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Les chefs ne meurent jamais

Par François Hudry | François Hudry : Cum grano salis | 12 février 2013
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Son nom apparaissait de temps à autre sur la pochette d'un vieux vinyle comme accompagnateur de Christian Ferras ou de Samson François. Un véritable nom d'artiste qui attirait l'attention : Constantin Silvestri. A l'occasion du centenaire de sa naissance, EMI publie un fort album constituant le legs complet des enregistrements de Silvestri pour le célèbre label anglais. Une occasion rêvée pour (re)découvrir l'art de ce chef d'orchestre roumain, naturalisé anglais en 1967, mort en 1969, dont l'intense activité s'est partagée entre son pays natal, la France et l'Angleterre, où il fut le chef titulaire de l'Orchestre Symphonique de Bournemouth avant Simon Rattle et Paavo Berglund.

Le programme laisse une large place à la musique russe de Borodine, Tchaïkovski, Rimsky-Korsakov, Prokofiev, Stravinsky et à la musique française de Berlioz, Debussy, Ravel, avec des orchestres de premier plan comme le Philharmonia ou le Philharmonique de Londres, le Philharmonique de Vienne, l'Orchestre National et celui de la Société des Concerts du Conservatoire, car Silvestri a beaucoup dirigé et enregistré à Paris.

Impossible de citer toutes les oeuvres de ces vingt heures de musique, car tout est ici d'un niveau excellent, dans des interprétations souvent brûlantes de vie avec des tempi emportés (les 3 dernières Symphonies de Tchaïkovski avec le Philharmonia), animées d'un grand souffle qui voit loin et grand. Certaines retrouvailles sont somptueuses, comme cette version narrative, énergique et grandiose de la Symphonie du Nouveau Monde d'Antonin Dvorak avec l'Orchestre National, qui avait obtenu le Grand Prix de l'Académie Charles Cros ou cette très sensible et poétique Symphonie Fantastique de Berlioz avec les mêmes musiciens. Et notre plaisir est décuplé par des prises de son de l'âge d'or de la stéréophonie ; à la fin des années cinquante et au début de la décennie suivante. Un album qui illustre parfaitement ce que pouvait être l'art et le répertoire d'un chef-d'orchestre à cette époque.

Le label tchèque SUPRAPHON rend hommage à une autre chef centenaire en cette année 2013, le Français Jean Fournet, natif de Rouen, à la carrière discrète mais d'une exceptionnelle longévité. Si les Pays-Bas sont devenus pour lui comme une seconde patrie, il est était également très demandé dans le monde entier, à Buenos Aires, comme à Chicago ou à Prague, où ont été réalisés les enregistrements de cet album, Jean Fournet à Prague, avec des interprétations finement ciselées de César Franck, Claude Debussy (Nocturnes, La Mer, Iberia) et Manuel de Falla. Au delà de l'hommage rendu à ce grand chef, l'intérêt est grand d'entendre ces musiques qui nous sont si familières habillées des sonorités si particulières des musiciens tchèques. Il y a dans ces réalisations, une beauté, une gourmandise sonore ouvrant des perspectives sonores inouïes.
De son côté EMI réédite tous les enregistrements anglais d'Arturo Toscanini, plus anciens, mais dont le son est nettement supérieur aux prises de son sèches et raides du Studio 8H de New York avec l'Orchestre de la NBC. On y trouve des gravures célèbres, comme cette très fiévreuse Symphonie no 2 de Sibelius, enregistrée en public, chaloupée et d'un lyrisme exalté. Quelques Symphonies de Beethoven aussi et d'exceptionnelles versions en concert des Symphonies 2 et 4 de Brahms avec l'Orchestre de la BBC, complémentaires de l'intégrale enregistrée en 1952 avec le Philharmonia. Tous ces enregistrements sont bien sûr disponibles en streaming ou en téléchargement. Sur votre Qobuz les chefs ne meurent jamais.

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