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Album : 1 disque - 8 pistes - Durée totale : 01:06:57
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    Symphonie n° 1 en ut mineur, op. 68 (Johannes Brahms)
  1. 1 I. Un poco sostenuto - Allegro Orchestre Philharmonique Tchèque - Karel Ancerl, direction
  2. 2 II. Andante sostenuto Orchestre Philharmonique Tchèque - Karel Ancerl, direction
  3. 3 III. Un poco allegretto e grazioso Orchestre Philharmonique Tchèque - Karel Ancerl, direction
  4. 4 IV. Adagio - Piu andante - Allegro non troppo, ma con brio - Animado. Piu allegro Orchestre Philharmonique Tchèque - Karel Ancerl, direction
  5. Symphonie n° 1 en ut majeur, op. 21 (Ludwig van Beethoven)
  6. 5 I. Adagio molto - Allegro con brio Orchestre Philharmonique Tchèque - Karel Ancerl, direction
  7. 6 II. Andante cantabile con moto Orchestre Philharmonique Tchèque - Karel Ancerl, direction
  8. 7 III. Minuetto - Allegro molto e vivace Orchestre Philharmonique Tchèque - Karel Ancerl, direction
  9. 8 IV. Finale. Adagio - Allegro molto e vivace Orchestre Philharmonique Tchèque - Karel Ancerl, direction

À propos

Johannes Brahms : Symphonie n° 1, Op. 68 - Ludwig van Beethoven : Symphonie n° 1, Op. 21 / Orchestre Philharmonique Tchèque, dir. Karel Ancerl
Détails de l'enregistrement original: 67:03 - ADD / Stéréo-Mono - Enregsitré au Studio Rudolfinum en janvier 1962 et février 1953 - Notes en français, anglais, allemand, tchèque
Johannes Brahms (1833-1897)
Symphonie n° 1 en do mineur, Op. 68

Ludwig van Beethoven (1770-1827)
Symphonie n° 1 en do majeur, Op. 21 Orchestre Philharmonique Tchèque
Direction Karel Ancerl (1908-1973)
Des malséantes explosions d’outrecuidante arrogance, de la caricature de Haydn : ainsi s’exprimèrent des critiques lors de la création de la Première de Beethoven en 1800, huit ans après sa composition. De nos jours, cette symphonie nous semble un passage obligé entre classicisme et romantisme, et l’on connaît l’immense suite que Beethoven donna à la forme : ces appréciations nous semblent bien pitoyables. Que l’œuvre commence sur un accord instable, et le dernier mouvement par un pied-de-nez (pendant longtemps, on en supprima d’ailleurs les premières mesures, jugées trop délirantes !), voilà des choses inhabituelles pour l’époque mais connaissant certaines explorations que fit Haydn dans le monde de l’incongru, on s’étonne que cela ait étonné. Quant à la Première de Brahms, elle est l’œuvre d’un musicien largement établi, mûr, expérimenté, qui a hésité des années avant d’oser emboîter le pas à Beethoven, dont il estimait que les symphonies étaient l’aboutissement absolu, insurpassable. C’est oublier Schubert et Schumann, naturellement. Quoi qu’il en soit, les lectures d’Ancerl en sont parfaitement lumineuses et transparentes, ce qui change des excès berlino-viennois que l’on connaît.

Brahms - BeethovenJaroslav Holecek

Lorsque Ludwig van Beethoven quitta Bonn sa ville natale pour Vienne, l’évolution de la symphonie classique était arrivée à son terme, l’œuvre de Mozart était complète et le plus vieux, Josef Haydn, le professeur de Beethoven et aussi son modèle, avait, durant la dernière décennie du XVIIIe siècle, couronné la série de ses cent quatre symphonies par ses derniers chefs-d’œuvre. Le jeune génie qu’était Beethoven s'était essayé à la forme sonate dans ses sonates et trios pour piano, dans ses quatuors à cordes op.18 et dans son merveilleux Septuor op.20, mais se rendait compte que la symphonie serait la forme suprême qui le représenterait et il l’abordait avec la plus grande responsabilité et pondération. Il semble même que déjà en 1791 il entama sa première symphonie qu'il avait en tête depuis longtemps. Néanmoins elle ne fut exécutée pour la première fois que le 2 avril 1800 et fut publiée deux ans plus tard.

Mais déjà les critiques de l'époque pressentaient qu’une toute nouvelle ère se faisait jour avec la Symphonie en do majeur op. 21, même s’ils ne savaient pas en percevoir les nouveautés comme un apport positif. Ils les qualifiaient d’explosions déplacées d’outrecuidance arrogante ou de caricature de Haydn. Il leur déplaisait que le compositeur ait eu l’audace d’entamer l’introduction lente de la composition par un accord de septième de la sous-dominante ; les six mesures qui ouvre le mouvement final suscita un tel scandale que longtemps il ne fut pas joué. Dans la troisième partie nommée "Menuet" par Beethoven, ils y cherchaient en vain aussi une analogie avec les charmants menuets rococos du récent passé, mais seul le titre rappelle les mouvements analogues de Haydn, et en réalité il s’agit déjà d’un scherzo fougueux, typiquement beethovénien, avec un grand arc de gradation et un passage statique pour créer un contraste dans le trio.

C'est seulement après que les deux symphonies qui suivirent eurent fait plus grand bruit encore et que finalement le compositeur eut acquis la considération générale et le prestige par sa maestria, qu’on commença à considérer sa première symphonie comme un chef-d’œuvre en son genre, marquant une nouvelle étape de l'évolution de cette musique et formant ainsi un pont important entre les XVIIIe et le XIXe siècles.

Pour sa part Johannes Brahms mit encore plus de temps pour faire ses débuts dans la symphonie. Toutefois l’évolution de l’art musical avait avancé à pas de géant au cours des soixante-seize années séparant sa Symphonie en do mineur op. 68 et les compositions de Beethoven. Pourtant Brahms ne prêta pas attention au flot de symphonies romantiques à programme représenté par Berlioz et Liszt, mais renoua directement avec la production symphonique de Beethoven et s’inspira par la suite notamment de ses deux symphonies en mode mineur. Peut-être par suite de l’insuccès, le 22 janvier 1859, de la première du Concerto no 1 op. 15 pour piano décida-t-il de prendre la voie de la symphonie qu’il envisageait déjà à l’époque, en bifurquant toutefois par deux sérénades et les Variations sur un thème de Haydn. Néanmoins en 1862 il joua à Clara Schumann une partie du premier mouvement, et six ans plus tard sur la carte postale qu’il lui envoya de Suisse il ajouta le thème du cor de chasse du finale. Mais la symphonie ne retentit pour la première fois que le 4 septembre 1876 à Karlsruhe sous la direction de Otto Dessoff. Un mûrissement aussi long n’est pas nécessairement la garantie d’une haute qualité artistique, mais dans le cas d’un maître de la taille de Brahms, cela prouve résolument l’importance qu’il attribuait à sa première symphonie. Hans von Bulow lui donna la désignation de « Dixième » en précisant ainsi, en un seul mot, le fait que son auteur est l’épigone direct de Beethoven et de sa production symphonique. Cela ne vient pas seulement de la même tonalité sombre, en do mineur, commune à la 1ère symphonie de Brahms et à la 5ème symphonie de Beethoven mais c’est surtout de son contenu, c’est-à-dire la lutte de l’homme avec le monde, les souffrances d’un grand esprit cherchant à sortir de l’obscurité pour aller vers la communion rêvée avec l’humanité, dans l’amour mutuel et la fraternité. Et c'est avec de telles idées audacieuses que commence la symphonie de Brahms avec les coups fatidiques à la timbale sur le thème tragique de l’introduction du premier mouvement, et s’achève avec l'hymne final dont le thème est – surement pas par hasard – proche par son caractère de la célèbre mélodie de l’Ode à la Joie de Beethoven. Brahms qui durant toute sa vie évitait dans sa musique tout caractère à programme et descriptif, parla ici sans la moindre équivoque.

Jaroslav Holecek
(traduit par Emilia Esserová)
© Supraphon 2002 – Reproduction interdite

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