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Aubert Lemeland est mort

Grand Prix de l'Académie Charles Cros en 1995, le compositeur français s’est éteint à l’âge de 78 ans.

PAR Max Dembo | CHERS DISPARUS | 17 novembre 2010
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Aubert Lemeland est décédé le 15 novembre. Selon l’AFP, le compositeur français était âgé de 78 ans. Marqué par les combats en Normandie durant la Deuxième Guerre mondiale, dont il fut témoin enfant, Aubert Lemeland a reçu le Grand Prix de l'Académie Charles Cros pour son disque Omaha et les Chants pour les soldats morts, des pièces pour piano.

Né à La Haye-du-Puits dans la Manche, le 19 décembre 1932, Lemeland a composé plus de 200 œuvres, couvrant tous les genres : onze symphonies composées entre 1975 et 2009, une quinzaine de concertos (dont quatre pour violon), des cycles pour voix et orchestre dont les plus connus sont Airmen (dédié à Jules Roy), Time Landscapes, Songs For The Dead Soldiers, D’une saison l’autre (écrit pour Renée Fleming), un premier opéra représenté onze fois en Suisse en 1995, la Lettre au cachet rouge. Il a répondu à des commandes de l’État et de Radio-France.

Sa Première symphonie, composée en 1975, a été créée par le chef d'orchestre Michel Plasson, à la tête de l'Orchestre National du Capitole de Toulouse. Ses œuvres ont été jouées notamment par l'Orchestre Philharmonique de Radio-France. Des solistes de renom, comme le pianiste Jean-Pierre Ferrey, l'ont interprété.

Parmi ses compositeurs préférés, Aubert Lemeland citait Sibelius, Chostakovitch, Prokofiev, Barber, Copland et Ives. Il vouait un culte tout particulier à Britten et Adams.

Lire la critique de Symphonie n°6 "Les Éléments" - Time Landscapes - Mémorial - Concert Nocturne interprété par la Staatorchester Rheinische Philharmonie, parue dans Classica en septembre 2010

Votre avis

Note des internautes : 01234

Publié par lagauguinerie (1 message) il y a environ 1 an
01234 :-(( Trop souvent, "l'après 68" a occulté les créations de nombreux artistes dont Aubert Lemeland à l'intérieur d'un sectarisme coupable sous couvert d'une apparente ouverture d'esprit faite d'hypocrisie.
Cet académisme excessif qui, d'emblée, écarta les autodidactes fit que la France, une fois de plus, reconnut trop tardivement un des siens. Quelques courageuses transgressions à l'interdit l'ont pourtant fait découvrir à quelques uns de ses compatriotes par l'Orchestre national du Capitole de Toulouse et l'Orchestre national d'Ile de France.
:-) Heureusement, nos voisins suisses et allemands puis le Japon et les Etats-Unis ont su reconnaître ses qualités de compositeur parmi ses 200 oeuvres.
Aubert Lemeland, fidèle à son pays, refusa de s'expatrier et choisit de survivre en France, la patrie reconnaissante... Jean Morin
Publié par pedroelchino (1 message) il y a environ 1 an
01234 , je dois dire que ça n'est pas juste une question de "goût", il a fait partie des compositeurs victimes de cette engeance et a souffert de l'ostracisme évident qui a duré une vingtaine d'années et dont les principaux acteurs étaient justement cette lignée et leurs épigones, Aubert a été peu joué très peu à Paris et beaucoup plus aux USA et en Allemagne, soyons respectueux de la vérité. Pierre Thuriès
Publié par sarb1945 (9 messages) il y a environ 1 an
01234 J'ai bien connu Aubert lemeland. C'était un compositreur passionné de la musique des autres : c'est rare. Nous avions de longues discussions notamment sur les compositeurs anglais et américains qu'il affectionnait. En revanche, il ne prisait guère la lignée Schoenberg-Webern-Boulez - ce qui nous divisait - mais il avait un grand respect de l'opinion d'autrui. Son enfance normande avait été marquée par la guerre, le débarquement : il ne cessait de parler de cette époque où bien des hommes s'étaient révélés des héros. Une grande partie de son oeuvre témoigne de cette époque avec une sensibilité tout à fait particulière. Sa culture était grande et ouverte - il lisait beaucoup - préservant une part de curiosité, toujours en éveil, et non sans humour. Il faudra peut-être qu'il soit mort pour que sa musique soit plus souvent jouée car, comme l'écrivait Balzac : "la gloire c'est le soleil des morts" Jean-Yves Bras

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