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Orient - Paru le 22 novembre 2019 | HABIBI Funk Records

Ô Habibi Funk ! Merci à Jannis Stürtz, patron du fameux label qui ne cesse de réparer les injustices du passé, de s’être échiné à retrouver la trace de ce génie oublié. Son nom : Issam Hajali. A la fin des années 70, le chanteur militant d’extrême gauche fuit comme beaucoup la guerre civile au Liban et rejoint Paris. C’est là, au printemps 1977, qu'il composera son premier album Mouasalat Ila Jacad El Ard (Voyage vers un autre monde). Un concentré de ballades folk en arabe, tantôt à la guitare (Khobs), tantôt ourlés de synthés psychés (Ada), de jazz d’Orient traversé de pop (Yawma Konna), avec tempos lents et crescendos. Le ton est donné dès Ana Damir El Motakallim, qui étend sur plus de onze minutes des boucles de santours et autres cordes électriques, que ménage la voix mélancolique d’Hajali. Cet incroyable mélange d'influences, aéré et maîtrisé bien plus que lourd, s'explique aussi par l'alchimie de sa conception, fulgurante. Enregistré en studio en une prise, avec les maigres économies de l’exilé, l’opus réunit sept amis rencontrés sur la route aux héritages musicaux et aux horizons divers, Iraniens, Libanais, Français ou Algériens que l’on entend notamment sur Khobs. Cette merveille à la beauté restaurée revêt une résonance toute particulière à l'heure où le folk oriental, colportant la voix d'une génération en quête de liberté, avec des artistes comme Kefaya, Gaye Su Akyol ou Altin Gün et bien d'autres, fascine. © Charlotte Saintoin/Qobuz