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Qobuzissime ? C’est la distinction décernée par Qobuz pour un premier ou second album.

Pop ou reggae, metal ou classique, jazz ou blues, aucun genre n’est mis de côté.

Artiste découverte, le plus souvent. Confirmé parfois, mais pour un disque ovni, un projet crossover ou décalé dans une discographie.

Seuls comptent la singularité, la sincérité et la qualité. Celle de l’enregistrement, du projet musical et de son identité.





Les albums

198 albums triés par Date : du plus récent au moins récent
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Pursuit of Ends

High Pulp

Jazz contemporain - Paru le 15 avril 2022 | Anti - Epitaph

Hi-Res Distinctions Qobuzissime
L’époque adore les groupes atypiques éradiquant les barrières stylistiques. L’époque va adorer High Pulp. Car même si ce jeune collectif de Seattle s’est construit sur une passion commune pour le jazz, la langue qu’il parle tout au long des quarante minutes de Pursuit of Ends va bien au-delà. Comme ils le disent eux-mêmes, Rob Homan (claviers), Antoine Martel (claviers, guitares), Andrew Morrill (saxophone alto), Victory Nguyen (flûte, saxophone, trompette), Scott Rixon (basse) et Bobby Granfelt (batterie) se reconnaissent aussi bien dans Miles Davis et Duke Ellington qu’Aphex Twin et My Bloody Valentine ! Et ce sont bien de solides câbles que High Pulp tend entre bop et post-rock, électro et pop, jazz-fusion et new wave. Leur BO exclusivement instrumentale qui résonne sur ce premier album Qobuzissime s’appuie surtout sur une trame mélodique sans faille, elle-même solidement adossée contre une rythmique fascinante. On pense souvent aux musiques apatrides de savants fous comme feu David Axelrod, une autre des idoles de High Pulp dont les compositions ont la forme de vraies fausses musiques de film aux saveurs aussi bien vintage que futuristes. C’est dans cette perte de repères spatiotemporels que Pursuits of Ends devient fascinant. Lorsque ses cuivres s’enroulent autour de grooves hypnotiques (Kamishinjo), que l’horloge n’indique aucune heure, et le calendrier aucune date… Épaulé par quelques guests comme Jaleel Shaw (Roy Haynes, Mingus Big Band), Brandee Younger (Ravi Coltrane, The Roots), Jacob Mann (Rufus Wainwright, Louis Cole) et le trompettiste Theo Croker, le collectif américain fait une entrée plutôt remarquée sur la scène… jazz ? © Marc Zisman/Qobuz
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Unlearning

Walt Disco

Alternatif et Indé - Paru le 1 avril 2022 | Lucky Number

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Après l’EP autoproduit Young Hard and Handsome en septembre 2020 qui comprenait l’épique Hey Boy (You’re One of Us), Walt Disco signe chez Lucky Number un premier long format, flamboyant. Le sextuor de Glasgow, dont les membres se sont tous rencontrés à une soirée en 2016, n'a pas perdu de temps. Ni à jouer ensemble, ni à enregistrer, ni à se faire connaître. Inspirés communément par l'amour, l'androgynie et l’époque, les jeunes Ecossais prennent pour modèle Scott Walker, David Bowie, leurs compatriotes Orange Juice et Associates mais aussi SOPHIE et Arca pour habiller leur prose d’un mélange éloquent de post-punk 80's, glam rock et pop futuriste. Le regard comme la musique ne piquent pas dans le passé, au contraire. Les anciens étudiants de l’université de Glasgow s’en inspirent pour raconter une jeunesse à l’étroit dans un millénaire étriqué. “Notre musique a un côté théâtral et glamour, elle n'est jamais vraiment discrète. La meilleure critique que nous ayons reçue était quelqu'un qui disait : ‘Walt Disco devrait réécrire The Rocky Horror Picture Show’”, avance le chanteur James Potter.Unlearning, qui aurait dû s’appeler Unlearning The Perfect Life, parle donc déconstruction et liberté. “Vous dites que nous sommes stupides, je dis que vous êtes vieux/Depuis quand êtes-vous devenus si froids ?/Coincés dans le passé, vous y êtes perdus/Laissez-nous être jeunes/Jeunes, durs et beaux”, chante James par-dessus la saillante ligne de basse de Cut Your Hair. A la limite de l’opéra rock, ses douze saynètes, auxquelles les expérimentations électroniques de The Costume Change servent d’interlude, trouve sa dramaturgie dans les inflexions vocales de James – qui a appris auprès d’un chanteur lyrique fan de Freddie Mercury – et les chœurs tragicomiques de ses comparses (How Cool Are You?). Mais elle se révèle aussi via cet univers dystopique où le pathos de la darkwave (Weightless), les joyeuses turbulences dance pop façon Dead Or Alive (Selfish Lover), usant des boîtes à rythme et des synthés, se mêle à une hyperpop angoissante (If I Had a Perfect Life, Macilent) taillée dans le vortex des logiciels. Un revival 2.0 de la vague des Nouveaux Romantiques qui en dit long, forcément Qobuzissime. © Charlotte Saintoin/Qobuz
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Sibelius: Complete Symphonies

Klaus Mäkelä

Classique - Paru le 25 mars 2022 | Decca Music Group Ltd.

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En avril 2021, Decca annonçait la signature d’un contrat avec le nouveau jeune loup de la direction d’orchestre, Klaus Mäkelä (né en 1996), peu de temps après sa nomination par l’Orchestre de Paris comme conseiller musical pour deux années puis directeur musical à partir de septembre 2022. Le label anglais signait pour la première fois depuis plusieurs décennies un chef d’orchestre, en l’occurrence un nouvel exemple de cette désormais longue et assez exceptionnelle lignée de disciples de Jorma Panula, figure incontournable de l’Académie Sibelius à Helsinki. Ensuite, entrer sur la scène discographique avec une intégrale des sept Symphonies de Sibelius reste une initiative audacieuse : chaque œuvre du cycle, particulièrement complexe, offre une singularité propre. Sur le plan discographique, on n’associe pas forcément l’Orchestre philharmonique d’Oslo à l’œuvre orchestrale de Sibelius : peu d’enregistrements ont été réalisés avec cette institution norvégienne en dehors des quatre symphonies (No. 1, 2, 3 & 5) gravées avec Mariss Jansons pour EMI au début des années 1990, qui pâtissaient d’une prise de son très réverbérée. Cela ne sera pas le cas de cette intégrale Decca : les équipes techniques ont réalisé un remarquable travail de captation. L’auditeur percevra tout de l’écriture orchestrale de Sibelius, de la profondeur des textures notamment, d’autant que Klaus Mäkelä soigne avec maestria les équilibres (Symphonie No. 1), les nombreux échanges polyphoniques, au fil de visions aux tempos modérés. Ici, il n’y a pas de contrastes éruptifs, ni de ruptures explosives. Le geste de Klaus Mäkelä est tranquille, d’une imperturbable sérénité. Peu sensible au bouillonnement rythmique du compositeur, le chef phrase les amples lignes avec une majesté impressionnante (finale de la Troisième Symphonie). Klaus Mäkelä n’exacerbe pas les contrastes entre les blocs orchestraux ; avec un respect notable de la nature soyeuse de l’orchestre norvégien, il tente toujours la fusion, favorisant la continuité sonore entre les pupitres. Même la Symphonie No. 4, composée au cours de la période la plus sombre de Sibelius, est, sous la direction de Klaus Mäkelä, essentiellement lumineuse, très loin des cataclysmes effrayants d’Ernest Ansermet (Decca, 1963) ou Sir Thomas Beecham (BBC Legends, en concert, 1954). Tout au long des sept symphonies, ce Sibelius marqué par une volonté générale d’euphonie se distingue, incontestablement, par la cohérence de sa vision et la somptuosité de la réalisation. © Pierre-Yves Lascar/Qobuz
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Reeling

The Mysterines

Rock - Paru le 11 mars 2022 | Fiction

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Grâce au grunge juvénile mais alléchant de l’EP autoproduit Take Control en 2019, les Mysterines, d’abord soudés autour de la chanteuse et guitariste Lia Metcalfe, George Favager (basse) et Chrissy Moore (batterie), avaient tapé fort dans l’oreille des défricheurs de talents de BBC Introducing, qui les plaçaient sur leurs ondes et les invitaient dans la foulée à jouer sur leur scène tremplin des festivals de Reading et de Leeds. Cet énorme coup de projecteur leur ouvrit les premières parties de Royal Blood ou The Amazons, tout en créant l’attente suffisante pour leur premier long format. Paru sur le label Fiction, Reeling, fulgurance rock de 43 minutes, permet aux Liverpuldiens de sortir du bois. Non sans douleur. Après un an en dents de scie, un changement de batteur et un guitariste en plus, le quatuor a dû s’enfermer pendant trois semaines aux studios Assault & Battery, entre deux confinements londoniens, pour enregistrer sous la vigilance de la productrice et ingénieur du son Catherine Marks (Foals, Wolf Alice, The Killers). Et ce, parfois en une prise.Une gestation difficile au terme salutaire, selon l’aveu du batteur Paul Crilly : « Nous ne pouvions pas sortir sans oublier l’album, ni passer du temps avec d'autres gens. C'était un vrai soulagement de le confier une fois que nous avions fait notre part. » Cette tension capturée entre quatre murs crée la matière première et guide le tracklisting. Au climax de cette pression, de ce rock sur le grill, s’ouvrent Life's a Bitch (But I Like It So Much) puis Hung Up, avec leurs riffs gras et leur saturation. La pression s’apaise mais reste lisible sur le plus country Old Friend / Die Hard, la ballade à la guitare Still Can You Home, pour finir insidieusement sur les lenteurs sombres et flippantes façon Nick Cave de Confession Song avec son piano gothique. « Lorsque j'ai écouté le pressage test pour la première fois, j'ai pu ressentir à nouveau tous ces moments dans le studio », confie Crilly. Boosté par la voix de Lia, prêtresse destroy en puissance, le bien nommé Reeling (“chancelant”, en anglais) déplie un nuancier rock débridé, du garage saisi sur le vif à des mélodies plus pop délicatement posées. Épatant et plutôt mature pour une formation à peine sortie de l’adolescence. Qobuzissime ! © Charlotte Saintoin/Qobuz
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Topical Dancer

Charlotte Adigéry

Électronique - Paru le 4 mars 2022 | DEEWEE

Hi-Res Livret Distinctions Pitchfork: Best New Music - Qobuzissime
Révélée via le film Belgica (2016) avec cette fantastique BO signée des frères Dewaele, et après deux premiers EP qui ont séduit un peu partout (notamment Zandoli en 2019 avec le tube Paténipat), la chanteuse Charlotte Adigéry se lance dans son premier long format avec Bolis Pupul, son “partenaire musical” de chez Deewee, le label de Soulwax. Les deux artistes belges partagent un métissage caribéen (elle est d’ascendance yoruba/martiniquaise, et lui chinois/martiniquais) et ont décidé de taquiner tous les intolérants sur ce Topical Dancer en abordant des sujets comme l’appropriation culturelle, le racisme, le sexisme ou le postcolonialisme. Taquiner, parce que tout ça est fait de manière extrêmement drôle avec une Charlotte Adigéry au top de sa créativité de parolière. Sur Esperanto, elle gronde les isolationnistes (“Dont say we need to build a wall. Say : I’m a world citizen, I don’t believe in borders”) avec une scansion aussi raffinée que stylée. Sur le funky Blenda, ce sont les racistes qui en prennent pour leur grade, puis les misogynes sur Ich Mwen, Reappropriate ou le savoureux Thank You, qui envoie balader avec ironie les avis non sollicités des hommes sur le look des femmes. Musicalement, ce disque suinte du son à la fois lourd et froid de Deewee, la maison/studio des Soulwax à Gand, avec comme toujours un mélange des genres (électro, pop, no (new) wave…) entre synthés qui hypnotisent, basses qui gigotent et riffs de guitare groovy. Pas facile de dégager des highlights de cet album surréaliste qui s’écoute autant qu’il se danse, même s’il ne faut pas rater HAHA, un titre concept entre rires et larmes (le plus surréaliste de tous) ou Making Sense Stop, qui met une claque à toute la french pop. Un album total, funky, caustique, engagé. Un Qobuzissime sans hésiter. © Smaël Bouaici/Qobuz
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Rakshak

Bloodywood

Metal - Paru le 18 février 2022 | Bloodywood Media Private Limited

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La rencontre entre les instruments traditionnels indiens et le rap metal était probablement la dernière chose à laquelle s’attendaient les aficionados des deux genres. Pourtant, quelle efficacité ! Avec son double chant (guttural) en hindi/punjabi assuré par Jayant Bhadula et en anglais (rap) par Raoul Kerr, Bloodywood, chantre de “l'indian folk metal”, n’épargne personne. Ce sont les politiques locaux et internationaux qui en prennent pour leur grade, tout le temps. Gaddaar (“traître”), morceau d’ouverture de Rakshak, d’une férocité rare, arrive à proposer dans une aisance presque indécente des éléments folk et symphoniques au sein d’un cocktail explosif nous ramenant au meilleur du nu metal.Le combo originaire de New Delhi expérimente énormément et avec succès comme sur l’incroyable Zanjeero Se, alternant avec justesse moments mélodiques et extrêmes pour un résultat qui prend aux tripes. On appréciera l’influence electronica sur Dana-Dan, l’utilisation de la flûte sur Jee Veerey saupoudrée d'une ribambelle d’instruments traditionnels, ou encore l’incendiaire Chakh Le, chargé de clôturer l’album et qui est la synthèse parfaite de ce qu’essaie d’accomplir Bloodywood. Rakshak est le manifeste de quelque chose de nouveau, d’inattendu, et d’incroyablement puissant, mûri avec sagesse depuis 2016 sur une chaîne YouTube proposant de nombreuses reprises. L’expérience engrangée se ressent, et le verdict est sans appel : Bloodywood est parti pour devenir l’un des grands acteurs de la scène metal dans les prochaines années, et avec la manière. Qobuzissime ! © Maxime Archambaud/Qobuz
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Nightscapes

Magdalena Hoffmann

Classique - Paru le 11 février 2022 | Deutsche Grammophon (DG)

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La nuit n’a pas fini d’inspirer les artistes, que ce soit en littérature, en peinture ou en musique. Et pour cause : n’est-elle pas le lieu de l’intimité, de l’introspection et – surtout – de l’imaginaire ? Quand le mystère de la nuit s’exprime en musique, et en particulier à la harpe, il nous touche tous et évoque en chacun de nous des images très concrètes. Dans son album Nightscapes (« Paysages nocturnes »), Magdalena Hoffmann s’est donné pour mission d’en capter la magie : « Mon instrument est le vecteur idéal de cette ambiance intime, mais aussi magique et fantastique. Ce n’est pas pour rien que, dans l’orchestre, la harpe correspond souvent à des moments célestes ou souterrains. »La harpiste allemande, née en 1990 à Bâle, a découvert très tôt son instrument de prédilection. Sa carrière connaît un tournant quand, en 2016, elle reçoit deux prix spéciaux au Concours international de l’ARD. Deux ans plus tard, elle devient harpe solo dans l’Orchestre symphonique de la Radio bavaroise. Elle signe en 2021 un contrat exclusif avec Deutsche Grammophon, et dans ce cadre, Nightscapes est son premier projet.L’album réunit des compositions originales pour harpe et des arrangements de pièces pour piano. Dans la première catégorie, on trouve la Suite pour harpe, op. 83, de Benjamin Britten, œuvre centrale dans le répertoire du XXe siècle pour cet instrument. S’y ajoute la Danse des lutins d’Henriette Renié (1875-1956), harpiste française pour qui Fauré, Debussy et Ravel ont composé.Magdalena Hoffmann interprète également des pièces de Chopin, Clara Schumann, John Field ou encore Ottorino Respighi et Marcel Tournier. Le genre des nocturnes, en particulier, transmet à merveille l’ambiance intime et mystique qui en a fait l’une des pièces de caractère les plus typiques du romantisme. Mais le son léger et dansant de la harpe convient aussi parfaitement aux valses de Chopin ou à la Fantaisie de Jean-Michel Damase. Hoffmann, pour sa part, sublime l’intimité toute particulière du son de l’instrument. Une flânerie magique à travers la nuit, Qobuzissime. © Lena Germann/Qobuz
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Terre Promise

Blutch

Électronique - Paru le 28 janvier 2022 | Astropolis Records

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Un hymne à la Bretagne. Pour son premier long format sur Astropolis Records, le label né de la cuisse du mythique festival brestois du même nom, Blutch a choisi de rendre hommage à la région qui l’a révélé comme un DJ intelligent et sensible, pas le genre à matraquer pour le principe, mais plutôt à emprunter des chemins de traverse. Connu pour ses sets de house hybride, le producteur de Morlaix propose un premier album intimiste et nostalgique, dont la plupart des titres font référence à des lieux de la région, de Roscoff à Ouessant en passant par la rue de son enfance.Un concept qu’il met en musique de manière solaire, dès l’ouverture chatoyante Terre promise, avec ce côté lyrique apporté par le violon de Mirabelle Gilis, que Blutch fond dans un beat UK garage sur Cobalan. Du breakbeat, on en retrouve sur River, là aussi entouré de synthés oniriques. Onirique, c’est le maître mot de cet album qui prend tour à tour des allures contemplatives (Les Bois) ou plus chaotiques (Remparts, avec les synthés modulaires de Maxime Dangles, autre membre de la famille Astropolis). On retient aussi ce futur tube électropop, Rosko, quelque part entre Bicep, Rone et Polo & Pan, et quand on revient au kick droit, sur Floatin, c’est pour repartir dans un tourbillon de claviers éthérés comme dans une version déformée d’I Feel Love de Donna Summer. Un artiste est né sur cette Terre promise qui mérite amplement son Qobuzissime. © Smaël Bouaici/Qobuz
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The Overload

Yard Act

Alternatif et Indé - Paru le 7 janvier 2022 | Universal-Island Records Ltd.

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Le ciel est bien gris, limite anthracite. L’engrais idéal pour faire pousser un peu plus cette foisonnante scène du revival post-punk qui agite la planète indie depuis le début des années 2010. Mais comment sortir la tête d’une mêlée déjà dense au cœur de laquelle se bousculent Girl Band, Fontaines DC, Shame, Dry Cleaning et mille autres groupes armés de guitares carrés et de vocalistes plus proches de la scansion que de la chanson ? Pour y arriver, Yard Act embarque les marqueurs du genre et les influences prévisibles (The Fall, Gang of Four, Wire, premiers Talking Heads) sur des sentiers souvent inattendus. Mieux : ne pas se limiter à n’être qu’une boule de nerf électrique ou un vieux crachat à la gueule de la société (post-Brexit) qui va mal. Non, non, Yard Act se sert de sa rage pour trouver différentes formes d’expressions. C’est d’ailleurs sur le tempo presqu’apaisé de 100% Endurance que se referme The Overload, brillant premier album de ce quartet originaire de Leeds. Au micro, James Smith est un digne héritier du dalaïlama du post punk, feu Mark E. Smith de The Fall, avec un soupçon de groove en prime. Avec le guitariste Sam Shipstone, le bassiste Ryan Needham et le batteur Jay Russell, Smith emballe son cynisme et sa bile dans des habits lumineux. Une forme de dandysme prolétaire et sous amphétamine qui ressemble parfois à Sleaford Mods (beaucoup), Ian Durry et ses Blockheads voire carrément à Pulp ! Jamais caricaturales mais d’un réalisme bien sombre, les vignettes de James Smith sont parfois drôles et musicalement éclectiques. De quoi marquer les esprits et faire de The Overload un album choc de 2022. © Marc Zisman/Qobuz
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Schumann - Brahms - Dvořák

Geister Duo

Classique - Paru le 14 janvier 2022 | Mirare

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Quoi de mieux qu’une paire de mains pour jouer du piano ? Deux paires de mains ! Considéré comme « intimiste », le genre du piano à quatre mains est longtemps resté cantonné au cercle privé : pour jouer devant des amis, très bien, mais pas en concert. Il existe bien sûr quelques exceptions célèbres, comme les sœurs Labèque, les sœurs Walachowski ou, parmi la jeune génération, Lucas et Arthur Jussen. Presque toujours des frères et sœurs. On se réjouit donc d’autant plus que deux pianistes « indépendants », David Salmon et Manuel Vieillard, aient décidé en fondant le Geister Duo d’imprimer leur marque dans le monde de la musique de chambre en interprétant sur les plus grandes scènes le répertoire pour duo de piano.Diplômés de la Hochschule für Musik Hanns Eisler de Berlin pour l’un, du Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris pour l’autre, Manuel Vieillard et David Salmon sont des concertistes de haut niveau. De leur rencontre pendant leurs études au CRR de Paris au début de leur carrière internationale, une symbiose musicale est née, avec l’envie de former un « vrai » duo – pas seulement de se rencontrer le temps d’un concert. Et le plan a fonctionné : après presque dix ans de collaboration, l’ensemble a remporté l’année dernière le premier prix du prestigieux Concours international de l’ARD (Munich). Il nous présente maintenant son premier disque, chez Mirare : Schumann - Brahms - Dvořák, très belle sélection de pièces romantiques où les couleurs du piano brillent plutôt deux fois qu’une.Bien que les compositeurs choisis comptent parmi les plus célèbres de l’ère romantique, cet album nous offre des pièces novatrices et méconnues, rarement interprétées ou enregistrées à ce jour. Dès la première, les Images d’Orient de Schumann (Bilder aus Osten, op. 66), on sent clairement la complicité et la complémentarité entre les deux instrumentistes. L’œuvre nous emporte au gré de ses ambiances changeantes et nous fait passer par toutes les émotions. Ambiance romantique et mélancolique également captée à merveille par les Variations sur un thème de Schumann, op. 23, de Brahms, où le compositeur rend hommage à son collègue et mentor. Le disque s’achève sur le cycle pour piano de Dvořák Des forêts de Bohême (Ze Šumavy), op. 68, chef-d’œuvre du répertoire pour piano à quatre mains magistralement interprété par Salmon et Vieillard, dont l’unique symbiose artistique se laisse entendre encore une fois. Pas de doute : à deux, c’est vraiment mieux. Un album de toute beauté pour démarrer 2022 ! © Lena Germann/Qobuz
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Juniper

Linda Fredriksson

Jazz - Paru le 29 octobre 2021 | We Jazz

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Les pays nordiques ont toujours offert une fascinante singularité dans leur approche du jazz. Singularité confirmée par ce magnifique album de Linda Fredriksson. Avec Juniper, la saxophoniste finlandaise, déjà active au sein du trio Mopo et du quartet Superposition, déploie ici l’ample palette de son art. Entourée de Tuomo Prättälä au piano (électrique et acoustique), Minna Koivisto au synthé modulaire, Olavi Louhivuori à la batterie et Mikael Saastamoinen à la basse, elle assemble des thèmes composés sur plusieurs années à la guitare, au piano et au chant (qu’on entend sur Lempilauluni), qu’elle a ensuite arrangé pour ce groupe. Juniper est même selon elle un album de singer-songwriter mais interprété par un groupe de jazz instrumental. C’est surtout un disque centré sur l’introspection et une forme de méditation planante mouchetée de petites trouvailles, comme cette pluie en filigrane qu’on entend sur Neon Light (and the Sky Was Trans), thème d’ouverture tout en apesanteur…Cette fascination pour les singer-songwriter comme Neil Young ou Sufjan Stevens – deux influences que revendique Linda Fredriksson – confère même à son jeu une vraie force narrative. Ce jazz planant, essentiellement acoustique, capable de digressions hirsutes (Nana – Tepalle), s’approprie aussi tout un instrumentarium électronique manipulé avec beaucoup de délicatesse. Linda Fredriksson réussit à fusionner tout ce matériau disparate fleurant aussi bien le folklore le plus rudimentaire que les sonorités futuristes, des cambrures empruntées à la musique de Satie ou le jazz atypique de labels comme ECM ou Hubro. Pour lier ces ingrédients, son souffle, hérité de l’approche spirituelle d’un Pharoah Sanders ou plus libertaire d’un Eric Dolphy, est un solide fil d’Ariane tissé à l’alto, au baryton et même à la clarinette basse. Un album Qobuzissime vivifiant et d’une rare poésie. © Marc Zisman/Qobuz
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Figurine

WAYNE SNOW

Soul - Paru le 24 septembre 2021 | Roche Musique

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L’envoûtement est une sensation souvent galvaudée. Chez Kesiena Ukochovbara alias Wayne Snow, elle est une évidence. Une poignée de secondes suffit pour s’abandonner dans la néo-soul ultra-sensuelle de ce fascinant artiste nigérian qui a grandi à Paris et vit à Berlin. Un nuage pop ici, des virgules électro là, quelques pointillés jazz un peu plus loin (Oscar Jerome, guitariste du groupe Kokoroko, est de la partie), Figurine chamboule les codes du R&B moderne par petites touches. Produit par le Français Crayon pour le label Roche Musique, l’album est surtout un ample patchwork de textures sonores d’hier, d’aujourd’hui et de demain. Comme la B.O. d’un afro-futurisme propulsant l’héritage de Marvin Gaye et de Sade dans une nouvelle galaxie. Et si Wayne Snow part ici à la conquête de sa propre identité, culturelle et musicale, c’est aussi pour répondre aux grandes questions contemporaines. Quant à ce feeling d’envoûtement, il tient surtout au fait que ce soulman bien de son temps ne sonne jamais comme un énième sous-Frank Ocean : Wayne Snow est un musicien original et son disque est phénoménal. © Marc Zisman/Qobuz
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The Four Quarters

Solem Quartet

Musique de chambre - Paru le 17 septembre 2021 | Orchid Classics

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Le Solem Quartet n'est pas inconnu dans le monde de la musique classique et contemporaine. Lauréat du Jerwood Arts Live Work Fund 2020, il fait partie des voix artistiques les plus significatives du Royaume-Uni : l'ensemble se distingue par son ouverture à des projets novateurs, et collabore régulièrement avec des artistes d’horizons divers. Avec The Four Quarters, leur tout premier album, les quatre musiciens anglais composent un incomparable voyage musical, où les compositeurs de l’époque baroque dialoguent avec certains de nos contemporains. Malgré une sélection variée de compositions, une pièce se détache du reste de l'album, The Four Quarters, chef-d'œuvre de Thomas Adès, dont les quatre mouvements apparaissent disséminés à travers un énorme éventail d’arrangements de Henry Purcell, Florence Price, Béla Bartók ou Robert Schumann. La composition d'Adès se fonde sur le cycle de la journée comme métaphore centrale - un vagabondage de l’aurore matinale jusqu'aux profondeurs de la nuit. Cette juxtaposition du temps et de l'espace, de la terre et du ciel, se reflète également dans la musique : alors que dans le premier mouvement, Nightfalls, les violons font entendre de fines harmonies en motifs réguliers, l'alto et le violoncelle s’enracinant dans des tessitures plus graves. Un autre point fort de l'album est certainement l'interprétation de Easqelä d'Aaron Parker. Il s'agit du quatrième mouvement de Tuoretu, œuvre en cinq parties spécialement composée pour le Quatuor Solem. Le nom librement inventé fait référence aux grands espaces de l'Est de l'Angleterre ainsi qu'aux couleurs déclinantes du crépuscule qui se fondent les unes dans les autres - tout comme la musique. Le solo mélancolique et lancinant de l'alto, accompagné par les sons atténués des autres cordes (en quintes et quartes parallèles) renforce la transcendance toujours présente et rappelle une fois de plus les éléments fondamentaux de l'album : présence de la nature, rêve et intemporalité. Et bien qu'il s'agisse de l'avant-dernier morceau du programme, le voyage musical onirique est loin d'être terminé… Avec The Four Quarters, le Solem Quartet publie un album unique et très inspirant qui s’ancre de façon intemporelle entre art contemporain et sons traditionnels. © Lena Germann/Qobuz
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Tancade

Gaspar Claus

Classique - Paru le 10 septembre 2021 | InFiné

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Il se sera bien fait attendre, le premier album solo de Gaspar Claus ! Depuis quinze ans, le violoncelliste a multiplié les voyages, les rencontres, les collaborations avec les plus grands artistes issus de tous horizons : de son père Pedro Soler à Barbara Carlotti, en passant par Rone ou Bryce Dessner. Fort de toutes ces influences, le musicien a trouvé chez le label InFiné le meilleur foyer pour présenter aujourd'hui Tancade, un album éminemment personnel puisqu'il s'y retrouve pour la première fois seul maître à bord. Saluons au passage les remarquables contributions de Francesco Donadello et David Chalmin au mastering et au mixage, qui ont su donner à cet enregistrement un son unique et riche en contrastes.Le matériau est minimal : un violoncelle pour seul bagage, Claus subjugue par la variété de ses compositions, exploitant à l'infini les innombrables possibilités sonores de son instrument. Pizzicatis, jeu d'archet tour à tour souple ou grinçant, résonance des graves auxquels répondent des aigus aériens… En véritable architecte du son, l'interprète parvient à faire de chacun des titres qui composent cet opus un monde à part entière convoquant des sensations uniques. On pourra ainsi se laisser entraîner dans la transe quasi tribale et hypnotisante des pizz percussifs d'Une Foule, avant de retrouver l'ambiance plus méditative du crépusculaire 1999. On ne peut qu'admirer le génie de Claus à sculpter autant de matière avec si peu d'outils, l'apport de l'électronique se limitant à de discrets effets de réverbe ou de distorsion – le strict minimum, en somme.La grande force de Tancade est de ne jamais sombrer dans la pure démonstration de technicité. L'album n'a rien d'un catalogue de tout ce qu'un violoncelliste peut produire avec son instrument. On voit ici que pour chaque titre, seule l'atmosphère recherchée préside aux processus de composition et d'exécution. Gaspar Claus signe un album magnifique, criant d'inventivité et de poésie, qui fait renouer l'auditeur avec une pléiade d'émotions millénaires. On ne pense pas trop s'aventurer en déclarant dès à présent que Tancade deviendra un classique incontournable du violoncelle contemporain. © Pierre LAMY / Qobuz
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Before I Die

박혜진 park hye jin

Électronique - Paru le 10 septembre 2021 | Ninja Tune

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Après avoir fait sensation en 2018 avec son premier maxi If U Want It, qui contenait notamment les tubes ABC et I DON'T CARE, la Sud-Coréenne avait ensuite intrigué le public avec ses performances live, durant lesquelles elle saisissait le micro pour chanter/rapper sur ce qu’elle mixait aux platines. Trop vite estampillée nouvelle prodige la house lo-fi, Park Hye Jin démontre sur son premier album qu’elle a une palette bien plus vaste. Installée à Los Angeles, on sent l’esprit laid back du rap californien planer au-dessus de ce disque, qui démarre par une ambiance UK garage (mais avec un kick droit) sur Let’s Sing Let’s Dance. Park Hye Jin rappe durant toute la première partie de l’album, avec des refrains bouffis de torpeur comme sur Good Morning Good Night, avec ces lyrics scandés sur un boom bap étouffé et une guitare en réverb, comme pour accentuer le côté solaire du titre. Dans le même genre, on retiendra l’hypnotisant I Need You ou Where Did I Go, et surtout une capacité à créer des refrains simples et catchy, toujours avec ce flow nonchalant qui fait des allers-retours entre le devant et le fond de la scène sonore.Mais si le flow est rap, la house n’est jamais loin. On en entend des petits éléments, sur Whatchu Doin Later comme sur Can I Get Your Number (à remixer très vite), dans sa façon de scander les refrains, ou dans les effets sur sa voix. La seconde partie du disque est plus franche avec des beats 4/4 assumés sur Sex With Me (DEFG), qui reprend le principe de son tube ABC avec des lyrics un peu plus osés, ou sur Where Are You Think, un modèle de house lo-fi beaucoup trop court, tandis que Hey, Hey, Hey et Never Die montent les BPM jusqu’à la techno, le dernier scandé par un accord de piano dubbé et cette voix qui se disperse comme la vapeur sortie des lèvres en hiver. Et tout ça se termine dans une fusion totale façon trap vaporeuse sur Sunday ASAP et i jus wanna be happy, un titre cotonneux jusqu’à l’os. Sans crier gare, Park Hye Jin vient de construire un nouveau pont entre hip-hop et musique électronique. Voilà qui mérite bien un Qobuzissime. © Smaël Bouaici/Qobuz
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Comfort To Me

Amyl and The Sniffers

Alternatif et Indé - Paru le 10 septembre 2021 | Rough Trade

Hi-Res Distinctions Qobuzissime
LE combo punk excitant ces dernières années, on l’a dit, on le répète : ce sont eux. Les Australiens emmenés par l’éclatante Amy Taylor montent petit à petit les échelons de la notoriété à coups de live explosifs. Après deux EP et un premier album à leur nom enregistré en Angleterre avec Joey Walker de King Gizzard & The Lizard Wizard qui leur a permis de décrocher l'award du meilleur album rock aux prestigieux Arias, voici Comfort to Me et sa pochette difforme. Le bien-nommé est né de la période confinée durant laquelle Amy, Bryce Wilson (batterie), Dec Martens (guitare) et Fergus Romer (basse), à huis clos dans une maison de Melbourne, se penchent chaque jour sur ce qui deviendra par voie de conséquence des titres obsédants, à l’énergie garage viscérale.La recette héritée de Cro-Mags ou Cosmic Psychos diffère légèrement des précédentes sorties : section rythmique répétitive et fulgurante, paroles simples, crues et en boucle, guitares hurlantes plus travaillées, titres ultra-courts. Différence notoire : la production plus soignée. Mais le mieux est encore de laisser Amy en parler. « Si je devais expliquer à quoi ressemble ce disque, je dirais que c'est comme regarder un épisode d’Une Nounou d’enfer, sauf que le décor, c’est le salon de l'automobile australien, Fran s'intéresse aux questions sociales, elle a lu quelques livres, et M. Sheffield boit une bière au soleil. C'est une Mitsubishi Lancer qui dépasse légèrement la limite de vitesse dans une zone scolaire. C'est réaliser à quel point c'est bon de porter un pantalon de survêtement au lit. C'est avoir quelqu'un qui veut te préparer le dîner quand tu es vraiment crevé. C'est moi faisant du shadow-boxing sur scène, couverte de sueur, au lieu de rester assise tranquillement dans un coin. » Réconfortant parce que hors champ. Tout ce qu'on aime. © Charlotte Saintoin/Qobuz
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Memory Device

Baba Ali

Alternatif et Indé - Paru le 27 août 2021 | Memphis Industries

Hi-Res Distinctions Qobuzissime
Babatunde Teemituoyo Doherty ou Baba Ali pour faire court est un homme des années 80. Mais pas que. Memory Device le prouve à raison. Grandi aux sons de Prince, Michael Jackson et même Femi Kuti – ami de la famille –, D’Angelo ou encore J Dilla, ce natif du New Jersey aux origines nigérianes allie la brillance du funk, la froideur du post-punk, l'effusion de la dance et une multitude de sonorités dans un Memory Device épatant. Ali l’esthète est en quête d’un art total. Au lycée avec son duo Voices Of Black : « Bon, on est deux gamins noirs mais on écoute du Radiohead et du Joy Division et plein d’autres choses : on ne veut pas se sentir catalogués mais faire de la musique totale, qui aille partout et touche à tout. » Naît alors le “yarchisme”, une philosophie qui prône la création à l’instinct pour atteindre l'épure, et dont les démos mûries par les cours d’art qu’Ali suit à l’Université de Brown charment son camarade Nicolas Jaar, qui les aide à sortir leur premier EP sur le label électro Wolf + Lamb (Seth Troxler, Shaun Reeves) sur lequel lui-même a émergé. Suivent Nomad (2017) et This House (2020) en solitaire, deux premiers EPs irrigués par le grime, les écoutes répétées de LCD Soundsystem ou encore Iggy Pop, découverts à Londres où il réside.Écrit dans la solitude du confinement et enregistré entre septembre 2020 et février 2021 avec Al Doyle (Hot Chip, LCD Soundsystem) dans l’East London, ce premier long format s’inspire autant de James White And The Blacks que d’Heaven To A Tortured Mind d’Yves Tumor (2020), une vraie claque de son propre aveu. On y retrouve ce post-disco de la fin des années 70 comme ces expérimentations avant-gardistes brossant des ambiances moites (Better Days, Nuclear Family) et cette voix distordue, déformée à l’envi sur des paroles déprimées en boucle (“I’ve seen better days”). Dans ce grand écart réussi dominent synthés (Nature’s Curse, Got An Idea), basses et beat appuyés (Black Wagon), la rondeur du funk et la new wave (Draggin’ On, Temp Worker). Mais au-delà du pluralisme référencé, ce qui envoûte, c’est la tension tendue d'une piste à l'autre, parfaite pour une virée en club cathartique. En somme, un Qobuzissime comme une caverne aux trésors, dont la formule magique est forcément à partager. © Charlotte Saintoin/Qobuz
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Ich schlief, da träumte mir

Anne Marie Dragosits

Classique - Paru le 27 août 2021 | L'Encelade

Hi-Res Livret Distinctions Qobuzissime
Après un extraordinaire récital « Le clavecin mythologique », toujours pour le label versaillais L’Encelade, prétexte original à une exploration colorée et inspirée du répertoire de clavecin de la France du XVIIIe siècle (principalement), l’Autrichienne Anne Marie Dragosits nous prodigue une fois encore son art singulier du sortilège et nous embarque au cœur de la nuit, moment propice au rêve, et par-delà à l’imagination et à la création artistique. Prenant comme origine l’idée du sommeil, venu de la musique française (et portés à leur sommet par Lully ses tragédies lyriques à commencer par Atys), elle nous convie à un voyage qui prend – curieusement, et tout l’intérêt est là – racine en Allemagne, entre les XVIIe et XVIIIe siècles. La dynastie Bach est bien représentée, des fils au père : Wilhelm Friedemann et son incroyable Fantasia, Carl Philipp Emanuel Bach et ses Variations sur « Ich schlief, da träumte mir » après quelques autres pièces en ouverture du programme dont la très belle Mémoire raisonnée issu d’un ensemble de miniatures méconnues, Wq. 117. De Johann Sebastian, Anne Marie Dragosits choisit le trop rare Praeludium (Harpeggiando), BWV 921, véritable improvisation au clavier, pleine de contrastes et de joie explosive, dont le ton hybride rappelle le « stylus phantasticus » de Buxtehude. Ensuite, la claveciniste insère, ici ou là, au gré de sa propre fantaisie – et sans doute de ses rêves – quelques pages de Graupner, Fischer et Kuhnau. Du premier, deux très belles pages intitulées « Sommeille », extraites de deux suites différentes du compositeur. Sur le sublime clavecin Christian Zell de 1728 – l’un des plus beaux clavecins du monde, conservé au Musée des Arts décoratifs de Hambourg – Dragosits y déploie ensuite des trésors de tendresse, en même temps qu’une implacable majesté. Son jeu est constamment impressionnant, jusque dans une Passacaglia de Johann Caspar Ferdinand Fischer, apothéose de la première partie de son programme, page pétrie d’influences lullystes et qui influencera fortement le jeune J. S. Bach. Témoignage suprême d’une claveciniste discrète, à la musicalité captivante, ce récital « Ich schlief, da träumte mir », au programme fort original dans son élaboration, et aux enchaînements souvent très subtils (le choral Komm süßer Tod de J. S. Bach avec la Sonate biblique n° 4 de Kuhnau), ne doit pas se déguster autrement que comme une déambulation, d’autant que l’instrument demeure lui-même un perpétuel enchantement, avec ses basses incroyablement profondes et son jeu de luth à la beauté renversante ; et si tout ceci vous fait peur, commencez peut-être par le Sommeille de la Suite « Febrarius » de Graupner : un tel moment de douceur capricieuse, ou de tendresse vigoureuse, ne vous laissera sans doute pas au bord du chemin ! © Pierre-Yves Lascar/Qobuz -------Depuis toujours, l'humanité s’intéresse à l'interprétation des rêves et aux approches tant médicales que philosophiques pour expliquer tous les phénomènes qui surviennent pendant notre sommeil. En même temps, comme un théâtre imaginaire, les images de rêve, qu'elles soient belles ou terribles, offrent un vaste terrain de jeu pour tous les arts. Hypnos, fils de la nuit et des ténèbres, est le dieu du sommeil. Ses fils, comme le rapporte Ovide, sont les Oneiroi, les dieux du rêve : Morphée est capable de prendre forme humaine, Phobetor, la terreur, se glisse dans la peau des animaux sauvages, Phantasos apparaît sous la forme d'une nature inanimée. Le royaume d'Hypnos est gardé par Hesychia (le calme), Aergia (l'inertie) et Lethe (l'oubli). Hypnos est aussi appelé « le généreux », et son frère jumeau est Thanatos, la mort douce et souvent les deux apparaissent ensemble. Ces visiteurs nocturnes et d'autres encore trouvent ici leurs homologues en musique. La sélection des pièces pour cet enregistrement conçu d’une manière très subjective est aussi variée que les images qui nous apparaissent durant notre sommeil. Certains des titres font référence aux mondes de la nuit et du rêve. D'autres œuvres ont été choisies en partie pour des raisons musicales descriptives, en partie en libre association avec mes propres rêves. Le clavecin de Christian Zell (1728), avec sa sonorité caractéristique, a joué un rôle décisif dans le choix du programme. Étant l'un des rares grands clavecins allemands qui subsistent et qui peut encore être joué, il incarne idéalement la musique du baroque allemand par sa clarté et sa transparence. Ses deux claviers sonnent très différemment, le principal est rond et chantant et le supérieur très clair et nasal. Ce dernier possède de grandes qualités lyriques, ainsi qu’un charmant jeu de luth, avec un quatre-pieds clair comme un clocheton. La sonorité des registres couplés confère également à l'instrument toutes les couleurs et offre des possibilités pour jouer un répertoire de style galant. (Anne-Marie Dragosits) © L'Encelade
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A Residency in the Los Angeles Area

Naia Izumi

Soul - Paru le 30 juillet 2021 | Masterworks

Hi-Res Livret Distinctions Qobuzissime
Attention, phénomène ! Derrière ce nom de Naia Izumi se cache un jeune surdoué du groove pluriel, multi-instrumentiste virtuose puisant son inspiration dans l’histoire de la soul music mais aussi dans le rock et le jazz-fusion. Diagnostiqué autiste à 16 ans, ce natif de Géorgie (USA) installé en Californie a vite canalisé son attention sur la culture, lisant des dizaines de livres et apprenant plusieurs instruments, la guitare en tête. Naia Izumi a surtout remporté en 2018 le Tiny Desk Contest organisé par la chaîne NPR, attirant sur lui le regard de tous les labels voulant signer cet extraterrestre à la personnalité attachante, capable de piloter aussi bien la basse que la batterie, la mandoline et même le koto, cet instrument à cordes pincées utilisé en musique japonaise traditionnelle.Et pour rendre son univers encore plus singulier, Izumi cite l’influence évidente de Stevie Wonder, Lauryn Hill et Musiq Soulchild mais aussi, plus rare, des maîtres du progressif King Crimson et surtout du guitariste de jazz John McLaughlin, cerveau de Shakti et du Mahavishnu Orchestra. D’influents marqueurs de ses chansons, constructions d'accords éthérées et de mélodies en arpèges enlaçant sa voix soul ultra-aérienne. Côté pyrotechnie, Naia Izumi pratique essentiellement sur sa Fender Jazzmaster ’64 la technique du tapping – consistant à taper une corde plutôt qu'à la gratter ou à la pincer. Mais toute cette complexité, stylistique et instrumentale, n’empêche jamais sa musique de rester organique et sensuelle. Tout est fluide dans A Residency in the Los Angeles Area, profond même, voire carrément gracieux. Une caresse de groove salvateur pour panser les plaies du monde. © Marc Zisman/Qobuz
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To Enjoy is the Only Thing

Maple Glider

Alternatif et Indé - Paru le 25 juin 2021 | Partisan Records

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Une intonation. Un assemblage de mots. Une sonorité onirique. La structure d’une mélodie… Ces petits riens permettent de sortir de la masse quand on fait dans la chanson introspective et la pop folk indie. Tori Zietsch alias Maple Glider s’extrait justement du lot grâce à eux. L’Australienne passée par Brighton avant de rentrer à Melbourne peut même, sans rougir, se frotter à Cat Power, Adrianne Lenker, Angel Olsen, Julia Jacklin ou Sharon Van Etten… Le matériau de base a beau être classique et convenu (une éducation stricte et religieuse, des premiers amours, un éveil au monde, la solitude, l’éloignement géographique) et pourtant To Enjoy Is the Only Thing aborde l’intime sur un ton singulier. Un twist d’humour ou une confession pleine de grâce lui permettent d’éviter la lourdeur de certaines situations ou la tiédeur de mots convenus. Mais son disque est avant tout l’écrin d’une voix simplement sublime. Et dans les séquences d’épure totale comme sur Be Mean, It's Kinder Than Crying où son chant légèrement réverbéré rebondit contre les deux mêmes accords répétés à l’infini, Maple Glider est bouleversante. « Voilà à quoi ressemble cet album pour moi », écrit-elle en note d’intention. « Balade devant les arbres couverts de guirlandes à la mi-septembre, baignade le long des calanques dans le sud de la France, le givre sur le capot d’une voiture, l’obscurité à 16h, la luminosité jusqu'à 22h, une sensation sourde, le brouillard gris perpétuel qui avale la Côte d'Argent, la couleur rouge, cette robe verte hideuse, vin rouge, sang rouge, lèvres rouges, le rouge est la couleur de la robe du cardinal, la Suisse, les journaux intimes de ma mère, le rapport d'un coroner, le soleil sur mon visage, la fin de l'amour… » On referme ce premier album ému comme jamais, bouleversé par ces 35 minutes hors du temps et pleine de grâce… © Marc Zisman/Qobuz