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Bob Dylan - John Wesley Harding

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John Wesley Harding

Bob Dylan

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Curieux album que ce John Wesley Harding qui rompt un silence radio de deux ans, début 1968 en plein « flower power ». Alors que tous ses pairs anglais rivalisent de sophistication (Sgt. Peppers pour The Beatles et Their Satanic Majesties Request pour The Rolling Stones), Bob Dylan surprend en sortant son disque le plus épuré depuis quatre ans. Les recherches poétiques survoltées de Blonde on Blonde sont laissées de côté pour faire place à une écriture moins alambiquée tout en paraboles bibliques. L’accompagnement est minimal : une guitare sèche, une section basse batterie et quelques discrètes notes de piano et de « pedal steel ». De plus John Wesley Harding fait fi de la structure couplets-refrain pour se concentrer sur la narration d’histoires. Celles-ci regorgent de vagabonds, d’immigrants, de chapardeurs, de messagers et même de saints.

L’ensemble de l’album est très homogène et cohérent et tous les titres sont d’un haut niveau. Le titre principal « John Wesley Harding » est une allusion au hors-la-loi du même nom qu’il décrit comme un Robin des Bois de western altruiste et prenant soin des plus faibles. Sur « I’m A Lonesome Hobo », Bob Dylan s’inspire de l’histoire d’Abel et Caïn pour nous décrire un marginal qui a touché à toutes les magouilles avant une possible issue fatale. Dans « Drifter’s Escape » un autre marginal est sauvé d’un procès par une foudre salvatrice qui lui permet de s’échapper.

C’est l’Amérique et ses valeurs trompeuses qui sont brocardées dans « I Pity The Poor Immigrant » : l’apologie de la richesse bannit tout salut spirituel. Point de salut non plus dans « All Along The Watchtower » où s’inspirant du Livre d’Isaïe de l’Ancien Testament, Bob Dylan nous décrit la chute de Babylone et la proximité de l’Apocalypse, en débutant par une descendante chromatique en mineur, du La au Si mineur et Sol, devenue légendaire. Jimi Hendrix en livrera une version approuvée par l’auteur dans son chef d’oeuvre Electric Ladyland en accentuant la menace sous-jacente du morceau. Les solos rageurs combleront Dylan qui reprendra le morceau sur scène dans un arrangement similaire.

C’est encore une parabole biblique qui illumine la longue « Ballad Of Frankie Lee And Judas Priest » où Bob Dylan décrit de façon voilée le monde du spectacle et ses risques permanents. C’est l’histoire classique de la tentation de Jésus par le Diable sauf qu’ici Judas Priest, selon les dylanophiles, ne serait autre que le manager Albert Groosman et Frankie Lee, bien sûr, Bob Dylan.

Albert Grossman semble être aussi au cœur de « Dear Landlord », l’une des plus belles chansons de l’album. Une mélodie plaintive au piano et une voix tourmentée portent ce morceau au sommet. C’est une sorte de mise au point entre Dylan qui demande à garder son rythme créatif et un manager énervé de voir sa « star » jouer au reclus en évitant de tourner. Titre prémonitoire puisque Bob Dylan ne renouvellera pas le contrat de son manager (landlord : propriétaire).

« Down Along The Cove », un blues paisible et la belle romance « I’ll Be Your Baby Tonight » annoncent par leur simplicité et légèreté le futur album Nashville Skyline qui verra Bob Dylan venir à des thèmes plus terre à terre sur fond de « country music ». Par sa musique si proche des racines et cette voix apaisée qui ne hausse jamais le ton, John Wesley Harding, qui se démarque du « psychédélisme » ambiant, est l’un des albums incontournables de Bob Dylan.
© ©Copyright Music Story François Bellion 2016

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John Wesley Harding

Bob Dylan

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1
John Wesley Harding (Album Version)
00:03:00

B. Dylan, Composer - B. Dylan, Lyricist - Bob Dylan, Harmonica - Bob Dylan, Performer - Bob Dylan, Piano - Bob Dylan, Vocal - Bob Johnston, Producer - Charles McCoy, Bass

Originally released 1967. All rights reserved by Columbia Records, a division of Sony Music Entertainment

2
As I Went out One Morning (Album Version)
00:02:52

B. Dylan, Composer - B. Dylan, Lyricist - Bob Dylan, Harmonica - Bob Dylan, Performer - Bob Dylan, Piano - Bob Dylan, Vocal - Bob Johnston, Producer - Charles McCoy, Bass - Kenny Buttrey, Drums

Originally released 1967. All rights reserved by Columbia Records, a division of Sony Music Entertainment

3
I Dreamed I Saw St. Augustine (Album Version)
00:03:55

B. Dylan, Composer - B. Dylan, Lyricist - Bob Dylan, Harmonica - Bob Dylan, Performer - Bob Dylan, Piano - Bob Dylan, Vocal - Bob Johnston, Producer - Charles McCoy, Bass - Kenny Buttrey, Drums

Originally released 1967. All rights reserved by Columbia Records, a division of Sony Music Entertainment

4
All Along the Watchtower (Album Version)
00:02:34

B. Dylan, Composer - B. Dylan, Lyricist - Bob Dylan, Harmonica - Bob Dylan, Performer - Bob Dylan, Piano - Bob Dylan, Vocal - Bob Johnston, Producer - Charles McCoy, Bass - Kenny Buttrey, Drums

Originally released 1967. All rights reserved by Columbia Records, a division of Sony Music Entertainment

5
The Ballad of Frankie Lee and Judas Priest (Album Version)
00:05:35

B. Dylan, Composer - B. Dylan, Lyricist - Bob Dylan, Harmonica - Bob Dylan, Performer - Bob Dylan, Piano - Bob Dylan, Vocal - Bob Johnston, Producer - Charles McCoy, Bass - Kenny Buttrey, Drums

Originally released 1967. All rights reserved by Columbia Records, a division of Sony Music Entertainment

6
Drifter's Escape (Album Version)
00:02:48

B. Dylan, Composer - B. Dylan, Lyricist - Bob Dylan, Harmonica - Bob Dylan, Performer - Bob Dylan, Piano - Bob Dylan, Vocal - Bob Johnston, Producer - Charles McCoy, Bass - Kenny Buttrey, Drums

Originally released 1967. All rights reserved by Columbia Records, a division of Sony Music Entertainment

7
Dear Landlord (Album Version)
00:03:18

B. Dylan, Composer - B. Dylan, Lyricist - Bob Dylan, Harmonica - Bob Dylan, Performer - Bob Dylan, Piano - Bob Dylan, Vocal - Bob Johnston, Producer - Charles McCoy, Bass - Kenny Buttrey, Drums

Originally released 1967. All rights reserved by Columbia Records, a division of Sony Music Entertainment

8
I Am a Lonesome Hobo (Album Version)
00:03:24

B. Dylan, Composer - B. Dylan, Lyricist - Bob Dylan, Harmonica - Bob Dylan, Performer - Bob Dylan, Piano - Bob Dylan, Vocal - Bob Johnston, Producer - Charles McCoy, Bass - Kenny Buttrey, Drums

Originally released 1967. All rights reserved by Columbia Records, a division of Sony Music Entertainment

9
I Pity the Poor Immigrant (Album Version)
00:04:16

B. Dylan, Composer - B. Dylan, Lyricist - Bob Dylan, Harmonica - Bob Dylan, Performer - Bob Dylan, Piano - Bob Dylan, Vocal - Bob Johnston, Producer - Charles McCoy, Bass - Kenny Buttrey, Drums

Originally released 1967. All rights reserved by Columbia Records, a division of Sony Music Entertainment

10
The Wicked Messenger (Album Version)
00:02:05

B. Dylan, Composer - B. Dylan, Lyricist - Bob Dylan, Harmonica - Bob Dylan, Performer - Bob Dylan, Piano - Bob Dylan, Vocal - Bob Johnston, Producer - Charles McCoy, Bass - Kenny Buttrey, Drums

Originally released 1967. All rights reserved by Columbia Records, a division of Sony Music Entertainment

11
Down Along the Cove (Album Version)
00:02:25

B. Dylan, Composer - B. Dylan, Lyricist - Bob Dylan, Harmonica - Bob Dylan, Performer - Bob Dylan, Piano - Bob Dylan, Vocal - Bob Johnston, Producer - Charles McCoy, Bass - Kenny Buttrey, Drums - Pete Drake, Steel Guitar

Originally released 1967. All rights reserved by Columbia Records, a division of Sony Music Entertainment

12
I'll Be Your Baby Tonight (Album Version)
00:02:38

Bob Dylan, Composer - Bob Dylan, Harmonica - Bob Dylan, Lyricist - Bob Dylan, Performer - Bob Dylan, Piano - Bob Dylan, Vocal - Bob Johnston, Producer - Charles McCoy, Bass - Kenny Buttrey, Drums - Pete Drake, Steel Guitar

Originally released 1967. All rights reserved by Columbia Records, a division of Sony Music Entertainment

Descriptif de l'album

Curieux album que ce John Wesley Harding qui rompt un silence radio de deux ans, début 1968 en plein « flower power ». Alors que tous ses pairs anglais rivalisent de sophistication (Sgt. Peppers pour The Beatles et Their Satanic Majesties Request pour The Rolling Stones), Bob Dylan surprend en sortant son disque le plus épuré depuis quatre ans. Les recherches poétiques survoltées de Blonde on Blonde sont laissées de côté pour faire place à une écriture moins alambiquée tout en paraboles bibliques. L’accompagnement est minimal : une guitare sèche, une section basse batterie et quelques discrètes notes de piano et de « pedal steel ». De plus John Wesley Harding fait fi de la structure couplets-refrain pour se concentrer sur la narration d’histoires. Celles-ci regorgent de vagabonds, d’immigrants, de chapardeurs, de messagers et même de saints.

L’ensemble de l’album est très homogène et cohérent et tous les titres sont d’un haut niveau. Le titre principal « John Wesley Harding » est une allusion au hors-la-loi du même nom qu’il décrit comme un Robin des Bois de western altruiste et prenant soin des plus faibles. Sur « I’m A Lonesome Hobo », Bob Dylan s’inspire de l’histoire d’Abel et Caïn pour nous décrire un marginal qui a touché à toutes les magouilles avant une possible issue fatale. Dans « Drifter’s Escape » un autre marginal est sauvé d’un procès par une foudre salvatrice qui lui permet de s’échapper.

C’est l’Amérique et ses valeurs trompeuses qui sont brocardées dans « I Pity The Poor Immigrant » : l’apologie de la richesse bannit tout salut spirituel. Point de salut non plus dans « All Along The Watchtower » où s’inspirant du Livre d’Isaïe de l’Ancien Testament, Bob Dylan nous décrit la chute de Babylone et la proximité de l’Apocalypse, en débutant par une descendante chromatique en mineur, du La au Si mineur et Sol, devenue légendaire. Jimi Hendrix en livrera une version approuvée par l’auteur dans son chef d’oeuvre Electric Ladyland en accentuant la menace sous-jacente du morceau. Les solos rageurs combleront Dylan qui reprendra le morceau sur scène dans un arrangement similaire.

C’est encore une parabole biblique qui illumine la longue « Ballad Of Frankie Lee And Judas Priest » où Bob Dylan décrit de façon voilée le monde du spectacle et ses risques permanents. C’est l’histoire classique de la tentation de Jésus par le Diable sauf qu’ici Judas Priest, selon les dylanophiles, ne serait autre que le manager Albert Groosman et Frankie Lee, bien sûr, Bob Dylan.

Albert Grossman semble être aussi au cœur de « Dear Landlord », l’une des plus belles chansons de l’album. Une mélodie plaintive au piano et une voix tourmentée portent ce morceau au sommet. C’est une sorte de mise au point entre Dylan qui demande à garder son rythme créatif et un manager énervé de voir sa « star » jouer au reclus en évitant de tourner. Titre prémonitoire puisque Bob Dylan ne renouvellera pas le contrat de son manager (landlord : propriétaire).

« Down Along The Cove », un blues paisible et la belle romance « I’ll Be Your Baby Tonight » annoncent par leur simplicité et légèreté le futur album Nashville Skyline qui verra Bob Dylan venir à des thèmes plus terre à terre sur fond de « country music ». Par sa musique si proche des racines et cette voix apaisée qui ne hausse jamais le ton, John Wesley Harding, qui se démarque du « psychédélisme » ambiant, est l’un des albums incontournables de Bob Dylan.
© ©Copyright Music Story François Bellion 2016

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