Les albums

14,99 €

Alternatif et Indé - Paru le 30 novembre 2018 | Polydor Records

Distinctions Pitchfork: Best New Music
Pour leur troisième album, les Mancuniens de The 1975 n’auraient-ils pas accouché d’une certaine perfection pop et rock contemporaine ? Avec A Brief Inquiry Into Online Relationships, Matty Healy, George Daniel, Adam Hann et Ross MacDonald réussissent à convaincre qu’ils sont tout sauf un boys band étiqueté « rock ». Leurs fans le savaient déjà. Les autres un peu moins… Et même si l’éclectisme qu’ils proposent ici peut faire peur, il est surtout le reflet de l’époque. Car lorsque le charismatique Healy ne fait pas la une des tabloïds britanniques pour son addiction à l’héroïne et ses cures de désintox’, il réussit à concocter de tubesques hymnes qui encapsulent l’ère du temps. De l’électro pop avec Autotune, du rock de stade à guitares, de la synth pop 80’s façon Thompson Twins/China Crisis, des mélodies attachantes comme chez Phoenix, des sonorités dubstep et des ballades folk futuristes façon Bon Iver, The 1975 picore à tout-va, digère en moins de deux et accouche dans la foulée d’une B.O. efficace qui ressemble à une belle tranche de vie, avec ses hauts et ses bas. Comme le polaroid de quatre musiciens fraîchement trentenaire, entrant corps et âmes dans une certaine maturité artistique. © Max Dembo/Qobuz
11,49 €

Rap - Paru le 30 novembre 2018 | Tan Cressida - Columbia

Distinctions Pitchfork: Best New Music
Qu'il semble lointain le jour où l'on fit la connaissance d'Earl Sweatshirt. C'était en 2010 avec le clip outrancier de son morceau Earl issu de sa première mixtape qui participa à la percée spectaculaire du collectif Odd Future, formé par une poignée de gamins ultra-créatifs qui ont dynamité pour de bon le rap de leur époque. Thebe Kgositsile n'avait que 16 ans et dut patienter pour récolter les fruits de cette prodigieuse entrée en matière. De retour en 2012 d'un exil forcé aux îles Samoa, Earl prit conscience de l'impact considérable qu'eurent les premiers enregistrements d'Odd Future et du statut quasi mythique qui était déjà le sien. Moins productif et rassembleur que son collège d'alors Tyler, the Creator, Sweatshirt n'a jamais manifesté une réelle soif de succès et s'est forgé une réputation d'artiste radical et taiseux. Avec son premier album Doris – pour lequel il fit appel à ses collaborateurs proches Vince Staples, Mac Miller ou Casey Veggies mais aussi aux Neptunes, à RZA et à BadBadNotGood –, il s'installa néanmoins bel et bien au sommet de la chaîne alimentaire du rap. Plus de trois ans après I Don't Like Shit, I Don't Go Outside, sobre et impressionnant deuxième album, voici Some Rap Songs qu'on attendait fébrilement sans trop oser y croire.  Marqué pour un double deuil – celui de son père, le poète sud-africain Keorapetse Kgositsile (dont on entend la voix sur Playing Possum) et son oncle, la légende du jazz africain Hugh Masekela (qu'il sample sur Riot!) par son rapport toujours problématique à la surexposition médiatique et par sa tendance à la dépression chronique, le rap d'Earl Sweatshirt n'a jamais été aussi froid et taciturne que sur cette collection de 15 courts titres sans vrais refrains ni facilités mélodiques. Si les productions accidentées et incrustées de samples tordus, les beats habilement désaxés qu'on trouve sur Some Rap Songs doivent beaucoup à la sainte Trinité Madlib-MF Doom-J Dilla, Earl Sweatshirt se présente l'air de rien en parrain d'une nouvelle avant-garde qui rebat les cartes de la beat music et se réapproprie les codes de la musique et de la culture noires (outre Kgositsile père et Masekela, on entend le poète et activiste James Baldwin, un sample de Curtis Mayfield et des dialogues du film Blaxploitation Black Dynamite). Ses collaborations avec le collectif new-yorkais Standing On The Corner (dont il faut écouter le jazz-rap ésotérique), sur Ontheway!, le beatmaker de Detroit Black Noi$e et le rappeur Navy Blue (The Mint) ou le passionnant Adé Hakim qui coproduit l'intense Nowhere2go, laissent penser qu'Earl Sweatshirt s'est trouvé une nouvelle famille. Avec la fausse désinvolture qu'on lui connaît (le titre même de l'album est loin de refléter la richesse et la cohésion de la chose), Earl Sweatshirt ajoute un nouvel épisode à une carrière jusqu'ici irréprochable et donne surtout l'impression de faire exactement la musique qu'il veut faire. © Seuss' The Grinch
13,49 €

Rock - Paru le 30 novembre 2018 | dBpm Records

Distinctions Pitchfork: Best New Music
La mort, le temps qui passe, la dépression, l’usure… On n’attire pas le chaland en placardant des thématiques aussi sexy sur le devant d’une vitrine. Même lorsque le bouclard s’appelle Warm (chaud en français). Pourtant, Jeff Tweedy est l’un des songwriters les plus avenants de sa génération. Celui chez qui on aime se réfugier en cas de gros coup de blues hivernal. Depuis la fin des années 80, le leader du groupe Wilco n’a cessé de faire des merveilles avec ces mots de l’intime qui parlent des maux de l’intime. Evidemment avec un brin d’humour ou de causticité… Régulièrement, Tweedy a pigé ça et là avec d’autres. Depuis 2010, il travaille régulièrement avec l’une des grandes reines de la soul, Mavis Staples, qu’il produit ou avec laquelle il coécrit (les albums You Are Not Alone en 2010 et One True Vine en 2013). En 2014, il publiait un disque en duo avec son fils batteur Spencer (Sukierae). En 2017, avec Together at Last, il sortait un disque enfin orné de son propre nom. Un vrai-faux départ en solo puisque exclusivement composé de vieilles chansons de Wilco et de ses projets Golden Smog et Loose Fur, qu'il revisitait en version acoustique. Avec Warm, le répertoire est 100 % neuf et Jeff Tweedy est 100 % maître à bord. Le terrain est connu. Toujours aussi sobre et beau dans son univers d’americana intemporelle. Impeccable dans cet équilibre doux-amer qu’il affectionne tant. Et toujours impressionnant lorsqu’il s’agit de magnifier une mélodie pure (I Know What It's Like) ou de faire du bruit (The Red Brick). Tweedy prouve surtout qu’il est l’un des meilleurs poètes rock de sa génération. Comme lorsqu’il referme la chanson Some Birds par la phrase : “I break bricks with my heart, Only a fool would call it art.” © Marc Zisman/Qobuz
16,99 €
11,49 €

Pop - Paru le 2 novembre 2018 | Sony Music Entertainment

Hi-Res Distinctions Pitchfork: Best New Music
Réunir flamenco, R&B et électro ? Pas grand monde n’aurait parié sur ce mélange qui semble un poil cheesy sur le papier. Mais voilà, Rosalía Vila Tobella est passée par là. La Catalane avait reçu les louanges de la critique pour son “nouveau flamenco” développé sur l’album Los Ángeles en 2016. Et cette année, elle a grimpé les marches quatre par quatre. Depuis la sortie du premier single d’El Mal Querer en mai 2018, le contagieux Malamente, porté par le clip du collectif espagnol Canada et qui lui a valu 5 nominations aux Latin Grammy Awards, Rosalía enchaîne les coups d’éclat : featuring avec J Balvin sur l’album du Colombien, Vibras, vidéo en studio avec Pharrell Williams, coup de fil de Pedro Almodovar pour la booker dans son prochain film… Et voici donc cet album tant attendu, produit par El Guincho, un Espagnol signé sur le label anglais Young Turks, qui a pour lubie de sampler des beats tropicaux et qui se régale ici à couper-coller des claquements de main et de doigts, et parfois la voix de Rosalía comme sur De Aqui No Sales, qui rappelle le travail de Björk. Si le mix R&B et flamenco prend plutôt bien sur Bagdad, la tendance électro est un poil plus appuyée sur Que No Salga La Luna. Privilégiant la mélodie à l’expérimentation, l’Espagnole reste globalement dans le cadre sur ce disque, dévoilant tout de même dans les coins d’intrigants chemins de traverse, vers lesquels on verrait bien un guide plus aventurier mener cette voix phénoménale. © Smaël Bouaici/Qobuz

Alternatif et Indé - Paru le 26 octobre 2018 | Matador

Distinctions Pitchfork: Best New Music
Téléchargement indisponible
10,99 €

Pop - Paru le 26 octobre 2018 | Konichiwa Records

Distinctions Pitchfork: Best New Music
En 1994, la chanteuse suédoise Robyn, encore adolescente, bousculait le petit monde de la pop avec des tubes comme Do You Really Want Me et Do You Know (What It Takes). Modelée par RCA Records et les producteurs Denniz Pop et Max Martin, elle finit par prendre son indépendance dans les années 2000, en signant deux albums électro-pop à la fois expérimentaux et populaires : Robyn (2005) et Body Talk (2010). Dans un esprit similaire, Honey ne joue pas la carte de la pop clinquante, mais plutôt celle d’une douce amertume (Baby Forgive Me), voire d’une franche mélancolie (Human Being), même si les tempos sont souvent dansants. À noter que l’album est produit par Klas Ahlund (auteur de huit chansons pour Britney Spears) et Joseph Mount (Metronomy). Au cœur de ce mouvement joyeusement dépressif, on trouve naturellement une bonne dose de nostalgie, celle de l’époque où Robyn connut une gloire foudroyante. Entre l’orgue syncopé de Between the Lines et les beats eurodance de nombreux morceaux, cet album porte un regard à la fois triste et bienveillant sur les années 1990. Ce n’est certainement pas un hasard si la première chanson de ce court album s’intitule Missing U. Quant aux synthétiseurs scintillants de Because It’s in the Music, ainsi que la rythmique ensoleillée de Beach2k20, ils sont eux aussi la marque d’une distance, celle dont fait dorénavant preuve la « nouvelle Robyn ». © Nicolas Magenham/Qobuz  
14,99 €

Rap - Paru le 5 octobre 2018 | Cactus Jack Records - G.O.O.D. Music - Interscope Records

Distinctions Pitchfork: Best New Music
10,43 €
6,93 €

Ambient - Paru le 28 septembre 2018 | kranky

Hi-Res Distinctions Pitchfork: Best New Music
Le grand prêtre de l’ambient est de retour avec un neuvième album sur lequel il poursuit ses expériences sonores toujours aussi captivantes. Tim Hecker, qui avait travaillé avec un chœur islandais sur son précédent disque, s’est cette fois adjoint les services du Tokyo Gakuso Ensemble pour ce Konoyo (“le monde d’ici” en japonais), qui tire son inspiration du gagaku, la musique de la cour impériale japonaise, un style assez grandiloquent que les Nippons opposent au zokugaku, les musiques folkloriques. Dès l’ouverture, le superbe This Life et ses nappes synthétiques et fantomatiques, on a l’impression que des ombres sonores nous frôlent les oreilles. Brisant mélodies et structures, passant de l’extatique au mélancolique, Tim Hecker percute les styles occidentaux et orientaux, l’électronique et l’acoustique, le classique et le New Age, pour une nouvelle leçon de sound design. © Smaël Bouaici/Qobuz
13,49 €

Alternatif et Indé - Paru le 19 septembre 2018 | Sub Pop Records

Distinctions Pitchfork: Best New Music
Délicieusement mélancolique, le trio de dépressifs heureux qu’est Low fête ses 25 ans de thérapie musicale avec Double Negative qui paraît chez Sub Pop. A 1,000 % dans le slowcore, c’est une aspiration lente et délicate vers un fond abyssal. Avec BJ Burton, le producteur de Bon Iver, Low dévoile une œuvre totalement mystérieuse, de la teneur d’une bande originale lynchienne. Son premier titre, Quorum, donne le ton sur un grésillement d’ondes pesant. Double Negative est sombre mais cherche avant tout à engendrer une expérience sensorielle unique. Entre tambours qui inquiètent et chants atmosphériques, Low emprisonne ses proies dans une hypnose sublime. Une fois l’état atteint, le charme de Double Negative peut enfin opérer. Les envolées lyriques d’Alan Sparhawk prennent enfin forme sur Fly. Cinq minutes accordées au chanteur afin de stabiliser l’état de son public. Sur cette même lancée, Low peut enfin manipuler son public dans tous les sens. Le chant robotique de Tempest et les harmonies vocales d’Always Up provoquent une sensation d’apesanteur qui laisse imaginer des paysages cosmiques. Quand il ne s’agit pas de synthé, de vocodeur, de la basse de Garrington et de la batterie de Parker, le groupe joue sur des beats telluriques presque annonciateurs de l’Apocalypse comme le fait ressentir The Son, the Sun. Terriblement renversant, Double Negative va de métamorphose en métamorphose, sans jamais savoir si la fin sera tragique ou prospère. © Anna Coluthe/Qobuz
14,99 €

Rap - Paru le 13 septembre 2018 | Joey Purp, LLC

Distinctions Pitchfork: Best New Music
13,49 €
8,99 €

Alternatif et Indé - Paru le 17 août 2018 | Dead Oceans

Hi-Res Distinctions Pitchfork: Best New Music
Mitski Miyawaki nage depuis quatre albums dans les nappes d’un rock indé américain réceptif aux influences pop-électro. Le cinquième, Be the Cowboy, est une réunion subtile de 14 compositions originales, excédant rarement les deux minutes trente, mais suffisamment longues pour traduire la vision des amours multiples de Mitski. Evoquant les rencontres, débordant sur des images philosophiques, il y a une dimension presque cinématographique sur cet album. Principalement douée pour ses compositions au piano, elle dessine ici plusieurs histoires élégantes, s’amuse des variations de synthés, mélange le grand et le petit, les chagrins et les joies… Bref, Mitski est une modeleuse de l’humeur et des sensations. Des contrastes réguliers entre pop-rock terreux (Washing Machine Heart) et ballades au piano un brin mélancoliques et dépressives (A Horse Named Cold Air), la Nippo-Américaine parvient toujours à des refrains catchy et plaisants (Nobody). Surprenante et novatrice. © Anna Coluthe/Qobuz
16,99 €
14,49 €

Soul - Paru le 20 juillet 2018 | Columbia

Hi-Res Distinctions Pitchfork: Best New Music
Grâce à Ego Death, leur troisième album de 2015, The Internet a touché un public plus large… Pourtant, Purple Naked Ladies paru en 2011 et Feel Good, deux ans plus tard, avaient déjà bien mis en avant la voix soulful de la chanteuse Syd Tha Kyd et les sons assez raffinés et majoritairement minimalistes de Matt Martians, tous deux membres du collectif Odd Future. The Internet balayait différents pans de la soul music, avec une prédilection pour la nu soul 90’s, lorgnant parfois vers le R&B ou même le hip-hop. Trois ans plus tard, l’orgie de beats sensuels et surtout langoureux comme jamais est toujours au menu de leur quatrième opus, Hive Mind. Dans ses gènes, The Internet est viscéralement relax et cette philosophie chill & laid back devient même ici une marque de fabrique encore mieux maîtrisée. Un son et une attitude qui font qu’aucune des treize chansons de l’album ne saute aux oreilles dès la première écoute. Avec ses mélodies rêveuses, Hive Mind, comme toutes les œuvres profondes, s’appréhende sur la durée et la longueur. Un luxe en 2018 que de prendre son temps… © Marc Zisman/Qobuz
15,99 €
13,49 €

Metal - Paru le 13 juillet 2018 | Anti - Epitaph

Hi-Res Distinctions Pitchfork: Best New Music
11,99 €

Pop - Paru le 29 juin 2018 | Transgressive

Distinctions Pitchfork: Best New Music
OK, le talent n’attend pas le nombre d’années, mais tout de même, Rosa Walton et Jenny Hollingworth ne doivent pas être loin d’un record de précocité. Deux ans après leur premier album I, Gemini, composé quand elles avaient 14 ans et qui a fasciné la presse d’outre-Manche, les deux Anglaises de Let’s Eat Grandma sont déjà de retour. I’m All Ears offre un rare coup d’œil sur la façon dont peuvent évoluer deux préados dans un monde où toute l’histoire musicale est disponible en trois paires de recommandations algorithmiques. Quand leurs aînés se contentaient de faire cohabiter deux ou trois groupes influents, les deux amies, qui ont passé une partie de leur enfance à bâtir des cabanes dans les arbres du jardin, ont reconstruit les 30 dernières années de la musique britannique à travers une dizaine de chansons façonnées comme un Tetris entre indie rock, pop électronique, new wave et dance music. L’album démarre par deux tracks produits par SOPHIE, Hot Pink, une pop song détraquée quelque part entre MIA, CHVRCHES et Mattafix, et It’s Not Just Me, entre R&B et pop 80’s, appelée à devenir l’hymne des BFF adolescentes. Derrière, elles déroulent sur Snakes & Ladders, une ballade folk mélancolique à la guitare électrique grinçante, avec un chant qui alterne entre refrains écorchés et triplet flow, puis avec I Will Be Waiting for You, qui emprunte à Rihanna… Bref, Let’s Est Grandma démontre sur ce disque référéncé un sacré sens de la pop et du clair-obscur (déployé sur l’extended Cool & Collected ou le closing Donnie Darko, un riff dérivé de Hey Hey My Mind qui délire en synth-pop à claps) et prouve que tout le monde n’est pas né sous la même étoile quand il s’agit de compétences musicales. On se demande bien ce qu’elles vont nous sortir quand elles seront majeures… © Smaël Bouaici/Qobuz
16,99 €

Jazz - Paru le 22 juin 2018 | Young Turks Recordings

Distinctions Pitchfork: Best New Music - Indispensable JAZZ NEWS
Après le triple, le double ! Kamasi Washington, qui avait secoué la jazzosphère avec The Epic (2015), voit toujours aussi grand avec Heaven and Earth, un diptyque tout aussi copieux. Surtout, un nouveau tsunami de jazz pluriel. Toujours aussi mystique. Toujours aussi collective. Toujours aussi éclectique (on croise une reprise du Hubtones de Freddie Hubbard et, plus fou, du thème du film La Fureur de vaincre de Bruce Lee). Toujours aussi habitée, la musique du Californien reste viscéralement insaisissable. C’est même sa raison d’être. Histoire de marquer toujours et encore sa différence, le saxophoniste est même passé de Brainfeeder, l’écurie de Flying Lotus, à Young Turks, le label de The xx, FKA twigs et Sampha, pas vraiment connu pour ses signatures jazz… Reste à se laisser tenir par la main à travers des séquences dignement héritées de l’afrofuturisme de Sun Ra, des trances chamaniques de Pharoah Sanders, du Pan-Afrikan Peoples Arkestra d'Horace Tapscott, des rugissement de Gato Barbieri, des premiers Weather Report, des embardées funky de Roy Ayers ou des itinéraires bis d’Albert Ayler ou de John Coltrane… Pour Kamasi, Heaven et Earth ne sont pas deux volumes distincts mais plutôt deux voyages se déroulant simultanément : « Earth est ce que je vis, ce que j’expérimente. Heaven est la façon dont j’imagine la vie. » On peut être aisément déboussolé par ce foisonnement stylistique de plus de deux heures vingt et cette vision à 180° du jazz (mais pas que), comme on peut être instantanément happé par ce torrent créatif. Impossible en tout cas de rester de marbre face à une telle somme… © Marc Zisman/Qobuz
16,99 €
11,49 €

Rap - Paru le 18 juin 2018 | Parkwood Entertainment - Roc Nation

Hi-Res Distinctions Pitchfork: Best New Music
Le plus grand luxe des stars ultimes est de sortir un disque sans crier gare. Pourtant très attendu depuis leur première collaboration en 2002, l’album commun de Jay Z et Beyoncé a vu le jour par surprise le 16 juin 2018, en même temps que le Nasir de Nas et Kanye West. Drôle de coïncidence. Dans la lignée du 4:44 de Jay-Z et du Lemonade de Beyoncé, Everything Is Love est un album tourné vers l’introspection d’un couple hors norme et l’analyse de sa célébrité. Ses neuf morceaux sont à la fois une célébration de la réussite noire et une critique aiguisée de la société actuelle. Cet album est aussi le marqueur d’une réconciliation, un trait d’union entre deux amants qu’on disait proches de la rupture et qui ont oeuvré, dans l’ombre comme en pleine lumière, pour régler leurs griefs et différends, s’en servant comme carburant artistique. Dans la forme, Everything is Love colle aux standards actuels, leur donnant un autre écho entre luxe et honneur afro-américain. Le couple se rapproche une nouvelle fois de l’univers grandiose, pointu mais consciencieux de Pharrell Williams, producteur sur NICE et APESHIT. Les palettes pop de Beyoncé se mélangent aux sonorités plus soul jazz de Jay Z grâce notamment au travail de Cool and Dre, très à l’aise dans l’orchestration de ce cocktail équilibriste. Souvent plus en avant que son mari, Beyoncé opère une véritable démonstration de force, rappant avec hargne sur plusieurs titres, jouant avec son image et franchissant de nombreuses frontières. Jay Z assure son standing, parfois paresseux mais avec toujours des éclairs de génie, notamment sur FRIENDS ou LOVEHAPPY quand il parle famille et dynastie. Avec Everything is Love, les Carters réalisent l’exploit de rester intouchables et constants avec un projet intimiste et contrasté. La famille royale se porte bien. © Aurélien Chapuis/Qobuz
10,99 €

Electro - Paru le 15 juin 2018 | Transgressive

Distinctions Pitchfork: Best New Music
SOPHIE est de cette catégorie d’artistes qui obsèdent une fois que l’on passe le pas de la porte, tant par le mystère qui entoure sa personnalité que par le caractère insaisissable de son son. On la rencontrait en 2006 sur le label londonien PC Music et Samuel Long (de son nom civil) produisait déjà une musique plus étrange que tout le reste du collectif artistique (et ce n’était pas peu dire). Son premier essai officiel, Product en 2015, réunissait déjà l’essentiel de son univers sucré, électronico-bubble-gum avec supplément chiptune, option kawaii. Avec une production en latex, des bruits sortis de l’espace et des voix totalement aseptisées, on n’avait jamais rien entendu de comparable ; on se serait cru sur un dancefloor en train de suffoquer dans un costume de Batman trop serré. Si l’aspect pop cheesy assumé et tiré à l’extrême est une composante indiscutable du« son SOPHIE », il se complète par une electro inattendue, métallique, glaciale, vrombissante et cutée au sabre laser. Inédit, bizarre, extrême, sans concession, sincère… Voilà des mots qui reviennent quand il s’agit, pour les médias spécialisés, de qualifier la musique de SOPHIE, posant par là même la question : « Et si c’était ça le futur de la pop music ? » Légitime quand on sait la renommée des artistes qui se sont alloués ses services (Madonna, Charli XCX, Vince Staples, Cashmere Cat…). Et comme tout le monde l’attendait au tournant avec ce premier album, elle prit la tangente en livrant un disque protéiforme et insaisissable : fracassant dès l’entrée, twistant au milieu avec un long passage ambient et PC Music des premières heures à la sortie. Non, cet album n’est pas facile d’accès. Il peut même être rebutant car bousculant les lignes établies, comme une certaine Islandaise put le faire une vingtaine d’années avant elle. Mais n’est-ce pas justement l’utilité de l’Art ? Et la marque des grands artistes ? © Sylvain Di Cristo/Qobuz
13,99 €

Alternatif et Indé - Paru le 8 juin 2018 | Matador

Distinctions Pitchfork: Best New Music
Les années 90 ont enfanté une belle armée de « filles pas contentes ». De Liz Phair à Fiona Apple, en passant par Courtney Love, Shirley Manson, Aimee Mann, PJ Harvey, Ani DiFranco ou Kristin Hersh, elles ont conjugué, chacune à leur manière, le syndrome de la postado révoltée, seule dans sa chambre, une guitare électrique en guise de doudou, et fait exploser au passage tous les clichés liés à ce type de profil. Ces années 90, Lindsey Jordan n’a pas vraiment connu… Celle qui avance masquée sous ce nom de Snail Mail a vu le jour en 1999 à Ellicott City, dans la banlieue ouest de Baltimore. Pourtant, l’ADN de sa musique est essentiellement composé de ce rock indé typiquement 90's. Lush sonne pourtant bien comme un disque de 2018, non comme une archive exhumée, de vingt ans d’âge. La voix n’est pas d’une grande originalité. Les riffs non plus. Mais dès la première écoute, impossible de ne pas être hypnotisé par la franchise de son ton, la sincérité de son propos et l’efficacité de ses mélodies. D’une certaine manière, Jordan vient rejoindre les Courtney Barnett, Angel Olsen et consorts qui ne se servent d’aucun artifice mais seulement de leur plume pour faire du bon rock’n’roll de facture classique. Une vraie révélation. © Marc Zisman/Qobuz
16,49 €
11,99 €

Alternatif et Indé - Paru le 1 juin 2018 | Bella Union

Hi-Res Distinctions Pitchfork: Best New Music
Un an à peine après Pure Comedy (2017), Josh Tillman, alias Father John Misty, revient déjà. S'il prend les rênes de la production, l'ancien batteur des Fleet Foxes retrouve en studio son acolyte fétiche : Jonathan Wilson, griot de Laurel Canyon qui s'évertue à redéployer la beauté du classic rock des seventies. Mais aussi Jonathan Rado de Foxygen. Avec God’s Favorite Customer, Papa John, fils d'évangélistes rigoristes, lâche treize scénettes folk-rock qui s'enchaînent plus ou moins avec évidence. Slalomant entre une flopée de ballades au piano (The Palace, The Songwriter) et quelques fulgurances rock décomplexées aux orchestrations fines (Just Dumb Enough To Try), le songwriter continue dans la lignée de ces précédents opus. Sentimentaliste mais plus grave. © Charlotte Saintoin/Qobuz
14,99 €

Rap - Paru le 30 mai 2018 | Tierra Whack

Distinctions Pitchfork: Best New Music