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Bonne lecture !

 Luis Fernando Pérez,
chantre d'une Iberia d'exception

Avec le pianiste madrilène Luis Fernando Pérez renaît tout une école du piano ibérique, comme en témoigne son éblouissante intégrale d'Iberia d'Albéniz...


Par Pierre-Yves Lascar | Discographie | 1 janvier 2010
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En 2009, Mirare publie un album entièrement dédié aux Sonates d'Antonio Soler, dû à un jeune pianiste espagnol, d’origine madrilène, né en 1977, Luis Fernando Pérez, élève d’Alicia de Larrocha. Cet artiste encore relativement discret en France s’affirme depuis maintenant trois ou quatre années comme l’un des musiciens les plus éblouissants de la scène musicale. Écoutez ces Soler, d’une beauté sonore confondante, et surtout d’une imagination dans les phrasés, d’une diversité de nuances assez incomparables.

Au travers d’un programme parfaitement construit, qui s’achève en particulier par quatre des Sonates les plus poétiques du moine espagnol, dont la n°154 en ré bémol majeur avec ses irrésistibles imitations de tintements de cloches en sa deuxième partie, Pérez traduit avec délicatesse et un raffinement presque moderniste l’écriture de Soler. En réalité, son jeu se fonde principalement sur la couleur, l’harmonie. Avec lui, les phrasés, les accents, l’architecture même d’une pièce découlent de la plénitude et de la densité harmonique.

À cet égard, écoutez impérativement son Iberia d’Albéniz enregistrée pour le label Versosil, passée assez inaperçue. Sans doute l’une des intégrales les plus remarquables de ce chef-d’œuvre inépuisable. Luis Fernando Pérez y affirme une personnalité flamboyante, et un jeu d’une constante dignité. Ce qui étonnera, voire déroutera, c’est sa quête obsessionnelle du geste, du trait moderniste chez Albéniz. L’adage d’Olivier Messiaen, selon lequel le compositeur espagnol aurait tout inventé du piano moderne dans ce recueil, nous revient à chaque page en mémoire. Jeux de timbres à pleuvoir (Lavapies), clusters pianistiques, harmonies pleines et chaleureuses (Evocacion), traits glaçants à mourir, phrasés intenses et poétiques (El Albaicin), étagement des plans sonores proprement éblouissant (Fête-Dieu à Séville, et surtout Jerez) : cette intégrale, sorte de synthèse des visions de Claude Helffer et Rafael Orozco, porte en elle toute la richesse du piano ici réinventé d’Albéniz.

Pourvu que la France accueille rapidement ce formidable musicien. Youtube, véritable mine d’or, inépuisable, abrite quelques-unes de ses prestations en concert, à Esterhaza, en Hongrie, où il donne régulièrement master classes et concerts. L’Evocacion en live y est peut-être encore plus miraculeuse…

Albéniz : Iberia, Premier cahier : I. Evocacion

Enregistré durant le Festival Haydn au Palais Esterhazy de Fertöd (Hongrie). Salle Haydn, le 16 juillet 2009. Une acoustique de rêve!

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