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Kamasi Washington

Un album aura suffi à faire passer Kamasi Washington du statut d’espoir montant du jazz contemporain en véritable star planétaire. Un album de près de trois heures de musique ! C’est ce que renferme le bien nommé The Epic paru en mai 2015. Seuls certains junky de jazz en stade terminal connaissaient et suivaient les pérégrinations de cet incroyable saxophoniste californien né à Los Angeles en 1981 qui a, pour la petite histoire, participé au dernier chef d’œuvre de Kendrick Lamar, To Pimp A Butterfly… Diplômé de l’Academy of Music of Alexander Hamilton High School de Los Angeles, il intègre ensuite le département d’ethnomusicologie de UCLA. Il enquille ensuite un bon nombre de faits d'arme, croisant le fer avec des pointures nommées McCoy Tyner, Freddie Hubbard, Kenny Burrell, George Duke mais aussi Snoop Dogg, Lauryn Hill, Mos Def et Quincy Jones… En 2004, il publie avec Cameron Graves, Stephen Bruner et Ronald Bruner, l’album des Young Jazz Giants sur Birdman Records. Suivront trois parutions en tant que leader, publiées en auto-production : Live At 5th Street Dick's en 2005, The Proclamation en 2007 et Light Of The World en 2008.

Avec The Epic, l’affaire est toute autre. Une gargantuesque orgie de jazz orchestral venu d’une autre planète. Publié sur Brainfeeder Records, l’excellent label de Flying Lotus plus habitué à l’abstract hip hop et à l’électro décalée qu’au jazz, ce premier vrai album de Kamasi Washington en tant que leader est impressionnant. Livrée par un groupe comprenant notamment deux batteurs, deux bassistes (dont le frappadingue Thundercat), une section cordes de 32 violonistes et un chœur d’une vingtaine de chanteurs, cette immense suite expérimentale traverse évidemment des contrées lorgnant aussi bien vers l’héritage de John Coltrane que celui de Pharoah Sanders, Albert Ayler, du Pan-Afrikan Peoples Arkestra d’Horace Tapscott ou de Weather Report. On se laisse porter par ces vagues soufflées, ces thèmes brillamment composés (sublime Askim) et ces arrangements qui tirent dans toutes les directions. Kamasi Washington n'a évidemment pas grandi qu'au son du jazz et d'autres influences, qu'elles soient soul, funk, rock ou rap, traversent aussi The Epic qui nécessite évidemment de nombreuses écoutes pour en apprécier toute la densité. Mais le jeu en vaut la chandelle. Un choc ? Un vrai choc !


En 2017, c’est à nouveau une écurie « pas vraiment jazz » qui l’accueille, Young Turks Records, sous-division de XL Recordings où l’on retrouve aussi bien The XX que FKA Twigs, Sampha et SBTRKT. Opus plutôt court (à peine plus de 30 minutes), Harmony Of Difference propose en fait de la musique essentiellement composée pour une œuvre multimédia présentée au Whitney Museum de New York, et notamment des toiles peintes par la sœur du saxophoniste, Amani Washington, et un court-métrage du cinéaste espagnol AG Rojas. Le résultat est assez proche de The Epic dans son esprit. Et Kamasi Washington mêle énergie et spiritualité avec la virtuosité qu’on lui connait, son souffle réveillant aussi bien les fantômes de Gato Barbieri que de Pharoah Sanders. On retrouve aussi sa capacité à empiler les strates, qu’elles soient percussives, soufflantes ou harmoniques, sans jamais être indigeste. Au contraire, la fougue comme le tsunami d’émotions qui se dégagent d’Harmony Of Difference pourra même aisément toucher un public habituellement peu réceptif à l’idiome jazz…


Il faut attendre l'année suivante, en juin 2018, pour que Kamasi fasse son véritable retour au disque avec Heaven et Earth. Un double album qu'il décrira ainsi au moment de sa sortie : « Earth représente le monde tel que je le vois extérieurement, le monde dont je fais partie. Heaven, c’est le monde tel que je le vois intérieurement, le monde qui fait partie de moi. » © Marc Zisman/Qobuz

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