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Sur Scène

Gustavo Dudamel, un « Californien » à Paris

Par Marc Zisman |

Les 30 et 31 janvier, le Los Angeles Philharmonic sous la baguette du jeune maestro vénézuélien Gustavo Dudamel fait escale à Paris, à la Salle Pleyel.

Dimanche 30 et lundi 31 janvier, le jeune Gustavo Dudamel dirigera « son » Los Angeles Philharmonic à la Salle Pleyel. Le premier concert sera consacré à John Adams (Slonimsky's Earbox), Leonard Bernstein (Symphonie n°1 "Jeremiah") et Ludwig van Beethoven (Symphonie n°7 qu’il grava pour Deutsche Grammophon en 2006 avec l’orchestre Simón Bolívar du Venezuela). Le second, à la Symphonie n°9 de Gustav Mahler. Pour la soirée du 30, la mezzo-soprano Kelley O'Connor sera également de la partie.

Wagner n’avait pas tout à fait tort en qualifiant la Symphonie n°7 de Beethoven d’« apothéose de la danse ». Car le rythme est la pierre angulaire de cette page débordante d’énergie que le grand sourd considérait lui-même comme « une de ses œuvres les plus heureuses des productions de ses faibles forces ».

Première grande partition signée Bernstein, la Symphonie n°1 « Jeremiah » valut au compositeur de 25 ans une reconnaissance immédiate et internationale. De fait, c’est une véritable lettre ouverte à ses contemporains indécis face à la Seconde Guerre mondiale. Cette brève page avec mezzo-soprano, invoquant le sacré, témoigne avec une puissance corrosive du désespoir de la communauté juive devant cette tragédie à laquelle, outre-Atlantique, on osait à peine croire…

S’il est un musicien auquel s’est identifié Bernstein, c’est bien Mahler dont il considérait l’œuvre comme un « tournant clé » de l’histoire de l’orchestre. Sa Symphonie n°9 constitue son testament artistique et humain : ample méditation sur la destinée de l’Homme, elle charrie dans un flux tumultueux les sentiments les plus contradictoires, menant de l’inquiétude à l’apaisement. Mahler écrira à son sujet : « Quelque chose y est dit que j’avais depuis longtemps au bord des lèvres ». Plus près de nous, le joyeux Slonimsky’s Earbox reste une pièce emblématique de John Adams, où les étonnantes variations d’épaisseur et de couleur du tissu instrumental conduisent le discours avec une virtuosité sans cesse renouvelée.

Parmi la jeune génération de chefs d’orchestre, le nom de Gustavo Dudamel se détache avec constance depuis déjà quelques années. À l’aube de ses 30 ans qu’il fêtera le 28 janvier 2011, le maestro vénézuélien impressionne par son charisme. Nombre d’orchestres – et non des moindres – se sont déjà laissé convaincre. En 2005, après le remplacement au pied levé de Neeme Järvi dans la Cinquième Symphonie de Sibelius, l’Orchestre Symphonique de Göteborg le désigna comme son nouveau chef principal, et, en septembre 2009, il succéda à Esa-Pekka Salonen à la tête du Los Angeles Philharmonic.

L’une des clés de l’engouement pour le jeune chef vénézuélien est sans conteste sa personnalité très affirmée, marquée par son attirance pour des interprétations rythmées et colorées… Invité par les plus prestigieux orchestres à travers le monde (Chicago, New York, Berlin, Vienne, Amsterdam…), Dudamel dirige avec panache et virtuosité sans se soucier de la sur-médiatisation dont il bénéficie depuis plusieurs années maintenant.

Le site officiel de Gustavo Dudamel

Le site du Los Angeles Philharmonic

Le site de la Salle Pleyel

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