Qobuzissime ? C’est la distinction décernée par Qobuz pour un premier ou second album.

Pop ou reggae, metal ou classique, jazz ou blues, aucun genre n’est mis de côté.

Artiste découverte, le plus souvent. Confirmé parfois, mais pour un disque ovni, un projet crossover ou décalé dans une discographie.

Seuls comptent la singularité, la sincérité et la qualité. Celle de l’enregistrement, du projet musical et de son identité.





Les albums

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Jazz - Paru le 11 mai 2015 | Brainfeeder

Hi-Res Distinctions Discothèque Idéale Qobuz - Pitchfork: Best New Music - Indispensable JAZZ NEWS - Qobuzissime
Près de trois heures de musique ! C’est ce que renferme le bien nommé The Epic que vient de publier Kamasi Washington. Kamakikoi?!?! Seuls certains junky de jazz en stade terminal connaissent et suivent les pérégrinations de cet incroyable saxophoniste californien de 34 ans qui a, pour la petite histoire, participé au dernier chef d’œuvre de Kendrick Lamar, To Pimp A Butterfly. Washington a en fait enquillé un bon nombre de faits d'arme, croisant le fer avec des pointures nommées McCoy Tyner, Freddie Hubbard, Kenny Burrell, George Duke mais aussi Snoop Dogg, Lauryn Hill, Mos Def et Quincy Jones. Mais avec The Epic, l’affaire est toute autre. Une gargantuesque orgie de jazz orchestral venu d’une autre planète. Publié sur Brainfeeder Records, l’excellent label de Flying Lotus plus habitué à l’abstract hip hop et à l’électro décalée qu’au jazz, ce premier vrai album de Kamasi Washington en tant que leader est impressionnant. Livrée par un groupe comprenant notamment deux batteurs, deux bassistes (dont le frappadingue Thundercat), une section cordes de 32 violonistes et un chœur d’une vingtaine de chanteurs, cette immense suite expérimentale traverse évidemment des contrées lorgnant aussi bien vers l’héritage de John Coltrane que celui de Pharoah Sanders, Albert Ayler, du Pan-Afrikan Peoples Arkestra d’Horace Tapscott ou de Weather Report. On se laisse porter par ces vagues soufflées, ces thèmes brillamment composés (sublime Askim) et ces arrangements qui tirent dans toutes les directions. Kamasi Washington n'a évidemment pas grandi qu'au son du jazz et d'autres influences, qu'elles soient soul, funk, rock ou rap, traversent aussi The Epic qui nécessite évidemment de nombreuses écoutes pour en apprécier toute la densité. Mais le jeu en vaut la chandelle. Un choc ? Un vrai choc ! © Marc Zisman/Qobuz
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Electro - Paru le 27 juillet 2018 | Brainfeeder

Hi-Res Distinctions Qobuzissime
On l’avait compris dès You'll Understand, son second maxi paru en 2016 sur Distant Hawaii, sous-division du label londonien Lobster Theremin (tête de gondole de la house lo-fi) et ce titre mélancolique et exaltant Talk To Me You'll Understand : Ross From Friends a de l’or au bout des doigts et il atteint sa plénitude sur ce premier album travaillé dans ses moindres détails durant deux ans, une cinquantaine de minutes qui combleront ceux qui avaient succombé au charme de sa house soyeuse et devraient lui assurer une nouvelle base de fans invétérés. Car la musique de Ross From Friends a un côté addictif, attestée sur Thank God I’m a Lizard, une house chamanique avec des guitares floydiennes en delay, tandis que Wear Me Down dévoile un aspect plus aquatique, rappelant les productions de l’Argentin Ernesto Ferreyra et les gouttelettes chères à Cadenza, le label de Luciano. À l’aspect hypnotique de ces références de la minimal techno, Ross From Friends ajoute un supplément d’âme, puisé dans son histoire familiale. Ses parents étaient parmi les premiers travelers, ces Anglais qui se baladaient à travers l’Europe dans les 80’s avec un soundsystem pour propager les premiers émois électroniques (hi-NRG, italo-disco…). The Knife, une sorte de synth-pop soulful qui nous replonge d’ailleurs dans ces ambiances 80’s, avant qu’il ne s’essaye avec réussite à des BPM plus élevés sur la techno de Project Cybersyn. “A chaque fois que je commençais à travailler sur un morceau, j’ai tout de suite été happé par l’aspect le plus émotionnel des choses, explique-t-il. C’est sûrement l’une des parties les plus importantes du travail autour de l’album, essayer de puiser dans ces émotions là, dans cette instabilité émotionnelle.” Une démarche qui rappelle celle d’un autre producteur britannique de la nouvelle génération, Leon Vynehall, qui a construit son dernier album Nothing Is Still autour de l’histoire des grands-parents, avec un résultat tout aussi émouvant. Le superbe Parallel Sequence et ses breakbeats montrent aussi que l’Anglais n’est pas fixé sur le kick, et que, à l’inverse de tant d’autres, la boîte à rythme n’est pas au centre de sa musique. On serait d’ailleurs bien en peine de définir un axe rotatif, tant ses chansons (le terme est approprié en ce qui le concerne) semblent émaner d’une idée, d’un concept. Le reste de l’album est tout aussi envoûtant, et on se laisse porter d’un bout à l’autre des douze plages sans forcer, dans cette couverture de ouate dans laquelle Ross From Friends nous a enveloppé. On est seulement à l’été, mais voilà déjà sans doute l’un des albums de l’année et pour sûr un parfait disque Qobuzissime. © Smaël Bouaici/Qobuz