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Musique de chambre - Paru le 4 août 2017 | Sarton Records

Il est vrai que le nom « George Catoire » ne donne pas accroire que ce très digne et hélas très sous-représenté compositeur est purement russe. Et pourtant, il l’est ! Né russe à Moscou en 1861, mort soviétique dans cette même ville en 1926, il a malheureusement très peu écrit : on lui connaît trois douzaines d’œuvres en tout et pour tout, dont une symphonie isolée, un seul concerto pour piano et une unique cantate orchestrale, le reste étant exclusivement de la musique de chambre et des Romances – l’équivalent russe du lied allemand et de la mélodie française. S’il est de bon ton de placer Catoire dans la continuité de Wagner, le format même de la musique de chambre en interdit bon nombre d’influences du maître de Bayreuth, et forte est de constater que sa Sonate pour violon et piano Op. 20 « Poème » de 1906 porte également la marque de Franck et Fauré, mais aussi de Debussy et même parfois de Scriabine, le tout dans un langage hautement mélodique et d’une harmonie raffinée. L’Élégie Op. 26 de 1916, elle, ne renie certes pas l’influence de Rachmaninov – mais toujours avec un petit élément à la française, témoignage sans nul doute de l’origine hexagonale du personnage, dont les ancêtres avaient quitté la France à la Révolution. Sa propre francisation de son prénom Georgi en Georges en est peut-être une autre marque… Enfin, le Trio pour piano, violon et violoncelle Op. 14 de 1902 affiche toujours aussi clairement la dualité franco-russe du personnage. Ah, si Catoire avait été un peu moins modeste et plus prolixe, on lui compterait aujourd’hui sa place légitime de considérable compositeur de son temps. Saluons donc ce bel enregistrement comme un indispensable retour en force du personnage. © SM/Qobuz