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Gustav Leonhardt est mort

Le grand claveciniste, organiste et chef d'orchestre néerlandais Gustav Leonhardt s’est éteint à l’âge de 83 ans.

PAR Marc Zisman | CHERS DISPARUS | 17 janvier 2012
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Gustav Leonhardt est décédé le 16 janvier à son domicile, à Amsterdam, à l’âge de 83 ans. Dire qu’il était une légende est un doux euphémisme… Son art, sa personnalité, ses découvertes, tout faisait de ce musicien hors norme un ovni dans la galaxie baroque. Voire une galaxie à lui tout seul… Gustav Leonhardt n’aimait pas parler d’interprétation. Plutôt que de « traduire » la musique, il voulait la « présenter »… Malgré ses 83 ans, le grand claveciniste néerlandais continuait à le faire aux quatre coins du monde avec la même conviction. Comme en décembre dernier où, très affaibli, il offrit au public parisien du Théâtre des Bouffes du Nord un récital consacré à Bach, Purcell, Ritter, Fischer, Böhm, Duphly et Rameau.

Gustav Leonhardt est né à ‘s-Graveland aux Pays-Bas le 30 mai 1928. Très jeune, il se passionne pour l’orgue et le clavecin et fait ses études avec Eduard Müller à la Schola Cantorum de Bâle.

De 1950 à 1951, Gustav Leonhardt se perfectionne dans la capitale autrichienne, à l’Académie de Musique, où il sera professeur de 1952 à 1955. En fondant le Leonhardt Consort en 1955, il joue un rôle considérable dans le renouveau de la musique ancienne. En 1955, il retourne à Amsterdam pour enseigner au conservatoire et devenir titulaire de l’orgue de la Niewe Kerk.

Sa carrière internationale l’a amené en Australie, au Japon et plus de vingt fois aux États-Unis. En 1969, il occupe une chaire à l’université Harvard. En tant que claveciniste, organiste et chef d’orchestre, Leonhardt a enregistré plus de 200 disques, essentiellement chez Vanguard, Das alte Werk, Deutsche Harmonia Mundi, Seon, Philips et Alpha. Il a aussi dirigé des opéras de Monteverdi et de Rameau. Musicologue, Gustav Leonhardt a publié une étude sur L’Art de la fugue de Bach et édité les œuvres pour clavier de Sweelinck et Frescobaldi.

En 1967, grâce aux cinéastes Jean-Marie Straub et Danièle Huillet, le nom de Gustav Leonhardt touche enfin un vaste public. Quoi qu’en l’espèce « vaste » soit un peu exagéré… Sous la caméra des Straub, le claveciniste n’est autre que Jean-Sébastien Bach ! Perruque à l’appui ! Cette superbe et austère Chronique d’Anna Magdalena Bach offre la musique comme rarement elle fut filmée. Telle une suite d’haïkus esthétiques (comme d’ailleurs tout ce que les Straub réaliseront)...

En 1980, Gustav Leonhardt obtenait le Prix Erasmus en 1980 et cinq doctorats honoris causa (Dallas, Amsterdam, Harvard, Metz et Padoue) entre 1983 et 2000. Il était aussi un maître ayant transmis son art à de très nombreux clavecinistes et organistes parmi lesquels Bob van Asperen, Christopher Hogwood, Ton Koopman, Pierre Hantaï, Eduardo López Banzo, Léon Berben, Geneviève Soly, Skip Sempé, Elisabeth Joyé, Bernard Foccroulle et bien d’autres.

Ecoutez Jean-Paul Combet, fondateur du label Alpha, évoquer la mémoire de Gustav Leonhardt

Sur ses images, Leonhardt en Jean-Sébastien Bach dans Chronique d’Anna Magdalena Bach de Jean-Marie Straub et Danièle Huillet :

Votre avis

Note des internautes : 01234

Publié par soeurmonique (3 messages) il y a 18 jours
01234 Je suis en deuil. Moi, petite claveciniste amateur, je viens de perdre mon père spirituel. Mais son héritage demeure en moi, et c'est ce qui me guide dans ma laborieuse progression.
Publié par soeurmonique (3 messages) il y a 18 jours
01234 Je suis en deuil. Moi, petiet claveciniste amateur, je viens de perdre mon père spirituel. Mais son héritage demeure en moi, et c'est ce qui me guide dans ma laborieuse progression.
Publié par soeurmonique (3 messages) il y a 18 jours
01234 Je suis en deuil. Moi, petite claveciniste amateur, je viens de perdre mon père spirituel. Mais son héritage demeure en moi, et c'est cequi me guide dans ma laborieuse progression
Publié par gustavo2012 (2 messages) il y a environ 1 mois
Impressionnant musicien.
Je l'ai entendu dans un double concert à l'Eglise de St Louis en l'Ile (Paris) à Paris à la fin des années  80.
Il jouait avec "la petite Bande" les 6 concertos Brandebourgeois de J.S.Bach.
Je l'ai entendu avec Sigiswald Kuijken dans l'intégrale des sonates violon-clavecin de J.S.Bach.
En décembre 2011, je l'ai entendu dans une grande église d'Amsterdam.J'ai été le saluer et le féliciter.
Un musicieux hors-normes et un personnage exceptionnel.
Publié par th38 (1 message) il y a 4 mois
01234 Un grand claveciniste, et un grand interprète de la musique de Bach.
Mais un homme qui a initié aussi, avec quelques autres, le mouvement baroqueux qui a déconcerté les mélomanes il y a 30 ans, et blessé un grand nombre de musiciens.
On apprécie aujourd'hui un retour à l'équilibre dans l'interprétation des pages baroques qui n'appartiennent pas qu'au passé
Publié par GG (16 messages) il y a 4 mois
01234 J'AVAIS 20 ANS ET J'AI EU LE PRIVILEGE DE VOIR GUSTAV LEONHARDT EN CONCERT A L'HOTEL VANCOUVER (VANCOUVER,CANADA) EN 1976.
DEPUIS CE CONCERT OU IL M'AVAIT COMPLETEMENT EBLOUI,J'AVAIS SUIVI JUSQU'A CE JOUR SA CARRIERE AUTANT DISCOGRAPHIQUE QU'EN CONCERT.
NOUS VENONS DE PERDRE UNE PERSONNE IMPORTANTE DANS L'HISTOIRE DE LA MUSIQUE ....
ET SI IL AVAIT VECU ENCORE...QUE NOUS AURAIT-T-IL DONNER?
Publié par tronchedesnake (3 messages) il y a 4 mois
01234 J'avais 20 ans et je travaillait chez un disquaire. J'ai dis à un collègue que je n'aimais pas le clavecin. Il m'a regardé avec de grand yeux et a m'a fait écouter les Pièces de Jacques Duphly par Leonhardt (chez Séon, épuisé).
Depuis ce jour, j'aime la clavecin.
Je n'étais pas très branché "instruments baroques". Le même collègue m'a fait écouter les Brandebourgeois avec Leonhardt, les Kujiken, Bruggen... (ce solo du 5e... décoiffant!)
Depuis ce jour j'aime les instruments baroque.
R.I.P. Gustav!
Publié par phmarr (2 messages) il y a 4 mois
01234 On aimerait croire, en effet, que Gustav va enfin rejoindre johann Sebastian, et dans le même élan irrépressible de volupté musicale sous-tendue d'une infinie modestie, faire assauts en riant et en buvant force bières de virtuosité joyeuse et de rêveries indicibles. Oui, on aimerait croire, si l'Univers avait un sens... mais c'était bien quand même. Merci à lui.
Publié par marcseiler (8 messages) il y a 4 mois
01234 Nous voyons s'éloigner avec le départ de Gustav l'un de ceux qui a initié la redécouverte de la musique baroque, dès les années 70, mais nous ne l'avons pas perdu; la jeunesse qu' il a insufflé dans son approche de la musique de Bach n'a pas fini de faire grossir la cohorte de jeunes musiciens qui profitent de tous les pas faits par leur prédécesseur ....il avait sans doute encore quelque chose à apprendre pour rejoindre celui qui l'attend depuis 1750 pour lui faire gouter à la plus belle des pulsations baroques.

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