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Chanson française - Paru le 6 avril 2018 | Initial Artist Services

Hi-Res Distinctions 4F de Télérama
Avec sa voix grave et sa personnalité imposante, Clara Luciani est un peu la cousine de Fishbach, Juliette Armanet ou Alice Lewis. En intégrant cette famille qui s’élargit de jour en jour, elle se propulse dans une constellation musicale pop féministe, mélodique et mélancolique, aussi esthétiquement passionnante que politiquement indispensable. Dès les deux premiers morceaux très disco synth-pop de cet album, Clara Luciani crève le disque et résume son projet. Toutes basses mises en avant, ces deux chansons mettent en lumière à la fois l’aspect combattif de la chanteuse (La Grenade) et sa douceur d’âme (La Baie). Entre une utopie planante et une rage intérieure, Clara Luciani décide de ne pas choisir, et c’est là toute sa force. Le reste de l’album n’est qu’une déclinaison de ces deux tendances. La chanteuse d’origine marseillaise bouscule l’auditeur en oscillant sans cesse entre une caresse et une gifle parfois teintée de détresse, notamment lorsqu’elle évoque le rôle des femmes au sein d’une société patriarcale (Drôle d’époque). Certes, Clara Luciani observe ce qui l’entoure, mais elle n’exclut pas pour autant l’introspection : parmi les autres morceaux de bravoure de cet album, citons On ne meurt pas d’amour (dont la mélodie pourrait sonner comme un hommage à Etienne Daho) ou bien la poignante berceuse Dors. Mais même lorsqu’elle parle d’elle-même et du chagrin d’amour, elle conserve cette fougue et ce côté guerrier qui lui sied si bien. Clara Luciani a percé grâce à des projets collectifs comme La Femme ou Nouvelle Vague, mais c’est visiblement le solo qui lui va le mieux. Dans cet album dont les compositions et la production sont signées Ambroise Willaume (alias Sage), elle explose comme cette grenade si lourde de sens qui ouvre et clôt Sainte Victoire. ©Nicolas Magenham/Qobuz
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Soul - Paru le 30 mars 2018 | Verve

Hi-Res Distinctions 4F de Télérama
Une grande voix soul ressuscitée. Des chansons engagées entrées dans le Great American Songbook. Voilà un projet ancré dans les années 60 (mais pas que…) et qui trouve pourtant un bel écho dans l’Amérique divisée et chahutée de la présidence Trump… En consacrant exclusivement ce disque à des reprises de Bob Dylan, Bettye LaVette veut faire entendre sa voix au sens propre comme au figuré. Produit par Steve Jordan, Things Have Changed, qui accueille notamment Keith Richards et Trombone Shorty, alterne entre soul vintage et chaude et uppercut plus funky voire carrément rock’n’roll. Surtout, à 72 ans passés, la soul sister originaire du Michigan continue à prouver qu’elle est encore bien loin de la voie de garage… En 2005 déjà, LaVette avait fait un joli come-back avec l’album I’ve Got My Own Hell to Raise, lui aussi composé de nombreuses reprises signées alors Sinéad O'Connor, Lucinda Williams, Joan Armatrading, Rosanne Cash, Dolly Parton, Aimee Mann et Fiona Apple. Deux ans plus tard, elle confirmait la tenue de son organe sur The Scene of the Crime en revisitant du Eddie Hinton, George Jones, Willie Nelson, Ray Charles, John Hiatt et Elton John. Jamais deux sans trois, Interpretations : The British Rock Songbook, publié en 2010, la voyait cette fois à l’assaut de compositions popularisées par les Beatles, les Rolling Stones, Traffic, les Animals, Led Zep, George Harrison, Pink Floyd, Ringo Starr, Paul McCartney, les Moody Blues, Derek & The Dominos et les Who… Cette cuvée 2018 se positionne pourtant au-dessus des autres tant la chanteuse s’approprie le répertoire dylanien avec une sincérité renversante. Du grand art. © Max Dembo/Qobuz
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Chanson française - Paru le 30 mars 2018 | Elektra France

Livret Distinctions 4F de Télérama
Entre classicisme pop très 70s et modernité électronique, cet album de Barbara Carlotti est une arme de séduction massive. Héritière d’une lignée prestigieuse de grandes chanteuses françaises éthérées (de Françoise Hardy à Charlotte Gainsbourg), elle envoûte l’auditeur par sa voix aérienne. Ses chansons pourraient être des berceuses pour adultes, à la frontière de la réalité et de l’imaginaire, comme le prouve la magnifique Tu peux dormir, cocomposée par son complice Jean-Pierre Petit. Mais sa voix n’est pas que rêverie et douceur, elle peut aussi être, à l’occasion, souriante et narquoise, à l’image de son délicieux duo avec Bertrand Burgalat, Tout ce que tu touches. Derrière le confort et l’harmonie se niche une sorte de folie douce chez Barbara Carlotti. « Le beau est uni au bizarre », affirme-t-elle d’ailleurs dans l’une de ses chansons, résumant ainsi toute sa philosophie. Elle peut aussi surprendre par son côté charnel et sexuellement ambivalent, comme dans l’inattendu Phénomène composite, dans lequel elle incite son interlocuteur à la suivre dans sa chambre/laboratoire scientifique pour lui prouver que « toutes les femmes sont hermaphrodites ». Mais à côté de ces préoccupations physiques, le cerveau tient une place prépondérante dans l’album – bien qu’elle ne le sollicite pas pour saupoudrer ses chansons de rationalité, mais plutôt d’images débridées et fantastiques. Voici comment elle explique le titre énigmatique de son disque : « Le cerveau produit une activité magnétique constante tout au long de notre existence. La nuit, il est encore plus actif au moment du sommeil paradoxal, qui devient alors un lieu d’extension du domaine de la pensée. C’est dans cet espace virtuel et inconscient que se déploie le rêve. Ce matériau qui se rapporte aussi bien à la science qu’à l’intuition poétique […] sera mon appareil de production. » Avec Magnétique, Barbara Carlotti vient caresser l’auditeur à travers sa personnalité tendre et en lui ouvrant la porte de ses rêves tantôt bienveillants, tantôt étranges. © Nicolas Magenham/Qobuz
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Alternatif et Indé - Paru le 23 mars 2018 | Bella Union

Hi-Res Livret Distinctions 4F de Télérama
Sept ans après Kinshasa Succursale, le rappeur belgo-congolais Baloji reste fidèle à son approche singulière. Il conjugue avec toujours plus d’adresse et de maturité les traditions musicales africaines du XXe siècle, rumba, highlife ou bikutsi, à un flow cru et poétique et des arrangements électro, funky, afro-trap ou hip-hop, ancrés dans notre époque. Sincère et fidèle à ses racines, il a conçu ce nouvel album comme un film contemporain d’art et d’essai qui mêle réalité sociale, lyrisme poétique et sentiments contrastés. Le verbe haut comme un Jacques Brel ébène, il s’appuie sur un vécu, parfois douloureux. Le titre de l’album évoque l’adresse de sa mère en RDC, dont il fut séparé pendant vingt-cinq ans et avec qui les retrouvailles difficiles sont décrites dans La Dernière Pluie – Inconnu à cette adresse".< La douleur est aussi présente dans le morceau final dédié au lac Tanganyika, théâtre de sanglants conflits entre Bantous et Pygmées. Mais tout n’est pas sombre au 137 Avenue Kaniama, il y a aussi de la bonne humeur dans les tirades vocales de Klody Ndongala, Bwanga Pilipili ou Charlotte Adigery, de la joie dans les guitares du vétéran Dizzy Mandjeku et Tom Ntale et de l’euphorie dans les grooves irrésistibles qui surgissent à intervalles réguliers. Qu’elle soit douce, amère ou sucrée, partout, il y a de la vie. © Benjamin MiNiMuM/Qobuz>
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Musique de chambre - Paru le 23 mars 2018 | Ligia

Hi-Res Livret Distinctions 4F de Télérama
À la question « Qui était Henriette Renié ? », seuls les harpistes savent en principe répondre. Renié (1875-1956), immense virtuose de la harpe, est aux harpistes ce que Liszt est aux pianistes. Elle fut en son temps une pédagogue extrêmement renommée, qui donna à la harpe comme instrument soliste ses lettres de noblesse. Entrée au Conservatoire de Paris à neuf ans, elle en sort trois ans plus tard avec un premier prix à l’unanimité, puis devient l’assistante de son propre professeur. Un an plus tard, elle intègre les classes de composition et d’écriture de Dubois qui, avec Massenet, l’incite à composer. Alors âgée de treize ans et elle faisait vraiment figure d’exception, seule femme dans une classe de dix-huit hommes ! Elle eut durant toute sa vie ses nombreux élèves parmi lesquels on peut citer Lily Laskine, Marcel Grandjany et… Harpo Marx. En composant une trentaine de pièces pour la harpe et en transcrivant une quantité impressionnante d’œuvres de Debussy, Bach, Ravel, Beethoven, Grieg, Rameau – pour n’en nommer que quelques-uns –, elle renouvelle considérablement le répertoire de l’instrument à sept pédales à double mouvement mis au point par Érard au début du XIXe siècle, déjà la véritable harpe moderne. Ses œuvres trahissent l’influence du romantisme tardif. Dans le Trio pour violon, violoncelle et harpe (ou piano, ici dans sa version avec piano) des années 1910-1920, on retrouvera ainsi la forme cyclique si chère à Franck. Franck qu’elle cite d’ailleurs clairement dans sa Sonate pour violoncelle et piano, l’unique œuvre qu’elle n’ait pas dédié d’une manière ou d’une autre à la harpe. L’objectif du Trio Nuori est de sortir Henriette Renié du seul cercle des harpistes, dont l’œuvre de chambre mérite la reconnaissance d’un bien plus large public. Ensuite, le Trio a certes été enregistré avec harpe mais jamais dans sa version avec piano alors qu’il a explicitement été composé pour l’un ou l’autre des deux instruments : il est très intéressant d’aborder l’ouvrage en réfléchissant aux enjeux d’interprétation liés aux différences entre la harpe et le piano en termes de volume sonore, de timbre, d’intensité, d’articulation etc. Quant à la Sonate pour violoncelle et piano, elle est ici présentée en première mondiale « discographique ». © SM/Qobuz
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Musiques du monde - Paru le 16 mars 2018 | Accords Croisés

Hi-Res Livret Distinctions 4F de Télérama
Après s’être fait les dents à reconstituer un gouleyant cocktail éthio-jazz, qui conjuguait fièrement musiques éthiopiennes et influences soul et jazz, le sextet français et cuivré Arat Kilo ouvre son imaginaire à de plus larges horizons. Si quelques gimmicks nés à Addis-Abeba dans les années 1960-70 jalonnent ces « Visions de paix », les invitations faites à la Malienne Mamani Keita et au slameur originaire de Boston Mike Ladd ont fait sortir la musique d’Arat Kilo du musée pour la propulser vers une proposition personnelle et contemporaine. Loin de la manipulation laborantine, le résultat émane d’échanges, sans filet, entre trois entités au sommet de leur art, curieuses de découvrir et suivre les chemins fertiles qui ont fleuri lors de leurs confrontations amicales. Leurs énergies conjointes ont fait sauter les frontières et abattu les orthodoxies. Grooves hip-hop et chants de griot ne sont pas les seuls éléments à entrer dans la danse. Grisés par un juste sentiment de liberté, ils se sont permis d’agréger à leurs ingrédients naturels des parfums inattendus. Il y a, ici et là, des flûtes orientales, de l’électro-dub sur Nafqot, une rythmique touarègue sur Eshi Ulet, des guitares sous influences congolaise sur Dia Barani, une intro raï sur Chaos Embedded et même un clin d’œil au Lust for Life de Bowie-Iggy Pop sur Angafile. Mais loin de faire catalogue, à l’écoute, cet assemblage apparemment hétéroclite coule de source. Les musiciens sincères et agiles d’Arat Kilo font défiler leurs chatoyants paysages laissant Mike Ladd et Mamani Keita entremêler leurs voix et leurs sciences avec un feeling redoublé. © Benjamin MiNiMuM/Qobuz
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Chanson française - Paru le 9 mars 2018 | vietnam

Hi-Res Livret Distinctions 4F de Télérama
Avec sa voix douce et presque timide (rappelant parfois le tendre filet de Mathieu Boogaerts), Chevalrex – alias Rémy Poncet – signe un troisième album flamboyant sur le label indépendant Vietnam. Typiques de la pop orchestrale à la Scott Walker ou The Divine Comedy, les orchestrations riches et généreuses de Chevalrex donnent à cet Anti Slogan un parfum de limpidité et de clarté. Mais il ne faut pas toujours se fier aux apparences car l'univers de ce petit génie du son (mais aussi de l’image car ce trentenaire est un talentueux graphiste) est sans doute plus torturé et pervers qu’on ne le croit. La douleur parfois extrêmement sombre qui infuse les paroles de ses chansons met dangereusement en péril ces musiques lumineuses et trop bien rodées pour être honnêtes. Accompagné du guitariste Mocke, du batteur Sylvain Joasson, du multi-instrumentiste Olivier Marguerit, mais aussi d’une formation de cordes, Chevalrex chante la souffrance amoureuse (L’Eternité) ou encore l’avenir brumeux d’un monde insensé (Claire). Notons également chez lui une propension à créer des fins de chanson parfois inattendues et cocasses, ce qui met en évidence l’humour de leur auteur – humour que l’on retrouve d’ailleurs dans ses œuvres visuelles. Ainsi L’Adversaire se termine avec un solo de saxo légèrement ironique, tandis que Bonjour, c’est moi se conclue en tango rock. ©Nicolas Magenham/Qobuz
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Chanson française - Paru le 9 mars 2018 | Barclay

Hi-Res Distinctions 4F de Télérama
Après une introduction où la voix atypique du chanteur (Arthur Teboul, également auteur des paroles) navigue sur des arpèges électroniques, le nouvel album de Feu ! Chatterton s’emballe avec Grace, slow rock psychédélique en hommage à une « princesse qui porte si joliment son nom ». Dès les premières minutes de L’Oiseleur, on se rend donc compte sans déplaisir que le groupe parisien n’a pas abandonné son attirance pour les années 70, tant au niveau de la musique (tendance « pop rock sophistiquée ») qu’au niveau des paroles au romantisme « fin de siècle ». Le dandysme suranné et assumé de Teboul trouve un écrin idéal dans des morceaux comme Zone libre (texte d’Aragon), la ballade nostalgique Erussel Baled (Les Ruines), et surtout le magnifique Ginger, dont l’orchestration mêlant orgue électronique, chœurs féminins et célesta fait des étincelles. La couleur se fait plus contemporaine dans un morceau comme L’Ivresse, mais la mayonnaise a du mal à prendre – c’est un peu comme si Marcel Mouloudji et Serge Gainsbourg fusionnaient pour entonner un slam lourdement branché. Finalement, c’est lorsqu’ils montrent leur amour exclusif pour les musiques du passé que le groupe déploie son talent avec le plus de conviction. Dans la dernière plage de ce second album de Feu ! Chatterton (après Ici le jour (a tout enseveli) en 2015) Arthur Teboul parle de « gaie mélancolie » et des « poèmes de Paul Eluard » sur une musique dépouillée et onirique, avant d’enchaîner avec une mélopée envoûtante mise en valeur par des envolées de cordes enchanteresses et quelques notes de clarinettes inquiètes. Une conclusion belle et élégante pour un album à la tenue, dans l’ensemble, excellente. ©Nicolas Magenham/Qobuz  
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Classique - Paru le 9 mars 2018 | harmonia mundi

Hi-Res Livret Distinctions 4F de Télérama
Les Tenebræ responsories proviennent d’un vaste recueil de musique polyphonique pour la Semaine Sainte, l’Officium Hebdomadæ Sanctæ, publié par Victoria en 1585 et qui regroupait quelques pièces composées durant ses quelque vingt années passées à Rome. Les répons réunis ici font partie d’un ensemble nettement plus long, l’Office des Ténèbres, qui combinait essentiellement les heures monastiques des matines et des laudes, pour chacun des trois derniers jours de la Semaine Sainte. L’un des traits caractéristiques du service consiste en l’extinction progressive de quinze cierges jusqu’à ce que l’église soit finalement plongée dans les ténèbres – d’où l’office tire son nom. Les répons s’inscrivent dans une liturgie beaucoup plus vaste, qui était chantée pour l’essentiel en plain-chant, et face à laquelle les compositions polyphoniques de Victoria faisaient toute la richesse musicale dans un contraste saisissant. Un tel effet est plus difficile à réaliser en concert ou même en enregistrement, où l’on se situe en dehors du contexte liturgique : ici la polyphonie s’y enchaîne sans interruption. Bien que la musique en soit très variée, l’utilisation ininterrompue du même mode et des mêmes textures à trois ou quatre parties tout au long de ces dix-huit Répons aurait pu, par moments, sembler bien ample à écouter d’un seul trait. Pour contrebalancer cette impression, l’ensemble vocal Stile Antico a introduit çà et là des extraits des lectures des Lamentations, chantés en plain-chant à la fin de chaque Répons. Ainsi le contraste est restitué. Le programme se referme sur le lumineux et ô combien apaisant motet à six voix pour la Semaine sainte O Domine Jesu Christi, publié encore à Rome en 1576. © SM/Qobuz
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Alternatif et Indé - Paru le 9 mars 2018 | Ninja Tune

Hi-Res Distinctions 4F de Télérama
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Chanson française - Paru le 2 mars 2018 | Initial Artist Services

Hi-Res Distinctions 4F de Télérama
Outre la référence à un groupe qui jouait lui-même avec les codes du genre, le titre du premier album d’Eddy de Pretto peut recouvrir d'autres significations. La musique est-elle pour lui une manière de se désintoxiquer des excès qu’il évoque dans certaines chansons (Fête de trop) ? Ou bien la cure est-elle celle qu’il souhaite pour une société malade d’homophobie et autres violences envers ceux et celles qui refusent de rentrer dans le moule ? Ou bien est-ce tout simplement la sonorité cassante du mot qui a attiré l’auteur-compositeur-interprète ? Car Cure est un album dur. Eddy de Pretto est l’auteur (ou coauteur) des paroles, lesquelles sont parfois d’une évidence déconcertante, comme dans ces passages de Kid où il prend la voix d’un père homophobe : « Tu seras viril mon kid, je ne veux voir aucune once féminine. » La dénonciation a le mérite d'être claire, à défaut d’être subtile. Même langage cash lorsqu’il évoque son penchant pour certaines pratiques sexuelles, en particulier « la feuille de rose » : « J’ai même glissé ma langue dans des bouches saliveuses/Dans de tout petits angles où l’on voit qu’les muqueuses ». Dans d’autres cas, les images sont plus poétiques et malignes, comme dans Jimmy, chant d’amour à la Jean Genet en hommage à son dealer. On l’aura compris, Eddy de Pretto parle sans ambages de son homosexualité dans son art. Mais c’est finalement moins l’évocation de son orientation sexuelle que la déconstruction radicale des codes sociaux masculins/féminins qui est la plus intéressante à observer dans ses chansons, en particulier dans celles qui évoquent les injonctions à se construire tel ou tel corps suivant le genre auquel on appartient (Genre). Il revendique clairement une « normalité » (Normal), qui s’exprime chez lui par une neutralité de genre. Et il faut admettre que ce discours est assez novateur dans la pop. Entre les maquillages bariolés de Boy George et le smoking de Marlene Dietrich, il existe donc une troisième voie à explorer, une autre manière de brouiller les pistes. La neutralité de genre est encore un vaste chantier, et qu’on aime ou non son style, Eddy de Pretto a au moins le courage d’essuyer les plâtres. Le petit paradoxe qui fait le piment de son personnage, c’est qu’il crie haut et fort sa colère avec une voix puissante (oserons-nous le terme « masculine » ?) à l’articulation parfaite, un timbre décoiffant qui fait de lui une sorte de « Claude Nougaro de Créteil » (l’accent en moins, donc). Autre petite provocation : musicalement, il se tourne vers des rythmiques d'une musique – le rap – connue pour cultiver parfois le terreau de la binarité des genres. Mais il est aussi visiblement très attiré par la chanson française, dans tout ce qu’elle a de plus classique (certains le comparent même à Jacques Brel). En résumé, en mettant un coup de pied dans la fourmilière d’une pop française souvent frileuse à l’idée de jouer avec les genres (musicaux ou sexuels), Eddy de Pretto s’est construit un personnage impossible à cerner avec précision. Et c’est pour cela qu’il est intéressant. © Nicolas Magenham/Qobuz
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Alternatif et Indé - Paru le 2 mars 2018 | Bella Union

Distinctions 4F de Télérama
L'oiseau rare, c'est lui. En tournée avec Roger Waters à qui il a prêté main-forte pour son dernier album, en arrangeant beaucoup, en refusant bien plus, aux côtés d'Erykah Badu, Elvis Costello ou encore Bonnie “Prince” Billy, Jonathan Wilson semble partout. Et il fait des miracles. Avec Rare Birds, Wilson signe peut-être l'un de ses meilleurs disques. Vers surréalistes, légères divagations psychédéliques, tempo ouaté, ces treize morceaux versés sur une plage de 80 minutes émoussent de longues vagues rock euphorisantes. Des saintes progressions de Trafalgar Square semblant taillées dans les nappes du Mystic Queen de Camel à la classieuse ballade au piano Mulholland Queen, en passant par les cordes country folk de Hi Ho the Righteous, Wilson étire les nuances aquarelles d'un classic rock vissé sur Vénus, béni par les vents de dieux californiens éminemment favorables. Comme toujours avec le griot moderne de Laurel Canyon, c'est sophistiqué sans être plastique, artisanal tout en étant profondément actuel, mélodique, luxuriant et tout en élégance. Trois oiseaux d'autres paradis viennent compléter le tableau : Lana Del Rey sur Living With Myself sur le premier, Father John Misty sur 49 Hairflips et Laraaji sur Loving You. Transpirant des rayons positifs de son gourou, ce troisième album pourra se lover entre les constellations formées par Fleetwood Mac, Jethro Tull, Neil Young et J.J. Cale. © Charlotte Saintoin/Qobuz
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Alternatif et Indé - Paru le 2 mars 2018 | 4AD

Hi-Res Distinctions 4F de Télérama
Les querelles intestines et l'héroïne au creux du bras de sa jumelle n'auront pas ébranlé la plus détendue des rockeuses : Kim Deal. Nirvana à tétons et au grunge couillu, les Breeders avivaient le rock indépendant, rappelant que s'il n'y en avait pas pour les accueillir, il existait bien une scène féminine. Implosant en 1993 après le bien nommé Last Splash, le quatuor voyait Kim retourner aux Pixies quand Kelley rentrait en désintox. Deux autres albums, Title TK en 2002 et Mountain Battles en 2008, rappelaient que la bête pouvait encore bouger… Depuis un concert en 2013 nourrissant des espoirs de reformation, les deux sœurs, la bassiste Josephine Wiggs et le batteur Jim MacPherson ont repris le chemin des studios pour All Nerve. Démêlé de grunge ressuscitant des 90's destroy, cet opus éclair (33 minutes) claque un savoir-faire éprouvé. Si la recette guitare-basse-batterie sales et distorsions vocales ne provoquent pas l'effet Cannonball qui aura fait leur gloire, All Nerve porte les stigmates des décennies douloureuses qui l'ont suivi. En témoignent les ballades distordues Space Woman, Dawn: Making an Effort, Blues at the Acropolis. Sombre et nerveux. © Charlotte Saintoin/Qobuz
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Jazz contemporain - Paru le 2 mars 2018 | ONJ Records

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Concertos pour clavier - Paru le 23 février 2018 | Sony Classical

Hi-Res Livret Distinctions 4F de Télérama - 4 étoiles de Classica
Pour son premier album sous étiquette Sony Classical, Adam Laloum retourne à l’un de ses compositeurs de prédilection. Il s’y était distingué lors de son premier enregistrement en 2011 pour Mirare, qui contenait quatre opus majeurs du compositeur : les Variations sur un thème original Op. 21 No. 1, les merveilleux et trop peu joués Klavierstücke de l’Op. 76, les deux Rhapsodies Op. 79 et les 3 Intermezzi Op. 117. Guère étonnant qu’il livre aujourd’hui sa vision des Concertos de Brahms. Sony Classical y a mis de formidables moyens à sa disposition : l’un des meilleurs orchestres d’Allemagne – le Rundfunk-Sinfonieorchester Berlin –, l’un des tous jeunes loups de la direction d’orchestre venu d’Asie (mais déjà bien connu en Europe, comme peuvent en témoigner plusieurs collaborations avec l’Orchestre de la Suisse Romande chez Pentatone) l’ont rejoint par deux fois, en août puis en octobre 2016, dans la Großer Sendesaal de la Radio de Berlin, pour ce que l’on imagine avoir été un rêve d’enfant pour le jeune Français. Une sacrée expérience ! © Théodore Grantet/Qobuz