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Intégrales d'opéra - Paru le 10 février 2017 | Bru Zane

Hi-Res Livret Distinctions Choc de Classica - Choc Classica de l'année
Si l’on excepte le Chant du départ, dont on ignore généralement que l’auteur n’est autre que Étienne-Nicolas Méhul, le compositeur ne doit plus sa modeste notoriété qu’à Joseph, le seul de ses trente-cinq ouvrages dramatiques qui soit encore donné de temps à autres. L’ampleur de cet oubli ne date pas d’hier : Berlioz la déplorait déjà en 1852. « Monté » à Paris de ses Ardennes natales où il vit le jour en 1763, Méhul eut la chance de croiser Gluck qui l’orienta vers le théâtre lyrique. En 1790, il fit un brillant début à l’Opéra-Comique avec Euphrosine, puis contribua au lustre des fêtes révolutionnaires (dont le style typique se retrouve dans le Morceau d’ensemble n° 4 d’Uthal, « Vers le palais de ses nobles ancêtres »), continuant à composer d’abondance pour le théâtre avec des succès divers, et participa à la fondation du Conservatoire. Sa carrière, poursuivie sous l’Empire, culmina avec Joseph en 1807, avant que le triomphe de Spontini et les progrès de la phtisie n’aient raison de son énergie. Sa mort en 1817 coïncidait avec une révolution du goût fatale à l’esthétique qu’il avait illustrée. Uthal n’évoque de nos jours (et encore…) que l’exclamation cruelle prêtée à Grétry à l’issue de la création en 1806 : « J’aurais donné un louis pour entendre une chanterelle ! », ce qui n’avait rien d’une exigence mycologique, mais signifiait que Grétry aurait voulu entendre la corde aiguë du violon, le mi, appelé aussi la chanterelle. Car Méhul avait demandé aux violonistes de troquer leurs instruments pour des altos, afin d’obtenir de l’orchestre une teinte sombre et mélancolique – une originalité que ses contemporains ne goûtèrent guère, apparemment, même pas Berlioz qui avait pourtant l’habitude des hardiesses orchestrales. La brièveté d’Uthal ne laisse pourtant guère place à la moindre lassitude... Voici donc l’enregistrement de ce petit bijou totalement oublié depuis plus de deux siècles, avec un superbe plateau de chanteurs français, le tout sous la baguette de Christophe Rousset. Ajoutons que les dialogues parlés ont ici autant de place que les passages chantés : peut-être aurait-il mieux valu, pour le disque, en rester à ces derniers... © SM/Qobuz« [...] Tout en payant son tribut à Gluck ou à Cherubini, le compositeur montre à chaque instant une imagination mélodique personnelle et une justesse du sentiment qui affermissent le dessin des caractères et des situations. [...] Dans une écriture aussi tendue, l’apport des instruments anciens est tout sauf évident [...] D’autant que Christophe Rousset ne les ménage pas, montrant là [...] une véhémence dramatique qu’on ne lui a pas toujours connue. Et qu’il communique à ses chanteurs, tous formidablement investis, en particulier Karine Deshaye, transcendée en tragédienne par le rôle de Malvina. Avec les excellents Bou et Beuron à ses côtés, l’élite du chant français est à l’honneur. » (Diapason, mars 2017 / Emmanuel Dupuy)« Christophe Rousset dirige ses Talens lyriques et l’excellent Chœur de chambre de Namur avec un chatoyant dynamisme. Côté solistes, tout est de haut niveau, et les rôles secondaires sont bien tenus. C’est la condition indispensable pour revitaliser cet intéressant maillon de l’histoire de l’opéra français. » (Classica, novembre 2017)
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Classique - Paru le 20 novembre 2015 | Bru Zane

Hi-Res Livret Distinctions Diapason d'or - Gramophone Editor's Choice - Qobuzissime
1886, 1887, 1888 : trois années de suite, Paul Dukas se brûlera les doigts à l’aventure du Prix de Rome, ne réussissant qu’à décrocher un Second prix en 1888 avec la cantate Velléda. L’année suivante, il tentait sa chance avec Sémélé, mais ne reçut pas même un lot de consolation ; les deux cantates sont ici données dans leur intégralité. Ironie de l’Histoire, où l’on voit que bien souvent les doctes académies se trompent lourdement sur le cours des choses. Car qui se souvient encore des Premiers Prix de cette époque, Gedalge ou Erlanger par exemple ? Cet enregistrement nous propose également les chœurs écrits pour le « premier tour » du concours, ainsi que l’ouverture Polyeucte qui correspond, sujet y compris, à ce qu’aurait dû être son envoi Rome s’il avait remporté le prix. Presque une mini-symphonie dans laquelle se trouve déjà le grand Dukas. © SM/Qobuz« Sous la conduite ardente d'Hervé Niquet, cette moisson d'inédits bénéficie de l'engagement de jeunes talents soucieux de la prononciation et du style.» (Diapason, décembre 2015 / Gérard Condé)
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Opéra - Paru le 19 mai 2015 | Bru Zane

Hi-Res Livret Distinctions Choc de Classica - 5 Sterne Fono Forum Klassik
En voilà un beau tonneau ! Les Danaïdes de Salieri, goulûment ouvert pour nous par Christophe Rousset et ses Talens lyriques, fut en effet l’objet d’un imbroglio sans fond lors de sa création en 1784. Car l’œuvre, initialement commandée pour l’Académie royale à Gluck qui transmit le bébé à son élève Salieri après le cuisant échec de son dernier opéra à Paris L’Echo et Narcisse, fut quand même présentée sous le nom de Gluck « avec la collaboration de Salieri » mais bientôt Gluck admit publiquement que la partition n’était pas de lui. De son côté, Salieri rendit hommage à son maître et mentor en déclarant qu’il s’était placé sous la puissance tutélaire de Gluck… toujours est-il que c’est bien du Salieri pur jus. Aux détracteurs de ce malheureux compositeur injustement vilipendé par une pièce de théâtre puis par un film qui en fut tiré, on fera remarquer qu’il jouissait d’une immense renommée à Vienne depuis des décennies déjà, et que la présence de Mozart dans les parages ne lui fut en rien un obstacle. D’autant que Les Danaïdes fut conçu pour Paris, en français, et nullement pour Vienne ! Découvrez ce petit bijou d’opéra italo-viennois qui replace Salieri à sa juste place, dans le sillage du grand Gluck, tragique et dramatique, bien plus que celui de Mozart. Berlioz, découvrant l’ouvrage en 1820 à son arrivée à Paris, lui attribue même sa conversion de l’état d’étudiant-médecin à celui d’aspirant compositeur ! © SM/Qobuz
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Intégrales d'opéra - Paru le 28 octobre 2016 | Bru Zane

Hi-Res Livret Distinctions Gramophone Editor's Choice
Hélas, de nos jours on ne joue plus guère Hérold dans les théâtres français, préférant déterrer le n-ième flasque machin de bel canto à la gloire de gosiers surpayés, plutôt que d’aller fouiller un peu dans le répertoire français négligé. C’est donc un orchestre portugais, l’excellent Gulbenkian, dirigé par le chef anglais Paul McCreesh, la soprano québécoise Marie-Eve Munger, la mezzo-soprano française Marie Lenormand et le ténor français Eric Huchet (ouf, l’honneur est sauf), le ténor états-unien Michael Spyres – oui, oui, d’accord, cette même distribution le donna aussi à l’Opéra-Comique à Paris, mais quand même ! – qui se charge de nous donner une version toute neuve de ce petit chef-d’œuvre pour le label espagnol Ediciones Singulares. Rappelons que l’ouvrage fut créé en 1832, précisément à l’Opéra-Comique de Paris, et que le malheureux Hérold ne vécut pas assez longtemps – il devait s’éteindre l’année suivante, à peine âgé de 42 ans – alors que peu après, il fut repris lors de l’inauguration de la nouvelle Salle Favart où il devait rester à l’affiche jusqu’en 1949, après quelque mille six cent représentations au cours d’un siècle ! Welcome back, mister Hérold. © SM/Qobuz
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Intégrales d'opéra - Paru le 11 mai 2018 | Bru Zane

Hi-Res Livret Distinctions 5 de Diapason - 3F de Télérama - Gramophone Editor's Choice - Choc de Classica
Cette Reine de Chypre de Fromental Halévy n’est sans doute pas l’opéra d’impérial génie injustement négligé que la planète lyrique ébahie attendait depuis cent cinquante ans… Mais il serait bien dommage de s’en priver quand même, surtout lorsque servi par un tel plateau, rassemblant Véronique Gens, Cyrille Dubois et Etienne Dupuis en tête. La partition, d’ailleurs, comporte mille merveilles vocales, des ensembles de grande originalité, mais l’orchestration n'est guère plus aventureuse que celle d’un ouvrage de belcanto italien de la même époque. La richesse mélodique, elle, fut soulignée dans l’article paru dans la Revue et gazette musicale d’avril 1842 : « C'est dans la Reine de Chypre que la nouvelle manière d’Halévy s'est manifestée avec le plus d'éclat et de succès. J’ai eu occasion d’exposer les conditions auxquelles, selon moi, est soumise la production d’un bon opéra, en indiquant les obstacles qui s'opposent à ce que ces conditions soient remplies complètement et en même temps par le poëte et par le compositeur. Quand ces conditions se réalisent, c'est un événement d'une haute importance pour le monde artistique. Or, dans ce cas-ci, toutes les circonstances se sont réunies pour amener la création d'une œuvre qui, même aux yeux de la critique la plus sévère, se distingue par toutes les qualités qui constituent un bon opéra. (…) Le compositeur a mis tout ce que son art a de plus enchanteur dans le duo où ils exhalent les sentiments qui les enivrent. Le fond sombre sur lequel se dessinent ces deux charmantes figures apparaît même à travers ces chants si brillants et si éclatants de bonheur comme un nuage sinistre, et leur communique un caractère particulier d’intérêt mélancolique. Rien n’égale en noblesse et en grâce la magnifique mélodie de la dernière partie de ce duo. » L’article se poursuit ainsi, des plus admiratifs. Le signataire ? Un certain Richard Wagner… Cette nouvelle édition de Volker Tosta de La Reine de Chypre s’appuie sur la réduction pour voix et piano de l’éditeur Maurice Schlesinger, révisée par Wagner et supervisée par Halévy lui-même, ainsi que sur la partition d’orchestre, plus courte, du même éditeur également supervisée par le compositeur, dont les parties manquantes ont été retrouvées dans le manuscrit de la Bibliothèque-Musée de l’Opéra. À partir de passages primitifs (écartés ou non publiés) découverts dans ce manuscrit (dont il manque des pages), alors qu’ils étaient parfaitement interprétables, Tosta a reconstruit une version plus complète, que voici, à partir des différentes variantes existantes. © SM/Qobuz« [...] Si on regrette la disparition de tous les ballets, on salue une interprétation remarquable, portée par la direction précise et généreuse d'Hervé Niquet. [...] Cet enregistrement s'impose comme une très agréable découverte et une importante contribution à la discographie de l'opéra français du XIXe siècle.» (Classica, septembre 2018 / Damien Colas)« [...] L'œuvre abonde en subtilités poétiques [...] Hervé Niquet fait entendre ici un grand tact dans la conduite orchestrale (en particulier dans le rapport des instruments avec les voix). [...] Même si ce drame historique n'a pas la puissance théâtrale de La Juive, on se délecte d'une invention musicale qui, avant le sublime décanté du dernier acte, offre tant de séquences séduisantes [...] » (Diapason, juillet-août 2018 / Jean-Philippe Grosperrin)
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Intégrales d'opéra - Paru le 12 mai 2017 | Bru Zane

Hi-Res Livret Distinctions Diapason d'or - 4 étoiles Classica
« Joyau d'une troupe bien rodée, Véronique Gens ressuscite la courtisane italienne du XVI siècle dont Saint-Saëns peignait en 1887 les amours tragiques. La dame se meurt secrètement d'amour pour le jeune Sabatino, qui lui préfère la fraîche et vertueuse Angiola. L'accueil est tiède, la critique reprochant à Saint-Saëns le "symphoniste", le "wagnérien", de donner la prééminence à l'orchestre [...] Si le compositeur fignole le pittoresque de sa toile de fond [...], il entend d'abord "éclairer les dessous du drame". Car Saint-Saëns, loin de négliger les voix, tient au caractère de ses personnages, sa correspondance n'en fait pas mystère. [...] les forces de la Radio de Munich, guidées par Ulf Schirmer, s'en tirent bien. [...] la diction et la tenue générale sont admirables. Et le Chœur de la Radio flamande illumine la scène des pèlerins, joyau de la partition [...] » (Diapason, juillet-août 2017 / François Laurent)« [...] Proserpine eut le malheur d'être créée à l'Opéra-Comique deux mois avant l'incendie qui détruisit la salle en 1887. Tout le matériel et les décors disparurent et l'ouvrage ne fut remonté qu'en 1899 mais ne fit pas carrière. La musique est pourtant extrêmement bien composée, d'un certain modernisme, ce qui la fit taxer de "wagnérisme", ce qui est très abusif. [...] Véronique Gens, comme à son habitude, pratique un chant de grande classe, d'un style toujours châtié jusque dans les scènes les plus violentes. La mezzo-soprano Marie-Adeline Henry est une heureuse découverte en Angiola, un rôle plutôt pâle auquel elle confère une présence certaine. [...] Comme dans Cinq Mars de Gounod, publié l'an dernier par le même éditeur, le travail d'Ulf Schirmer est parfait d'équilibre et de délicatesse.» (Classica, juin 2017 / Cristiana Prerio)
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Opéra - Paru le 1 janvier 2014 | Bru Zane

Hi-Res Livret Distinctions Hi-Res Audio
Victorin Joncières est l'exemple même de l'artiste romantique épris de noblesse et de grandeur. Les titres de ses opéras le prouvent : Sardanapale, Lancelot, Le dernier jour de Pompéï, Le Chevalier Jean... Il escalada sans relâche les barricades qu'on dressa en travers de sa route : il ne céda jamais à la facilité d'une musique commerciale ; il n'occupa aucun poste académique ou officiel. Son chef-d'œuvre, Dimitri — servi ici par une distribution vocale impeccable — rappelle que le compositeur fut tout à la fois contemporain de Gounod et défenseur de Wagner. L'ouvrage poursuit la tradition du spectaculaire et du monumental (initiée par Meyerbeer) dans une narration qui transporte l'auditeur d'un palais de Cracovie à la place du Kremlin en passant par la forteresse de Wiksa. À la même époque, Bayreuth et les arènes d'Orange et de Béziers allaient transformer l'opéra en un art populaire de masse. Dimitri, créé le 5 mai 1876, fut composé immédiatement après l’infortune du Dernier Jour de Pompéi, donné en 1869. On sait grâce à Georges Servières que l’œuvre était achevée dès 1871 (et sans doute même 1870). À l’origine, Joncières « destinait son opéra au Théâtre-Lyrique, et l’ouvrage avait donc été conçu, sinon comme un « grand opéra », du moins comme une page lyrique ambitieuse qui — a contrario de ce que dit Servières — aurait pu si bien entrer à l’Opéra-Comique que… l’œuvre y sera reprise en 1890. Adaptation d’une tragédie inachevée de Schiller — Demetrius —, il est indiscutable que Dimitri aspire au grandiose, et surtout à la musique moderne comme l’envisage Joncières. Il lui fallait un théâtre expérimental pour se faire complètement valoir. Lieu ouvert aux jeunes compositeurs et aux idées nouvelles, le Théâtre Lyrique National, sous la direction d'Albert Vizentini, n’a pas craint de défendre les tenants du style allemand, ou plutôt «des» styles allemands, ceux de Mozart, de Weber et de Wagner.
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Intégrales d'opéra - Paru le 14 septembre 2018 | Bru Zane

Hi-Res Livret Distinctions Diapason d'or - Choc de Classica
Qui dit Gounod dit Faust, Roméo et Juliette ou Mireille. Dorénavant, il conviendra aussi de dire Le Tribut de Zamora. C’est en effet là l’ultime œuvre scénique du compositeur alors au sommet de sa gloire : on est en 1881, l’œuvre est créée à l’Opéra de Paris avec grand succès, puis… elle disparaît totalement de l’affiche. Il faut avouer que le traitement musical reste ancré « dans le passé » de Gounod, alors qu’autour de lui, Wagner et Verdi occupent largement le terrain, sans parler de Massenet ou Bizet. Et pourtant, cette partition recèle bien des beautés, des thèmes d’une ampleur et d’un lyrisme sans égal, même si elle poursuit le modèle des « numéros » alors que la tendance – surtout allemande, il est vrai, l’Italie attendant encore un brin – est désormais aux œuvres conduites de bout en bout, sans découpage, alors si Gounod avait voulu faire de l’anti-Wagner, il n’aurait pas agi autrement ! Hervé Niquet mène un plateau très international (assez peu français, hélas, sauf pour les petits rôles) à la tête de l’Orchestre et du Chœur de la Radio de Munich. Espérons que cette première discographique saura inciter quelques directeurs de scènes françaises à se saisir de ce Tribut, évidente perle du répertoire français de la fin du XIXe siècle. © SM/Qobuz
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Opéra - Paru le 1 janvier 2013 | Bru Zane

Hi-Res Livret Distinctions Diapason d'or - Diapason découverte - Grand Prix de l'Académie Charles Cros - Choc de Classica - Hi-Res Audio
En 1891, l’insaisissable Jules Massenet désarçonne à nouveau la critique : lui que le succès de Manon (1884) semblait destiner désormais aux demi-teintes de l’opéra-comique renoue avec le grand opéra romantique, dans la veine d’Hérodiade et du Roi de Lahore. Une veine exotique (un Iran fantasmé), des épisodes fantastiques, un amour sublimé par la religion sont autant d’éléments suggestifs qui font du Mage un ouvrage composite et varié, mais avant tout l’apothéose du lyrisme français à l’heure des querelles wagnériennes… Le Palazzetto Bru Zane prolonge l'année Massenet (2012) avec cette publication qui fait suite aux représentations de l'oeuvre à l'Opéra-Théâtre de Saint-Etienne à l'occasion de la 11è biennale Massenet. Une partition qui recèle de véritables trésors, restituée par le Choeur Lyrique & Orchestre Symphonique de Saint-Etienne sous la direction du grand défenseur de la musique française Laurent Campellone, avec un plateau hors-pair : Luca Lombardo (Zarâstra), Catherine Hunold (Anahita), Kate Aldrich (Vardeha), Jean-François Lapointe (Amrou) ... Une redécouverte majeure !
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Cantates sacrées - Paru le 12 janvier 2018 | Bru Zane

Hi-Res Livret Distinctions 5 de Diapason - 5 étoiles de Classica
Icône du romantisme français grâce au succès ininterrompu de Faust et de Roméo et Juliette, Charles Gounod s’est présenté à trois reprises au concours du Prix de Rome entre 1837 et 1839. Il écrivit dans ce contexte des cantates pour solistes et orchestres demeurées inédites, dont Marie Stuart et Rizzio et La Vendetta que le compositeur n’eût jamais l’occasion d’entendre. Révélées pour la première fois, ces pages au romantisme haletant témoignent des dispositions exceptionnelles de leur jeune auteur pour la musique lyrique. Devenu pensionnaire de la prestigieuse Villa Médicis en 1840, ayant remporté le Premier Prix avec Fernand, Gounod y compose alors plusieurs pièces de musique sacrée, elles aussi restées inconnues. La splendide Messe vocale, écrite dans un style néopalestrinien pour chœur a cappella, mérite de figurer désormais au programme de tous les chœurs. © Palazzetto Bru Zane« [...] Hervé Niquet, maître d'œuvre de cette superbe anthologie, sert ces raretés avec élan et générosité, et on retient surtout, parmi les chanteurs qui se succèdent dans les cantates, le ténor Yu Shao (applaudi dans Le Timbre d'argent de Saint-Saëns). [...] Mais quelle jolie découverte que la Messe de Saint-Louis-des-Français (1841) avec orchestre, où les interventions du ténor solo et de la mezzo, la tension que graduent les réponses polyphoniques du chœur, nous ramènent au théâtre. La fin grandiloquente du Credo, le Sanctus flottant pianissimo sur un tremolo des cordes évoquent le Requiem (1837) de Berlioz. Et l'œuvre se referme sur un Agnus Dei où le ténor puis le chœur déroulent leur prière sur de superbes arpèges de violon.» (Diapason, mars 2018 / François Laurent)
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Opéra - Paru le 20 mai 2016 | Bru Zane

Hi-Res Livret Distinctions Diapason d'or - 4 étoiles Classica
Ce n’est pas l’opéra le plus joué – ni le plus enregistré – de Gounod, et il est bien dommage car cette œuvre de la grande maturité mérite mille fois de figurer sur les grandes scènes françaises. Oui, Gounod a changé : Faust de 1859, Mireille de 1864, Roméo et Juliette de 1867 sont loin derrière puisque Cinq-Mars date de 1877. Voici un enregistrement tout beau tout neuf qui nous arrive certes d’Allemagne, avec l’Orchestre et le Chœur de la Radio bavaroise, mais un plateau en très grande majorité français : Mathias Vidal, Véronique Gens et Tassis Christoyannis se partagent les rôles principaux. Outre leurs voix superbes, ils offrent les quelques mélodrames parlés avec l’accent français qui se doit, car rien de plus exaspérant que d’avoir à supporter ces lignes chewing-gummées par des personnes ne maîtrisant que médiocrement la langue de Molière – ou de Vigny, dans le cas de Cinq-Mars. L’auditeur pourra suivre l’intrigue phrase après phrase sans avoir à recourir au livret, une rareté à l’opéra ! Pour mémoire, Henri Coiffier de Ruzé d'Effiat, marquis de Cinq-Mars, fut le grand écuyer du roi Louis XIII ; un parvenu dont l’arrogance finit par le jeter dans une conspiration contre son ancien protecteur Richelieu – et qui finira par lui coûter la tête en 1642, à l’âge de vingt-deux ans. Vigny en fit le personnage central de son roman, magistralement mis en musique par Gounod. © SM/QObuz« Deux ans après Carmen, c’est un opéra de cape et d’épée, Cinq-Mars, qui mettait la salle Favart à genoux : un Gounod septuagénaire y renouait enfin avec le théâtre. Pure merveille. [...] Le roman d’Alfred de Vigny inspire à Gounod et ses librettistes un drame sentimental (davantage que politique) d’une élégance de ton, mais surtout d’une sobre éloquence et d’un sens de la concision assez inhabituels chez le musicien. Les duos filent sans s’alanguir (Marie et Cinq-Mars, à la fin de l’acte I), ensembles de solistes et chœurs sont prestement menés. [...] La formidable résurrection placée sous l’égide du Palazzetto Bru Zane tient autant à la vigueur de l’œuvre qu’à la distribution qui la sert. On y frise l’idéal » (Diapason, septembre 2016 / Stéphane Grant)L’argument ? Le marquis de Cinq-Mars, favori de Louis XIII, voit ses ambitions contrariées le jour où Richelieu et le roi lui refusent la main de la princesse Marie de Gonzague. Blessé au vif, le jeune homme rejoint des conspirateurs espagnols qui fomentent l’assassinat du cardinal. Le complot sera déjoué, Cinq-Mars arrêté puis mené au gibet avec son proche ami De Thou.
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Opéra - Paru le 1 janvier 2014 | Bru Zane

Livret Distinctions 5 clés de sol d'Opéra
La Fondation Bru-Zane continue son passionnant travail d'exhumation de musique française oubliée avec cet enregistrement réalisé à Sofia, en Bulgarie, à la fin de l'année 2012. Les Bayadères, opéra créé en 1810, s'inscrit dans la vague d'orientalisme qui balaya l'Europe dès le 18e siècle dans le contexte des explorations lointaines et du colonialisme naissant. À mi-chemin des turqueries bouffonnes et du rêve oriental romantique, cet opéra contient tous les ingrédients du succès avec un sujet historique, des décors somptueux, des danses soigneusement intégrées à l'action, des chœurs en nombre. Ajoutons à cela une musique raffinée, qui se fait de plus en plus dense et émouvante au fur et à mesure de l'action, pour aboutir à un spectacle fastueux qui emploie 130 artistes en scène pour le dernier acte. La partition de Charles-Simon Catel emprunte à Mozart, Gluck et Haydn mais, comme l'écrit joliment Roland de Candé dans le texte du livret, "il pourrait en résulter une marqueterie impersonnelle tandis que nous découvrons une œuvre équilibrée, qui soutient l'intérêt de bout en bout." Interprétation d'excellente qualité avec des chanteurs très soucieux de leur diction. FH
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Classique - Paru le 8 septembre 2015 | Bru Zane

Hi-Res Livret Distinctions 4F de Télérama - Choc de Classica
Si Félicien David doit sa notoriété au succès de l'ode-symphonie Le Désert (1844), c'est avec Herculanum (1859) qu'il entre dans le cénacle des compositeurs joués à l'Opéra de Paris. Cet ouvrage ambitieux lui vaudra en partie la Légion d'honneur et lui ouvrira les portes de l'Opéra-Comique et de l'Institut de France. Loin des volutes orientalisantes de ses partitions antérieures, Herculanum s'impose par la solidité de sa facture (vastes scènes au dramatisme soutenu), la diversité de son style, où perce l'influence de Verdi, et la variété de sa vocalité (présence d'un contralto colorature à la manière de Rossini). L'ouvrage sollicite également la veine du fantastique, très prisée depuis La Dame blanche de Boieldieu (1825) et Robert le Diable de Meyerbeer (1831). Mais ici, le surnaturel est mis au service d'un mysticisme ouvertement affirmé : la mise en scène de l'éruption du Vésuve permet à l'auteur d'offrir au public un spectacle grandiose et moral, présentant la décadence du monde antique et faisant la promotion du christianisme. © Qobuz« Une première mondiale au disque et une distribution idéale pour ce grand opéra à la française. [...] La partition, selon le compte-rendu de l'exigeant Berlioz, " contient une foule de belles choses ". [...] Cette équipe chante avec une telle perfection et une telle diction française qu'on rend les armes. Hervé Niquet est à son affaire dans ce type de musique, qu'il ressuscite avec feu, assumant pleinement le côté "péplum" de l'opéra. Félicien David est de retour dans l'histoire de la musique : merci au Palazzetto Bru Zane.» (Classica, décembre 2015 / Dominique Joucken) 
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Opéra - Paru le 27 octobre 2017 | Bru Zane

Hi-Res Livret
Né en 1265 à Florence, Dante Alighieri fut tout à la fois poète et homme politique marquant, devenu célèbre pour sa Divine Comédie qui narre la descente aux Enfers et la lente ascension vers le Paradis. L’opéra que Godard lui consacre en 1890 superpose habilement le fait politique – scènes de foule dans Florence et querelle entre Guelfes et Gibelins – et l’expression de l’amour courtois qu’il éprouve pour la jeune Béatrice promise à son ami Bardi. La composante la plus remarquable de cet opéra est l’intégration d’une « Vision » qui n’est autre qu’une synthèse de la Divine Comédie mise en musique. L’acte III s’articule ainsi entre un Enfer et un Paradis fantasmés, juxtaposant Apparition de Virgile, Chœur de Damnés, Tourbillon infernal, Divine Clarté et Apothéose de Béatrice. Godard s’y montre au zénith de son inspiration mélodique et de sa maitrise compositionnelle, dans un style renouvelant Gounod et n’ayant rien à envier à Massenet. © Palazzetto Bru Zane
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Intégrales d'opéra - Paru le 2 septembre 2016 | Bru Zane

Hi-Res Livret Distinctions 5 de Diapason - 4F de Télérama - Choc de Classica
« Lalo n’eut le temps de travailler qu’au premier acte et sans excès d’inspiration, déçu qu’il était par le fossé entre le projet caressé et le livret de Blau [...] On ne peut affirmer pour autant que Lalo n’ait eu aucune part dans la musique des trois derniers actes en dehors du retour de quatre motifs entendus dans le premier. Quelques tournures sont bien dans sa manière (à l’acte II : l’arioso de Jeanne « Reste auprès d’elle », celui de Robert « Ah ! le jour vient », celui de Jeanne « Ô mon enfant, quel sacrifice », à l’acte III : le chœur « Vive le mai ! » puis la "Marche féodale" et le "Chant d’amour" qui ouvrent l’acte IV). Mais, à moins que Coquard n’ait puisé dans des brouillons inédits, il s’agit peut-être de pastiches particulièrement fidèles. Si la part d’Arthur Coquard est prépondérante, s’il est vrai, comme le notera Isidore Philipps dans "Le Ménestrel" du 17 mars 1895, que « son orchestre est souple, coloré, intéressant ; son harmonie est moderne et son style très dramatique, très vivant, plein d’entrain », le style de La Jacquerie est bien celui imprimé par Lalo dans le premier acte : netteté des idées, diatonisme lumineux loin des chromatismes tortueux dont la vogue commençait, prépondérance des modulations franches par enharmonie, rythmes volontaires, présence d’éléments « dans le ton populaire », alternance d’effusions de tendresse naïve et d’éloquence abrupte.» (Extraits du texte du livret)« [...] Lorsque Lalo meurt le 23 avril 1892, trois actes restent à écrire : le disciple Arthur Coquard est chargé de compléter la partition en vue de sa création posthume à l’Opéra de Monte-Carlo en 1895. La voici qui renaît de ses cendres, le 24 juillet 2015, grâce au Festival de Montpellier. Si l’on s’ennuierait presque avec Lalo, tout change lorsque le disciple remplace le maître, qu’il dépasse régulièrement par l’élan, la beauté des thèmes qui s’enchevêtrent et, surtout, la vitalité foisonnante de l’orchestre. Une vraie révélation ! Les personnages, un rien abstraits au I, gagnent ainsi peu à peu en relief. [...] Le Philharmonique de Radio France, un peu bousculé de prime abord, est vite galvanisé par Patrick Davin. Et quel plateau ! Hormis le Guillaume trop distant de Boris Pinkhasovich, plus sombre que violent, chacun appelle des éloges. [...] à l’applaudimètre, c’est le couple formé par Véronique Gens, Blanche tour à tour digne, brisée et radieuse, et Charles Castronovo, Robert plein de style et d’élégance, qui triomphait à Montpellier. [...] » (Diapason, septembre 2016 / François Laurent)« [...] Le présent enregistrement [...] réunit une distribution homogène et de bon niveau. [...] Un ouvrage aussi symphonique exige un chef très investi. Patrick Davin est l'homme de la situation : il tire le meilleur parti des qualités de l'Orchestre philharmonique et du Chœur de Radio France et mêle engagement dramatique, lyrisme éperdu, couleur et précision. Une heureuse recréation.» (Classica, septembre 2016 / Cristiana Prerio)
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Opéra - Paru le 1 janvier 2013 | Bru Zane

Livret
Du Tasse à Jean Cocteau, l’histoire de Renaud et d’Armide fait partie des couples légendaires qui ont enchanté, ou effrayé, la pensée occidentale. Dans la Jérusalem délivrée, Torquato Tasso raconte les péripéties de Renaud, roi de France à l’époque des Croisades dont la magicienne musulmane Armide tombe amoureuse. Cette dernière tente en vain de retenir Renaud par des enchantements et par ses charmes divers. Cette histoire inspira nombre de peintres et les musiciens : Lully, Gluck, Haendel, Vivaldi, Jomelli, Haydn, Rossini, Dvořák et le Florentin Antonio Sacchini. Devenu le musicien préféré de la reine Marie-Antoinette, Sacchini écrira plusieurs opéras pour la cour dont ce Renaud sur un livret de l’abbé Pellegrin inspiré de celui de Quinault. C’est grâce à Christophe Rousset et à la Fondation Bru Zane que nous pouvons goûter aujourd’hui à la résurrection de cette œuvre oubliée. Y brille particulièrement Marie Kalinine, qui restitue avec talent les fureurs et les outrances d’un rôle particulièrement dramatique. Elle est entourée d’une pléthore de petits rôles tous très bien tenus qui contribuent à l’excellence de cette exhumation historique et musicale. © François Hudry/Qobuz
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Intégrales d'opéra - Paru le 23 octobre 2020 | Bru Zane

Hi-Res Livret Distinctions Diapason d'or
« Pour écrire ça, il faut être un poète », confie Massenet à Reynaldo Hahn en lisant la partition de L'Île du rêve. Composé alors que le jeune homme n'a pas encore dix-huit ans, ce « lever de rideau » possède déjà les qualités des grandes oeuvres de l'époque. S'y révèlent les talents de coloriste d'un Bizet, les élans passionnés d'un Massenet et même l'originalité prosodique du premier Debussy. L'intrigue narre les amours d'un officier français pour une jeune Polynésienne qu'il devra abandonner. Ce sujet - également mis en musique par Puccini (Madame Butterfly) et Delibes (Lakmé) - est envisagé d'une manière quasi symboliste : au romantisme de la musique s'oppose un traitement contemplatif et introspectif de la narration. C'est là que brille particulièrement Reynaldo Hahn : dès les premières mesures (Hymne à Bora-Bora), dans les diverses situations amoureuses entre Loti et Mahénu (notamment le duo « Restons encore les paupières mi-closes ») et jusque dans le prélude néo-haendélien de l'Acte II. © Bru Zane
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Classique - Paru le 22 janvier 2016 | Bru Zane

Hi-Res Livret Distinctions 5 de Diapason - 4 étoiles Classica
« À l'instar des femmes peintres, les compositrices furent des audacieuses, d'Ethel Smith à Lili Boulanger en passant par Rebecca Clarke ou Augusta Holmès. Marie Jaëll (1846-1925) ne fait pas exception. Trois CD la mettent aujourd'hui à l'honneur dans un disque foisonnant. [...] Le portrait sera complet lorsque le Palazzetto Bru Zane osera monter son grand opéra, Runéa, mais on se fait ici déjà une idée du temps que l'on a perdu à ne pas connaître sa musique.» (Diapason, mars 2016 / Jean-Charles Hoffelé)« [...] Le Palazzetto Bru Zane, pour cette résurrection, a mis les petits plats dans les grands : six (!) pianistes, tous excellents, parmi lesquels on épinglera un Romain Descharmes particulièrement adroit à faire vrombir les graves du Concerto n° 1, un violoncelliste au jeu irréprochable, deux orchestres (Bruxelles et Lille) au mieux de leur forme, et une soprano, Chantal Santon-Jeffery, qui allie poids des mots et sens de la ligne. La présentation, très fouillée, s'enrichit de textes signés Marie Jaëll elle-même, qui témoignent de toute la profondeur de sa réflexion sur l'art. » (Classica, mars 2016 / Dominique Joucken)Quasi-exacte contemporaine de Fauré, Marie Jaëll (1846–1925) laissa à la postérité non seulement de nombreux ouvrages pédagogiques qui font encore autorité de nos jours, mais aussi une bonne centaine d’œuvres en tout genre, car elle était avait tout compositrice – à une époque où le mot « compositeur » n’existait encore qu’au masculin. Très engagée dès sa jeunesse, aux côtés de son mari le pianiste Alfred Jaell, à la promotion de la musique contemporaine – germanique dans un premier temps : Brahms, Liszt, Wagner, normal, elle étudia d’abord en Allemagne, côtoya Liszt, épousa un Autrichien… – elle se sentit bientôt à l’étroit dans le seul monde de l’exécution, et comprit rapidement qu’elle en avait à dire, elle aussi. On pourra ici entendre une somptueuse sélection de sa musique dans (presque) tous les domaines qu’elle a abordés. Deux Concertos pour piano, le Premier de 1877 dédié à Saint-Saëns, le Second de 1884 dédié à Ernest Reyer ; le somptueux et très aventureux cycle de mélodies avec orchestre La Danse des ours de 1879 dans lequel Jaëll déploie une somptueuse science de l’orchestre qui s’approche autant du futur Debussy que du contemporain Wagner ; le superbement lyrique Concerto pour violoncelle ; des pièces pour piano ; voilà ce que vous pourrez découvrir dans ce triple album bourré de surprises et de chocs, car en vérité, Marie Jaëll mérite mille fois de figurer aux côtés de nombre de compositeurs du dernier tiers du XIXe siècle (elle ne composa plus guère au-delà de 1900), dont beaucoup – et combien plus célèbres – ne lui arrivent pas à la cheville. Espérons que bientôt l’on pourra enfin entendre son opéra Runéa certes inachevé, mais sans aucun doute d’un intérêt majeur. © SM/Qobuz
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Opéra - Paru le 23 août 2017 | Bru Zane

Hi-Res Livret Distinctions 5 de Diapason - Gramophone Editor's Choice
Chaque parution de la collection "Portraits" est consacré à un compositeur français aujourd’hui oublié. Il présente, en associant le talent de nombreux artistes, un panorama musical varié de son œuvre. Le portrait de Félicien David se propose de compléter la discographie déjà disponible par des premiers enregistrements mondiaux d’ouvrages importants du compositeur. Il révèle toutes les facettes de ce chantre de l'exotisme, véritable Delacroix de son art. Félicien David a longtemps été exclu de l'histoire de la musique française, si ce n'est pour la mention du succès fulgurant de son ode-symphonie Le Désert (1844). Co-inventeur — avec Berlioz — de ce genre musical faisant une large place à la déclamation parlée, il est aussi l'un des premiers compositeurs romantiques à voyager longuement en Orient. Symphoniste classique, auteur de quatuors et de trios d'inspiration germanique, il s'est également illustré dans le genre du grand opéra avec Herculanum (1859). On découvrira notamment une partie de son catalogue symphonique, en particulier la Symphonie n°3 et l’ouverture de son opéra-comique La Perle du Brésil, œuvre qui lança véritablement le compositeur dans la carrière lyrique. Mais c’est surtout le Christophe Colomb de 1847, qu'on découvre pour la première fois, qui est à signaler car cette ode-symphonie avec récitant prolonge ambitieusement le succès du Désert, donné au Théâtre-Italien quelques années auparavant. Cet album n’oublie pas, néanmoins, que Félicien David fut aussi un homme de salon apprécié pour sa musique intimiste et en particulier ses mélodies. On pourra ainsi découvrir des extraits des Mélodies orientales pour piano seul, un choix de romances dans le style des années 1840 et les très rares motets de jeunesse pour chœur aux effectifs variés. Le point d’orgue de ce portrait réside dans l’exhumation du Jugement dernier, final prévu pour l’apothéose de l’opéra Herculanum mais finalement retranché avant la création et jamais publié depuis. © Ediciones Singulares« [...] ce « Portrait » assorti d’une brassée de textes éclairants offre une approche aussi complète que complémentaire. Ainsi les sept romances enregistrées ici, qui manquaient au florilège gravé par Tassis Christoyannis, offrent le meilleur — Tristesse de l’Odalisque et Le Jour des morts sur des poèmes de Gautier et Lamartine — le plus mièvre avec Le Ramier ou Eoline, et, aux côtés de l’orientale Egyptienne et du vibrant Cri de Charité, le trivial Rhin Allemand (Musset) aux allures de pas redoublé, coiffé d’un âpre contre-ré de poitrine par Cyrille Dubois dont la rare voix de ténor à la française déploie, par ailleurs, son charme et son éloquence. [...] Même contraste, dans l’éventail de pièces pour piano réveillées par les doigts légers de Jonas Vitaud [...] Christophe Colomb créé en 1847 au Conservatoire, est coulé dans le moule du Désert. Cette ode-symphonie évoque, au fil de ses quatre volets, l’ardeur et les affres du Départ, les mystères de la Nuit des tropiques où les sirènes tentent les matelots avant que les flots ne se déchaînent, La Révolte de l’équipage immobilisé en pleine mer puis l’arrivée pacifique dans Le Nouveau Monde. On retiendra la magie orchestrale des introductions ou de la tempête, ciselées par la direction attentive de François-Xavier Roth [...] et l'entrain de certains chœurs. [...] Pôle d'attraction de ce "Portrait", dont il remplit le premier CD, Christophe Colomb s'incline, en termes d'intérêt soutenu, devant l'Ouverture leste et colorée de La Perle du Brésil ou l'impressionnant Jugement dernier [...] dont il aura été le sommet : la progression implacable de cette marche funèbre inédite est magistralement ménagée par Hervé Niquet. [...] » (Diapason, novembre 2017 / Gérard Condé)
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Classique - Paru le 12 février 2021 | Bru Zane

Hi-Res Livret
Une fois n’est pas coutume, l’équipe du Palazetto Bru Zane de Venise (Centre de Musique Romantique française) s’encanaille avec l’enregistrement de cette délicieuse et désuète opérette signée Sacha Guitry pour le texte et Reynaldo Hahn pour la musique. Créée aux Bouffes-Parisiens le 5 octobre 1933, cette « comédie musicale en trois actes » est prudemment assaisonnée par une pincée de jazz et de swing avec un zeste de musique viennoise. En cette époque où l’opérette a la cote et n’est pas encore méprisée par les nouveaux académistes de la modernité, Ô mon bel inconnu se taille un joli succès grâce aux saillies du bel esprit de Guitry ardemment louées par la critique et à la musique exquise d’une légèreté diaphane de Reynaldo Hahn. Le spectacle reste à l’affiche pendant quatre-vingt-douze représentations et est diffusé en direct par Radio-Paris. Pour ce premier enregistrement phonographique, réalisé à l’Auditorium Le Pontet d’Avignon en 2019 avec la rayonnante et malicieuse Véronique Gens dans le rôle d’Antoinette sous la direction tout en souplesse et en transparence de Samuel Jean, il a été décidé de supprimer les longs dialogues parlés trop souvent fastidieux au disque, tout en conservant intégralement la partition musicale ; le texte des dialogues est publié par ailleurs dans le livret accompagnant le présent album. Cette tragédie bourgeoise un peu salace et le frisson d’aventures extra-conjugales typique des « Années folles » qui avait aussi vu le triomphe de la comédienne Arletty est idéale pour se requinquer. © François Hudry/Qobuz