Les albums

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Musiques du monde - Paru le 8 mars 2019 | tôt Ou tard

Hi-Res Distinctions 4F de Télérama - Songlines Five-star review
En plongeant dans ses racines, le Camerounais Blick Bassy donne un meilleur éclairage de notre époque. En contant un moment clé de son pays de naissance, il s’adresse à la terre entière. En insufflant cette force identitaire dans sa musique, il touche le plus grand monde. Son troisième album, 1958, souligne la date de la fin d’un rêve, celui d’un homme éclairé, le syndicaliste humaniste Ruben Um Nyobé dit Mpodol, qui voulait mener son pays à l’indépendance. Il fut assassiné par les militaires du colon français pour enrayer le mécanisme de libération stimulé par ce brillant orateur. Un héros caché que ses ennemis ont essayé d’enfouir le plus profondément possible afin que son exemple ne soit pas suivi. Pour raconter cette histoire et les vérités sociales et philosophiques qu’elle contient, Blick Bassy met sa musique à nu. Orchestrations largement acoustiques relevées ici et là de fines touches électroniques, les arrangements justes et dépouillés permettent à ses mélodies subtiles et à son chant inspiré d’aller à l’essentiel. Puisant tout autant dans les rythmes assiko, bolobo ou hongo qui battent la mesure du cœur du Cameroun que dans l’exemple des grands musiciens de son panthéon personnel (Marvin Gaye, Skip James…), Blick Bassy affirme sa propre voix et livre une œuvre originale et fascinante. © Benjamin MiNiMuM/Qobuz
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Maghreb - Paru le 15 juin 2018 | Glitterbeat Records

Hi-Res Livret Distinctions 4F de Télérama - Qobuzissime
Echappé du collectif Bargou 08, le musicien électro tunisien Sofyann Ben Youssef enfile le pseudonyme Ammar 808 et sort un premier album décoiffant. Comme autrefois pour 808 State, pionniers anglais du mouvement acid de Manchester, le nom est une référence à la boîte à rythme de légende TR-808, qui trônait au centre de l’arsenal de tout producteur électro ou hip-hop à la fin des 80's-début des 90's. Si celle-ci s’acoquine à une belle palette d’instruments traditionnels maghrébins (luth gumbri, flûte gasba ou cornemuse zukra), elle n’impose pas pour autant une dominante passéiste à cet album. Le fûté producteur a aussi convié quelques voix parmi les plus remarquables de la jeune scène d’Afrique du Nord, son compatriote Cheb Hassen Tej (Ichki Lel Bey, El Bidha Wessamra) le Marocain Mehdi Nassouli (Boganga & Sandia, Layli), découvert par ici aux côtés de Titi Robin, ou encore l’Algérien Sofiane Saïdi (Zine Ezzine), avec lequel Ammar 808 poursuit un fertile dialogue entamé en compagnie de Mazalda sur le très convaincant album El Ndjoum. Ammar 808 aligne les reprises de morceaux traditionnels mais les habille de combinaisons futuristes. Déjà bien excités par les bonnes surprises du mouvement électro-chaâbi ou celles du collectif Acid Arab, avec ce Maghreb United, les clubbeurs post-printemps arabes n’ont pas fini de danser. © Benjamin MiNiMuM/Qobuz
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Musiques du monde - Paru le 14 septembre 2018 | Cobalt

Distinctions 4F de Télérama - Indispensable JAZZ NEWS
Au sujet de cette jeune artiste réunionnaise, il y a d’abord eu une rumeur d’excellence, propagée par quelques habitants de son île, dont son producteur et homme de confiance Philippe Conrath, artisan du destin professionnel de son presque homonyme Waro Danyel, artiste gigantesque de cette province française. Il y eut aussi un concert discret sur Paris fin 2017 où l’on put découvrir cette mutine chanteuse habitée. Enfin arrive cet album intimiste, sur lequel le chant plane puis plonge en plein cœur comme un aigle fond sur sa proie. Elle délivre ces chansons créoles aux textes profonds sur des ambiances délicates, modulées par d’autres voix et des souffles (flûte, euphonium ou trompette) et rythmées par le tambour rouleur, le kayanm ou le bob, les attributs percussifs du maloya. Mais il serait exagéré de ranger Ann O’aro dans cette seule musique. Bien sûr, il y a de la transe de l’océan Indien dans sa musique, mais il y a surtout une présence unique entre cris et chuchotements, un charme troublé par un passé compliqué – il est question dans les textes de père meurtrier et d’inceste – un fil onirique qui a sûrement aidé l’ancienne danseuse à arriver jusqu’à nous debout et émouvante. Il est aussi permis de penser à une autre figure abîmée de la Réunion, Alain Péters, poète maudit qui fit école après son envol pour des contrées interdites aux vivants. Mais là ou Péters vivait ses peines Ann O’aro semble les avoir évacuées. Il y a de l’urgence dans ce premier album, beaucoup de poésie, mais aussi une grande douceur. On sent la force profonde qui a transformé les traumas en musique unique propre à nous porter, à nous nourrir et nous marquer pour longtemps. © Benjamin MiNiMuM/ Qobuz
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Musiques du monde - Paru le 11 mai 2018 | Strut

Distinctions 4F de Télérama - Indispensable JAZZ NEWS
Elève du pianiste free-jazz Cecil Taylor, le très polyvalent saxophoniste Idris Ackamoor a formé son groupe The Pyramids dans les années 70. Il peaufine alors sa vision musicale et militante,  voisine de celle du futuriste Sun Ra, suite à ses voyages en Afrique, celle du highlife ghanéen ou de l’afrobeat nigérian, la terre promise et sacrée, le berceau de l’humanité et de tous les rythmes.  Après une dissolution en 1977 suivent trente-cinq ans de silence discographique, brisé par la réédition de son œuvre par le label allemand Disko B, ce qui a entraîné la reformation des Pyramids en 2012. Cette nouvelle vie a réanimé une actualité discographique dont An Angel Fell est le troisième volume. Cette « chute angélique » est polymorphe. Le jazz y est libre et le saxophone mène la danse, l’afrobeat accueillant (Tinoge), les effluves psychédéliques fréquents ou accentués (An Angel Fell), les grooves latinos sont élégants (Papyrus), le dub inattendu (Land of Ra) la gravité militante est affirmée (Soliloquy for Michael Brown) et l’ensemble compte d’incessants franchissements clandestins de frontières stylistiques. Foisonnant sans étourdir, réjouissant sans effets secondaires indésirables, ce manifeste d’un vieux groupe sonne plus frais que beaucoup de productions de jeunes pousses. © Benjamin MiNiMuM/Qobuz
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Asie - Paru le 18 janvier 2019 | Glitterbeat Records

Livret Distinctions 4F de Télérama - Songlines Five-star review
Ce très bel album nous rappelle qu’il fut un temps où le Pakistan était terre indienne, que les croyances religieuses, aussi différentes soient-elles, pouvaient se rejoindre au sein d’un même chant d’extase, une même description sonore du ciel. L’Inde du Nord, qui a subi des invasions de puissances arabes, turques entre le VIIIe et le XVIIIe siècles, a connu un âge d’or d’osmose culturelle, de tolérance religieuse et un enrichissement de ses musiques durant la période de l’empire moghol (1527-1707). Le chant khyal que pratique Naseeruddin Saami, tout en lui apportant une touche très personnelle, a émergé à la fin de cette ère. Dans la musique classique hindoustanie, mot qui s’oppose à celui de carnatique, qui qualifie la musique classique du Sud de l’Inde, le chant khyal est devenu le style dominant. Il est cependant rare aujourd’hui de l’entendre interprété au Pakistan. Le terme honorifique arabe Ustad, qui indique que celui qui le porte est un maître reconnu de son art, va à Naseeruddin Saami comme une couronne sur mesure. Son chant acrobatique, soutenu par des harmoniums et entraîné par des percussions pakhawaj, ne se dépare jamais d’une juste expression émotionnelle. Les différents chants anciens de God Is Not a Terrorist ont été enregistrés lors d’une session qui a duré six heures sans interruption ; il reste à espérer que le producteur Ian Brennan, lauréat d’un Grammy Award en 2011 avec Tinariwen, réussisse, comme il le souhaite, à nous délivrer la totalité de cette performance dans les mois qui viennent. En attendant, ce disque est une jolie initiation qui permet de percevoir la force d’enchantement musical de cette grande voix.© Benjamin MiNiMuM/Qobuz
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Zouk & Antilles - Paru le 22 juin 2018 | Bongo Joe

Distinctions 4F de Télérama - Indispensable JAZZ NEWS
Forme de chants de commentaires sociaux ou politiques, le plus souvent improvisés, le calypso est associé aux îles de Trinité-et-Tobago, où il est né au début du XXe siècle. Mais cette musique s’est aussi répandue dans d’autres coins des Caraïbes. A l’est du Costa Rica, dans la région de Limón, vit et chante le roi du calypso Limonense : Walter Gavitt Ferguson. Né en 1918, il chante depuis ses 20 ans et fut indétrônable dans les compétitions régionales. Dans les années 60, il fit fructifier sa réputation à la tête de son groupe The Miserables, mais cessa toute activité scénique à partir de la décennie suivante. Comme l’industrie phonographique du Costa Rica est quasi inexistante et qu’il n’a jamais voulu quitter sa région où sa famille et son exploitation de cacao l’ont retenu, il n’existe que très peu de disques de Walter Gavitt Ferguson. En 1976, il acquiert un magnétophone et prend l’habitude de s’enregistrer et de vendre ces cassettes uniques à ses visiteurs. Consciente de la valeur de ce patrimoine, sa famille, aidée par l’équipe de Rootsprovisionah Production, s’est lancée dans une chasse aux cassettes. Cet album présente 15 calypsos inédits retrouvés et restaurés où Ferguson s’accompagne à la guitare. Il délivre ses airs enlevés et ses récits haut en couleur dans son environnement familier. Parfois, un chien semble lui répondre, ailleurs une voiture ponctue son phrasé souple. Mais le son est clair et restitue fidèlement la verve, l’entrain et le velours de la voix de ce roi. Le charme est total © Benjamin MiNiMuM/Qobuz
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Afrique - Paru le 16 mars 2018 | Buda musique

Distinctions 4F de Télérama - Songlines Five-star review
Sans s’appuyer sur aucune tradition précise, le collectif de Soweto, BCUC (pour Bantu Continua Uhuru Consciousness, traduisible par “l’homme en quête de sa liberté de conscience”) pratique une musique tribale et hybride, à la fois moderne et inspirée par les ancêtres zoulous, mais sans passéisme ni ajout électronique. Des percussions soutenues, des voix positivement énergiques et une basse agile et profonde sont le cœur de leurs longs morceaux qui, tout en apportant un regard éclairé et critique sur la société sud-africaine, mène l’auditeur vers la transe et la joie. Emakhosini n’est que le second album en quinze années de carrière de cet impressionnant groupe de scène. Il porte le nom du lieu où les ancêtres se reposent et propose deux longues improvisations extatiques et stimulantes Moya (l’esprit) et Insimbi (l’acier) et une adaptation désacralisée du Nobody Knows, tiré du répertoire gospel. Assister à une prestation de BCUC est une expérience inoubliable, à laquelle ce disque, quasi thérapeutique, prépare de la meilleure des façons. © Benjamin MiNiMuM/Qobuz
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Afrique - Paru le 23 mars 2018 | World Circuit

Hi-Res Distinctions Discothèque Idéale Qobuz
Troisième album, enregistré en 1993, par Ali Farka Touré pour les Anglais de World Circuit, The Source marque un moment charnière dans la carrière du légendaire guitariste malien. Pour la première fois il y est entouré par sa garde rapprochée, le groupe Asco, qui comprend Afel Bocoum au chant ainsi qu’Hama Sankare et Oumar Touré aux chœurs et percussions.  Mais ces musiciens qui resteront à ses côtés jusqu’à la fin de sa vie (2006) ne sont pas les seuls à mettre en relief le chant et les riffs précieux du chef de file de ce qu’on nomme, bien malgré lui, le blues du désert. Cette musique, qui pour partie électrifie des traditions du Nord Mali, rayonne d’authenticité et sonne comme la mère de celle qui jaillit dans le delta du Mississippi. Dès que ses disques se sont propagés en Occident, Ali Farka Touré a attiré de nombreux artistes curieux de rafraîchir leurs pratiques à cette source limpide. Ici, les tablas de l’Indo–Britannique Nitin Sawhney dialoguent respectueusement avec les frappes de calebasse sur Inchana Massina et six ans avant son album commun avec le joueur de kora Toumani Diabaté, le bluesman américain Taj Mahal improvise sur Roucky et Mahini Me. Dans sa discographie, The Source précède sa rencontre fructueuse un an plus tard avec Ry Cooder pour Talking Timbuktu, disque récompensé d’un Grammy Award qui entérinera aux yeux du monde l’immense talent d’Ali Farka Touré. Cette version superbement remasterisée de The Source est augmentée de Takamba, un instrumental inédit tiré des mêmes sessions qui clôt en douceur ce classique de la musique malienne. © Benjamin MiNiMuM/ Qobuz
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Musiques du monde - Paru le 26 octobre 2018 | Hot Casa Records

Distinctions Songlines Five-star review
Enregistré à Lomé dans le mythique studio Otodi, celui de l’Office togolais du disque, fermé depuis des lustres, le second album de Vaudou Game réveille la flamme d’une époque glorieuse où les guitares pactisaient avec les esprits du vaudou. Ceux-ci étaient seulement endormis et illuminent les 12 plages de cet album diablement funky. Le groupe franco-togolais de Peter Solo distille, tout au long de ce bijou vintage, une bonne humeur contagieuse qui prend tour à tour des accents afrobeat (Anniversaire, Tata fatiguée, Soleil capricieux…), disco (La Chose, Pas la peine…) ou funk sur Not Guilty, Something Is Wrong, deux morceaux qui accueillent le « James Brown de Lomé » Roger Damawuzan). Les guitares de Bassa Bassa rappellent celles des grands orchestres maliens des années 70 (Super Rail Band ou Ambassadeurs du Motel) et le Tassi final penche vers les grooves downtempo de l’ethio-jazz. Les textes, pour la plupart en français, retracent d’amusantes scènes de vie à l’africaine, qui ne manqueront pas de vous faire sourire alors que votre corps sera entièrement engagé dans une danse frénétique. © Benjamin MiNiMuM/ Qobuz
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Musiques du monde - Paru le 26 octobre 2018 | Glitterbeat Records

Hi-Res Livret Distinctions Songlines Five-star review
Cet album, le troisième de Gaye Su Akyol, prône les vertus du « rêve cohérent ». Son titre peut se traduire par « la fantaisie consistante est réalité ». A une époque où les sociétés de plus en plus conservatrices, particulièrement en Turquie, s’organisent pour le profit de quelques-uns en instrumentalisant l’individu, la chanteuse, compositrice et productrice souligne que les rêves peuvent constituer la base sur laquelle chacun est à même de construire et affirmer son identité. Ce message est porté par une musique des plus actuelles qui trouve ses racines dans les traditions anatoliennes et incorpore l’héritage des pionniers du rock psychédélique turc tel Baris Manco, dont la reprise de Hemşerim Memleket Nire est le seul morceau de l’album qui ne soit pas signé par Gaye Su Akyol. On y retrouve aussi l’influence de la surf music (les guitares de Şahmeran ou de Halimiz İtten Beter) ; il faut ici se rappeler que le classique surf Misirlou interprété par Dick Dale sur la BO du film Pulp Fiction, était à l’origine un morceau de rebetiko, culture commune aux Grecs et aux Turcs. Aux instruments locaux, luths oud, cumbus (proche du banjo) et saz électrifié ou tambour davul s’ajoutent guitares, violons, basse, batterie, cuivres et claviers le plus souvent vintage. Sur des rythmes marqués et des arrangements planants et héroïques s’élève le chant majestueux orné d’élégants mélismes de Gaye Su Akyol. Sa voix est à la croisée de celles de Natacha Atlas ou de sa célèbre compatriote Sezen Aksu. Moderne et combative, féminine et féministe, Gaye Su Akyol possède de sérieux atouts pour devenir l’égérie de la nouvelle génération orientale. © Benjamin MiNiMuM/ Qobuz
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Europe - Paru le 18 janvier 2019 | Bonsai Music

Hi-Res Livret Distinctions 4F de Télérama
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Reggae - Paru le 5 octobre 2018 | Yotanka Records

Hi-Res Distinctions 4F de Télérama
Retour aux sources pour Zenzile. Après Elements en 2017, qui oscillait entre rock et électro, le groupe d’Angers revient au dub pur et dur, avec un nouvel opus de leur série 5+1, entamée en 1999 avec la chanteuse Jamika. Le quintet, leader de la première vague dub hexagonale aux côtés de High Tone ou Improvisators Dub, a cette fois invité le chanteur Jay Ree du groupe City Kay, qui avait déjà collaboré avec eux sur l’album Electric Soul en 2012. Sur ce maxi de 5 titres – tous accompagnés de leur version dub –, Jay Ree démontre toute l’étendue de sa palette vocale, en mode rub-a-dub à la Dillinger sur 4000 Years, qui détourne le 400 Years des Wailers (évoquant l’esclavage), détaché comme Barry Brown sur Stay Close to Me, ou plus emphatique tel Horace Andy sur So Good So Far. Il n’y a pas à pinailler : Jay Ree est une pioche parfaite pour ce disque. Sa voix se moule naturellement dans les basses profondes fabriquées par Zenzile, qui n’a rien perdu de son sens du dub sous influence Basic Channel, avec d’ailleurs un hommage assumé à Rhythm & Sound, l’alias reggae du duo allemand Maurizio, sur le très deep morceau de clôture Disconnected. © Smaël Bouaici/Qobuz
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Fado - Paru le 25 mai 2018 | Parlophone Portugal

Distinctions Songlines Five-star review
En dix-sept années de carrière, la fadiste platine est devenue immensément populaire au Portugal, et au-delà, devenant une icône alternative à la reine Amalia Rodrigues. Mariza a fait ses preuves dans le fado, auquel elle a apporté une légèreté glamour tout en conservant ses attributs les plus visibles : mélodies et textes soignés, orchestrations acoustiques dans lesquelles domine le son de cristal de l’emblématique guitare portugaise. Comme Amalia Rodrigues, Mariza a élargi la grammaire et le vocabulaire de cet art national, parfois austère, souvent teinté du parfum du drame. Ce septième album sobrement intitulé Mariza poursuit cette ouverture. Par touche légère, cette Lisboète métisse – sa mère est Mozambicaine – a toujours œuvré à faire ressortir les ingrédients africains et extra-européens du fado. Sur Semente Viva, elle invite à nouveau le violoncelliste et arrangeur brésilien, proche de Tom Jobim et Caetano Veloso, Jaques Morelenbaum et conclut Amor Perfeito sur des percussions samba. Son premier single Quem Me Dera est signé de l’Angolais Matias Damasio, la basse d’E Mentira semble échappée d’une coladeira cap-verdienne et les percussions introductives de Verde Limão auraient pu être enregistrées au Sénégal. Si les compositeurs les plus emblématiques du fado contemporain (Jorge Fernando, Mário Pacheco, Custodio Castelo) ont contribué à cet album, agréablement varié et partiellement produit par l’Espagnol Javier Limon (Bebo Valdes & Diego El Cigala, Buika, Paco de Lucia…), Mariza se promène dans une élégante esthétique pop acoustique avant de dévoiler sa nature fadiste. Celle-ci n’est vraiment distincte que dans son dernier tiers. Comme s’il était question d’un retour de voyage, lors duquel ses amis portugais se presseraient pour la saluer et chanter avec elle. On y retrouve un panel de la chanson portugaise, de la doyenne Maria da Fé (née en 1945) en duo sur Fado Errado, à la benjamine Carolina Deslandes (née en 1991) qui apparaît sur le Trigueirinha final en même temps que Mafalda Veiga, Marisa Liz ou Ricardo Ribeiro. C’est donc en très bonne compagnie que Mariza achève ce nouveau trajet qui confirme son statut populaire, son talent et son bon goût. © Benjamin MiNiMuM/Qobuz
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Musiques du monde - Paru le 7 septembre 2018 | World Circuit

Hi-Res Distinctions Songlines Five-star review
La Havane, mars 1996. Nous sommes à la veille d’un hold-up international. Dans les studios Egrem, des musiciens cubains basés au pays ou venus du continent américain se sont rassemblés pour réveiller une musique qui connut son âge d’or dans les années 50. Le chef du gang va réaliser un vieux rêve. Fils d’un chanteur autodidacte, compagnon de route du légendaire Arsenio Rodriguez, Juan de Marcos González a grandi au son de ces somptueux orchestres cubains qui habillaient les danses locales de précieuses étoffes afro-jazzifiées. A la demande du commanditaire anglais Nick Gold, patron du label World Circuit, le leader de Sierra Maestra a réuni un groupe composé d’amis de son père, les soneros Manuel “Puntillita” Licea, Pio Leyva, Raúl Planas et des légendes de la musique cubaine, les chanteurs Ibrahim Ferrer et Felix Baloy, le pianiste Rubén González, le bassiste Orlando “Cachaito” Lopez, ou le trompettiste Manuel “El Guajiro” Mirabal. A cette réunion de papis fringants, Juan de Marcos González a ajouté des prodiges de sa génération, tel le chanteur de Sierra Maestra, Jose Antonio “Maceíto” Rodríguez ou de jeunes virtuoses comme le percussionniste Miguel “Anga” Díaz, le père du duo Ibeyi. Parties de piano magistrales, rythmiques implacables, cuivres étincelants et voix taillées dans du diamant habitent des classiques délicatement rafraîchis ou des instrumentaux originaux respectueux de esprit. En moins de sept jours, le miracle s’est accompli etla splendeur des grandes heures de La Havane a rejailli, comme après un bain de jouvence, mise au jour avec cette superbe édition remasterisée. Au lendemain de cette hallucinante résurrection, deux autres disques allaient entrer directement dans l’histoire : Buena Vista Social Club et Introducing…Rubén González. En matière de musique cubaine, il ne s’agissait de rien d’autre que du casse du siècle. © Benjamin MiNiMuM/Qobuz
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Musiques du monde - Paru le 29 juin 2018 | Strut

Distinctions Songlines Five-star review
Issu d’une famille libanaise installée en Guadeloupe à la fin du XIXe siècle, Henri Debs fut d’abord musicien et marchand de disques avant de devenir un producteur éclairé qui fera fortune en accompagnant dans les années 70 l’essor du zouk dans les Antilles. Mais avant de lancer les carrières de Francky Vincent, Tanya Saint-Val ou Zouk Machine, Henri Debs a permis le développement de nombreux musiciens et ambianceurs des Caraïbes. Ce premier volume, consacré à ses archives, retrace la bande-son régionale de 1960 à 1972. Bonne humeur swing et légèreté dominent cette sélection qui fait la part belle aux artistes guadeloupéens tels les emblématiques adeptes du gwoka Guy Conquette (Assez fait cancan), Sydney Lérémon (You You Matayango) ou le maître tambour Vélo qui accompagne le crooner Paul Blamar sur Lovency du poète Casimir Létang, également présent via son Colliè et Zanno, chanté par Georges Tinedor et Manuela Pioche et en tant qu’interprète de son Travail Zènfants! Chantez après!. On retrouve aussi les populaires Aiglons et leur méringue arrangé et baptisé kadans (Les Aiglons Ka Satisfait) ou bien sûr les formations du maître de maison : Henri Debs Quintet (Douce Kombass) et Henri Debs Sextet (Moin Çé On Maléré). Assumant toute la palette des rythmes alors en vogue, cha-cha-cha, biguine ou boléro, le label accueillait bien volontiers des artistes des autres îles comme le Martiniquais Henri Guédon et les Contesta (Van Van), les Tutus de la Guyane (Nanao Nanao), les Shupa Shupa d’Haïti (Batterie Shupa) ou encore le Trinidadien Cyril Diaz (Feeling Happy). Henri Debs a aussi ouvert les portes de son studio aux Congolais de Ry-Co Jazz (Si I Bon Di I Bon) dont les rythmes bantous liés à la biguine ont enfanté du tumbélé qui, dit-on, serait une des sources du zouk qui allait tout rafler dans les années suivantes. Une évolution dont les volumes 2 et 3 de cette série de compilation devraient se faire l’écho. © Benjamin MiNiMuM/ Qobuz
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Dub - Paru le 19 octobre 2018 | Jarring Effects

Distinctions 4F de Télérama
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Musiques du monde - Paru le 5 octobre 2018 | Jazzland

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Musiques du monde - Paru le 22 février 2019 | Real World Records

Hi-Res Distinctions Songlines Five-star review
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Musiques du monde - Paru le 12 octobre 2018 | Glitterbeat Records

Hi-Res Livret Distinctions 4F de Télérama
Ce puzzle (Quebra Cabeça), patiemment construit par le big band Bixiga 70 prouve, tout au long des onze pièces qui le constituent, que la scène musicale de leur ville de São Paulo est l’une des plus chaudes de la planète. Les racines africaines des dix instrumentistes sont très présentes, l’afrobeat nigérian, le highlife ghanéen, les grands guitaristes maliens ou les rythmes malinkés les ont de toute évidence nourris. Mais comme souvent avec les Brésiliens et leur incroyable faculté à pouvoir tout ingurgiter sans perdre leur identité, ces influences qu’ils ont mélangées à du funk vintage, du jazz, du rock psychédélique saupoudré d’effets numériques ressortent de leur chaudron métamorphosées en un plat qu’eux seuls peuvent revendiquer. Soutenu par une batterie et des percussions africaines endiablées, le rythme est haletant et ne ralentit qu’au dernier et romantique morceau (Portal). Les cuivres se payent la part du lion, les guitares, agiles comme des gazelles-caméléons, changent souvent de costume, la basse est souple comme une liane et les claviers vintage ont une mémoire d’éléphant. Chaque morceau fait l’effet d’un kaléidoscope et le tout s’enchaîne comme un manifeste métis du partage festif. © Benjamin MiNiMuM/Qobuz
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Afrique - Paru le 27 avril 2018 | bendigedig

Hi-Res Livret Distinctions Songlines Five-star review
Cinq années et une centaine de concerts après Clychau Dibon, leur premier compagnonnage enregistré, les deux maîtres des harpes Catrin Finch et Seckou Keita ont gagné de l’assurance, musclé leurs intuitions et affiné leur inspiration commune. Leur nouvelle rencontre en studio est un envol vertigineux (Soar). C’est un rapace pêcheur, nommé Clarach, un balbuzard fidèle en amour et voyageur, qui les a inspirés. Son vol puissant et majestueux peut être observé au-dessus des lacs du pays de Galles comme au bord des rives ensoleillées du Sénégal. Et l’on entend les cordes de la kora et de la harpe celte pourfendre les nuages, danser dans les courants ascendants, retomber en planant au-dessus d’une source claire pour en recueillir le chant. La Galloise a déjà beaucoup prouvé : des premiers prix de harpe, des récompenses prestigieuses, l’honneur d’avoir été harpiste royale du prince de Galles pendant quatre ans. Avec Salif Keita, Youssou N’Dour ou Miriam Makeba, Seckou Keïta a aussi accompagné des têtes couronnées ; auprès de Damon Albarn et d’un orchestre syrien ou du pianiste cubain Omar Sosa, il a déployé sa souplesse et développé son ouverture. Leurs deux techniques sont irréprochables, leurs swings à toute épreuve et leurs intuitions lumineuses. Celle qui les lie est d’une grande intensité. Elle leur donne l’audace de réinventer leurs deux traditions, d’y trouver des harmonies inédites, des rythmes intrépides et des défis à relever. Bach to Baïsso relie, en une même pièce, une adaptation pour les 22 cordes de la kora d’un aria extrait des Variations de Golberg avec l’un des airs les plus anciens et respectés du répertoire de la région du Sénégal et de la Gambie. Le mariage est heureux, limpide et évident. Mais ils ne succombent pas à une vision naïve du monde. Le morceau 1677 réveille le souvenir funeste de la prise de Gorée par les hommes de Louis XIV, l’île au large de Dakar devenant alors le plus grand centre de la traite d’esclaves d’Afrique de l’Ouest. Et dans une frêle embarcation, dont ils épousent les remous, ils s’accordent à faire jaillir leur blues qui trouve son équilibre entre l’eau, l’air et la terre. Le bucolique Listen to the Grass Grow possède un charme immédiat. Enfin capturé, leur morceau fétiche Hinna-Djulo (l’âme des cordes), qui les accompagne depuis leurs débuts, révèle une patine remarquable. En wolof, mandinka ou fulani, le Sénégalais de Casamance mêle à intervalle régulier son élégant chant séculaire au langage libéré des cordes cristallines. Comme sur le final Cofiwch Dryweryn, qui évoque un autre fait historique : la lutte vaine, en 1965, des habitants de Tryweryn contre l’inondation volontaire de leur vallée, qui allait provoquer la colère, la misère et le recul de la culture gaélique. Un constat local qui, par le dialogue de leurs langues et de leurs cultures, se transforme en un symbole universel de résistance. La musique, juste et sereine de Catrin Finch et Seckou Keita est une arme de combat pacifiant. © Benjamin MiNiMuM/Qobuz

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