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Qobuzissime ? C’est la distinction décernée par Qobuz pour un premier ou second album.

Pop ou reggae, metal ou classique, jazz ou blues, aucun genre n’est mis de côté.

Artiste découverte, le plus souvent. Confirmé parfois, mais pour un disque ovni, un projet crossover ou décalé dans une discographie.

Seuls comptent la singularité, la sincérité et la qualité. Celle de l’enregistrement, du projet musical et de son identité.





Les albums

193 albums triés par Date : du plus récent au moins récent
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Alternatif et Indé - Paru le 7 mai 2021 | Third Man Records LLC

Hi-Res Distinctions Qobuzissime
Dès ce premier album solo qu’elle a écrit, interprété, enregistré et produit quasiment seule, Natalie Bergman impose son monde au monde ! Car Mercy est un univers à part entière. Douze chansons singulières et spirituelles hantées par la mort et la résurrection, tant portées par sa voix élastique que par un halo musical vintage d’une ère révolue… Natalie Bergman avait jusqu’ici passé une décennie à chanter en duo avec son frère Elliot au sein de Wild Belle, un duo basé à L.A. plutôt porté par la pop, le reggae, le ska et le psychédélisme. Cette vie s’est effondrée le jour où son père et sa belle-mère sont tués par un chauffard ivre. Élevée dans une foi prononcée, Natalie décide de se retirer dans un monastère de la Chama Valley au Nouveau-Mexique. C’est là qu’est né Mercy, disque évidemment cathartique, lové dans l’essence du gospel qu’elle dit d’ailleurs être la véritable source du rock’n’roll. Une œuvre unique et hors du temps qui porte sa façon bien à elle de louer la nature sacrée et curative de la musique. « Ma foi et ma musique sont essentielles à mon existence. Je chante beaucoup le « chez moi » sur cet album. Mon paradis, mon ciel. Croire en cet endroit a été ma plus grande consolation. J'avais un besoin de savoir que mon père était là. Sa mort soudaine a été un chaos tourbillonnant qui a assailli mon esprit. Le gospel me donne de l'espoir. C'est la bonne nouvelle. C’est exemplaire. Ça peut vous apporter la vérité. Ça peut vous garder en vie. Cet album m'a apporté l’unique espoir de revenir à la vie moi-même. »Ce retour parmi les vivants par le gospel est fascinant car il ne sombre jamais dans l’opus pour grenouille de bénitier. Il dépasse même le cadre de la foi. Dans ses sons et son instrumentation qui doivent tant au rock fifties qu’à la soul sixties ou au highlife d’Afrique de l’Ouest, Mercy est une œuvre qui sent bon la culture musicale sans jamais la ramener. Guère étonnant que Natalie Bergman ait grandi dans une maison où résonnaient aussi bien les albums de Dylan et d’Etta James, que de Pharoah Sanders, Lou Reed, Alton Ellis et Lucinda Williams. Et tout aussi logique qu’un lettré comme Jack White l’ait signé sur son label Third Man Records, maison de goût dont les locataires n’oublient jamais de regarder dans le rétro… La mort a changé sa vie ; sa musique peut changer la vôtre : Natalie Bergman est un don du ciel. © Marc Zisman/Qobuz
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Jazz contemporain - Paru le 30 avril 2021 | WM Germany

Hi-Res Livret Distinctions Qobuzissime
Dans un monde qui aime tant réduire et simplifier tout ce qu’il touche, Isfar Sarabski risque de vite hériter du surnom de « Tigran azéri ». Pourtant le pianiste de Bakou n’est pas vraiment une photocopie de son confrère arménien. Certes il vient de « de l’Est ». Certes il n’écoute pas que du jazz. Et certes la musique folklorique de ses ancêtres berce la sienne… Mais Isfar Sarabski ne ressemble déjà qu’à Isfar Sarabski. Son premier album Planet (un disque Qobuzissime !) est viscéralement jazz. Dans son approche de l’improvisation. Dans les échanges que Sarabski développe avec son impeccable rythmique composée de deux pointures américaines, le batteur Mark Guiliana et le contrebassiste Alan Hampton. Et dans la façon qu’il a d’intégrer l’espace dans sa musique. Élève du prestigieux Berklee College of Music et lauréat du Concours International du Montreux Jazz Festival en 2009, le trentenaire azéri lorgne parfois vers le piano de Brad Mehldau – la présence de Guiliani aide à la comparaison – mais s’aventure aussi dans l’approche minimaliste classique de l’école Nils Frahm/Max Richter/Ólafur Arnalds… La participation du Main Strings Ensemble et du Baku Strings Quartet amplifie là-aussi des comparaisons plus proches de sensations que de pures filiations. Il y a enfin chez Isfar Sarabski un sens fort de la narration. Comme il y a un respect de la tradition mugham (mélange de jazz et de musique traditionnelle azérie popularisé notamment par feu Vagif Mustafazadeh), sur The Edge et Novruz pour lesquels il a convié Shahriyar Imanov, joueur de târ, ce luth à long manche présent dans la culture musicale azerbaïdjanaise. Et même lorsqu’il s’amuse à revisiter un air du Lac des cygnes de Tchaïkovski (Swan Lake), il apporte une saveur bien à lui. On quitte la Planet Sarabski avec l’envie d’y retourner au plus vite. Surtout que ce bel album acoustique n’offre pas l’intégralité de la palette de son auteur, également bidouilleur électro à ses heures perdues… © Marc Zisman/Qobuz
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Dance - Paru le 26 mars 2021 | Brownswood Recordings

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Effet time machine garanti ! Avec STR4TA, deux vieux routiers du groove d’outre-Manche unissent leur force pour raviver la flamme du British funk des années 80 (qui se souvient de Beggar & Co, Light of the World, Lynx, Atmosfear, Hi-Tension, Freeez et autres Shakatak ?) et de l’acid-jazz des années 90 : le guitariste mauricien Jean-Paul Maunick – Bluey pour les intimes – et le Franco-Britannique Gilles Peterson, DJ, producteur et boss des labels Acid Jazz, Talkin' Loud et Brownswood. Impossible d’évoquer leur projet STR4TA sans revenir sur le groupe Incognito qui, depuis 1980, joue les Rolls de la soul anglaise, infernale machine à groove sans esbroufe, juste de l'efficacité à coup de cuivres intergalactiques, de chœurs de hooligans en robes de soie et de mélodies implacables. À la barre de cette croisière soul, Bluey concocte la ballade juste sucrée, jamais diabétique, ou l'hymne dancefloor plus sensuel que matraqueur. L’ouïe funky de cet excellent guitariste est telle que des pointures comme Chaka Khan et George Benson, son idole, ont fait appel à ses services pour quelques productions et quelques sessions…Au début des années 90, Gilles Peterson plonge quant à lui l'Angleterre dans cette soul vaguement jazz et vaguement R&B baptisée acid-jazz. C'est l'heure de gloire des Brand New Heavies, Galliano, Young Disciples, Jamiroquai et Incognito signé justement sur Talkin’ Loud. Toute une scène qui rêve d'emboiter du Curtis Mayfield dans du Gil Scott-Heron, et du Roy Ayers dans du Stevie Wonder, aidée, dans le cas d’Incognito, par les voix des déesses soul Jocelyn Brown, Carleen Anderson, Maysa et Sarah Brown… En 2021, STR4TA reprend cet héritage et son ADN, lui insuffle une dose de smooth jazz, de textures dignes des meilleurs B.O. de la Blaxploitation, de funk de déménageur et, surtout, modernise la production. Dans le studio de Gilles et JP, c’est le défilé des requins virtuoses du groove, essentiellement des ex-Incognito, permanents ou pigistes, comme les bassistes Randy Hope-Taylor et Francis Hylton, les claviéristes Matt Cooper et Ski Oakenfull, le batteur Pete Ray Biggin, le saxophoniste Paul Booth et le percussionniste italien Francesco Mendolia. Tout au long d’Aspects, chacun laisse surtout exploser une sincère joie de jouer, et insuffle un feeling live qui rend cette musique encore plus hédoniste. Avec ses basses méchamment slappées, ses synthés vintages en force et ses percus chirurgicales pour ponctuer le tout, STR4TA coche toutes les cases pour embraser le dancefloor et secouer les corps. © Marc Zisman/Qobuz
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Alternatif et Indé - Paru le 19 février 2021 | Lonely Lands Records

Hi-Res Distinctions Qobuzissime
Ne vous y méprenez pas. Derrière sa pochette mystique digne d’un groupe de rock progressif des années 70, Terra Firma cache l’inclassable second album de Tash Sultana. Natasha est de ceux qui commencent tôt et seuls. A trois ans, son père lui offre sa première guitare. Adolescente, elle écume les rues de sa natale Melbourne. Puis elle conquiert le reste du monde en 2016 avec les 70 millions de vues de Jungle, issu de ses prolixes bedrooms sessions qu’elle diffuse sur YouTube et qui arrive troisième au convoité Triple J’s Hottest 100. Sur son propre label Lonely Lands, après trois EPs, la jeune Australienne sort à l’été 2018 Flow State, patchwork pop-soul de ses jeunes années dans laquelle Tash joue tous les instruments (elle en maîtrise une vingtaine) en usant des loops et des pédales d’effets, sa marque de fabrique. Depuis, elle remplit les stades et les couvertures glacées, comme Rolling Stone à qui elle parle de la Stratocaster TC Signature que lui a dédié Fender.« Terra firma est le sol, la terre, on y met les pieds pour se rappeler où l'on est, d'où l'on vient », annonce celle qui compte bien transformer son succès fulgurant en carrière longue durée. Élevant la barre d’un écran, Tash Sultana soigne les arrangements comme la production, qu’elle a confiée en partie à Matt Corby. Et cela s’entend dès l’instrumental Musk, dont les guitares lustrées, saxo groovy et basse catchy ouvre 14 pistes oscillant entre soul, R’n’B, funk, folk et pop suave sur laquelle elle étire sa voix à la Erykah Badu et dont les entêtants Pretty Lady et Sweet & Dandy se détachent. Pour arriver à ce riche alliage bien dosé, hypnotique mais jamais redondant, qu’elle voit comme « une rencontre entre Aretha Franklin, Bon Iver, John Mayer et d’autres », Tash s’est enfin entourée. On retrouve ainsi le rappeur Jerome Farah (Willow Tree) et Josh Cashman sur (Dream My Life Away), tous deux de Melbourne. Un coup de maître, à seulement 25 ans. © Charlotte Saintoin/Qobuz
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R&B - Paru le 29 janvier 2021 | Transgressive

Hi-Res Distinctions 4F de Télérama - Qobuzissime
La voix d’une génération. On avait fait le coup à Bob Dylan qui ne voulait pas en entendre parler… Anaïs Oluwatoyin Estelle Marinho alias Arlo Parks réagit de la même manière quand on lui colle l’étiquette de porte-parole de la génération Z (ceux nés entre 1997 et 2010) depuis Super Sad Generation, son EP de 2019. Une fois oubliée la punchline marketing, on savoure sans entrave Collapsed in Sunbeams, brillant premier album qui slalome entre R’n’B vaporeux, pop légère et néo trip hop. Sans doute le disque le plus profond du début 2021… Avant d’écrire des chansons, la Londonienne mêlant des origines tchadienne, française et nigériane grattait surtout de la poésie. Grande fan de Sylvia Plath, Ginsberg et Nabokov, elle est vite happée par l’écriture. Raconter des histoires – les siennes souvent – avant même de les mettre en musique. Avec son titre picoré dans les pages du roman de Zadie Smith De la beauté, Collapsed in Sunbeams insiste sur cette passion littéraire qu’elle a désormais totalement fait basculer côté musique. Elle aborde la rupture (Caroline), un amour non réciproque (Eugene) ou l’alcoolisme (Hurt) avec finesse et acuité. Ses mélodies douces-amères confrontent paroles souvent mélancoliques, parfois tristes, et énergie viscéralement pop. Un bras de fer porté par une voix hypnotique rappelant aussi bien celle de l’ex de Tricky, Martina Topley-Bird, que Lily Allen (qui l’a vite adoubée) ou Jorja Smith. A seulement 20 ans, Arlo Parks n’est pas le flavor of the month et risque de s’installer sur le devant de la scène pour pas mal d’années. Une vraie révélation. © Marc Zisman/Qobuz
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Alternatif et Indé - Paru le 29 janvier 2021 | City Slang

Hi-Res Distinctions Qobuzissime
C’est désormais statistique : tous les dix ans, une chanteuse venue d’Angleterre et prénommée Anna sort un premier album appelé à marquer son époque. En 2011, c’était Anna Calvi. En 2021, ce sera Anna B Savage. Une vraie chanteuse de l’underground, d’abord apparue en 2015 avec un premier EP confidentiel, suivi de quelques concerts et rien après. Ils ne sont pas nombreux, ceux qui l’ont vue en concert, du temps où il y avait des concerts. Mais tous s’en souviennent. Avec sa guitare bizarrement accordée, comme pour jouer un blues médiéval, et sa voix insaisissable, comme si plusieurs personnes chantaient en elle, Anna B Savage a ensorcelé un petit public amateur de musique différente. Une fille naturelle de Cat Power, chez qui l’expression d’un étrange mal de vivre, caché derrière une guitare, peut devenir sensuel, intense et désirable. A Common Turn est son premier album, et c’est un venin incomparable, une licorne musicale. Sur une base folk tordue, cette Anna construit des chansons à dormir debout, à voyager dans l’espace-temps musical. Selon ses propres références, l’auditeur entendra dans le chant et les mélodies des échos de Beth Gibbons (Portishead), Antony & the Johnsons, Nico, Connie Converse, Dionne Warwick ou d’antiques chanteuses de jazz opératique. Sans oublier le silence. Mais A Common Turn n’est pas un disque référencé, ni simple. Les arrangements vont de la chorale à la rythmique dance, en passant par cette guitare en bois vermoulu. Même quand sa musique devient grandiloquente, Anna B Savage reste fragile, incertaine, équilibriste, erratique, comme si elle cherchait le chemin dans ses propres chansons. On pense à Blanche Neige courant dans la forêt au milieu d’arbres grimaçants, ou attendant le baiser du prince dans un sommeil empoisonné. Et à côté d’elle, tous les autres sont des nains. © Stéphane Deschamps/Qobuz
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Downtempo - Paru le 29 janvier 2021 | Wonderwheel Recordings

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Voilà trois quatre ans que Jean Dasso alias Yeahman est entré sur le radar, d’abord via ses soirées bass music/tropical “Ghetto Sonido” à Toulouse, puis avec le titre Miniyamba (featuring les douces vocalises des chanteuses Mina Shankha et Hajna) en 2017, qui lui a permis de taper dans l’œil de Wonderwheel Recordings. Mené depuis Brooklyn par le DJ Nickodemus, le label héberge des grands noms du circuit “global bass” comme Quantic, Chancha Via Circuito, DJ Khalab ou El Buho, et offre donc son premier long format à Yeahman, qui, faisant honneur à l’image du baroudeur, est parti enregistrer à Dakar, Naples Marseille et Toulouse.Et le Français prouve dès l’ouverture qu’il tient quelque chose, sur l’accrocheuse samba onirique Deelahli, avec la voix presque effacée de Mina Shankha, puis l’ultra-moelleux Baixi Baixi, accompagné des deux sœurs portugaises d’Aluna Project sur un charango et un rythme dembow. Mais Yeahman aime aussi les rythmes carrés, comme sur Soupe au Feu et ses samples de cordes choppés, Sakoneta (et sa kora made in Dakar) ou GLI-F4, tous soutenus par un beat house soyeux et hypnotique. On retrouve Mina Shankha et Hajna sur une reprise du standard de cumba péruvienne Cariñito, puis Omar Zidia. chanteur et guitariste du groupe touareg Ezza sur Ouloullou, avant de refermer ce voyage Qobuzissime dans l’Ostriconi (une région corse paradisiaque) avec la folktronica du producteur britannique Robin Perkins, alias El Búho, nouveau copain de label de Yeahman et sans doute futur compagnon de route. © Smaël Bouaici/Qobuz
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Blues - Paru le 8 janvier 2021 | Dead Oceans

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La soul music, c’était mieux avant ? Non !, répond le premier album d’Aaron Frazer. Repéré comme batteur et co-chanteur de Durand Jones & the Indications, ce jeune soul brother de Baltimore installé à Brooklyn se lance en solo avec Introducing…, impeccable opus à la saveur vintage (mais pas trop) dont il a confié la production à l’incontournable Dan Auerbach. Dans l’Easy Eye Sound Studio de Nashville, l’antre du cerveau des Black Keys, Frazer fait résonner à la perfection son falsetto céleste influencé par Smokey Robinson et Curtis Mayfield. Aussi bien conscient qu’amoureux, comme tous les grands chanteurs soul fifties et sixties, il jongle avec une aisance déconcertante entre pures love songs et chansons engagées. Cette voix, moelleuse, est un susurrement divin, moderne et intemporel à la fois. Comme le casting transgénérationnel qui l’épaule, aussi bien composé de vieux routiers comme les Memphis Boys (des cadors ayant posé leur griffe sur Son of A Preacher Man de Dusty Springfield et (You Make Me Feel Like) A Natural Woman d’Aretha Franklin) que des plus jeunes virtuoses de l’écurie Daptone - Big Crown Records… Gospel, doo-wop, funk et Northern Soul (Over You et son beat up-tempo addictif), Frazer convoque même les fantômes de Marvin Gaye et Gil Scott-Heron sur le smooth et funky Bad News. Il connait et maîtrise surtout ses classiques sans jamais faire dans la taxidermie vaine. Et son magnifique Introducing… est bel et bien un album de 2021, pas de 1961. Comme ses contemporains Mayer Hawthorne ou Curtis Harding, Aaron Frazer transpose dans son époque, sa passion pour une musique typée et datée. Il sait que la beauté de la soul est qu’elle pleure avec vous, se réjouit avec vous, donne envie de danser et peut aussi faire réfléchir socialement et consciemment. Qu’on soit en 1961 ou 2021. © Marc Zisman/Qobuz
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House - Paru le 11 décembre 2020 | Happiness Therapy

Hi-Res Distinctions Qobuzissime
Le nom du Canadien Jesse Bru est d’abord apparu en France, en 2012. Repéré par le label parisien Karat, tenu par le couple de DJ/disquaires Alex et Laëtitia Katapult, pour son projet micro-house Hot Keys (avec son compatriote Ryan Trann), le producteur de Vancouver est devenu hype l’année suivante, grâce au hit de club Psychedelic Brain Paint, extrait de son premier EP Changing for You. On découvrait alors une house lo-fi en lévitation, rappelant celle de Motor City Drum Ensemble, featuring samples de foule en délire et de Janis Joplin en train de prier (Work Me Lord, version Woodstock). Jesse Bru embarque alors sur la route des DJ dont la valeur est en hausse. Route qui le mène évidemment à Berlin, où, pour satisfaire les bookers, il exécute EP sur EP sans lever le nez. Il y a deux ans, fatigué de ce travail à la chaîne, il retourne à Vancouver pour faire le point et prendre le temps de réfléchir un premier album, ou presque.Car le Canadien avait déjà sorti un long format, Mid City (en digital, en 2012), mais il s’agissait plus, dans l’intention, d’une collection de titres que d’un album. The Coast nous donne donc enfin l’occasion de profiter de Jesse Bru dans la longueur, avec 15 plages remplies de petites idées et de grands plaisirs. Ancien producteur de hip-hop tombé dans la musique électronique après un passage à Montréal, Jesse Bru a gardé de ses débuts le goût pour le sampling. S’il s’autosample de plus en plus, il a toujours l’obsession des extraits de film, et on retrouve le patchwork qui a fait son succès, cette palette de couleurs et de sons chaleureux, house versant soulful à la new-yorkaise pour le tronc commun – avec des bijoux comme All Day Bae et Workin (Should Be Livin) –, et puis des options UK garage (Life's Alright), techno (Lucid Dreaming), jazz ou drum’n’bass, comme sur Cmwtme, sublime titre mêlant trompette et amen break. Un hommage aux années 90 assumé : “J’aime vraiment beaucoup l’électro, les breaks, la techno et la jungle, et la musique super-émotionnelle”, explique Jesse Bru, qui insiste sur la libération que constitue cet album. “J’avais l’impression de faire tout le temps la même chose, d’enchaîner les maxis pour essayer de rester pertinent sur la scène.” Avec un album d’aussi haut niveau, on a presque envie d’enfermer Jesse Bru dans son studio. © Smaël Bouaici/Qobuz
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Alternatif et Indé - Paru le 20 novembre 2020 | Licence Kuroneko - Sodasound

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Repéré en mai 2019 avec un premier EP de deux titres, WOMXN/Time Machine, Gystere a été immédiatement validé par les Trans Musicales de Rennes, où il a joué avec son groupe en décembre de la même année. DJ, réalisateur, compositeur, le Français Adrien Peskine, qui a, par le passé, joué du piano pour Cerrone et dans Le Grand Journal de Canal, présente un premier album rassemblant toutes ses lubies artistiques dans un patchwork afrofunk qui ne laissera personne assis. Le concept est assez audacieux : “J’ai toujours cherché à créer l’artiste et la musique que je ne trouvais pas dans ma discothèque”, explique Gystere, qui, du coup, compose une sorte de mosaïque de la musique des années 70-80, avec des intros à la Prince, des mélodies à la Supertramp, des solos à la Jimmy Page, des chœurs à la Queen, mais aussi du Stevie Wonder, du Funkadelic et du Sun Ra pour l’afrofuturisme, l’esprit qui hante le disque. Sans jamais tomber dans l’exercice de style, Gystere (qui compose seul, mais enregistre avec ses musiciens) parvient à transcender toutes ces références sur un groove funky qu’on s’impatiente de retrouver en live. Sur le papier, tout ça aurait pu mal tourner, mais à l’arrivée, Gystere est bien parti pour devenir une des révélations françaises de l’année. © Smaël Bouaici/Qobuz
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Metal - Paru le 20 novembre 2020 | Nuclear Blast

Hi-Res Distinctions Qobuzissime
Deux ans après son départ du groupe norvégien, l’ex-frontman des géniaux Kvelertak Erlend Hjelvik revient à la charge avec son premier album solo, bien décidé à faire comme il l'entend. Avec Nattesferd en 2016, les natifs de Stavenger avaient proposé un troisième album décidément bien plus ancré vers le heavy et le black metal roots qu’affectionne Erlend, au détriment des influences punk qui pouvaient faire le charme du groupe. De là à dire que la brouille a commencé ici, il n’y a qu’un pas. C’est donc avec Welcome To Hel qu’Erlend a décidé de faire parler la poudre après quatre ans de disette en studio. Très inspirée par le folklore viking dans sa globalité, cette première aventure solo se veut épique, grandiloquente et surtout excellemment bien composée. On y retrouve un heavy metal mêlé à des influences doom et black nous ramenant tout droit vers le troisième album de Kvelertak, mais dans une intention bien plus affirmée. Dès les premières notes de Father War, c’est une charge de soldats assoiffés de sang qui s’abat sur nous à un rythme effréné. L’intention de l’album est claire : mêlant aux influences déjà citées des zestes de thrash et de rock’n’roll, Erlend nous propose un manifeste fignolé avec maestria, rempli de moments généreux à la fois en technique et en détails frémissants. Pourtant, le frontman n’oublie pas ce qu’il sait faire de mieux et pense aux foules du monde entier qu’il sera amené à dompter une fois en tournée. Derrière cette étendue de technicité se cache donc un véritable sens du refrain catchy que l’on se réjouira de hurler une fois dans le pit. On ne peut que s’incliner lorsque des brûlots comme Glory of Hel, Kveldulv ou North Tsar viennent nous empoigner pour ne pas nous lâcher. Mention spéciale aux deux invités de l’album : Matt Pike (Sleep / High on Fire) et Mike Scalzi (Slough Feg) qui amènent avec eux une énième dose de testostérone, comme si c’était nécessaire.Inspiré, accessible et véritable manifeste de guerre, Welcome To Hel est une incroyable chevauchée dans un univers maîtrisé de bout en bout. Maniant ses influences comme peu savent le faire, la décharge rock’n’roll teintée de heavy, de black, de doom et de thrash s’impose comme l’une des sorties metal de l’année. © Maxime Archambaud/Qobuz
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Classique - Paru le 16 octobre 2020 | Warner Classics

Hi-Res Livret Distinctions Qobuzissime
Dès les premiers vers d’Asie de Shéhérazade, « Vieux pays merveilleux des contes de nourrice », Fatma Said fera irrésistiblement penser à une autre interprète marquante des mélodies de Ravel, d'un temps révolu maintenant : Régine Crespin. Question de timbre tout d'abord, car les médiums et les graves irradient tout entier l'organe de la soprano égyptienne. Art exemplaire de la diction ensuite, où chaque mot est non seulement intelligible, mais surtout où chaque « son » est là pour le colorer, rendre palpable l'impression suggérée. Personne ne doute alors que la versatilité extrêmement musicale de la chanteuse – qui se souvient certainement ici de l'art vibrant de son aînée – trouverait un terrain d'expression encore plus varié dans la version orchestrale, dans laquelle le piano magnifiquement timbré et précis de Malcolm Martineau la freine parfois légèrement.Le programme s’immerge pleinement en Espagne, la guitare subtile de Rafael Aguirre se substituant au piano de Martineau. Un autre aspect de la voix de Fatma Said se dévoile dans le morceau de Manuel de Falla, son agilité, comme sur le fil, et quel esprit aérien ! La caresse faite chant. La Canción de Marinela de José Serrano, où la voix se densifie, restera un inoubliable moment de douce sensualité. On ne tardera pas à rêver que Fatma Said explore quelques rôles marquants de zarzuelas. Elle y serait divine ! Les trois chansons de Federico García Lorca, extraites du recueil des 13 Canciones españolas antiguas, sont étonnamment pudiques, d'une noble élégance, même dans les arabesques charnelles de la Nana de Sevilla. Transition idéale avec les musiques « arabes » choisies ensuite par Fatma Said.Elle nous fait découvrir par exemple une belle mélodie, piquante, de l’Egyptien Gamal Abdel-Rahim (1924-1988), avant de s’envoler dans de somptueux Adieux de l’hôtesse arabe de Bizet, où la ney (sorte de flûte en roseau) de  improvise en contrepoint de la voix. Les quatre derniers morceaux retournent définitivement à quelques standards de l’Egypte ou du Liban, dans une ambiance un rien « jazz » et nostalgique. Un album envoûtant, qui envahit les sens d’émotions. © Pierre-Yves Lascar/Qobuz
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Alternatif et Indé - Paru le 2 octobre 2020 | Heavenly Recordings

Hi-Res Distinctions 4F de Télérama - Qobuzissime
Anguleuse, aride et sans concession, l’impressionnante scène néo post punk qui agite le Royaume Uni débarque sur le dancefloor grâce à Working Men’s Club. Avec leur premier album éponyme, le jeune quartet de Todmorden – 25 kilomètres au nord de Manchester – rabat des cartes autrefois jouées par New Order (période Power, Corruption & Lies), The Fall, Human League, Gang of Four voire D.A.F. et Suicide. Tout juste majeur, le leader Sydney Minsky-Sargeant de WMC plante le décor. « Todmorden, il n’y a pas grand-chose à y faire quand on est ado. La ville est plutôt isolée. Et ça peut devenir assez déprimant d’habiter dans un endroit où, en hiver, il fait jour à 9h et nuit à 16h. » Logique donc que ces protégés de l’agitée Fat White Family fassent dans le sale gosse. Celui qui, enfermé dans sa chambre, balance violemment synthés, guitares et batteries au milieu de la pièce pour les caramboler direct ! Paroles scandées plus que chantées, grooves stakhanovistes, riffs de guitare chétifs et basses maousses sont mélangés dans un shaker sans poser de question. Impossible alors de contrôler les corps qui se cambrent, s’agitent et se contorsionnent au rythme de cette fascinante symphonie d’électro-rock acid juvénile qui rappelle parfois le LCD Soundsystem des débuts. Les WMC arborent des t-shirts ciglés « Socialism », baptisent l’une de leur chanson John Cooper Clarke (le poète punk toujours aussi adulé) et éradiquent le gris du ciel de leur Yorkshire natal. Parfois, Sydney Minsky-Sargeant se détend et fait presque dans l’hédonisme new wave (Outside). Mais quand il est énervé, le disco punk teinté d’électrofunk s’empare de son âme (Teeth). On sort abasourdi de ce premier album qui prend même une dimension impressionnante grâce à la production serrée et sans gras de Ross Orton (The Fall, M.I.A, Arctic Monkeys). Pas de temps à perdre : Working Men’s Club, on prend sa carte ! © Marc Zisman/Qobuz
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R&B - Paru le 2 octobre 2020 | Haliblue Records

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Avec Goldress, leur premier EP sorti en février 2020, Alban et Yvan Murenzi alias YellowStraps avaient déjà mis la barre très haut. Il y avait cette pochette paradoxale, où ils posaient sagement comme des écoliers, droits dans leur salopette, avec des têtes drapées dans du satin doré. Puis cette néo-soul bien arrangée et réfléchie qui débordait de huit titres, dans la lignée de Maverick Sabre, Daniel Caesar ou encore King Krule, comme de la foisonnante nouvelle scène soul britannique, Jordan Rakei en tête, qui savait combiner avec subtilité et précision nu soul, chill et jazz. Une si grande maturité si jeune, c’est rare. Mais il faut dire que les deux frères, ayant grandi en Ouganda mais arrivés tôt en Belgique, trempent dans la scène bruxelloise depuis longtemps aux côtés de Roméo Elvis, du digger notoire Le Motel et ont déjà raflé quelques trophées.Inspirés plutôt que freinés dans leur élan par le confinement du printemps 2020, le duo s’est lancé le défi de composer un morceau par jour et de multiplier les collaborations à distance. Défi largement remporté puisque l’intégralité des 16 morceaux de Yellockdown Project contient des featurings avec des invités de tous horizons mais bien installés aux avant-postes de la néo-soul et du rap, ce qui permet d’ouvrir encore le champ des possibles et de monter d’un cran la formule. On retrouve ainsi les Parisiens Crayon et Lord Esperanza ou encore le Californien Jae Luna. Seule différence avec Goldress, les frères font le grand saut dans à la langue française avec le rappé Raison, Visage, Frissons et Si tu savais. Une véritable pépite et un potentiel énorme qui replace la Belgique et sa foisonnante scène au centre de l’échiquier musical. © Charlotte Saintoin/Qobuz
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Pop - Paru le 25 septembre 2020 | Capitane Records

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Sous son nom passe-partout, Nicolas Michaux assemblent des chansons particulières. Après la dissolution de son groupe Eté 67, il sort en solitaire chez Tôt ou Tard A la vie, à la mort, qui déjà fait transparaître une certaine passion pour la grâce au présent. Titré Amour colère et passé sous son propre étendards via le label collectif Capitane Records, ce second album développe à travers cette dualité sentimentale son regard sur la vie courante. Comme sur Cancer, où le Belge qui partage sa vie entre Bruxelles et l’île de Samsø au Danemark, joue adroitement sur les mots pour mieux cerner la maladie. C’est écrit au cordeau, en français et anglais, puisque Michaux verse dans les deux avec une poésie légère, jamais caricaturale ou boursouflée. On pense à Bashung dans la diction et la voix, pataude, qui traîne, mélancolique, jamais conquérante mais toujours simple. Le fond calque la forme. Eclectique mais brillamment homogène, ces dix morceaux font s’accorder chanson française nonchalante (A nouveau), pop romantique (Amour colère, Nos retrouvailles) ou tonique (Parrots, dont le clip vaut son pesant d’or), post-punk romantique (Every Word, Harvesters) et même glam rock à la T-Rex sur Factory. L’enregistrement sonne maison, mais offre la générosité de l’instantané plutôt que le défaut de paraître mal fait. En somme, Michaux s’écoute inlassablement, encore et encore. Surtout, cela fait un bien fou d’entendre la langue si bien habillée. Enorme coup de cœur. © Charlotte Saintoin/Qobuz
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Musique de chambre - Paru le 25 septembre 2020 | Passacaille

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Si vous ne connaissez pas l’Ensemble Richter, c’est sans doute parce que, tout bien considéré, il est relativement nouveau puisque formé en 2018, par le violoniste baroque anglo-brésilien et ancien premier violon solo de l’Academy of Ancient Music, Rodolfo Richter. Ses collègues ici sont également issus de l’interprétation historiquement informée. Vous vous dites sans doute que ceci n’est pas déterminant pour le répertoire de la Seconde École de Vienne, pourtant le choix pour leur premier album de ce répertoire illustre parfaitement leur credo : souligner, en jouant exclusivement sur des cordes en boyau, les liens cachés entre les répertoires allant du XVIIe au XXe siècles. Le présent album constitue donc le premier volet d’un projet d’enregistrement de l’intégralité des quatuors à cordes de la Seconde École de Vienne. Ici, le Richter Ensemble commence avec le Langsamer Satz de Webern de 1905, en un seul mouvement, puis poursuit avec le Quatuor à cordes n° 2 de Schoenberg, de 1907-08, une des premières incursions du compositeur dans le champ de l’atonalité et dont les deux dernières parties mettent en musique deux textes de Stefan George - ici confiés à la mezzo-soprano Mireille Lebel. L’album se referme avec le Quatuor à cordes Op. 3 de Berg composé en 1910, qui, lui aussi, explore l’atonalité. Sur le plan sonore, au-delà du jeu extrêmement concentré et de l’interprétation merveilleusement chantée, en fait sensible, de la mezzo-soprano Mireille Lebel, ces interprétations se distinguent avant tout par leur aptitude à présenter les trois œuvres en respectant scrupuleusement le contexte viennois de l’époque. Bien sûr, le modernisme n’était pas inscrit dans la tête de tout le monde au moment où naissaient ces tentatives particulièrement avant-gardiste au-delà de la tonalité, on regardait toujours un peu du côté de la musique de Brahms, Mahler et Wagner ; tout cela formait un contexte artistique pluriel, entre expressionnisme et symbolisme, Romantisme et Modernisme - pensez aux peintures de Gustav Klimt. Au-delà de la plus grande douceur et de la plus large palette de couleurs offertes par les cordes en boyau, nous obtenons également une brillance tonale supplémentaire, des “portamentos” plus subtils qui n'empêche pas non plus la liberté dans le chant. Nous sommes par ailleurs ici à un diapason légèrement inférieur à la norme actuelle, un 432 Hz par rapport au 440Hz habituel, et toute cette splendeur “romantique” sonne toujours clairement, grâce à la pratique raisonnée du vibrato. Si vous n’êtes pas d’ordinaire féru de la Seconde École de Vienne, cet enregistrement pourrait bien vous plaire. Nous vous le conseillons absolument, et l’intégrale risque fort d’être très convoitée. © Charlotte Gardner/Qobuz
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Jazz - Paru le 11 septembre 2020 | Blue Note Records

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Les super groupes sont parfois super marketés et super inintéressants. Le strict opposé du premier album d’Artemis qui paraît chez Blue Note. Derrière le nom de la déesse de la nature sauvage, de la chasse et des accouchements se cachent sept musiciennes originaires des quatre coins du monde. Toutes de véritables pointures du jazz contemporain. À la tête de ce casting multigénérationnel, la pianiste canadienne et directrice musicale du projet Renee Rosnes a réuni la clarinettiste israélienne Anat Cohen, la saxophoniste ténor chilienne Melissa Aldana, la trompettiste canadienne Ingrid Jensen, la contrebassiste japonaise Noriko Ueda, la batteuse américaine Allison Miller et, sur deux titres, la chanteuse franco-américaine Cécile McLorin Salvant. « Chaque membre d'Artemis est une personne unique, et c’est ce dont un groupe a besoin, de la polyvalence », précise Cohen. « Ce sont les personnalités qui rendent la vie intéressante et la musique fascinante. » L'identité du groupe a émergé de manière organique et non calculée. Car Artemis réunit sept leaders, chacune avec sa propre vision et son propre point de vue, mais jouant ensemble avec une conception unifiée d’un bout à l’autre de l’album. Pour Jensen qui a trouvé le nom du septet, « le personnage de la déesse grecque Artémis est révélateur des énergies et du large éventail de tapisseries musicales que notre groupe apporte sur scène. » Là réside la réussite d’un disque concentré sur l’union naturelle. Un album plein de reliefs fait majoritairement de compositions originales et proposant aussi des reprises éclectiques de The Fool on the Hill des Beatles, du vieux tube oublié des années 40 Cry, Buttercup, Cry popularisé par Maxine Sullivan, du standard The Sidewinder de Lee Morgan et d’If It's Magic de Stevie Wonder. Les arrangements de Renee Rosnes, experte de l’exercice, sont là pour souder chaque voix. Aucune de ces sept amazones ne tire la couverture à elle. Et même si la volonté de fonder un groupe exclusivement féminin est un message fort sur une planète jazz archi dominée par les hommes, on savoure la beauté et l’intelligence de cette musique sans penser particulièrement au genre de son auteur. © Marc Zisman/Qobuz
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Hip-Hop/Rap - Paru le 11 septembre 2020 | 911

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Ichon a 30 ans. Cette information pourrait bien être totalement anodine si elle ne nous rappelait pas que le rappeur montreuillois a déjà six années de discographie active derrière lui, et surtout qu’il est né, d’après ses dires dans le titre 911, le 11 septembre 1990. Ce nouvel album, Pour de vrai, sort donc le jour de son anniversaire. Alors oui, Ichon a 30 ans, et c’est important de le dire. Et puis mettons les choses au clair : il s’agit bien de son second album, contrairement à ce qui peut être dit. Le précédent, Il suffit de le faire, était peut-être annoncé comme un EP, mais au vu de ses 18 titres, de la cohérence artistique, visuelle et musicale très travaillée, il faut appeler un chat un chat.Ichon a toujours pris son monde à contre-pied, y compris au sein du duo Bon Gamin qu’il forme avec Loveni. Alors cette fois, exit la tronche de premier de la classe souriant, place au regard défiant et aux muscles deltoïdes gonflés. Pourtant, cette pochette ne saurait cacher la vraie personnalité d’Ichon : un rappeur qui depuis toujours parle d’amour, sans relâche et sans difficulté à se livrer. Chez lui, cela donne des textes magnifiques, comme celui du titre Elle pleure en hiver, ou d’Encore un peu, qui sont, cette fois, sublimés par un travail de production plus poussé encore que sur ses précédents projets, et auquel le beatmaker Crayon, entre autres, n’est pas étranger.Cet album est une pépite. Il déborde d’idées, comme lorsqu’il chante des harmonies avec le bruit des vagues comme seul accompagnement sur Litanie. Comme lorsqu’il mobilise des sonorités house ou disco-funk sur Compliqué (qui traite de la complexité des relations amoureuses, encore) ou sur Noir ou blanc, en featuring avec le poto Loveni. Car au milieu des questionnements existentiels (« Je vis depuis que je sais que je suis mort / J’essaie de mourir depuis que je suis môme / J’ai senti enfin quelque chose » sur SOS), des amours impossibles, il y a une légèreté, qui rappelle d’une certaine manière qu’il ne s’agit que de musique, et que les choses finissent parfois par s’arranger. Pour de vrai. © Brice Miclet/Qobuz
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Jazz - Paru le 21 août 2020 | Concord Jazz

Hi-Res Distinctions Pitchfork: Best New Music - Qobuzissime
Au moment où sort son véritable premier album solo, Nubya Garcia croule déjà sous les louanges, les lauriers, les prix, les projets et les collaborations multiples. A 29 ans, la Londonienne est assurément l’une des actrices majeures de la nouvelle scène jazz anglaise et son saxophone plutôt coloré et bien charpenté a déjà résonné sur de nombreux enregistrements comme ceux des groupes Nérija et Maisha, ou sur les deux tiers de We Out Here (2018), l’emblématique compilation du label Brownswood de Gilles Peterson réunissant les cadors de cette génération. C’est avec certains de ces protagonistes justement qu’elle a enregistré Source. Entourée de Joe Armon-Jones (claviers), Daniel Casimir (basse) et Sam Jones (batterie), Garcia était assurée d’être bien équipée pour embarquer sa musique bien au-delà des frontières du jazz contemporain et aussi du Royaume-Uni. Comme souvent avec les musiciens locaux actuels, les sonorités tant caribéennes qu’africaines voire urbaines viennent teinter la rythmique comme la mélodie. Une fusion souvent présente dans les albums de jazz made in UK mais sur laquelle elle appose une patte bien à elle. L’influence d’Herbie Hancock (période Headhunters/early Columbia Records) n’est parfois pas bien loin (Inner Game, The Message Continues). Sensation amplifiée par le jeu funky du magicien des orgues et synthés, Joe Armon-Jones.Mais Nubya Garcia a faim d’autres sons et d’autres paysages. Sur le morceau-titre Source, le dub est clairement dans son viseur. Avec Together is a Beautiful Place To Be, elle déploie une sensualité soul et R&B délicate. Stand With Each Other slalome entre d’envoûtants rythmes nyabinghi. Quant au bien nommé La cumbia me está llamando, il ne laisse aucun doute quant à ses influences… Toutes ses séquences dessinent le portrait d’une femme bien ancrée dans son temps. Une musicienne en harmonie avec ses racines et son histoire personnelle et qui place le sens du collectif au cœur de sa réflexion. Pour ça, elle a notamment invité Richie Sievwright, Cassie Kinoshi et Sheila Maurice-Grey du groupe Kokoroko, les Colombiens de La Perla (La cumbia me está llamando) ou bien encore la chanteuse de Chicago Akenya Seymour (Boundless Beings). Avec cet album Qobuzissime, Nubya Garcia réussit surtout à pousser un peu plus, voire briser, les murs qui tenteraient d’enfermer le jazz dans un quelconque ghetto. © Marc Zisman/Qobuz
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Punk - New Wave - Paru le 3 juillet 2020 | Duchess Box Records

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Quelques secondes de Freier Geist suffisent à Sofia Portanet pour transformer 2020 en 1980. Avec son premier album Qobuzissime, la chanteuse allemande, qui n’a pourtant pas connu cette époque – elle est née fin 1989 –, signe un opus qui rallume la flamme de la Neue Deutsche Welle (Nouvelle Vague allemande). Cette époque où Nina Hagen régnait sur l’Europe new wave et post-punk avec folie et énergie et que Kraftwerk élargissait grandement son public. L’heure était alors aux rythmes martiaux de D.A.F., aux délires romantiques de Kate Bush, Toyah et Lene Lovich et aux décalages pop de Falco ou des Rita Mitsouko. Des artistes tous chéris par Sofia Portanet, née à Kiel, ayant grandi à Paris et désormais installée à Berlin. Chantant aussi bien en allemand qu’en anglais et en français, elle revendique aussi l’héritage de certaines grandes voix mêlant cinéma, théâtre et cabaret comme Ingrid Caven et Hildegard Knef. A l’arrivée, malgré cette avalanche de références, son envoûtant Freier Geist trouve l’équilibre parfait entre nostalgie 80’s assumée et étincelles plus modernes. C’est surtout la vigueur qu’elle insuffle à ce projet qui le rend enivrant. © Marc Zisman/Qobuz