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Gundula Janowitz

Avec son timbre angélique, ses phrasés de rêve, sa voix puissante, sa froideur supposée et sa coiffure typique des années soixante-dix, Gundula Janowitz a enthousiasmé des générations de mélomanes peu après avoir été découverte par Herbert von Karajan, avec lequel elle a débuté en 1960. A cette époque, la cantatrice austro-allemande représentait la jeune génération par rapport à la décennie précédente représentée par Elisabeth Schwarzkopf. Même répertoire, Mozart d’abord, Richard Strauss, Wagner, Beethoven et quelques incursions dans l’opéra italien du côté de Verdi. Mais la similitude s’arrête là, car on ne trouve chez Janowitz aucune propension à l’artifice ni à l’afféterie. Son chant était pur, presque sans vibrato, son expression contenue et son timbre radieux. Sa technique de souffle exceptionnelle lui permettait de chanter des phrases très longues et rendait ses interprétations bouleversantes.


Incarnation parfait des héroïnes mozartiennes, Gundula Janowitz était une Pamina touchante de tristesse, une Fiordiligi énamourée, une Comtesse de grande classe. Sous la direction de Leonard Bernstein, elle est une Leonore passionnée aux côtés de Lucia Popp, Hans Sotin, Dietrich Fischer-Dieskau et René Kollo dans l’enregistrement de Fidelio (Beethoven) réalisé à l’Opéra de Vienne en 1978. La pureté de sa voix s’accordait particulièrement aux mélismes straussiens comme en témoigne son splendide et crépusculaire enregistrement des Vier letzte Lieder sous la direction de Karajan. C’est également avec son mentor qu’elle chante pour la première fois le rôle de Sieglinde (la Walkyrie) au Festival de Pâques de Salzbourg et qu’elle enregistre, en 1964,  une version mythique du Requiem allemand de Brahms avec Eberhard Waechter. Un autre chef naturellement associé à la voix de Gundula Janowitz est Karl Böhm avec lequel elle a beaucoup chanté et enregistré une superbe version de Capriccio de Richard Strauss. Sa fière Agathe du Freischütz de Weber sous la direction de Carlos Kleiber figure aussi au panthéon de l’histoire du disque.


En 2017, DG, sa principale maison de disques, a publié un imposant coffret de 14 cds (disponible sur votre QOBUZ) retraçant toute la carrière de Gundula Janowitz. Ce n’est pas une simple compilation, mais une édition très soignée et la plus complète possible contenant ses enregistrements de studio et quelques « live » que l’on est heureux de retrouver ici. La liste des chefs d’orchestre réunis dans cette édition  est assez impressionnante, Karajan bien évidemment, mais aussi Abbado, Bernstein, Böhm, Haitink, Jochum, Kleiber, Knappertsbusch, Kubelik, Leitner, Masur, Pritchard ou Karl Richter. De l’opéra, de l’oratorio (Les Saisons et La Création de Haydn), mais aussi beaucoup de Lieder, notamment un très célèbre récital Schubert avec Irwin Gage au piano.


La sagesse semble avoir été un des mots clefs de la carrière de cette grande cantatrice. Sagesse dans ses interprétations, un reproche injuste souvent mis en avant par ses détracteurs, sagesse dans le choix de son répertoire pour ne pas fatiguer sa voix d’or, sagesse enfin dans la conduite d’une carrière qu’elle a su arrêter alors qu’elle était encore dans la plénitude de ses capacités vocales, laissant à jamais le souvenir d’une voix intacte que le temps n’est pas venu abîmer.


© FH – décembre 2017 /Qobuz

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