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Haydn schizophrène ! Docteur Joseph & Mister Haydn par l’Orchestre Ostinato

L’Orchestre Ostinato se consacre au maître classique Joseph Haydn dans un concert au Théâtre de Suresnes le 21 décembre.

Par Héloïse Roussat | Concerts, festivals et tournées | 20 novembre 2014
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En ces temps froids et de plus en plus sombres, le Théâtre de Suresnes présente un compositeur aux redoutables tendances schizophrènes, si l’on s’en tient au titre du concert, Docteur Joseph and Mister Haydn qui aura lieu dimanche 21 décembre, à 17h. Heureusement, il n’est pas prévu de parler de crime, de métamorphose ou d’événements fantastiques, mais plutôt d’ours, de poule et d’horloge. Un programme pourtant pas si terre à terre quand on connaît l’écriture du contemporain de Mozart.

Le programme s’ouvrira par le Concerto pour violoncelle n°2 en Ré Majeur, composé en 1783 pour un violoncelliste de l’orchestre du Prince, nommé « premier maître de son instrument ». Haydn favorise l’aspect mélodique et garde une atmosphère légère et divertissante. La mélodie est au cœur de l’œuvre, contrairement aux symphonies où l’importance de la forme est essentielle. La virtuosité requise – pas seulement technique mais aussi timbrale - est presque indispensable pour jouer cette œuvre, en partie pour les doubles et triples cordes mais aussi pour l’émotion suggérée lors des passages plus lents.

Le violoncelliste Edgar Moreau remplit pour cela très bien sa mission avec une interprétation singulière. Récemment récompensé par une Victoire de la Musique grâce à sa performance sur l’impressionnante Danse des Elfes de Popper, le jeune soliste se joindra à l’Orchestre Ostinato dirigé par Jean-Luc Tingaud. Après avoir étudié au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, le musicien d’une vingtaine d’années remporte le prix du jeune soliste au concours Rostropovitch et le deuxième prix du concours international Tchaïkovski, et signe dans la foulée un contrat d’exclusivité avec le label Erato pour sortir un enregistrement de diverses œuvres pour violoncelle et piano.

Edgar Moreau - © Julien Mignot


L’Orchestre Ostinato, créé en 1997, est un orchestre d’insertion et de promotion des jeunes musiciens de haut niveau souhaitant devenir musicien d’orchestre professionnel. Il se positionne comme un intermédiaire entre la fin des études au Conservatoire et l’entrée dans un orchestre professionnel, telle une passerelle d’excellence. Directeur musical et chef d’orchestre, Jean-Luc Tingaud, très présent pour Ostinato, dirigera également l’orchestre de Scottish Opera en mars ou encore l’RTE National Symphony Orchestra au cours de la saison 2014-2015.

Jean-Luc Tingaud - © Jean-Baptiste Millot pour Qobuz.com


Comme promis, le concert se poursuivra alors d’extraits des symphonies L’Horloge, La Poule, L’Ours, soulignant l’amusement d’Haydn à l’heure de composer. L’humour a-t-il sa place dans la musique classique ? Haydn répond oui, avec des rythmes, des titres et des situations cocasses. Même bien plus tard, d’autres compositeurs seront aussi partisans de l’humour dans les œuvres instrumentales, le Groupe des Six, pour ne pas les citer. Haydn se montre en tout cas aussi compétent sur des œuvres sérieuses, calmes et touchantes que sur des morceaux drôles et décalés.

Orchestre Ostinato - © Orchestre Ostinato


Enfin, des extraits de la Surprise - faite pour réveiller les endormis du premier rang sans prévenir – de la Symphonie des Adieux clôtureront la soirée. Cette dernière symphonie, au départ composée pour son protecteur et mécène le Prince Esterhazy, justifie son nom en raison de la fin d’une saison musicale éprouvante à la fin de l’année 1772. Haydn nomme ainsi sa composition pour avertir le prince de la fatigue de ses musiciens, qui n’ont pas eu de congés depuis un moment. C’est pourquoi la mise en scène veut que chaque musicien souffle sa bougie avant de sortir de scène, jusqu’à ce qu’il ne reste plus que les deux premiers violons. De plus, on notera que cette symphonie se rapproche de l’esthétique Sturm Und Drang, une période importante à la fin du style classique, tendant de plus en plus vers un romantisme encore inavoué.



Le site du Théâtre de Suresnes

Le site de l'Orchestre Ostinato

Archives Qobuz: un podcast audio avec Jean-Luc Tingaud (juin 2013)

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