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Wilhem Latchoumia
« Impressões » (Œuvres de Villa-Lobos, Guarnieri, Ginastera et Guastavino)

Variations climatiques au piano
Voici un programme idéal si l'on souhaite approcher la musique sud-américaine du début du xxe siècle et découvrir par là-même un remarquable interprète.

PAR Stéphane Friédérich | LE RÉPERTOIRE DES CD DE A À Z | 15 janvier 2009
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Classica

RCA 88697373402 (Sony/BMG). 2008. 69'

NOUVEAUTE      

Piano splendide, d'une grande profondeur avec des timbres restitu

La note de Classica :

Le pianiste Wilhem Latchoumia a choisi un univers chatoyant qui lui convient à merveille. Il y aurait d'ailleurs beaucoup à écrire en ce qui concerne l'influence des musiques de notre temps sur l'interprétation des pièces du passé. Plus encore, l'audace des couleurs originales qui sont la marque de fabrique des compositeurs sud-américains ne sont pas si éloignées des recherches de timbres d'aujourd'hui. Le résultat flamboyant de ce récital astucieusement composé en est une preuve supplémentaire.

Chaque climat de ces miniatures est restitué avec justesse et dans une sorte d'enthousiasme. Les percussions — qui s'associent à une technique lisztienne — dans Ciclo brasileiro de Villa-Lobos nous rappellent ces paysans métis et pauvres. Le piano est généreux avec des basses profondes et vibrantes, des aigus qui projettent la mélodie sans « claquer ». Le premier recueil de A Prole do Bebé (Les Poupées) est d'une écriture plus décantée. On croit proche de Debussy, mais c'est surtout vers Milhaud qu'il faut se tourner. Le disque est astucieusement complété par les Trois Maries, pièces volatiles, jouées avec une grande fraîcheur et une virtuosité éclatante. Après ces lumières vives et le « tube » de Tristorosa, l'œuvre de Camargo Mozart Guarnieri apparaît comme désinvolte.

Wilhem Latchoumia joue cette musique bavarde avec beaucoup de caractère et d'idées, alternant le balancement du tango, et d'une méditation qui ne se préoccupent pas de raffinement sonore. Son jeu se modifie en conséquence. Il devient plus timbré, assourdi et l'on passe ainsi d'un climat à l'autre sans subir l'impression de monotonie. Les trois Danses Argentines de Ginastera sont traduites en pleine lumière. Imaginatives avec juste ce qu'il faut de mystère et de lyrisme, elles sont moins improvisées que celles d'Argerich et plus tenues que chez Barenboim. Lorsque l'écriture se rapproche du jazz et se souvient du folklorisme de Gottschalk, là encore Wilhem Latchoumia surprend et séduit par un jeu qui associe souplesse et puissance.

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