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Album : 1 disque - 32 pistes Durée totale : 01:13:20

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  1. 1 Applaudissements

    Clara Haskil, piano Copyright : 2015

  2. Variations sur un thème de Duport, K 573 (Wolfgang Amadeus Mozart)
  3. 2 Thème

    Clara Haskil, piano

  4. 3 Variation I

    Clara Haskil, piano

  5. 4 Variation II

    Clara Haskil, piano

  6. 5 Variation III

    Clara Haskil, piano

  7. 6 Variation IV

    Clara Haskil, piano

  8. 7 Variation V

    Clara Haskil, piano

  9. 8 Variation VI

    Clara Haskil, piano

  10. 9 Variation VII

    Clara Haskil, piano

  11. 10 Variation VIII

    Clara Haskil, piano

  12. 11 Variation IX

    Clara Haskil, piano

  13. Sonate pour piano n° 18 en mi bémol majeur, op. 31 n° 3 "La chasse" (Ludwig van Beethoven)
  14. 12 I. Allegro

    Clara Haskil, piano

  15. 13 II. Scherzo

    Clara Haskil, piano

  16. 14 III. Menuet

    Clara Haskil, piano

  17. 15 IV. Presto con fuoco

    Clara Haskil, piano

  18. 13 Kinderszenen (Scènes d'enfants), op. 15 (Robert Schumann)
  19. 16 Von fremden Ländern

    Clara Haskil, piano

  20. 17 Kuriose Geschichte

    Clara Haskil, piano

  21. 18 Hasche Mann

    Clara Haskil, piano

  22. 19 Bittendes Kind

    Clara Haskil, piano

  23. 20 Glückes genug

    Clara Haskil, piano

  24. 21 Vichtige Begebenheit

    Clara Haskil, piano

  25. 22 Traümere

    Clara Haskil, piano

  26. 23 Am Kamin

    Clara Haskil, piano

  27. 24 Ritter von Steckenpferd

    Clara Haskil, piano

  28. 25 Fast zu Ernst

    Clara Haskil, piano

  29. 26 Fürchtenmachen

    Clara Haskil, piano

  30. 27 Kind im Einschlummern

    Clara Haskil, piano

  31. 28 Der Dichter spricht

    Clara Haskil, piano

  32. Sonate pour piano n° 16 en la mineur, op. 42, D. 845 (Franz Schubert)
  33. 29 I. Moderato

    Clara Haskil, piano

  34. 30 II. Andante poco moto

    Clara Haskil, piano

  35. 31 III. Scherzo Allegro vivace

    Clara Haskil, piano

  36. 32 IV. Rondo Allegro vivace

    Clara Haskil, piano

À propos

Premier transfert numérique officiel / Mozart : Variations sur un thème de Duport, K.573 - Beethoven : Sonate pour piano n° 18, Op. 31 n° 3 - Schumann : Scènes d'Enfants, Op. 15 - Schubert : Sonate pour piano n° 16, Op. 42, D.845 / Clara Haskil, piano

Détails de l'enregistrement original :

73:08 - ADD transfert numérique 24 bits (Premier transfert numérique officiel) - Enregistré le 7 septembre 1956 par la Radiodiffusion Française dans le cadre du Festival de Besançon - Notes en français et anglais
Enregistrement officiel de ce récital, par la Radio Française
(Premier transfert numérique)


Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
Variations sur un thème de Duport, K.573
Ludwig van Beethoven (1770-1827)
Sonate pour piano n° 18 en mi bémol majeur, Op. 31 n° 3
Robert Schumann (1810-1856)
Scènes d'Enfants, Op. 15
Franz Schubert (1797-1828)
Sonate pour piano n° 16 en la mineur, Op. 42, D.845 Clara Haskil (1895-1960), piano
Vingt ans ont passé depuis la dernière édition par la FNAC de cet enregistrement qui déjà rappelait un concert vieux de près d’un quart de siècle.
Mais le rayonnement du nom de Clara Haskil semble être insensible au temps qui passe, confirmant la place tout à fait à part de cette artiste de génie. Les jeunes générations, années après années, la découvrent avec ce même étonnement incrédule de leurs aînés devant ce qu’elle apporte – qui, défiant l’analyse et dépassant les modes, émeut au plus profond. Que serait-ce s’ils avaient pu l’entendre sur scène... Même (ou surtout ?) ce qu’elle répliquait, bourrue sinon furieuse, à l’interrogation d’admirateurs empressés en les repoussant «d’un geste de chatte sauvage», n’explique rien : «Je joue ce qui est écrit, c’est tout !» .
    C’est tout ? Eh ! oui, c’est...TOUT.
Jérôme Spycket
© INA mémoire vive, mai 2001

PortraitJérôme Spycket
    Besançon, vendredi 7 septembre 1956, 9 heures du soir. Dans les coulisses du théâtre municipal une femme de 61 ans, grisonnante, légèrement voûtée, le regard absent et comme apeuré, triture de ses longs doigts ivoirins un petit mouchoir blanc : Clara Haskil qui, la veille, a obtenu un succès triomphal en ouvrant le 9è Festival de la capitale de la Franche-Comté avec son interprétation du Concerto n° 19 de Mozart, s’apprête à affronter à nouveau, mais seule cette fois, le public dont elle entend la rumeur joyeuse monter, assourdie, de la salle. Il vient à une fête rare : entendre celle dont, partout, l’apparition sur une scène déclenche désormais des ovations sans fin.    Mais pour en arriver là que d’années perdues, que d’énergie gâchée, que d’indifférence et d’incompréhension supportées, que de refus essuyés, que de misères endurées ! Y pense-t-elle, sans amertume mais avec désespoir, à ces quelque trente années de sa maturité gaspillées dans l’attente vaine d’engagements ? Ou pense-t-elle plutôt à cette lumière que fut dans le chagrin de sa vie l’amitié rayonnante de Dinu Lipatti, son jeune compatriote roumain qui avait donné dans cette même ville, six ans plus tôt, l’ultime et bouleversant témoignage public de son génie musical ? Ou songe-t-elle encore, avec effroi, à son départ le mois suivant pour les Etats-Unis (« une véritable punition – et plus que cela... ») d’où elle ne peut alors imaginer qu’elle reviendra pourtant « infiniment heureuse » après avoir remporté parmi les plus grands triomphes de sa courte carrière devant les salles en délire ? Plus vraisemblablement elle est simplement obnubilée par l’épreuve qui l’attend dans un moment, torturée par l’indicible angoisse qui l’étreint avant chaque apparition en public – au point qu’il lui arrive, au dernier moment, de vouloir renoncer à entrer en scène et fuir... Elle ne connaissait pourtant pas le trac lorsque, 55 ans plus tôt, elle a donné son premier concert (à 6 ans !), et pas davantage quand elle jouait avant la guerre de 1914 lors de son brillant début de carrière. À cette époque de sa jeunesse, elle était toute à la joie de jouer, et d’apporter la musique à ses auditoires.     Puis est venue la maladie, interminable à guérir, qui l’a marquée à jamais dans son corps et plus encore peut-être dans son âme : la scoliose qu’elle a dû soigner à Berck de 1914 à1918, dans des conditions médicales d’abord inhumaines, dans une solitude sinistre, privée de musique, laissera au plus profond d’elle des traces indélébiles. Dont cette horreur de devoir s’exposer à la vue du public, d’être soudain le point de mire de centaines d’yeux, critiques et sans indulgence. C'est en même temps qu’est apparu le trac, monstrueux, paralysant : elle l’a découvert en remontant pour la première fois sur scène en 1920 quand, à 25 ans, elle recommence à zéro. De ce jour, elle le connaîtra sans répit pendant quarante ans, jusqu’à cette ultime soirée d’apothéose le 1er décembre 1960 au théâtre des Champs-Élysées (malgré la présence chaleureuse à ses côtés de son ami Arthur Grumiaux), quelques jours seulement avant sa mort – voici 20 ans déjà...    Rien n’y fait, ni le rythme de ses concerts qui s’est soudain accéléré depuis quelques années (à un âge où elle aurait dû au contraire ralentir), ni la gloire brutalement venue (trop tardive et qui la laissera toujours incrédule), ni l’admiration de ses partenaires les plus prestigieux, ni même cet élan d’amour du public, de tous les publics, qui jaillit maintenant dès qu’elle paraît, l’assaille et l’assourdit (elle qui a une phobie du bruit !) tandis que, à petits pas mal assurés, elle gagne «son cher piano» — son ami de tous les jours et son refuge. Dans un instant, elle franchira dans un cauchemar le mince portant qui la sépare de la scène, et de ce public bisontin qui lui réservera une ovation ; mais elle n’aura pas un regard pour lui. Elle sera toute entière à ses angoisses – que le piano qui l’attend ne fait qu’aviver. Clara Haskil a toujours eu la plus profonde aversion pour les pianos Gaveau, au point qu’elle a refusé sans appel, en 1925, les offres les plus alléchantes de cette marque qui se proposait de patronner sa carrière. A-t-elle eu tort ? Peut-être, d’autant qu’avec les années il lui arrive, comme ici, de pactiser avec le vieil ennemi ! Mais il est de fait que le Gaveau qu’elle doit jouer ce soir ne lui facilitera pas la tâche.    De toute façon, chaque concert est une aventure toujours renouvelée, toujours imprévisible : rien, jamais, n’est gagné d’avance, même pour les plus grands. Tout peut arriver, le meilleur mais aussi, à n’importe quel moment, l’accident – dont le dramatique « trou » de mémoire, hantise des solistes. Malgré sa fabuleuse histoire, Clara Haskil elle-même en a été une fois, une seule fois, victime. C’était en Suisse pendant la dernière guerre, au cours d’un récital ; elle s’est arrêtée un instant – une éternité – puis elle a simplement dit : «je recommence». Mais ce souvenir l’obsédera toute sa vie. Pourtant cette faillibilité même donne, et donnera toujours, la suprématie aux interprétations de concert par rapport à celles du disque, réalisées à huis clos.    Dans le secret du studio, l’artiste, face au seul micro, peut impunément prendre tous les risques : le moindre accident est gommé – on recommence autant de fois qu’il le faut, en totalité ou par bribes. Il n’est pratiquement pas d’exemple d’œuvre importante enregistrée en studio d’un seul jet : coupée ici, raboutée là, retouchée de toutes les manières, «montée» avec art, la bande définitive d’un enregistrement, qui sera gravée pour donner naissance au disque, n’est le plus souvent qu’une incroyable mosaïque de «prises» différentes – que l’habileté extrême des techniciens rend indécelable (n’alla-t-on pas jusqu’à faire exécuter les notes aiguës d’un opéra par une autre cantatrice que celle, fort célèbre mais en fin de carrière et aux moyens diminués, qui apparut seule au générique du disque ?). Comme le résultat est généralement excellent au plan technique, on se contente de savourer – sans se rendre compte qu’il s’agit pourtant d’une forme insidieuse de tromperie...
    D’autant que cette perfection fabriquée, souvent inaccessible dans la réalité (combien d’artistes, notamment de variétés sont incapables de donner sur scène ce qu’ils font au disque grâce à des heures de pénible labeur en studio !), est forcément acquise au détriment de la spontanéité, donc de la sensibilité. Il manquera toujours, selon le mot du musicien, «la fausse note qui émeut». Face au public au contraire, pas moyen de tricher : l’artiste joue «comptant», sans filet – avec tous les aléas de la vie. De fait au cours d’un concert, offrande unique, la fausse note importe peu si l’émotion est transmise : répétée immuablement par le disque cette même fausse note peut devenir insupportable. D’où le dilemme : perfection aseptisée du studio, ou imperfection d’une interprétation vivante ?    Comme pour tout disque réalisé à partir d’une bande de concert, impossible à retoucher, nous y avons été confrontés à propos de ce récital de Clara Haskil à Besançon : quelques accidents de doigts ici et là – qui lui avait fait décréter ce récital «infect» ! – ont entraîné un moment d’hésitation. Mais il n’a guère duré.
    Tous ceux qui ont connu Clara Haskil savent qu’elle avait une technique naturelle éblouissante, au point que certains de ses pairs la jugeaient supérieure encore à celle d’Horowitz ; les quelques imperfections techniques de ces interprétations ne sauraient donc entacher sa réputation (pas plus que l’accumulation de fausses notes d’un Cortot vieillissant ne retire quoi que ce soit au génie de ce pianiste – dont Clara Haskil fut d’ailleurs l’élève sinon la disciple). De fait trois des œuvres gravées ici ont fait l’objet de sa part de remarquables enregistrements de studio (Philips), et l’une d’elles (les variations Duport) lui a même valu un Grand Prix du Disque en cette même année 1956. Mais alors, pourrait-on se demander, pourquoi donc éditer une nouvelle version, moins parfaite, de ces œuvres ?
    Plusieurs raisons ont emporté la décision. Il s’agit d’abord de restituer, dans son intégralité, dans son unité pourrait-on dire, un programme de récital tel que Clara Haskil l’avait conçu, voulu : ce bouquet d’œuvres de quatre compositeurs différents, qu’elle affectionnait particulièrement, forme un tout à la fois varié et bien équilibré. Mais plus important, déterminant en quelque sorte, est le moment de création vivante, prise sur le vif, qui nous est ici restitué sans aucun artifice, par le miracle de l’enregistrement «en direct». Malgré l’exceptionnelle qualité de la plupart de ses disques, on sait que Clara Haskil n’était pas heureuse en studio : même si elle redoutait tant la confrontation avec le public, elle avait besoin de sa présence pour donner le meilleur d’elle-même. Et pour peu qu’un contact s’établît entre elle et lui – si immédiatement perceptible – tout le climat en était changé, qui pouvait engendrer une inspiration transcendante. La chaleur de l’accueil du public de Besançon devait créer ce climat, et les interprétations que nous trouvons ici, assez différentes de celles que nous connaissons par ses disques Philips, en ont certainement été influencées.    Voici donc, pour ouvrir le récital, les Neuf Variations sur le Menuet de Duport, page brillante mais mineure dans l’œuvre de Mozart. Cette forme musicale difficile, et souvent ingrate, convient particulièrement à Clara Haskil : ce qui, sous d’autres doigts, n’est souvent qu’une étincelante démonstration de virtuosité glacée, devient avec elle jaillissement d’inventions et surtout d’émotions. Ce n’est pas un hasard si les interprétations qu’elle nous a laissées de ces Variations «Duport», des Variations «Abegg» de Schumann, et surtout de celles de Mozart sur «Ah ! vous dirais-je maman», sont à proprement parler idéales – et sans doute inégalables. Ici, clarté, légèreté, simplicité, élégance, sensibilité, sont des caractéristiques de son interprétation ; elle donne une impression de grande sérénité, en étrange opposition avec la tension angoissée qu’elle a éprouvée jusqu’au moment d’en attaquer les premières notes. Il y a là soudain comme un détachement souverain de toute matérialité, donnant à cette page une dimension qui ne lui est pas ordinaire.    Quand, un moment plus tard, elle attaque (au sens plein du terme) la Sonate n° 18 en mi bémol majeur de Beethoven, Clara Haskil a été manifestement mise en confiance : faisant fi de toute prudence elle se lance dans cette partition avec une fougue stupéfiante. Sans jamais sacrifier la musique, avec des moments d’une douceur indicible, c’est une sorte de corps à corps avec Beethoven, dans un tempo irrésistible, grisant. Même s’il est vrai que, surtout en musique, «le temps ne fait rien à l’affaire», il n’est pas inintéressant de noter que cette interprétation vivante dure moins de 20 minutes, alors que celle gravée en studio pour Philips dépasse largement 23 minutes ! C’est dans le 4è et dernier mouvement «presto con fuoco» qu'elle prend un maximum de risques : en vérité ce qu’elle nous donne c’est le «feu» même. Au prix de quelques accrocs ? Sans doute, et c’est dommage – mais qu’importe en fin de compte puisque, avec le panache, il y a toute la Musique, et le souffle même de la Vie. Cela, jamais le studio – puriste par nécessité – ne le permettra de la même façon. Sans doute le public a-t-il conscience de cette traduction unique, et on ne peut que partager son enthousiasme.    Après l’entracte voici les «Scènes d’enfants», contraste surprenant non seulement avec l’atmosphère de l’œuvre précédente mais aussi avec sa conception habituelle de ces pages de Schumann – en particulier telles qu’elles sont restituées dans son enregistrement Philips. Au feu beethovénien succède une sorte d’abandon inhabituel, ému et profondément émouvant : la pudeur innée de Clara Haskil cède ici au romantisme, sans pour autant s’alanguir jamais. Mais tout au long de ces 13 petites pièces, qui sont autant de chefs-d’œuvre, nous découvrons un éclairage musical nouveau : Clara Haskil nous fait entrevoir une communion profonde avec le royaume mystérieux de l’enfance – qu’elle aimait, qu’elle savait comprendre d’instinct, et qui en retour lui a toujours été grand ouvert. Pour un peu on se sentirait indiscret, tant ce jeu semble près de révéler ici des secrets... Et, en plus, quelle perfection pianistique !    Nous la retrouvons, cette perfection, dans la Sonate en la mineur, op. 42 de Schubert, qui clôt ce récital – et qui, à elle seule, justifierait la publication de ce concert : c’est en effet un inédit dans la discographie si limitée de Clara Haskil (elle n’a vraiment commencé à enregistrer qu’à partir de 1951 – elle avait 56 ans). Son seul autre enregistrement de Schubert est celui de la Sonate en si bémol majeur, «Posthume», qu’elle a été la première en France à tirer de l’oubli et dont elle donne une interprétation admirable, qui lui avait d’ailleurs valu son premier Grand Prix du Disque en 1953, trois ans plus tôt. Or, c’est précisément en 1956 que Clara Haskil a inscrit cette sonate en la mineur à son répertoire, et il ne fait pas de doute qu’elle l’aurait enregistrée si elle en avait eu le temps ; elle la jouera souvent en concert au cours des quatre années qui lui restent à vivre.    Sa publication s’imposait donc, d’autant plus que beaucoup, tout en étant sensibles à ses beautés incontestables, ne peuvent s’empêcher d’y trouver aussi – comme dans tant d’œuvres de Schubert – de ces longueurs que d’aucuns ont qualifiées de «divines», comme pour les consacrer. Or, grâce au jeu de Clara Haskil ces longueurs s’estompent : à chaque note, elle sait donner une humanité intense, qui ne peut laisser insensible. Son toucher inimitable, son legato «perlé», une pulsation supérieure constante font que l’œuvre avance, avance toujours, sans heurts ni stagnation, vers sa conclusion – en passant par le merveilleux Scherzo en trio qui se déploie harmonieusement, exempt de tout bavardage.
    Schumann, Liszt et bien d’autres musiciens ont joué cette sonate, composée à une époque particulièrement féconde de la vie de Schubert (1825, trois ans seulement avant sa mort). Clara Haskil devrait la rendre accessible à tous ceux qui, simplement, aiment la musique : l’accueil du public de Besançon semble le prouver – qui ovationna l’interprète au point qu’elle dû lui offrir trois «bis» successifs, un «impromptu» de Schubert, un «intermezzo» de Brahms, et «L’oiseau Prophète» extrait des Scènes de la Forêt de Schumann. Malheureusement il ne semble pas que ces «bis» aient été conservés : ils ne peuvent donc compléter ce récital, ce qui est d’autant plus regrettable qu’il se serait agi, pour les deux premiers d’inédits.    Mais, tel quel voici un récital exceptionnel : écoutez-le comme vous allez à l’aventure – à la découverte d’instants privilégiés passés, rendus miraculeusement accessibles aujourd’hui encore. C’est dans cette disposition de l’esprit qu’il faut écouter ces disques rares : vous avez rendez-vous avec la Musique Vivante.

Jérôme Spycket
© INA mémoire vive, novembre 1980 – Reproduction interdite

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