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Château rouge Malik s'aventure sur des terres nouvelles

Château rouge, le nouvel album de Abd Al Malik, tranche avec les précédents par son audace, car il est fait d'un grand brassage des genres — allant de la musique africaine à la pop en passant par le slam, la rumba, le rock, le rap, le ska, l'électro... Malik s'est aussi entouré de quelques invités de choix (Vampire Weekend, Papa Wemba...).

PAR Gilles Médioni | DISCOGRAPHIE | 2 décembre 2010
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L'Express Styles


Artiste nourri de rap et de Brel, de la parole de Sénèque et de Deleuze, Abd Al Malik s'est affirmé comme la révélation du slam érudit depuis Gibraltar (2006).

Son quatrième album, Château rouge, réalisé par Chilly Gonzales, se déploie sur des terres nouvelles : le chant, l'anglais, l'électro-pop, le rock, la rumba congolaise.

La volonté d'ouverture est audacieuse et Malik s'échappe de son lyrisme et de sa grandiloquence pour s'emparer avec succès du yé-yé africain en chantant un très réussi Ma Jolie (sur les femmes battues). Le morceau Valentin, à propos de son grand-père congolais qui a combattu pour la France, est un hommage simple et efficace. Tandis que le groove de SyndiSKAliste s'impose sans retenue.

Ailleurs, le virage d'Abd Al Malik est freiné par une série de r'n'b plan-plan, un chant hésitant, un anglais très approximatif et quelques erreurs. Par exemple, le dernier morceau, Château rouge, long de douze minutes, est construit habilement mais le texte dense est trop souvent parasité par la musique.

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