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Zapp

Durant les années 80, une génération entière sautera des deux pieds dans le funk électronique et minimaliste des premiers enregistrements de Prince. Mais seul un artiste fera vraiment avancer les choses. Avec son groupe Zapp, Roger Troutman est l’un des rares à utiliser les rythmes électroniques tout en conservant une approche funky et rhythm’n’blues. « L’expérience black ultime ! Le blues des années 80 ! », Roger est là pour convaincre l’Amérique qu’il est le B.B. King de la nouvelle décennie. Avec ses frères, au fin fond de l’Ohio, il s’embarque dans une aventure de pure R&B fortement influencée par les stars locales, les Ohio Players et surtout Bootsy Collins. Terry alias Zapp est à la basse, Lester à la batterie, Larry aux percussions et Roger à la guitare et aux claviers. Nous sommes en 1978, et les Troutmans, désormais Roger & The Human Body, se produisent au Never On Sundays, un club de Cincinnati. A peine dix badauds assistent au concert. Parmi eux, Catfish Collins ! Le guitariste expédie le groupe à Detroit, dans les studios United Sound Systems, tanière de son frère Bootsy et de George Clinton. Grâce à leurs deux idoles, les Troutman décrochent un contrat chez Warner.




En décembre 1979, Roger apparaît même sur la scène de la première et unique édition des Funk Awards, présenté par Clinton comme la révélation de la décennie. La suite se cristallise autour du premier disque de Zapp (produit par Bootsy) et de son hit de l’été 80 More Bounce To The Ounce, single le plus samplé de l’histoire du rap : la talk box, le petit riff de guitare haut perché, la basse maousse et ces mêmes notes égrainées durant plus de neuf minutes dans un râga électronique digne des marathons du funky drummer de James Brown. Un beat répétitif passé par le tuyau des nouvelles technologies (synthés, vocoder, talk box) qui alimentera là encore des kilomètres de bandes du rap East Coast et surtout West Coast : Coolio, Snoop Dogg, Wu-Tang Clan, Ice Cube, Notorious B.I.G., Redman, Public Enemy, EPMD, Digital Underground, etc. Le succès est tel que l’année suivante Roger enregistre un album sous son nom, The Many Facets Of Roger, et décroche la première place des charts R&B (avec en prime une version martienne filtrée à la talkbox de I Heard It Through The Grapevine). Le résultat est très au-dessus de la moyenne. Troutman est en effet un musicien complet, contrôlant parfaitement les techniques modernes et apportant à ses compositions une solide base de R&B presque traditionnel. Les titres Freedom ou Truth Be Known de Roger & The Human Body pourtant enregistrés en 1975 ne sont souillés par aucun prémices du disco naissant. Et la quincaillerie électronique propre à Zapp ne masquera par la suite aucune faiblesse d’écriture.




A partir de 1981, la famille Troutman s’éloigne du clan P-Funk. Zapp II (1982) et Zapp III (1983) la propulsent à son zénith et les tubes s’enchaînent : Dance Floor (Part 1), Be Alright, Doo Wa Ditty (Blow That Thing), I Can Make You Dance (Part 1), Heartbreaker. En 1984, avec The New Zapp IV U, le soufflé retombe doucement et Roger se consacre alors à son deuxième album solo, The Saga Continues, qui sort la même année. La magie des trois premiers Zapp et du premier Roger en solo ne seront par la suite pas égratignée : un dernier Zapp médiocre (Zapp V en 1989), des essais solitaires sans grand génie (Unlimited ! en 1987 et Bridging The Gap en 1991) et diverses collaborations (2Pac, Dr. Dre, Curtis Mayfield, Snoop) sont loin d’égaler les royalties que Roger ramasse grâce aux centaines de samples pillés sur les premiers Zapp.




Multi-instrumentiste de génie (claviers, harmonica, saxo, batterie), Roger Troutman aurait pu passer la totalité des années 90 tranquillement derrière sa console si, le 25 avril 1999, son corps n’avait été retrouvé criblé de balles à la sortie de son studio. Quelques mètres plus loin, dans sa voiture, son frère Larry, la cervelle sur le volant de sa Lincoln Continental, tient encore un revolver à la main. Pour la police, l’affaire est classée : pour une sombre histoire de dette et de dépression, Larry a dézingué Roger avant de se suicider. Grâce à sa solide éducation musicale, Troutman fut l’un des rares artistes de la scène funk à ne jamais atteindre des compromissions embarrassantes contrairement à grand nombre de ses confrères. Les Isley Brothers, James Brown, Jimmy Reed, Junior Walker, Jimi Hendrix, Stevie Wonder et même Elvis ont nourri sa jeunesse, et il reprendra régulièrement les grand classiques soul même au sommet de sa gloire : I Heard It Through The Grapevine, Midnight Hour, A Thin Line Between Love & Hate, Ooh Baby Baby, etc. Une éducation à l’origine de son inspiration, visionnaire et funky.




© MZ
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