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Sheila

Née à Créteil le 16 août 1946, Anny Chancel, dite Sheila, la légendaire idole française yé-yé, grandit dans le XIIIe arrondissement au sein d’une famille unie, rêvant de devenir danseuse étoile ou écuyère dans un cirque. Elle suit des cours de danse avec assiduité mais une fragilité des chevilles l’oblige à les abandonner. Une fois le Certificat d’Etudes en poche, elle se lance durant deux ans dans une formation de comptable qu’elle abandonne pour se mettre à travailler avec ses parents, André et Micheline Chancel, se levant aux aurores pour les aider à tenir leur confiserie ambulante sur les marchés de la banlieue parisienne. Puis elle décide de s’orienter vers la chanson où elle rejoint un groupe rock de musiciens amateurs « Les Guitares Brothers », habitués du Golf Drouot. Grâce à ce club, temple du rock fondé par Henri Leproux et véritable tremplin pour les jeunes chanteurs qui y viennent tenter leur chance, Sheila a l’opportunité de s’y faire entendre par Claude Carrère justement à la recherche d’une chanteuse qu’il veut produire. Alors qu’un contrat d’exclusivité est signé par ses parents le 15 septembre 1962, car elle est encore mineure, Claude Carrère décide que son pseudonyme d’artiste sera Sheila (titre d’un succès de Lucky Blondo, qu’il a adapté). Le premier EP d’Anny Chancel, Sheila, sort en novembre 1962. Le disque qui se vend à 80 000 exemplaires est un succès. Plus de trente ans après, Sheila dénoncera les conditions peu avantageuses de ce contrat qui faisait d’elle une simple salariée, tout en reconnaissant qu’elle n’aurait pas réussi sans Paul Carrère ni lui sans elle.

Sheila devient rapidement populaire grâce à la brillante affiche de son premier passage télévisé où elle se trouve entourée de Sacha Distel, Jean Ferrat, Gilbert Bécaud et Henri Salvador ! Le public raffole de cette jeune fille sage, toute simple, vêtue d’un pull-over et d’une jupe, aussi spontanée qu’enjouée. Figure de la culture yé-yé française, elle est devenue une idole. Dès lors, sa carrière restera au zénith entre 1963 et 1984. En janvier 1963 sort son premier grand succès, L’école est finie, qu’elle chantera dans une émission de Guy Lux et qui fait un tabac en restant n° 1 des ventes pendant plus de quatre mois pour s’écouler à plus de 800 000 exemplaires. Son premier album Le sifflet des copains, constitué de 13 titres à la demande de Claude Carrère (Sheila, Pendant les vacances, Cette année-là, La vie est belle, L’école est finie — dont l’auteur-compositeur est Claude Carrère —, Chante, chante, chante, Ouki kouki, Première surprise-partie, Papa t'est plus dans le coup…), qui la place en tête des ventes devant Françoise Hardy et Sylvie Vartan et lui vaut un Grand Prix de l’Académie Charles Cros, illustrera sa fameuse « tournée du siècle » où elle est la tête d’affiche du spectacle (une première dans le show-business), en jupe plissée et cheveux en couettes. Tous les ingrédients semblent réunis pour asseoir une carrière durable. La jeune chanteuse chante juste, sa voix passe bien et ses chansons aux mélodies faciles reflètent les joies et préoccupations de tout un chacun. Durant les années soixante, Sheila toujours très présente à la télévision comme à la radio, va accumuler les tubes (Écoute ce disque, Vous les copains, Bang bang, C’est toi que j’aime, L’heure de la sortie, Adios amor, Petite fille de Français moyens, Le kilt, Arlequin…). Son producteur profite de sa notoriété pour lancer le club Sheila, une ligne de vêtements et de produits de beauté, jusqu’à même une poupée à son effigie. Une belle décennie, donc, à part la fausse note que provoque cette stupide rumeur qui veut faire de Sheila un homme…

La décennie soixante-dix sera celle du mariage de Sheila avec Ringo en février 1973 dont elle aura un fils Ludovic en avril 1975. La chanteuse continue de vendre autant de disques, avec Les Rois mages (plus de 900 000 ventes) et autres tubes comme Poupée de porcelaine, Samson et Dalila, Mélancolie, Le couple, Adam et Eve, Patrick mon chéri, L’arche de Noé, Quel tempérament de feu, Tu es le soleil, Ne fais pas tanguer le bateau, et Les gondoles à Venise avec Ringo… Son divorce en 1976 marque un tournant ; Sheila retrouve un nouveau souffle en s’orientant vers le disco. Avec l’album 33 tours L’amour qui brûle en moi, où figure la chanson Les Femmes signant un virage pop, Sheila arrive en tête du hit-parade en France pour y rester pendant trois mois. Les albums qui suivent sont dans le vent, s’adaptant à la mode, et continuent de bien se vendre malgré l’absence de concerts, une option de Carrère que Sheila regrette tout en reconnaissant qu’elle lui a permis de garder une grande fraîcheur et beaucoup d’enthousiasme. Le disco devenant à la mode, Sheila s’y distingue avec une première chanson en anglais, Love me baby, et la reprise de Singin’in the rain. Pour accompagner ce virage, Sheila change son apparence pour des tenues sexy, toujours sur les conseils de Claude Carrère, et s’entoure de chanteurs et danseurs, le groupe américain B Devotion.

Le début des années 80 l’ont vue récolter encore quelques beaux lauriers avec Spacer, et connaître même une certaine notoriété aux Etats-Unis (1981/82), puis avec Little Darlin et Gloria, Gloria (son dernier grand succès de sa carrière), mais entre le disco en perte de vitesse et l’effritement de sa relation avec Claude Carrère, Sheila entre dans une période professionnelle difficile alors que son parcours personnel prend un second départ avec son nouveau compagnon de vie, l’auteur, compositeur et producteur Yves Martin. Après avoir été constamment porté par Claude Carrère qui décidait de tout, Sheila se retrouve face à elle-même dans ses choix artistiques. À partir de 1983, ses premiers albums de l’après-Carrère — On dit, Je suis comme toi, Le film à l’envers, Plus de problème n’ont qu’un succès d’estime. Face à la difficulté de relancer toute seule sa carrière, elle décide en 1985 de faire de la scène, elle qui n’en a jamais fait — et qui plus est au Zénith de Paris —, mais son public n’étant qu’à moitié au rendez-vous, plusieurs dates devront être annulées. Après une péritonite sérieuse en 1987 et quelques rares sorties discographiques sans retentissement, Sheila décide de faire ses adieux sur la scène de l’Olympia en octobre 1989 où elle renoue avec son public qui lui réserve cette fois un triomphe.

Dès lors, si la chanteuse se fait oublier sur scène, consacrant son temps à la sculpture et l’écriture, elle reste quand même présente par la publication d’un premier livre, Chemins de lumière, qui marche mieux que ses disques. Dans un deuxième livre en 1995, Et si c’était vrai, elle règle ses comptes avec Claude Carrère, lui reprochant de l’avoir lésée financièrement, ce à quoi celui-ci riposte aussitôt par un licenciement qui entraînera une longue action en justice dont il sortira perdant. En septembre 1998, Sheila refait surface à l’Olympia durant une semaine triomphale. Forte du succès de son album Le meilleur de Sheila qui devient disque d’or, elle rempile cinq mois plus tard à l’Olympia pour trois concerts.

L’année 2002 est chargée d’émotions, entre le décès de ses parents au mois d’août et son retour éclatant pour ses 40 ans de carrière à l’Olympia en novembre, concert qui fera l’objet d’un double album «live» intitulé Olympia jamais deux sans toi. En vertu de son contrat avec Warner depuis 2006, plusieurs albums sont réédités ainsi que l’intégralité de ses enregistrements studio. Tête d’affiche des tournées « Âge tendre et Têtes de bois 2009 et 2010 », Sheila rencontre à nouveau un énorme succès. En 2012, elle veut dresser un bilan plutôt positif de sa carrière avec son nouvel album Solide, gardant pour elle ses blessures personnelles de chanteuse exploitée et de mère en grande difficulté avec son fils Ludovic. En septembre, elle renoue une nouvelle fois avec son public qu’elle convie à Ce soir c’est notre anniversaire pour fêter ses 50 ans de carrière sur la scène de l’Olympia. En octobre 2013, un livre autobiographique, Danse avec ta vie (dont le titre serait lié à son expérience télévisuelle de Danse avec les stars) révèle une Sheila meurtrie mais reconnaissant avoir eu quand même une jolie vie, malgré ses traversées du désert qu'elle a affrontées sans s'effondrer grâce à sa force de caractère.

Sheila, qui a vendu plus de 70 millions de disques, n’est pas la chanteuse la plus riche si elle est la plus titrée : 39 disques d’or en France (frôlant Johnny Hallyday qui en compte 40), 89 dans le monde, 42 disques de platine et 14 disques d’argent.

© Qobuz 01/2013

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