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Classique - Paru le 16 février 2018 | Myrios Classics

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Après plusieurs albums respectivement consacrés aux Études d'exécution transcendante de Liszt, ou encore Moussorgski et Schumann, ou aux Concertos de Tchaikovski (1er) et Prokofiev (2è) pour le même label Myrios Classics, le pianiste russo-américain Kirill Gerstein s'immerge dans le monde coloré et rythmique de Gershwin. Heureusement, il choisit la version pour Jazz Band (1924) de la Rhapsody in Blue qu’il transforme en une œuvre presque cubiste, en totale symbiose avec le geste également acéré de David Robertson : le pianisme est vraiment anguleux, parfois glaçant, les cuivres se souviennent des partitions les plus modernistes de Bartók ou Prokofiev ou de la nouvelle musique américaine, en ce début des années 1920. Même proposition pour le Concerto en fa de 1925, le geste nonchalant de l’extraordinaire Earl Wild sous la direction d’Arthur Fiedler (RCA, 1959) se dissipe au profit, chez Gerstein et Robertson, de sonorités plus percussives. Kirill Gerstein offre en bis – l’album présente des enregistrements de concert – divers arrangements (ou paraphrases autour) des plus fameux « songs » du génie américain, dont un « I Got Rhythm » assez succulent dû à Earl Wild. Un album particulièrement stimulant en ces temps de neige. © Théodore Grantet/Qobuz
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Piano solo - Paru le 24 août 2016 | Myrios Classics

Hi-Res Livret Distinctions Gramophone Editor's Choice
Les Douze études d’exécution transcendante de Liszt représentent pour tout pianiste une sorte d’alpha et d’oméga de leur carrière, des pièces qu’il faut absolument maîtriser si l’on veut accéder au statut de grand virtuose. Mais la virtuosité n’est pas tout, encore faut-il faire de la musique avec ces monuments de technique. Kyril Gerstein (*1979), lui, évite soigneusement de se laisser entraîner dans le tourbillon du toujours-plus, toujours-plus-vite. Ses tempi restent organiques, destinés à faire sortir les phrases, les harmonies, les éléments mélodiques, certes dans l’habillage virtuose qui est celui de Liszt, mais aussi dans sa recherche thématique beaucoup plus poussée que ce que l’on croit souvent. Gerstein est d’ailleurs coutumier des chemins de traverse : son répertoire s’étend de Bach aux contemporains, mais aussi au jazz (c’est d’ailleurs par le jazz qu’il a accédé au piano, avant de se tourner vers le monde plus classique ; d’où sans doute l’espèce de « swing » qui sous-tend son jeu ?), à la musique de chambre – y compris dans la recherche d’ouvrages du répertoire rarement donnés, et peu « glamour » en termes de virtuosité ! –, toujours dans une recherche de la sonorité, de la vérité musicale. Bien trop rares sont ces pianistes… © SM/Qobuz