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Pink Floyd

L’âge d’or du rock’n’roll et de la pop music ne se limite évidemment pas au bras de fer entre Beatles et Rolling Stones. Avec Pink Floyd, les options sont tout autre. Formé en 1965 à Londres, le groupe slalomera entre rock progressif et rock psychédélique, offrant de la musique planante et expérimentale, des textes engagés et satiriques, des albums-concept et des concerts bigger than life, comme disent les Anglo-saxons… La saga comptera trois grands chapitres : l’ère Syd Barrett, l’ère David Gilmour/Roger Waters, l’ère Waters et l’ère Gilmour.

Seul véritable disque de Pink Floyd porté par la voix géniale du frapadingue Syd Barrett (David Gilmour ne fait pas encore partie de l’aventure), The Piper at the Gates of Dawn qui parait durant l’été 1967, est un sommet de pop psychée, à des années lumières des productions futures du groupe britannique. Entouré de Roger Waters, Nick Mason et Richard Wright, Barrett entraine son public dans un rock improvisé unique, une symphonie lysergique et opiacée, où l’on perçoit du jazz (Pow R. Toc H.), du rock fifties (Lucifer Sam) et de la pop farceuse (Flaming). Côté textes, la démence pure est à portée de main… Après un tel sommet de psychédélisme, Syd Barrett enregistrera seul, deux ans plus tard, deux chefs d’œuvre encore plus extravagants, avant de sombrer dans une folie irréversible et mourir en 2006.

Avec A Saucerful of Secrets, publié en juin 1968, Barrett se barra… Pour ce deuxième album, le commandant fou du navire Pink Floyd est déjà ailleurs (il n’est crédité que sur Jugband Blues), plongé corps et âmes dans un océan de LSD. En quête d’un nouveau guitariste, ses (ex) complices embauchent un vieil ami de leur leader à la dérive, un certain David Gilmour… Ainsi, A Saucerful Of Secrets, enregistré en 1967 et 1968, marque avant tout l’adieu aux tentations psychédéliques et l’entrée progressive dans le rock planant et le laboratoire aux expérimentations à gogo. Un changement de cap que soulignent les compositions de Roger Waters et Rick Wright. L’année 1969 qui suit sera celle de deux albums à part : une B.O. et un live. Pour illustrer la nouvelle folie cinématographique et opiacée de Barbet Schroeder intitulée More, le Floyd alors en pleine mutation – cette B.O. arrive en juillet, après A Saucerful Of Secrets et avant Ummagumma – accouche d’un beau carambolage stylistique : ballades acoustiques, instrumentaux improvisés, escapades psychédéliques, fulgurances électriques, tout y passe ! Mais derrière cette commande, chacun pourra retrouver les graines plantées des ramifications à venir. En quelques sortes, un disque essentiel pour bien comprendre la suite. La suite, c’est Ummagumma, un live qui arrive dans les bacs en octobre 1969. Un live psychédélique à souhait. Un enregistrement studio quasi-spatiale et expérimental, lexique floydien par excellence. C’est cette dualité qui est au cœur d’Ummagumma, preuve que l’ère Syd Barrett est belle et bien révolue… Dans cette impressionnante symphonie kaléidoscopique de 1969 clairement contrôlée par Roger Warters, on alterne ici entre expérimentations azimutées et plages mélancoliques. Et chacun y va de sa performance instrumentale. Ummagumma qui décrocha le Grand prix du disque de l'Académie Charles Cros est sans doute le vrai point de départ de ce qui deviendra l’ADN de Pink Floyd. Un an plus tard, en octobre 1970, Atom Heart Mother, ovni, expérimental et planant, propulse le Floyd dans l’ère du rock progressif. Avec ses références à la musique classique et ses chœurs imposants, l’imposante suite instrumentale (plus de 20 minutes !) qui ouvre ce cinquième album a le mérite de défricher de nouvelles terres. David Gilmour et Roger Waters déballent une impressionnante quincaillerie : orgue, cuivres, guitare slide, etc. Les escapades intimistes folk côtoient les interludes grandiloquents. Un savant mélange, tourmenté et pluriel, qui servira au groupe de feuille de route pour la suite de ses aventures… Meddle, sixième épisode de la saga Floyd, ne ressemble à rien de ce que l’année 1971 propose. Le psychédélisme déjanté acidulé des débuts est totalement révolu. Rogers Waters, David Gilmour, Rick Wright et Nick Mason sont les architectes d’une musique complexe, ayant tant à voir avec le rock, que le jazz ou même la musique classique. En six titres (le dernier, l’éponyme Meddle s’étend sur 23 minutes !), ils déploient une certaine virtuosité instrumentale qui s’étire en longueur, comme une vision panoramique de leur musique. Une façon surtout d’emmener l’idiome rock bien au-delà de ses habituelles frontières. Au final, Pink Floyd signe un nouveau disque ovni sur lequel on croise des bruits de sonar avec Echoes, du jazz rétro sur San Tropez, voire même le kop des supporters de Liverpool sur le final de Fearless ! Indispensable…

On aurait tort de totalement négliger Obscured By Clouds, paru en juin 1972, sous prétexte qu’il n’est « que » la bande originale du film La Vallée de Barbet Schroeder avec qui le Floyd avait déjà travaillé pour la musique de More. Sans être certes un chef d’œuvre aussi important que Dark Side Of The Moon, cette succession de plages instrumentales permet au quartet britannique d’affiner son entente musicale et ses obsessions philosophiques. Du blues planant plaisant, du rock langoureux et parfois assez hédoniste. Un an plus tard, le 23 mars 1973, c’est le coup de tonnerre : The Dark Side Of The Moon, un des plus grands succès de l’histoire du rock, resté 14 ans dans le Top 200 américain ! Pierre angulaire de la philosophie de Pink Floyd, l’album embarque surtout le rock sur des terres alors vierges. Dans ce sommet de sophistication, synthés et guitares sont domptés pour ne servir qu’une chose : la musique. Comme un Sergent Pepper’s futuriste et planant, inspiré par le rock mais aussi le jazz modal, ce disque sophistiqué associe rock et musique électronique en gardant en ligne de mire ses mélodies… Pour faire suite au succès de Dark Side, Pink Floyd rend hommage à son premier leader charismatique mais fou, Syd Barrett, le temps d’un concept-album en forme de voyage spatio-temporel. Sorti en septembre 1975, Wish You Were Here combine ainsi instruments classiques et synthés dans une communion impressionnante. Planant et rêveur, l’alliage est impressionnant et ose la durée, à l’image de la symphonie Shine On You Crazy Diamond en deux parties de 13 minutes chacune !

Socialement engagés comme jamais sur Animals qui débarque dans les bacs en janvier 1977, Roger Waters et ses hommes semblent musicalement peu concernés par le tsunami punk qui secoue alors l’Angleterre. En convoquant notamment George Orwell, ces vieux babas du Floyd rappellent que derrière leurs longues plages planantes, plus en retrait qu’à l’accoutumée, sommeille une certaine énergie brute traduite dans une poésie anthracite et parfois violente. Une fois encore, le génie mélodique du groupe britannique impressionne. Comme sur l’agité Dogs. Un disque moins anecdotique que certains le disent… Conçu par Roger Waters qui veut imposer un peu plus sa ligne artistique, l’opéra-rock The Wall qui sortira en novembre 1979 réunit toutes les expérimentations sonores que le Floyd a osé tout au long des années 70 au service de chansons aux mélodies parfaites et de ballades planantes. Un double-album évoquant l’enfance du musicien britannique comme le système éducatif avec causticité mais aussi sensibilité. Surtout, une succession d’hymnes qui marquera toute une génération pour leur forme comme pour leur fond. Un ambitieux collage sonore qui se revisite sans fin… Quatre ans séparent The Final Cut de ce Mur qui plaça Pink Floyd au sommet de son succès. Un bien nommé Final Cut paru en mars 1983 et qui ne sera autre que le dernier avec Roger Waters, auteur solitaire de ce concept-album qu’il interprète dans sa quasi-totalité. Comme un premier opus solo ? Sans doute… Sa grandiloquence mise au service d’un antimilitarisme forcené (l’Angleterre et l’Argentine s’affrontent alors aux Malouines) n’est pas sans évoquer The Wall dont il retravaille d’ailleurs certaines compositions écartées à l’époque. A l'arrivée, un essai lyrique à souhait.

Exit Roger Waters, le guitariste David Gilmour est seul (ou presque) au volant de la Rolls floydienne. En compagnie de Nick Mason, il entraine la sémantique du groupe phare du rock progressif vers d’amples nappes à connotation new age et méditatives, mettant en exergue son jeu personnel. Malgré tout, les thématiques abordées ne sont pas si éloignées des œuvres précédentes et A Momentary Lapse Of Reason, album qui sort en septembre 1987, est bien une planète de la galaxie Pink Floyd. Le groupe ne sera alors plus que crêpage de chignons entre les deux hémisphères de son cerveau. Ainsi, que reste-t-il du Floyd en 1994 lorsque parait The Division Bell ? Plus grand chose diront certains fans de la première heure… Mais si, pour ce deuxième album post-Roger Waters, le désormais leader David Gilmour ne brille pas par une originalité débordante, il réussit toutefois à faire rayonner son lyrisme guitaristique dans des compositions nostalgiques comme plus modernes. Un disque que le temps bonifiera… Le 17 janvier 1996, Pink Floyd entre au Rock'n'Roll Hall of Fame. Mais lors de la cérémonie d'intronisation Waters est, sans surprise, absent… Presqu’une décennie plus tard, le 2 juillet 2005 à Hyde Park à Londres, Gilmour, Mason et Wright rejoignent Waters le temps d'un concert à l'occasion du Live 8 : le groupe est alors au complet ! Avant de se lancer dans Wish You Were Here, Waters lance : « C'est un moment émouvant, debout ici avec ces trois gars, après toutes ces années. Debout avec vous tous. Quoi qu'il en soit, nous le faisons pour ceux qui ne sont pas là, en particulier pour Syd, bien sûr. » Le 7 juillet 2006, Syd Barrett meurt à Cambridge des suites de complications liées à un cancer du pancréas à l’âge de 60 ans. De son côté, Richard Wright décède le 15 septembre 2008, à 65 ans, emporté par un cancer…

© MD/Qobuz

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