné de la bande et le seul à pouvoir challenger l’aura de Bob – le caractère introverti de Bunny Wailer l’ayant poussé vers l’ombre –, Peter Tosh possédait lui aussi l’ADN d’un prophète du reggae. Le morceau-titre, un cri en faveur de la légalisation de la marijuana sorti en juin 1976, fut immédiatement interdit par les autorités jamaïcaines – la chanson réagissait à une vague de violences policières autour des fumeurs d’herbe –, contribuant ainsi à son succès et occultant quelque peu le reste de cet album composé avec le concours d’une bonne partie des musiciens des Wailers (Aston et Carlton Barrett, Tyrone Downie, Al Anderson et même Rita Marley sont de la partie).Si Peter Tosh n’est pas doté d’une “grande” voix, il dispose d’un bon sens de la soul et d’un timbre reconnaissable immédiatement, grâce auquel il se donne parfois des airs de prédicateur, comme sur le prêche rasta Igziabeher (Let Jah Be Praised). Mais il sait aussi se faire plus léger en proposant à une fille d’aller jouer à Ketchy Shuby, et son reggae prend déjà des airs pop-rock sur No Sympathy, avec la guitare bluesy d’Al Anderson, ou la ballade d’amoureux vexé Till Your Well Runs Dry, tandis que Brand New Second Hand s’adresse aux filles trop superficielles.Bref, Peter Tosh étale sur ce disque un vrai potentiel pop, qui aurait pu le conduire chez Island en d’autres circonstances. Lui qui ne ratait jamais une occasion de tacler Chris Blackwell en public s’est d’ailleurs vite trouvé un autre mentor britannique séduit par son charisme : Mick Jagger, présent lors du One Love Peace Concert de 1978, totalement subjugué par l’audace de Tosh, qui alluma un spliff sur scène tout en morigénant les deux principaux hommes politiques jamaïcains de l’époque, Michael Manley et Edward Seaga. L’album Bush Doctor sortira quelques mois plus tard sur Rolling Stones Records, porté par le single Don't Look Back, une reprise des Temptations avec au micro le duo Tosh/Jagger… © Smaël Bouaici/Qobuz
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1976 fut une année faste pour le reggae avec la sortie des albums solo des trois voix des Wailers séparés depuis deux ans : Blackheart Man de Bunny Wailer, Rastaman Vibration de Bob Marley, et ce Legalize It de Peter Tosh. Aîné de la bande et le seul à pouvoir challenger l’aura de Bob – le caractère introverti de Bunny Wailer l’ayant poussé vers l’ombre –, Peter Tosh possédait lui aussi l’ADN d’un prophète du reggae. Le morceau-titre, un cri en faveur de la légalisation de la marijuana sorti en juin 1976, fut immédiatement interdit par les autorités jamaïcaines – la chanson réagissait à une vague de violences policières autour des fumeurs d’herbe –, contribuant ainsi à son succès et occultant quelque peu le reste de cet album composé avec le concours d’une bonne partie des musiciens des Wailers (Aston et Carlton Barrett, Tyrone Downie, Al Anderson et même Rita Marley sont de la partie).Si Peter Tosh n’est pas doté d’une “grande” voix, il dispose d’un bon sens de la soul et d’un timbre reconnaissable immédiatement, grâce auquel il se donne parfois des airs de prédicateur, comme sur le prêche rasta Igziabeher (Let Jah Be Praised). Mais il sait aussi se faire plus léger en proposant à une fille d’aller jouer à Ketchy Shuby, et son reggae prend déjà des airs pop-rock sur No Sympathy, avec la guitare bluesy d’Al Anderson, ou la ballade d’amoureux vexé Till Your Well Runs Dry, tandis que Brand New Second Hand s’adresse aux filles trop superficielles.Bref, Peter Tosh étale sur ce disque un vrai potentiel pop, qui aurait pu le conduire chez Island en d’autres circonstances. Lui qui ne ratait jamais une occasion de tacler Chris Blackwell en public s’est d’ailleurs vite trouvé un autre mentor britannique séduit par son charisme : Mick Jagger, présent lors du One Love Peace Concert de 1978, totalement subjugué par l’audace de Tosh, qui alluma un spliff sur scène tout en morigénant les deux principaux hommes politiques jamaïcains de l’époque, Michael Manley et Edward Seaga. L’album Bush Doctor sortira quelques mois plus tard sur Rolling Stones Records, porté par le single Don't Look Back, une reprise des Temptations avec au micro le duo Tosh/Jagger… © Smaël Bouaici/Qobuz
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L'interprète

Peter Tosh dans le magazine