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Patrick Watson, vague à l'âme

Avec son superbe "Wave", le Canadien reste le maître de la pop mélancolique et épurée...

Par Pierre-Yves Lascar | Vidéo du jour | 23 octobre 2019
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Concis. Quel bonheur de retrouver aujourd'hui un musicien qui ne s'épuise pas à proposer de nombreux titres d'une longueur démesurée. Non, uniquement dix, et qui n'excèdent pas chacun les quatre minutes trente ! Résultat : le nouvel album de Patrick Watson, Wave, rappelle les années 1970 ou 1980, le strict nécessairement beau et convaincant.

Car, fidèle à sa marque de fabrique, le Canadien a un certain don pour la structure, et un goût notable pour l’épure, depuis l’envoûtant Adventures in Your Own Backyard en 2012. Sa nouvelle fresque en dix épisodes tend vers le mélancolique, et reflète l’influence minimaliste dans les parties de piano – notamment – de la nouvelle école néoclassique qui envahit tout aujourd’hui, de Jean-Michel Blais (compatriote de Watson) à Alexis Ffrench, en passant par Dirk Maassen et, dans une moindre mesure, Nils Frahm.



À cet égard, c’est au titre le plus lancinant et répétitif que Patrick Watson réserve la plus belle montée en puissance dramatique de ce nouvel opus : Broken agit comme une tarentelle lente, alors que l’épisode suivant, Turn Out the Lights fera office de guérison, relâchant la tension, grâce notamment à des contours mélodiques ainsi qu’une instrumentation plus variée.



Si Wave se coule dans une ambiance homogène, relevée par la voix tour à tour voilée, déterminée, plus sensuelle ici encore, de Watson, jamais il n’aurait été possible, après neuf premières chansons de tonalité nostalgique et éthérée, d’imaginer un finale aussi généreux. Le plus beau est bien dans ce Here Comes the River, sorte de nouvel Imagine des temps modernes. Inoubliable, et presque trop bref.



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