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 Le Grand motet versaillais selon les Passions

Le Théâtre du Capitole de Toulouse accueillera l'Orchestre baroque les Passions le 20 février. À cette occasion, la formation de Jean-Marc Andrieu proposera un riche programme à thème, centré sur le grand motet versaillais du XVIIIe siècle. Des œuvres sacrées de Rameau et Mondonville seront notamment revisitées.

Par Pierre-Carl Langlais | Concerts et tournées | 15 février 2013
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Région: Midi-Pyrénées

On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve… L’orchestre baroque les Passions pourrait revendiquer cette maxime d’Héraclite : son travail artistique est placé sous le signe d’une recréation permanente. Sous la direction de Jean-Marc Andrieu, la formation n’a cessé de glisser d’un pan à l’autre du répertoire, redécouvrant des artistes oubliés, proposant des synthèses audacieuses, parcourant des passerelles insoupçonnées…

Le prochain concert des Passions ne fera pas exception. Prévu au Théâtre du Capitole le 20 février, il proposera une investigation musicale inédite : l’évolution du grand motet versaillais après Louis XIV. Un peu à la manière de la brillante rétrospective sur le motif de la Follia (que les Passions rejoueront d’ailleurs le 19 avril au théâtre Paul Éluard de Cugnaux), il s’agit d’observer les mutations et recompositions d’une forme.

Le motet apparaît dès le XIIIe siècle. Il se distingue d’emblée par sa relative brièveté et, surtout, par sa grande fluidité. Par contraste avec la plupart des genres de musique sacré, il n’y a pas ou très peu de figures obligées. Ces caractéristiques expliquent la vogue renouvelée du motet à partir du second XVIIe siècle. Louis XIV et sa cour versaillaise goûtent peu les messes longues et ritualisées : le motet permet de concilier le service divin et un certain épicurisme musical.

Cette vogue ne s’estompe pas avec le siècle du Louis XIV. Le motet s’adapte fort bien à la religiosité optimiste et sensualiste des Lumières. En témoignent les trois œuvres sélectionnées par Andrieu.

Composé vers 1713-1715, le Quam Dilecta de Rameau joue sur le décalage entre un sujet mélancolique (une complainte d’exil du roi David) et une tonalité assez enlevée. Plus que la nostalgie de la patrie perdue, les harmonies foisonnantes de la pièce prêchent la promesse de la patrie retrouvée. Le regret du passé se mue en l’assurance de l’avenir.

Le De profundis de Mondonville est une œuvre à succès. Créée en 1748, elle a la faveur de la presse musicale naissante. Le Mercure de France s’entiche des « beautés sublimes de l’œuvres et surtout celles du premier chœur, l’un des plus beaux morceaux d’harmonie jamais composés ». Tous ces qualificatifs soulignent que Mondonville se souciait moins de l’édification morale de l’auditeur que de son plaisir esthétique.

Le In Convertendo de Rameau clôt assez adéquatement le programme. À l’instar du Quam Dilecta, il s’agit d’une complainte d’exil : celle des juifs captifs à Babylone. Le traitement, par contre, diffère assez radicalement. Remaniée en 1751, la pièce déploie une architecture mélodique complexe, pas si éloignée de Bach. La réalisation d’un savant contrepoint s’allie à une maîtrise parfaite des effets dramatiques. Par là, Rameau annonce certains aspects de la musique sacrée romantique.

Par-delà ce concert du Capitole, les Passions programment plusieurs projets prometteurs. Le 22 mars, l’ensemble donnera une représentation thématique en l’honneur du Chevalier de Saint-George au Théâtre Olympe de Gouges de Montauban. Le 6 avril, il proposera un regard croisé sur le Magnificat de Bach et le Dixit dominus de Haendel à l’Église du sacré cœur de Lourdes. Enfin, le 12 mai, il interprétera une Soirée chez Ingres, dans le cadre des Concerts de l’Orangerie de Rochemontès.

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