Gergiev pleure son Ossétie
Lors d’une interview à l’AFP, le grand chef d’orchestre russe exprime sa peine pour les victimes du conflit russo-géorgien alors qu'il s'apprête à donner un concert le 21 août en Ossétie du Sud.
Dans une interview accordée à l’AFP lors du festival d'Edimbourg, Valery Gergiev dit sa douleur pour les victimes du conflit russo-géorgien alors qu'il s'apprête à donner un concert le 21 août en Ossétie du Sud. « Je ne pense pas que (le conflit) ait une influence sur la façon dont je dirige un orchestre, mais bien sûr je ne me sens pas très bien à cause de toutes ces victimes », indique le chef d'orchestre né à Moscou de parents ossètes et qui a grandi à Vladikavkaz en Ossétie du Nord.
Patriote, le directeur artistique du Mariinski de Saint-Pétersbourg, justifie la réponse armée russe, tout en déplorant les victimes des deux bords. « L'invasion a été déclenchée à cause d'un trop grand nombre de victimes (...) en une nuit 2000 personnes ont été tuées à Tskhinvali! », affirme-t-il reprenant le bilan des autorités d'Ossétie du Sud. « Je ne dis pas que les Ossètes sont bons, que les Géorgiens sont mauvais, le peuple ne prend pas de décisions, je parle des leaders », parce qu'il s'agit « d'une question politique », relève-t-il dans cette entretien avec l’AFP.
Le chef d'orchestre de 55 ans à l'agenda surchargé doit diriger le 21 août l'orchestre du Mariinski à Tskhinvali, la capitale de l'Ossétie du Sud, pour un concert-requiem devant le parlement ossète détruit par les bombardements, selon l'administration de la région de Saint-Pétersbourg.
Au festival international d'Edimbourg, Gergiev a lancé samedi dernier avec l'Orchestre Symphonique de Londres (LSO), dont il est le principal chef d'orchestre, un cycle dédié aux symphonies de Prokofiev, qu'il dirigera ensuite à Paris, Tokyo et New York.
Prokofiev « est vraiment l'un des compositeurs que j'apprécie le plus », affirme-t-il. Sa musique, comme celle de Chostakovitch, est marquée par la Seconde guerre mondiale et « c’est un compositeur qui a son propre langage, il ne copie personne, ni ses maîtres, ni ses prédécesseurs, ni Tchaïkovski, c'est un très grand et fort compositeur », renchérit-il.
Valery Gergiev concède qu'il considère comme sa mission de promouvoir la musique russe. « Oui, je trouve cela intéressant, important et que c'est une obligation ». Après un cycle consacré à Chostakovitch et un autre à Mahler cette année, il dit s'attacher à faire découvrir l'œuvre symphonique de Prokofiev et celle de compositeurs vivants, comme Henri Dutilleux, Thomas Adès ou le Russe Rodion Chtchedrine.
« On ne peut échapper à certaines responsabilités (...) diriger des compositeurs vivants, c'est une priorité importante dans ma vie », explique Valery Gergiev. Avec le LSO à Londres il présentera aussi cette saison Emigré, une série de dix concerts consacrés à des pièces écrites par des compositeurs contraints à l'exil, parmi lesquels Stravinski, Korngold, Rachmaninoff, Prokofiev et Bartók.
« Nous ne voulons pas faire un cours sur l'histoire musicale et politique de l'Europe », mais il s'agit plutôt de rendre « l'amertume de la musique, l'intensité, les couleurs particulières », explique le directeur musical de l'Orchestre philharmonique de Rotterdam en 1995, premier chef invité du Metropolitan Opera à New York en 1998 et directeur artistique du Mariinski depuis 1996.
Toujours au micro de l’AFP, Valery Gergiev reconnaît pour tenir son rythme de travail « devoir être motivé plus qu'avant. Et ce qui me motive c'est un projet qui me pose un défi ».
Le site officiel de Valery Gergiev
Gergiev dirige l’Orchestre Philharmonique de Vienne sans la Symphonie n°1 de Prokofiev :
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