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Musique vocale profane - Paru le 22 septembre 2017 | harmonia mundi

Hi-Res Livret Distinctions 4F de Télérama - 4 étoiles de Classica
Les théâtres londoniens étaient des centres vitaux pour la musique à l’époque de la Restauration – la Restauration de la monarchie des Stuart, rappelons-le, qui a suivi la dictature puritaine protestante de Cromwell. Revigorés par l’arrivée d’acteurs femmes et de décors somptueux, ils attiraient un large public, assoiffé d’un peu de divertissement après des années de rigueur religieuse et d’interdiction virtuelle des spectacles. Le compositeur le plus en vue au début de cette période était Locke et son expérience dans ce domaine date déjà de l’ère de Cromwell. Bien que les puritains aient fermé les théâtres, des pièces pouvaient parfois contourner cette interdiction, comme ce fut le cas du masque Cupid and Death d’après Ésope, musique de Gibbons, représenté devant l’ambassadeur portugais en 1657 – puis reprise en 1659 avec une musique additionnelle de Locke. Lorsque les théâtres rouvrirent en 1660, on exigeait de la musique dans chaque pièce, mais plutôt comme un ornement que comme un élément indissociable de l’intrigue. Chacune nécessitait un ensemble d’airs et de morceaux instrumentaux joués au début et entre chaque acte. Locke a écrit plus d’une vingtaine d’airs de ce type, sans que l’on puisse les associer à des œuvres spécifiques. La plupart de ses musiques de scène, comme Curtain Tune et Lilk, sont conservées dans divers manuscrits d’époque, présentant de la musique de scène pour des pièces données au cours de la dernière décennie du XVIIe siècle. Ce sont précisément ces pièces intercalaires, airs ou « levers de rideaux », que nous propose l’ensemble Le Caravansérail de Bertrand Cuiller – Cuiller, rappelons-le, fut disciple de Pierre Hantaï et de Christophe Rousset dans le domaine du clavecin. Son dernier album solo, l’intégrale de l’œuvre pour clavecin de Rameau, fut « Choc de l’Année de Classica 2015 ». Les airs sont ici confiés à la soprano écossaise Rachel Redmond, une grande habituée de la musique baroque. © SM/Qobuz « [...] Le soprano de Rachel Redmond se caractérise par sa fraîcheur, sa capacité à évoluer du gouailleur (Twas within a furlong of Edinboro’ town) au délire (Oh Jealousy !) en vertu d’une prononciation on ne peut plus native, même si sa lecture du célèbre O Solitude privilégie l’intime aux dépens du pathétisme (qu’on laissera aux contre-ténors).» (Classica, novembre 2017 / Jérémie Bigorie)