Schiff et Schubert, à la folie...

Le grand pianiste hongrois András Schiff poursuit son exploration de la musique de Franz Schubert et consacre son nouveau disque aux quatre Impromptus D 899 et aux compositions datant de 1828...

Par François Hudry | Vidéo du jour | 17 avril 2019
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Il ne suffit pas d’utiliser un instrument d’époque pour réussir une bonne interprétation, encore faut-il être à la hauteur du propos. Lorsqu’un pianiste de la stature d’András Schiff s’empare du splendide Brodmann viennois utilisé pour Franz Schubert: Sonatas & Impromptus, son nouvel enregistrement publié par le légendaire label ECM, un miracle se produit ; c’est la conjonction de la pensée et du son au plus haut niveau.

On a rarement goûté à ce point toutes les inflexions de la pensée intime de Schubert. La douceur de l’attaque et l’inimitable legato produit à la fois par le pianiste et par l’instrument viennois donnent aux sonates D. 958 et D. 959 une indicible nostalgie. Mais la révolte gronde et András Schiff nous conduit fermement au bord de l’abîme. Les sonorités de cristal utilisées dans le Scherzo de la Sonate D. 959 apportent toute la magie du chant du harpiste antique si souvent illustré par les Romantiques allemands.

Cette exploration dans le son fait aussi merveille dans les Impromptus D. 899 et les trois Klavierstücke D. 946 qui offrent un contrepoint expressif différent de la profondeur insondable des sonates. Cet album Franz Schubert: Sonatas & Impromptus est comme la révélation d’un univers sonore nouveau qui s’ouvre sous les doigts si inspirés d’András Schiff qui évoque ici son rapport à Schubert :





En 1989, András Schiff jouait ainsi les Impromptus, op. 90, D. 899 :



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