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S.M.S.L AD18 : Qobuzissime pour cet amplificateur numérique avec DAC qui défraie (positivement) la chronique !

Les petits amplificateurs numériques se sont imposés dans la Hi-Fi, par la qualité de leur restitution sonore généralement alliée à une pêche et une puissance sans rapport avec leur compacité, ce qui n'est peut-être pas sans être envié par des modèles analogiques aux dimensions et aux tarifs nettement plus élevés. Certains d'entre eux font même couler beaucoup d'encre virtuelle, comme ce modèle AD18 de la marque chinoise S.M.S.L.

Par Philippe DAUSSIN | Bancs d'essai | 8 septembre 2017
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Qobuz

Durant une période pas très lointaine, nos colonnes avaient proposé plus ou moins coup sur coup un certain nombre de bancs d'essai de petits amplificateurs numériques d'origine asiatique, et plus exactement tout numériques appelés FDA (Full Digital Amplifier) ne possédant pas la plupart du temps d'entrées analogiques.

Au fil du temps, ceux-ci se firent plus rares dans nos bancs d'essai, et c'est à la demande d'un de nos lecteurs que nous allons décortiquer (avec notre plaisir habituel) sous toutes les coutures le modèle AD18 de la marque chinoise S.M.S.L et en faire un compte rendu d'écoute.

Car non seulement cet amplificateur fait le buzz sur la toile, se voit régulièrement en rupture de stock chez le revendeur français en ligne Audiophonics qui nous en a prêté un exemplaire, et suscite une véritable émulation (ou de la jalousie ?) auprès d'autres constructeurs qui planchent d'arrache-pied pour mettre au point des AD18 killers !


Cet amplificateur AD18 ne fait pas partie de la classe des amplificateurs tout numérique FDA mais est équipé d'entrées analogiques et numériques (dont une liaison Bluetooth aptX), et dispose d'un appairage sans contact NFC ainsi que d'une prise casque.


Présentation

Pas de platitude pour le boîtier tout en aluminium anodisé noir de l'amplificateur AD18, et c'est une présentation où la hauteur prime sur la largeur qui a été choisie, ce qui l'a peut-être aidé à acquérir de la grandeur auprès des amateurs, d'autant que l'animal offre une belle profondeur.


Nous on trouve son allure plutôt sympa et originale avec un affichage dans la partie supérieure de la façade, bien lisible (à distance raisonnable) et offrant un choix de six coloris pour les caractères, une molette multifonction (mise en marche, sélection de source, accès aux menus et navigation) et une prise casque dorée au standard Jack 3,5 mm. Toutes les fonctionnalités sont accessible depuis son fauteuil grâce à une jolie petite télécommande en métal, plutôt classieuse et qu'on aimerait bien voir livrée avec des appareils aux tarifs bien plus élevés que celui du AD18.

La connectique n'est pas avare, avec une entrée analogique stéréo sur Jack 3,5 mm, une entrée micro USB pour ordinateur, tablette ou smartphone, compatible 24 bits à 96 kHz sur PC (pas de driver à installer, le AD18 est détecté automatiquement), une entrée numérique S/PDIF sur Jack 3,5 mm combinée électrique-optique, et une autre sur connecteur optique Toslink. Le bloc d'alimentation, un modèle d'une puissance de 160 W sera raccordé sur la prise correspondante. Les connecteurs pour les enceintes sont des modèles isolés pas très gros qui acceptent les fiches banane comme les fils dénudés de section raisonnable.


Réalisation

Hormis l'afficheur et la carte NFC d'appairage sans contact, l'électronique du AD18 est rassemblée sur un circuit double face à la densité en composants assez faible.

Sur l'une des faces on trouve la connectique, le processeur USB, un modèle VIA Technologies VT1620A compatible 24 bits à 96 kHz, un récepteur S/PDIF Cirrus Logic CS8422 (24 bits à 192 kHz), un (très bon) amplificateur pour casque MAX97220 de Maxim, ainsi qu'un processeur audio PWM (signaux à la base de l'amplification à découpage dite numérique) Texas Instruments TAS5508.


Ce TAS5508 pilote un module Texas Instruments TAS5342A comportant entre autres les transistors de découpage et pouvant délivrer jusqu'à 2 x 100 W/4Ω ou 2 x 65 W/8Ω, et dont le refroidisseur a été ôté pour la photo ci-dessous.


La mise en forme des signaux PWM issus de cette puce d'amplification TAS5342A est assurée par des cellules fort complexes comprenant des selfs et de nombreux condensateurs, à couches céramique et à couches plastique, ceci semblant nettement meilleur pour la qualité sonore que l'utilisation dans des cellules de filtrage basiques de condensateurs électrochimiques, comme les deux gros modèles Panasonic XC de 4700 μF/25V que l'on peut voir à leurs côtés et qui sont placés sur la ligne d'alimentation en provenance du bloc secteur, au plus près du TAS5342A afin d'assurer à celui-ci une forte réserve de courant, ces condensateurs étant pour l'occasion montés en parallèle.

Dans la partie gauche, en bas, se trouvent divers composants de l'alimentation dont un régulateur 3,3 V AMS1117 3.3, tandis qu'on peut voir en haut un convertisseur analogique numérique Cirrus Logic CS5341 numérisant sur 24 bits les signaux analogiques provenant de l'entrée auxiliaire, ainsi que le module Bluetooth Qualcomm équipé d'une puce CSRA64215 compatible aptX, offrant donc une qualité sonore très proche de celle du CD avec une source émettrice codant en aptX.

Ecoute

C'est une certitude, ce petit amplificateur avec DAC S.M.S.L AD18 est un prodige et il n'est nul besoin de l'écouter pendant des heures pour se rendre compte de la haute tenue de la restitution sonore offerte par celui-ci : l'effet est immédiat ! Nous avons aussi, pour nos écoutes, bien pris soin d'exempter les signaux de tout traitement tel que les corrections de grave et d'aigu, ou encore l'égalisation.


Nous avons aussi apprécié la progressivité du réglage de volume permettant d'adapter avec précision le niveau sonore sans que celui-ci soit trop élevé dès les premiers tours (comme nous avions pu le constater sur certains amplificateurs de ce type qui ont donc donc tôt fait d'impressionner sur ce plan pour cette raison) et qu'il soit très difficile, voire impossible, de trouver le bon réglage (à moins de casser sa tirelire et de changer ses enceintes pour des modèles offrant un rendement plus faible !). Un très bon point donc.

On est ainsi saisi de bonheur dès les premières mesures des Vespri per l'Assunzione di Maria Vergine de Vivaldi par Rinaldo Alessandrini dirigeant le Concerto Italiano écoutées depuis le Desktop Qobuz sur PC. Se dire qu'un si beau son sort d'une si petite boîte laisse un peu songeur.


L’œuvre est exigeante, l'interprétation exceptionnelle, et le S.M.S.L AD18 en donne largement pour son son argent en offrant une restitution où la musique est traitée avec un très grand respect et ce même lorsque l'on taquine le volume où cette électronique se garde alors de dureté dans le haut du spectre, surtout lorsque la soprano se laisse aller à la véhémence, tandis que sa vivacité se prête à merveille aux attaques des cordes et que l'on peut apprécier avec délice la large palette des couleurs, dont les cuivres aux sonorités triomphantes de l'Allegro du Dixit Dominus.

Bref, une fois encore, l'amplification à découpage donne la preuve de sa maturité, et peut-être plus encore est-ce S.M.S.L qui montre son savoir-faire, disons-le, exceptionnel en la matière avec cet AD18.

Passons de la gloire divine magnifiée par la lumière de Vivaldi à la sombre beauté de l'album testament de Léonard Cohen You Want It Darker restituée avec toute la puissance et la profondeur ténébreuse de la voix et de la musique du chanteur canadien qui nous entraîne dans son ultime sillage musical servi avec classe par le S.M.S.L AD18.


Pour ce qui est de la tenue dans le grave, rien à redire, ça cogne ferme dès les plus faibles volumes sonores avec le titre North Star de Tale Of Us, jusqu'à devenir intenable quand on pousse, et ce sans que la netteté et la fermeté en souffrent le moins du monde.

Notons pour terminer que nous n'avons eu aucune peine à appairer cet amplificateur en Bluetooth avec un smartphone Asus sous Android compatible aptX, avec, au final (est-ce étonnant ?) d'excellents résultats sonores, tout comme sur la sortie casque d'ailleurs, dont il aurait été dommage que celle-ci ternisse, même ponctuellement, un si beau tableau.

Pour conclure, et sans que nous ayons la prétention d'accorder une confiance aveugle à notre mémoire auditive, il semble bien que cet AD18 S.M.S.L soit le meilleur amplificateur à découpage que nous ayons pu écouter. En tout cas c'est un prodige offrant un qualité sonore de haute volée, une puissance assez élevée facilement maitrisable grâce à un réglage de volume dont nous avons apprécié la souplesse et la progressivité. Un appareil auquel nous disons un grand bravo et décernons notre récompense Qobuzissime !

Manuel d'utilisation (en anglais)
Spécifications
Site S.M.S.L
Contact

Nos remerciements à Audiophonics pour le prêt du S.M.S.L AD18.

Capacités de lecture

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