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Paris dirigé par (l’autre) Järvi

Par Clotilde Maréchal |

Les 20 et 21 juin, Kristjan Järvi dirigera l’Orchestre de Paris dans un programme très hispanisant d’œuvres signées Rodrigo, Ravel, Falla et Chávez.

Mercredi 20 juin à 20h, un Järvi dirigera bien l’Orchestre de Paris à la Salle Pleyel. Mais point de Paavo ce soir-là mais son frère cadet, Kristjan Järvi. Au programme de la soirée, des œuvres signées Carlos Chávez (Symphonia n°2 "Sinfonía India"), Joaquin Rodrigo (Concierto de Aranjuez version pour harpe), Maurice Ravel (Alborada del gracioso) et Manuel de Falla (Le Tricorne suites n°1 et 2). Le harpiste Xavier de Maistre sera également de la cette partie aux effluves hispanisantes. A noter que le lendemain, jeudi 21 juin, Kristjan Järvi et la phalange parisienne se retrouveront avec ce même programme sous la Pyramide du Louvre pour un grand concert gratuit (entrée libre dans la limite des places disponibles).

Kristjan Järvi revient donc fêter la musique avec l’Orchestre de Paris. La belle surprise de ce concert sera sans conteste la version pour harpe du célébrissime Concierto de Aranjuez, initialement écrit pour guitare et orchestre et popularisé par Narciso Yepes. C’est un autre grand musicien de l’époque, le harpiste Nicanor Zabaleta, qui sollicita Joaquín Rodrigo pour obtenir une transcription. L’Orchestre de Paris n’avait joué l’œuvre originale qu’une fois avec Semyon Bychkov et John McLaughlin en 1991. Il accueille aujourd’hui Xavier de Maistre, aventureux transcripteur lui-même, qui a récemment enregistré cette version. Ce Concierto de Aranjuez évoque une Espagne noble et néoclassique. Influences populaires et chansons enfantines s’y croisent autour du deuxième mouvement, dont la mélodie magnifique – Aranjuez est une ville qui symbolisait d’heureux souvenirs pour Rodrigo – est mélancoliquement portée par le cor anglais.

Contemporain de Stravinski, guidé par Dukas, Ravel et Debussy dans ses années d’apprentissage parisien, Falla pourra paraître plus moderne que Rodrigo, bien qu’il fut son aîné de 25 ans. La suite tirée du ballet Le Tricorne est rythmée et colorée, organisée en courtes séquences.

L'Espagne de Ravel était moins authentique ou moins « informée »… Elle était toute entière liée aux souvenirs transmis par sa mère qui avait vécu quelques années à Madrid. Raison pour laquelle la habanera, danse de salon de l’époque, irrigue si souvent les partitions de Ravel. Alborada del gracioso est adaptée des Miroirs pour piano, créés en 1905 par Ricardo Viñes, ami de Ravel et Falla. L’orchestration date de 1919 et sa virtuosité est telle que l’œuvre est devenue l’une des plus fameuses de Ravel.

En complément, Kristjan Järvi a inscrit au programme la Symphonie indienne du compositeur mexicain du XXe siècle Carlos Chávez. L’œuvre porte à une dimension de grande forme orchestrale un matériau musical puisé dans l’héritage précolombien. Ses modulations mélodiques étranges, ses enchaînements rythmiques irréguliers en font une œuvre envoûtante et à découvrir.

Né le 13 juin 1972 à Tallinn en Estonie, Kristjan Järvi est le fils cadet du chef d’orchestre Neeme Järvi, invité régulier de l’Orchestre de Paris. Sa famille a émigré aux Etats-Unis lorsqu’il est âgé de sept ans pour échapper aux vicissitudes du régime communiste. Formé à la Juilliard School of Music à New York, il a commencé sa carrière de chef d’orchestre comme assistant d’Esa-Pekka Salonen au Los Angeles Philharmonic, l’orchestre avec lequel il fit ses débuts en 1999. Sa carrière s’est rapidement développée : en Suède, il est chef de l’Orchestre symphonique de l'Opéra de Norrlands de 2000 à 2004, puis devient directeur musical de l’Orchestre Tonkünstler de Vienne. Il est ensuite nommé conseiller artistique de l’Orchestre de chambre de Bâle. Il anime également un orchestre de chambre Absolute Orchestra, avec un regard libre sur le répertoire ou sur les mélanges esthétiques, typiquement américain, interprétant Bach ou Zappa avec le même plaisir.

Le site de Kristjan Järvi

Le site de la Salle Pleyel

Le site de l’Orchestre de Paris

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