Les albums

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Rap - Paru le 17 mai 2019 | Method

Distinctions Pitchfork: Best New Music
Comme The Streets prolonge sa sieste, Slowthai fait le boulot à sa place. Filiation imparable entre Mike Skinner, originaire des Midlands comme lui, et Tyron Kaymone Frampton, bad boy de Northampton qui signe avec ce premier album un brûlot de rap grime punk hors norme. Brexit, lutte des classes, mouise quotidienne, violence domestique, démontage en règle du capitalisme et de la monarchie, rien ne manque à l’appel de son coup de gueule scandé comme d’autres vomissent un excédent de Guinness. Sa mère originaire de la Barbade l'a eu à 16 ans. Son père a mis les voiles quand il en avait 3. Logique que Slowthai se soit longtemps enfilé des boîtes de Xanax… Nothing Great About Britain n’est pourtant pas la copie d’un des premiers albums de The Streets. Construit comme une sorte de journal intime, il emboîte critique sociale, humour et cynisme de manière inédite. Derrière la console sur la plupart des titres, Kwes Darko a sculpté une BO mêlant rythmes grime, rap minimaliste et électro sans oublier quelques bribes plus rock’n’roll. Slowthai n’a pas sucé que le sang de Skepta ou de Stormzy. Et son ADN est surtout punk. Côté featurings, Skepta justement est venu l’adouber (Inglorious). Jaykae (Grow Up), les punks de Slaves (Missing) et le producteur Mura Masa (Doorman) ont aussi fait le déplacement pour un album coup de poing qui rappelle la force de la singularité britannique en matière de rap. © Marc Zisman/Qobuz
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Alternatif et Indé - Paru le 3 mai 2019 | 4AD

Hi-Res Distinctions Pitchfork: Best New Music
UFO, on connaît. C’est la version anglaise d’ovni. Mais UFOF, c’est plus flou. Pour Big Thief, ce F supplémentaire est synonyme de Friends. Des ovnis et des amis donc ? La chanteuse Adrianne Lenker dégaine un embryon d’explication. « Se faire des amis avec l’inconnu, toutes mes chansons parlent de ça. » Avec le guitariste Buck Meek, le bassiste Max Oleartchik et le batteur James Krivchenia, elle signe un troisième album pas si non identifié que ça… La musique du quartet de Brooklyn est une sorte de folk abordé comme du rock indé. Sans sonner bien évidemment comme du Sonic Youth, cette cuvée 2019 de Big Thief en possède parfois l’ADN (comme sur Jenni). La vitrine est attirante, limite chatoyante. Mais à y regarder de plus près, UFOF est étrange et presque anormal. Et comme chez feu Elliott Smith (idole de Lenker auquel on pense sur Betsy), la beauté des mélodies et des guitares joliment artisanales cachent un mal de vivre évident ; ou des situations insolites voire décalées. L’effet ovni sans doute… Moins poli et lustré que Masterpiece (2016) et Capacity (2017), UFOF montre en tout cas un groupe capable de se remettre en question et faire évoluer son art. © Marc Zisman/Qobuz
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Soul/Funk/R&B - Paru le 17 avril 2019 | Columbia

Hi-Res Distinctions Pitchfork: Best New Music
Il fallait que ça reste gravé à jamais. La folle prestation de Queen B lors de ses deux concerts à Coachella en 2018, retracés dans un documentaire de Netflix, se voit, surprise, assorti d’un album live. Sous forme de rétrospective, Beyoncé revient en 40 titres sur 22 ans de carrière. Pas de nouveaux morceaux mais une reprise studio avec Tay Keith, Before I Let Go, titre soul de Frankie Beverly et Maze datant de 1981. Des Destiny’s Child avec Lose My Breath, Say My Name et Soldier, Michelle Williams et Kelly Rowland en prime sur scène, Déjà Vu avec son mari Jay-Z, Get Me Bodied avec sa sœur Solange, Lift Every Voice and Sing, hymne afro-américain entonné par sa fille Blue Ivy, Homecoming rend compte de ce que Coachella a surnommé le « Beychella », tant la performance est entrée dans les annales du festival. C’était le but : 200 personnes sur scène, des moyens colossaux pour un show pharaonique de deux heures mettant en exergue l’empowerment afroféministe, B mérite son trône. « Quand j’ai décidé de faire Coachella, au lieu de sortir ma couronne de fleurs, je trouvais ça plus important d’apporter notre culture. » Au son des second lines des brass bands de La Nouvelle-Orléans, d’une drumline renforcée, de Malcolm X sur Don’t Hurt Yourself et au milieu de multiples clins d’œil à l’histoire afro-américaine, la reine de la pop, grimée en Néfertiti, nous rappelle le poids de sa discographie à l’ère du 3e millénaire. © Charlotte Saintoin/Qobuz
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Alternatif et Indé - Paru le 5 avril 2019 | Sub Pop Records

Hi-Res Distinctions Pitchfork: Best New Music
Posséder une voix fusionnant celles de Karen Carpenter, Rufus Wainwright et Julia Holter vous installe sur un solide piédestal. Mais Natalie Mering alias Weyes Blood n’abuse pas de ce superpouvoir. Avec de telles références, la Californienne trentenaire louvoie évidemment dans une pop grand format baignant dans la mélancolie. Une BO intemporelle comme les 70's en raffolait et orchestrée avec Jonathan Rado du groupe Foxygen. Mais derrière la sophistication de ce quatrième album qui évite les boursouflures, le propos de Mering est sérieux. Car en plus d’être la star de la nuit du 14 au 15 avril 1912, le Titanic de son ambitieux Titanic Rising est aussi le monde, la planète, dont elle chante la fin proche… Une thématique récurrente dans les albums de 2019 mais qu’elle aborde avec grâce, sérénité et un brin d’espoir. La terre est foutue, Trump s’accroche au 1600 Pennsylvania Avenue à Washington et on va tous mourir, mais la symphonie de Weyes Blood est là pour que le mauvais moment à passer reste agréable. Et même qu’une issue soit possible ! D’autres auraient déballé des textes cyniques, caustiques voire décalés ; Weyes Blood préfère l’élégance de la nostalgie (Movies), de la poésie (Something to Believe) ou de la bienveillance (A Lot's Gonna Change). Majestueux. © Marc Zisman/Qobuz