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Bandes originales de films - Paru le 24 août 2018 | Buschfunk

Hi-Res Distinctions Preis der deutschen Schallplattenkritik
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Bandes originales de films - Paru le 1 décembre 2017 | Decca (UMO) (Classics)

Hi-Res Distinctions Preis der deutschen Schallplattenkritik
Comment la musique peut-elle traduire l’idée d’un élément naturel comme l’eau ? Un certain Claude Debussy s’était déjà penché sur la question, mais Alexandre Desplat a choisi une esthétique différente de celle de son aîné – même si, tout comme chez Debussy, ce sont les timbres qui sont au cœur de l’idée de Desplat. Pour ce conte fantastique de Guillermo Del Toro qui raconte l’histoire d’amour entre une jeune fille muette, Elisa (Sally Hawkins), et une créature amphibienne (Doug Jones), Desplat a incorporé pas moins de douze flûtes au mythique London Symphony Orchestra – flûtes altos, flûtes basses, flûtes traversières. La partition comprend très peu de cuivres, et ce sont principalement les cordes et les bois qui suggèrent l’ondulation et la fluidité de l’eau. A cela s’ajoute la délicatesse d’instruments comme le piano, la harpe et le vibraphone, qui viennent renforcer cette idée. A partir de ce canevas orchestral peu commun, Alexandre Desplat greffe différents thèmes et ambiances. Ainsi le générique d'ouverture est interprété par un sifflement solo (exécuté par le compositeur lui-même), qui représente la « voix » de la jeune héroïne. Quant au bandonéon (qui, lui, symbolise la créature), il vient accentuer l’aspect onirique des images par sa sensualité et sa douceur. Ces deux instruments évoluent ensemble gracieusement, à l’image des deux protagonistes du film, héros atypiques qui se rêvent en stars d’une comédie musicale hollywoodienne. Car au-delà de ce postulat scénaristique incongru, The Shape of Water est avant tout un hommage au cinéma – principalement au cinéma classique américain. Tout au long de la bande originale, on retrouve inlassablement ce sentiment de nostalgie, en particulier dans le choix de mettre en lumière des percussions sud-américaines (bongos, congas…), évocatrices de tant de films des années 1950 et 1960 (Souvenons-nous de La Soif du mal, réalisé par Orson Welles et mis en musique par Henry Mancini). Pour le générique de fin, et à l’image du sujet du film, Alexandre Desplat joue la carte du crossover en faisant appel à la soprano Renée Fleming pour interpréter un arrangement inédit du classique jazzy des années 40 You’ll Never Know. Enfin, soulignons qu’avec The Shape of Water, Alexandre Desplat a remporté son deuxième Oscar, trois ans après The Grand Budapest Hotel de Wes Anderson. © Nicolas Magenham/Qobuz  

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