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Jazz - Paru le 30 octobre 2020 | ECM

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Le 21 octobre 2020, neuf jours avant la sortie de ce Budapest Concert, Keith Jarrett révèle, dans une interview au New York Times, avoir été victime de deux AVC successifs en février et mai 2018. Des accidents l’ayant en partie paralysé. « On me dit que le maximum que je pourrais récupérer de ma main gauche, c'est la capacité de tenir un verre » se désole le pianiste âgé de 75 ans qui ne remontera sans doute plus sur scène. Cette scène si essentielle à son œuvre. Dans sa discographie fleuve, on ne compte plus les enregistrements live. Car chez Jarrett, ces captations de concert ont la même valeur que celles en studio. Pour ne pas dire plus… Le 3 juillet 2016, l’Américain est seul sur la scène de la salle de concert Béla Bartók de Budapest. Comme souvent dans ce cas, ce qu’il joue n’a pas de titres mais est découpé en parties, ici numérotées de 1 à 12. Exactement comme sur son album Munich 2016 paru en novembre 2019 et enregistré le 16 juillet 2016, quelques jours après sa prestation de Budapest. Celle-ci a tout de même une saveur particulière pour un Jarrett fanatique de Bartók mais aussi pour cet arrière-petit-fils d’émigrés hongrois du côté maternel. Sans surprise, le torrent improvisationnel dont il a le secret est de sortie et laisse entrevoir l’appétit protéiforme de leur auteur capable de faire swinguer son piano comme ses aînés et d’improviser lors de phrases rythmiquement et harmoniquement complexes et osées. Un tsunami de notes (le cœur de Part III cite celui de sa Survivors’ Suite de 1977) précède un motif blues trituré dans tous les sens. Une référence folklorique se substitue à une construction ouvertement classique. Et ainsi de suite. Les parties ne communiquent pas particulièrement entre elles mais le toucher de Keith Jarrett, si fascinant, empêche l’auditeur de décrocher ou d’être lassé par ces sauts d’humeur stylistique. Comme à Munich, cette création en fusion se referme sur les deux mêmes standards, It's a Lonesome Old Town popularisé par Sinatra et Answer Me cher à Nat King Cole. Sa façon à lui de rappeler où se situe sa tradition, même chamboulée ou revisitée avec autant d’audace… Un nouveau périple renversant. © Marc Zisman/Qobuz
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Jazz - Paru le 9 avril 2021 | ECM

Hi-Res Livret Distinctions Pitchfork: Best New Music
Depuis le début des années 2000, Vijay Iyer entretient une relation privilégiée avec Tyshawn Sorey. Le pianiste et le batteur américains accueillent au cœur de cette indéfectible complicité la bassiste australienne Linda May Han Oh, déjà saluée pour ses propres enregistrements comme ses nombreuses piges de sidewoman notamment chez Dave Douglas ou Joe Lovano. L’énergie et la variété des couleurs proposées par ce trio inédit confèrent à cet Uneasy qui paraît sur le label ECM une intensité rare. Une sorte de créativité nucléaire. Car derrière l’exigence et la virtuosité de ces trois-là, il y a surtout de la musique. De la musique et des idées. Iyer et ses amis célèbrent des disparus (McCoy Tyner sur le Night and Day de Cole Porter et Geri Allen sur Drummer's Song) et s’engagent (pour le mouvement Black Lives Matter sur Combat Breathing, ou en évoquant la fameuse crise sanitaire de Flint en 2014 sur Children of Flint). Dans le torrent de notes qu’ils font ici couler la méditation laisse la place au swing, la fulgurance s’écarte pour laisser entrer du jus de cerveau et ainsi de suite, à 360°. Vijay Iyer, Tyshawn Sorey et Linda May Han Oh racontent tant de choses qu’on peut aisément mettre leur conversation en mode repeat sans jamais se lasser… © Marc Zisman/Qobuz
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Jazz - Paru le 29 janvier 2021 | ECM

Hi-Res Livret
Et si Trio Tapestry était l’une des formations les plus essentielles de la longue carrière de Joe Lovano ? Un an après un premier album pour ECM, le saxophoniste de Cleveland retrouve ses deux complices, la pianiste Marilyn Crispell et le batteur Carmen Castaldi, pour un enregistrement encore plus émouvant. A la sortie du premier, Lovano avait décrit ce trio comme « une tapisserie musicale mélodique, harmonique et rythmique qui maintient les moods et les atmosphères. » Trio Tapestry avait surtout les traits d’un jazz habité. Avec ce Garden of Expression, la spiritualité comme le calme régnant soulignent à nouveau chaque improvisation. Lovano qui signe toutes les compositions n’est jamais un lider maximo mais le tiers d’une unité soudée comme jamais. Une voix unique portée par la volonté d’épure. Dans les non-dits, les non-joués, Crispell est renversante de précision. La profondeur du jeu de cette pianiste injustement sous-estimée a rarement atteint un tel niveau. Dans la retenue aussi, Lovano souffle un vent léger de sérénité salvatrice en ces temps agités (l’album est dédié aux victimes de la Covid), une brise qui fait du bien et s’appréhende comme une parenthèse bienvenue de recueillement. Magnifique. © Marc Zisman/Qobuz
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Jazz - Paru le 19 mars 2021 | ECM

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La mise à nu permet parfois de faire le point. La pandémie joue aussi un rôle introspectif évident pour les artistes coupés de leur public et de la scène. Avec Entendre, qu’il a enregistré à Lugano en septembre 2020, Nik Bärtsch met entre parenthèses ses diverses formations (Ronin, Mobile) pour se retrouver seul au piano. Le Suisse trouve une grande liberté dans la restriction esthétique, tout en saisissant les opportunités pour embarquer sa musique vers des terres inédites. Ce travail s'est développé en parallèle de ses activités de groupe. Pour Bärtsch, certains moments clés furent notamment les célébrations du cinquantième anniversaire du label ECM au Lincoln Center de New York en 2019, mais aussi sa collaboration avec l’artiste et vidéaste Sophie Clements. Sans oublier sa tournée de piano solo en 2017 qui l'a conduit à Téhéran, Alexandrie, Le Caire, Calcutta et Delhi, stimulant sa réflexion sur les relations entre performance et musique rituelle dans différentes cultures. Des éléments et des expériences qui ont nourri les travaux préparatoires d’Entendre.Les pièces numérotées Modul, cinq des six titres de l’album, ont des allures de modèles plus que la forme de compositions fixes et définitives. Nik Bärtsch les assimile à « une formation de base en arts martiaux, qui peut être adaptée à toutes sortes de situations. Ma façon de travailler est de créer de nouveaux contextes. Chaque pièce joue avec l'idée de composition, d'interprétation et d'improvisation, et se nourrit de la même force, mais peut créer des résultats très surprenants. » Un constat évident sur Modul 58-12 qui mêle deux anciennes compositions jouées en groupe, Modul 58 avec Ronin sur l’album Awase (2018) et Modul 12 avec Mobile sur l’album Continuum (2016). « Tout s’est fait naturellement en studio, je n’avais rien planifié, ni espéré un tel résultat. La combinaison de ces deux pièces n'est peut-être pas une coïncidence mais plutôt un appel intérieur. » En solo, Nik Bärtsch ne propose pas un toucher de piano classiquement jazz. Son style entrelace plutôt la musique de chambre, le jeu en solo dans la tradition classique mais aussi dans la tradition contemporaine et minimaliste, et le groove. Mais le plus intéressant est que la feuille de route d’Entendre, en apparence très cérébrale, accouche d’un disque très charnel. Une sorte de longue aventure humaine, fortement narrative dans son écriture. Avec des séquences lyriques, d’autres épurées et minimalistes. Bref, une palette aussi large que la vie finalement… © Marc Zisman/Qobuz
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Jazz - Paru le 30 novembre 1975 | ECM

Hi-Res Livret Distinctions Discothèque Idéale Qobuz - Qobuz Référence
Chaque époque du jazz depuis la fin du XIXe siècle eut ses pianistes références : Scott Joplin, James P. Johnson, Earl Hines, Fats Waller, Art Tatum, Nat King Cole, Oscar Peterson, Erroll Garner, Bud Powell, Thelonious Monk, Dave Brubeck, Ahmad Jamal, Bill Evans, Cecil Taylor et quelques autres marquèrent à jamais leurs décennies d'une empreinte inaltérable. Les années 60 et 70 furent celles d'Herbie Hancock, Chick Corea et Keith Jarrett (tous trois révélés dans l'entourage de Miles Davis), mais c'est sans aucun doute ce dernier qui remporta le plus de succès populaire au point de largement déborder le public jazz et toucher les amateurs de musique toutes catégories confondues. Enregistré le 24 janvier 1975 à l'Opéra de Cologne, le Köln Concert y est pour beaucoup. Un génie de l'improvisation livré à lui-même, à ses propres digressions, à son inspiration, ce jour-là, divine. © JMP/Qobuz
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Jazz - Paru le 29 janvier 2021 | ECM

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En 2018, Shai Maestro franchissait un cap en intégrant l’écurie ECM. Après quatre albums habités par une certaine grâce ayant imposé son nom sur la scène jazz contemporaine, le pianiste israélien entouré d’une rythmique complice au possible (le Péruvien Jorge Roeder à la contrebasse et l’Israélien Ofri Nehemya à la batterie) s’engageait une fois de plus sur le sentier de vibrantes narrations à tiroirs. Des mélodies héritées du répertoire jazz mais aussi de la musique traditionnelle orientale voire de la musique classique occidentale. Ces sources d’inspiration comme ce grand vent narratif sont à nouveau convoquées sur Human conçu avec le même trio rejoint par Philip Dizack qui apporte une vraie touche personnelle. Tout en prenant soin de digérer les valeurs du trio, le trompettiste américain raccroche cette musique à un certain classicisme. Un patrimoine que Maestro a toujours gardé dans son viseur et qu’il célèbre ici avec In A Sentimental Mood de Duke Ellington, unique reprise de l’album, ou sur Hank and Charlie, un hommage à Hank Jones et Charlie Haden. Mais c’est la virtuosité – jamais ostentatoire – de ces quatre-là qui impressionne tout au long d’Human. Une impressionnante technique (GG) au service de la mélodie des thèmes de ce disque délicat (Compassion ) et plein de poésie (The Thief’s Dream), des thèmes tous composés par Maestro lui-même. © Marc Zisman/Qobuz
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Jazz - Paru le 13 novembre 2020 | ECM

Hi-Res Livret Distinctions 4F de Télérama
En 2018, Elina Duni plongeait dans le grand bain du solo. Ou du moins apposait pour la première fois son nom seul sur la pochette d’un album. Après deux disques à la tête d’un quartet plutôt estampillé jazz, la chanteuse de Tirana signait avec Partir publié chez ECM un magnifique recueil de pièces évoquant aussi bien l’amour que la perte et le départ, interprétant au piano, à la guitare et aux percussions, des œuvres provenant du folklore ou de la variété… Avec Lost Ships, Duni poursuit sa collaboration avec le jeune guitariste britannique Rob Luft entamée en 2017. Le duo a réuni des chansons d’amour certes mais aussi des chansons d’exil et de souffrance. Les maux de la planète, qu’il s’agisse de drames migratoires ou de tragédies écologiques, trouvent dans les mélodies choisies, une caisse de résonnance originale et émouvante. Comme une symphonie chambriste mêlant des textures méditerranéennes à des constructions jazz que le duo échafaude avec l’aide du pianiste et percussionniste anglais Fred Thomas et du bugliste suisse Matthieu Michel… Une ballade jazz, une chanson italienne (Bella Ci Dormi), un air folklorique albanais (Kur Më Del Në Derë et N’at Zaman) ou un standard popularisé par Frank Sinatra (I’m a Fool to Want You) ou Charles Aznavour (Hier encore), ces sources plurielles fusionnent grâce à l’expressivité de la voix d’Elina Duni, sorte de fado des Balkans, de blues européen jamais plombant, car toujours porteur d’espoir. © Marc Zisman/Qobuz
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Jazz - Paru le 12 février 2021 | ECM

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Et Jakob Bro poursuit calmement son chemin, sans faire de vagues, mais en restant un guitariste qui compte, sous-estimé, peu médiatisé, mais réellement passionnant… Son, espace, mélodie, silence, le Danois quadra de chez ECM possède son propre langage, même si l’influence d’un aîné comme Bill Frisell apparait ça-et-là. Un langage qu’il embarque sur des sentiers inédits comme sur Uma Elmo pour lequel il s’est entouré du Norvégien Arve Henriksen et de l’Espagnol Jorge Rossy. L’originalité d’un trio guitare, trompette, batterie permet aux mélodies – toutes signées Bro – de se développer de manière inattendue. Ces trois-là manipulent ici les textures sonores avec intelligence pour empêcher la sérénité ambiante d’être lisse voire vaine. Car cette musique alternant entre plages méditatives et séquences sous tension agit fortement sur les émotions. On est comme happé par l’océan sonore dans lequel la trompette d’Henriksen est un chant de sirène totalement hypnotique, la guitare de Bro un mélange de courant froids et chauds et les baguettes de Rossy des ponctuations stimulantes. Sur Housework, les échanges se font à contre-courant, comme dans un rêve, pour déboucher sur une sorte de jazz déstructuré qu’un magma électronique empêche de se déliter. Jakob Bro salue aussi les anciens. To Stanko est un hommage au trompettiste polonais Tomasz Stanko disparu en 2018 et qui l’avait accueilli dans son Dark Eyes Quintet. Et Music for Black Pigeons est dédié au grand saxophoniste Lee Konitz, mort en 2020… On sort exténué d’Uma Elmo. Une bonne fatigue mentale. Physique aussi. Une expérience exigeante des plus tonique, repoussant sans cesse les frontières de la musique improvisée. © Marc Zisman/Qobuz
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Jazz - Paru le 8 mai 2020 | ECM

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Pour souffler les 75 bougies de Keith Jarrett, son plus grand complice a réuni cinq titres sur cet album disponible exclusivement sur Qobuz. Ce proche, pour ne pas dire cet ami du pianiste américain, c’est Manfred Eicher, producteur et fondateur d’ECM, le label de Keith Jarrett depuis bientôt cinquante ans. Le 10 novembre 1971, Jarrett est seul face à son piano et Eicher est derrière la console pour graver dans la cire le tout premier disque ECM du pianiste : Facing You. « Je ne sais même plus combien nous avons fait de disques tous les deux », avait confié le producteur allemand à Qobuz il y a quelques années. « Mais le fait de regarder cet ensemble rétrospectivement, c’est un accomplissement assez merveilleux. La continuité ! Tout est dans la continuité ! C’est là que l’on peut créer de nouvelles choses et les développer. »Interactions de groupes dynamiques et improvisations solo d'une immense profondeur, cette Sequence de Keith Jarrett, ordonnée spécialement pour Qobuz par Manfred Eicher, met en lumière la créativité hors du commun du grand pianiste dans différents contextes musicaux. Choisir dans sa discographie fleuve n’a pas dû être facile et Keith Jarrett 75 propose de l’entendre en solo, en duo, en trio et en quartet… Tout commence par Never Let Me Go enregistré en janvier 1983 avec le contrebassiste Gary Peacock et le batteur Jack DeJohnette, extrait de Standards, Vol. 2. Les débuts d’un trio majeur qui ne cessera de se réinventer en revisitant à l’infini les grandes pages de l’histoire du jazz… Cet intense flot improvisé est suivi par Creation, Part VII, capté à l’Auditorium Parco della Musica de Rome le 11 juillet 2014 et extrait de l’album Creation. Comme une longue suite d’accords rappelant les liens tissés par Jarrett avec le répertoire classique…Coup d’œil dans le rétro pour le troisième titre, Personal Mountains, enregistré le 16 avril 1979 à Tokyo avec le saxophoniste Jan Garbarek, le contrebassiste Palle Danielsson et le batteur Jon Christensen, extrait de l’album Sleeper qui ne sortira qu’en juillet 2012. La rage comme le lyrisme imprègnent ce thème qui rappelle comment ces sidemen scandinaves ont permis à l’Américain de développer une sémantique originale. Avec No Moon at All enregistré en 2007 avec le contrebassiste Charlie Haden et publié trois ans plus tard sur l’album Jasmine, c’est la magie d’émouvantes retrouvailles après plus de trente ans de séparation qui saute à la gorge. Les ego à la cave, reste une conversation extraterrestre et sublime… Pour conclure cette célébration, Manfred Eicher revient au trio avec Peacock et DeJohnette avec Flying, Part 1, extrait de l’album Changes. Même s’il fut enregistré lors des sessions des albums Standards, Vol.1 et Vol. 2 en janvier 1983, il s’agit cette fois d’une improvisation sur un thème signé Jarrett, lequel amplifie son interaction avec sa rythmique à qui il laisse énormément d’espace. Un clap de fin magique pour un musicien dont l’univers semble infini. © Marc Zisman/Qobuz
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Jazz - Paru le 10 septembre 2021 | ECM

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Jazz - Paru le 14 février 2020 | ECM

Hi-Res Livret Distinctions Choc de Classica
Depuis un quart de siècle, Carla Bley forme avec son compagnon bassiste Steve Swallow et le saxophoniste Andy Sheppard, un trio d’une solidité implacable et d’une originalité jamais démentie. Enregistré à Lugano en mai 2019, le énième album relatant leur complicité prend la forme de trois suites. La première qui donne son titre au disque est un blues un brin stoïque, mélancolique d’abord, plein d’espoir à l’arrivée. La seconde, Beautiful Telephones, qui s’inspire de la remarque d’un président américain lors de sa première entrée dans le bureau ovale de la Maison Blanche, rappelle la causticité de la pianiste au style si singulier hérité de Thelonious Monk et Erik Satie. Enfin, Copycat explore la notion d’échange entre les protagonistes au sein même de leurs improvisations. Comme toujours avec ces trois-là, les conversations ne sont jamais convenues et les improvisations pas vraiment classiques. Toujours aussi jouissif. © Clotilde Maréchal/Qobuz
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Jazz - Paru le 1 janvier 1975 | ECM

Distinctions Discothèque Idéale Qobuz - Qobuz Référence
Chaque époque du jazz depuis la fin du XIXe siècle eut ses pianistes références : Scott Joplin, James P. Johnson, Earl Hines, Fats Waller, Art Tatum, Nat King Cole, Oscar Peterson, Erroll Garner, Bud Powell, Thelonious Monk, Dave Brubeck, Ahmad Jamal, Bill Evans, Cecil Taylor et quelques autres marquèrent à jamais leurs décennies d'une empreinte inaltérable. Les années 60 et 70 furent celles d'Herbie Hancock, Chick Corea et Keith Jarrett (tous trois révélés dans l'entourage de Miles Davis), mais c'est sans aucun doute ce dernier qui remporta le plus de succès populaire au point de largement déborder le public jazz et toucher les amateurs de musique toutes catégories confondues. Enregistré le 24 janvier 1975 à l'Opéra de Cologne, le Köln Concert y est pour beaucoup. Un génie de l'improvisation livré à lui-même, à ses propres digressions, à son inspiration, ce jour-là, divine. © JMP/QobuzTout comme la Joconde pour le Louvre, le concert de Cologne de Keith Jarrett est une vitrine pour ECM. Avec 4 millions d'exemplaires vendus, c'est non seulement le plus grand succès de l'histoire du label mais aussi l'album de piano solo le plus vendu ! Et beaucoup de ceux qui ont acheté cet enregistrement en direct le 24 janvier 1975 à l'Opéra de Cologne, n'avaient pas encore d'album de jazz dans leur collection de disques. Pourtant, le phénomène mondial a connu ce soir-là les conditions les plus défavorables. Le pianiste américain était épuisé par un long voyage en voiture, avait mal au dos et avait trouvé sur scène un piano à queue bon marché au lieu du Bösendorfer qu'il avait commandé. "Je pense que si Keith a si bien joué c’est précisément à cause de ce piano médiocre", a déclaré plus tard le producteur Manfred Eicher. "Ne pouvant tomber amoureux du son de cet instrument, il a adapté son jeu en conséquence pour en tirer le meilleur parti malgré tout". Mais que reste-t-il, au-delà des anecdotes et des enregistrements, de ce que les 1400 auditeurs ont entendu ce soir-là ? Jarrett avait alors 30 ans et avait déjà une carrière réussie avec 15 disques et deux expériences formatrices dans les groupes de Charles Lloyd et surtout de Miles Davis. En 1975, il avait déjà développé un style d'expression très personnel. Même si l'influence de Bill Evans est indéniable, ses improvisations étaient uniques, comme le prouve ce concert de Cologne. Les éléments lyriques et méditatifs sont entremêlés. Jarrett souligne la perméabilité des genres en nourrissant son jazz (est-ce du jazz tout court ?) avec des éléments de musique classique, de gospel, de folk ou de certains styles musicaux d'Amérique latine. Les notes jaillissent de son piano comme un torrent et chantent une ode à l'improvisation. En 1992, il a déclaré à Der Spiegel que le Concert de Cologne était devenu une sorte de musique de film au fil du temps. "Nous devons apprendre à oublier la musique", a-t-il ajouté. "Sinon, nous devenons dépendants du passé." 
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Jazz - Paru le 6 novembre 2020 | ECM

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Dino Saluzzi est plutôt rare au disque. Encore plus lorsqu’il est seul avec son bandonéon. Aussi, Albores est un événement pour les aficionados du maître argentin. Enregistrés entre février et juin 2019 dans son studio de Buenos Aires, ces neuf thèmes montrent comment, dans le plus simple appareil, sa musique est un puits narratif sans fond. En conteur invétéré, il rend universelles les histoires les plus intimes voire personnelles, comme lorsqu’il évoque le travail de son père compositeur Cayetano Saluzzi sur Don Caye ou qu’il rend hommage au compositeur géorgien Giya Kancheli, disparu en 2019 sur Adiós Maestro Kancheli et dont il avait repris le répertoire en 2010 sur Giya Kancheli: Themes from the Songbook avec Gidon Kremer et Andrei Pushkarev… Sur Albores, plus que sur ses précédents albums solos parus aussi chez ECM comme Kultrum (1982) et Andina (1988), Dino Saluzzi éradique totalement les frontières entre folklore argentin, jazz, musique contemporaine et musique improvisée. Et ses soliloques d’une grande sobriété ne font résonner que sa voix, et rien d’autre. Son bandonéon respire au rythme du temps qui passe, dessinant les contours d’un bout du chemin qui se rapproche inéluctablement à 85 ans passés. Dans ces moments où le silence et l’espace prennent le dessus sur les notes, Saluzzi est intouchable et charismatique comme un griot. © Marc Zisman/Qobuz
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Jazz - Paru le 1 janvier 1972 | ECM

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Le jazz-fusion a engendré des cargaisons d’albums affligeants mais heureusement bien des chefs-d’œuvre. Comme ce disque enregistré les 2 et 3 février 1972 à New York. Sous ce nom de Return to Forever, le pianiste Chick Corea, qui vient de quitter Miles Davis, a réuni à ses côtés le dieu de la basse électrique Stanley Clarke, le sous-estimé flûtiste et saxophoniste Joe Farrell mais aussi le couple brésilien réunissant la chanteuse Flora Purim et son mari batteur et percussionniste Airto Moreira. Cette légère « touche brésilienne » est d’ailleurs un des éléments intéressants de cette fusion qui offre une alternative à celle proposée à la même époque par Miles ou le Mahavishnu Orchestra de John McLaughlin, nettement plus rock. Aux commandes de ses claviers électriques, Corea reste attaché à la trame mélodique de ses compositions. Et le mysticisme ambiant – cher à l’époque – ne prend jamais trop le dessus. Surtout, l’incontinence de notes qui pollue alors tant de projets électriques n’est jamais à l’ordre du jour. Sur Crystal Silence, le solo de saxo de Farrell est à tomber, et celui de Corea, léger comme une plume, n’est pas en reste. Taxé d’animal de foire par ses détracteurs, Stanley Clarke est aussi d’une subtilité bluffante et son intervention sur Sometime Ago - La Fiesta compte parmi ses plus bouleversantes. A l’arrivée, Return to Forever est peut-être considéré comme un des plus grands albums de jazz-fusion car il en balaie les poncifs. Par la suite, le succès public de la formation, malgré un line-up changeant régulièrement, s’avérera colossal (six albums studio suivront en cinq ans), sans doute pour sa formule nettement plus « rock », finalement assez éloignée de ce premier chapitre. © Marc Zisman/Qobuz
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Jazz - Paru le 1 décembre 1975 | ECM

Hi-Res Livret Distinctions Discothèque Idéale Qobuz
Pour un début, c'est un coup de maître ! Sorti en 1976, Bright Size Life fut le premier disque de Pat Metheny en tant que leader. A 21 ans, le guitariste américain fait déjà preuve d'une réelle maturité dans la composition comme dans l’interprétation, virtuose quand il le faut. Complices idéaux, son meilleur ami du moment Jaco Pastorius, à la basse toute en finesse, et Bob Moses, à la batterie souple et dynamique, lui permettent surtout de développer ce qui sera sa marque de fabrique : un jeu fluide, souvent lyrique, presque liquide. Les grands espaces de son Midwest natal se retrouvent déjà dans sa guitare et même dans les titres qu’il donne à ses compositions (Missouri Uncompromised, Midwestern Nights Dream et Omaha Celebration). Une grande sagesse se dégage de ce disque limpide et beau (l’influence de Jim Hall est perceptible) qui se referme sur Round Trip/Broadway Blues, un medley inattendu de deux thèmes d’Ornette Coleman, l’une des idoles de Metheny avec qui il enregistrera le très free Song X dix ans plus tard.Mais derrière ce calme de surface, le jeune virtuose veut pourtant chambouler un monde qu’il trouve un peu pantouflard. En 2001, dans une interview accordée à Just Jazz Guitar, il insistera sur ce sentiment bien réel : « Même si Bright Size Life ne sonne peut-être pas comme ça, nous étions révoltés à l’époque. Cet album est une déclaration politique très forte de notre part sur la façon dont nous avons estimé ce que nos instruments devaient faire pour rester dans le jazz. En l'écoutant vingt-cinq ans plus tard, je pense que notre message a été transmis et que nous avons changé les choses. C’était un manifeste de choses bien précises qui nous tenaient à cœur, qu’il s’agisse d’harmonie, d’interaction, en termes de son des instruments. Il faut écouter cet album pour savoir où nous en étions à ce moment-là. » © Marc Zisman/Qobuz
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Jazz - Paru le 20 novembre 2020 | ECM

Hi-Res Livret
ECM est sans doute la maison qui s’amuse le plus à brouiller les pistes entre jazz et musique classique. Rien d’étonnant donc d’y croiser Anja Lechner et François Couturier qui s’appliquent avec délicatesse et finesse à sculpter, tout au long de Lontano, une superbe partition apatride, composée de leurs rencontres, leurs voyages, leurs éducations et leurs imaginaires respectifs. En 2014 déjà, la violoncelliste allemande et le pianiste français reliaient Orient et Occident en revisitant notamment des thèmes signés Gurdjieff, Komitas et Mompou. Une nouvelle preuve de leur impressionnante complicité déjà éclatante au sein du Tarkovsky Quartet et dans le projet Il Pergolese. Avec Lontano, le répertoire est principalement original malgré quelques coups d’œil vers Jean-Sébastien Bach, Henri Dutilleux, Giya Kancheli et Anouar Brahem (dont ils reprennent Vague - E la nave va, créé avec Couturier justement, en 2006). Mais malgré cette montagne de codes et de références, Lechner et Couturier parlent une langue bien à eux. Une petite symphonie chambriste nourrie de musique classique, contemporaine, folklorique, jazz mais aussi de cinéma et de littéraire. Un moment de grâce. © Marc Zisman/Qobuz
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Jazz - Paru le 3 mai 2010 | ECM

Hi-Res Livret Distinctions Choc de Classica - Hi-Res Audio - Stereophile: Record To Die For
En 2007, le documentaire Rambling Boy sur Charlie Haden réunissait à nouveau ces deux géants du jazz. Quelque temps plus tard, ils enregistrent chez Keith Jarrett ces standards à l’ambiance intime et sensuelle. Magique.
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Jazz - Paru le 13 octobre 2017 | ECM

Hi-Res Livret Distinctions 5 Sterne Fono Forum Jazz
Le Tunisien Anouar Brahem est l’un des joueurs de oud contemporains les plus subtils. Evoluant dans la sphère ECM, ses aventures discographiques se déroulent donc sur un territoire international où les musiques issues de traditions ancestrales côtoient le monde contemporain et le jazz. Le virtuose qui fête ses 60 ans avec cet album a voulu se faire plaisir en renouant un dialogue amorcé il y a deux décennies avec le contrebassiste Dave Holland. Cerise sur le gâteau, ce maître du jazz est venu avec un ancien collègue de sa période Miles Davis, le batteur Jack DeJohnette. Brahem voulait aussi mesurer son luth arabe avec un pianiste de haute voltige et Manfred Eicher, monsieur ECM, lui a présenté le talentueux britannique Django Bates. Entre les quatre hommes l’entente est évidente et s’entend dans chaque recoin de ces neuf morceaux. Le jazz est au centre, mais il est loin d’être orthodoxe, forcément métissé en croisant la grammaire savante orientale, les fameux maqams, mais le plus souvent il s’agit d’une musique pure et sans étiquette telle que la respire ces virtuoses sans frontière. © BM/Qobuz
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Jazz - Paru le 6 septembre 2013 | ECM

Hi-Res Livret Distinctions 4F de Télérama - Discothèque Idéale Qobuz - Hi-Res Audio - Sélection JAZZ NEWS
Ces trois là se sont trouvés. Quelques soient les formules empruntées par la belle Carla pour dire sa musique, elle fait appel systématiquement aux deux autres : Steve Swallow à la basse (son compagnon dans la vie) et Andy Sheppard au saxophone (un voisin et magnifique musicien). Les voici pour ce que l'on pourrait qualifier d'une introspection musicale, mais à trois. Classe !
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Jazz - Paru le 24 septembre 2021 | ECM

Hi-Res Livret
When We Leave is trumpeter/composer Mathias Eick's fifth leader outing for ECM and his first since 2018's acclaimed Ravensburg. Recorded over two days in November 2020, his sidemen include violinist Håkon Aase, pianist Andreas Ulvo, bassist Auden Erlien, drummers Thorstein Lofthus and Helge Norbakken, and pedal steel guitarist Stian Carstensen. All but the steel player -- who has also worked with Eick before -- appeared on Ravensburg. The trumpeter composed all seven pieces here; they are each identified by a single-word title. Fans of Jaga Jazzist, Eick's other band, will need to adjust their expectations. These compositions reflect the trumpeter's long-held preoccupation with the murky spaces between folk music and modern European jazz. Opener "Loving" offers a drifting, moody piano playing elegiac chords that introduce a lithe lyric line played by trumpet and violin. The two lead instruments circle one another and gradually, as the drummers begin to exchange phrases and time signatures as accents for the frontline players, engage major and minor modes before Aase delivers a sumptuous solo complemented by fills from Ulvo. "Turning" is introduced by plucked violin and bass before piano, violin, and trumpet cascade in a languid, vamp-like melody. Eick's lyricism offers staggered cadences for doubled brass and string harmonies. They add levels of depth and dimension that resist easy classification. The trumpeter's solo, while brief, elevates the tune's entire dramatic premise. While "Flying" appears improvised initially, it opens to express a sparse, even skeletal piano melody that Carstensen and Eick hover over and dole out in single lines for the other players to improvise on. "Arvo," obviously inspired by Estonian composer Arvo Pärt, commences with a wispy Gregorian chant feel as Eick's trumpet, wordless vocals, and Aase's spectral violin exchange phrases, lines, and a mode. The drummers then enter one at a time, followed by Erlien and finally Carstensen, who adds sweeping chord voicings and canny pedal work to elevate the entire proceeding texturally and dynamically. It actually approaches the orchestral until the drummer's snares engage in staggered, nearly martial breakbeat rhythms. "Playing" follows logically. Carstensen controls the tune's body as the two drummers speak in a somewhat urgent processional language. Eick and Aase converse along the economically notated lyric line. Closer "Begging" sounds like a benediction or an exit hymn. It's slow, atmospheric, and at once pastoral and regal. The delicacy in Eick's aching melody expressionistically weds the sacred and the natural worlds while the pianist walks out the changes as an affirmation, and both drummers employ brushes in painting the backdrop with whispering cymbals and snares. Carstensen and Aase speak directly to Eick's lyric solo, embellishing it with textured phrases and elongated octave notes. Eick's composing on When We Leave is muted yet rich, lovely, and sophisticated. He understands exactly how to write to this particular ensemble's strengths, and draws them out individually to express, along with him, longing and vulnerability. © Thom Jurek /TiVo

Le label

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