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Chostakovitch par Andris Nelsons

Le chef d'orchestre letton poursuit son intégrale des symphonies...

Par SM | Vidéo du jour | 17 juillet 2018
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Avec leurs durées de plus d’une heure pour la Quatrième, presque une heure pour la Onzième, dite « 1905 », ce sont deux des plus longues et amples symphonies de Chostakovitch interprétées par l'Orchestre Symphonique de Boston dirigé par Andris Nelsons qui paraissent chez Deutsche Grammophon. Chose singulière, la Quatrième, pourtant achevée en 1936, ne fut créée qu’en 1961 – quatre ans après la création de la Onzième en 1957 ! C’est qu’en 1936, le pauvre compositeur avait senti le vent du boulet passer très près de lui, à la suite du tristement célèbre article de la Pravda dicté par Staline « Le chaos au lieu de musique » qui venait de descendre en flammes l’opéra Lady Macbeth de Mtsensk : la Quatrième, qui devait être créée dans la foulée, retourna soigneusement dans un tiroir fermé à clef en n’en sortit qu’une fois le dictateur mort, enterré et définitivement décomposé. Et on peut comprendre le compositeur ! Car le ton de cette Quatrième n’a rien, mais alors rien, d’optimiste ; on y entend de sombres accents mahleriens, des fuites désespérées, des harmonies torturées plutôt que les lendemains qui chantent.

La Onzième, construite selon un programme « politique » célébrant les révolutionnaires de 1905 et les tristes événements du Dimanche rouge – au cours duquel l’armée russe tira sur la foule, faisant entre 96 morts officiellement et plusieurs milliers, selon les sources –, avec un ton certes plus optimiste, même si l’on sait ce qu’optimisme veut dire dans la vie de Chostakovitch. Les deux symphonies ont été enregistrées en concert public, respectivement à l’automne 2017 et au printemps 2018 par l’Orchestre Symphonique de Boston et son directeur musical Andris Nelsons qui avaient déjà publié les symphonies Cinq, Huit et Neuf et la Dix, toujours chez Deutsche Grammophon.



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