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 Le retour de la Tarantella

Le nouveau film de Philippe Claudel avec Clothilde Courau, Tous les soleils, se love dans les mélodies de La Tarantella de l'Arpeggiata de Christina Pluhar. A redécouvrir.

Par Max Dembo | Discographie | 5 avril 2011
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Grace au 7e Art, La Tarantella : Antidotum Tarantulae, le chef d’œuvre de l'Arpeggiata de Christina Pluhar, refait surface. Le metteur en scène Philippe Claudel a en effet utilisé cet album paru en 2002 pour illustrer son nouveau long métrage Tous les soleils avec Clothilde Courau.

La musique est l’un des personnages du film. Cette Tarentelle demeure d’ailleurs assez méconnu en France. « C’est une musique traditionnelle du sud de l’Italie, raconte Claudel, censée guérir la piqûre de la tarentule, qui redonne de l’énergie à ceux que le venin a affaiblis, qui tente d’extirper la mélancolie des âmes chagrines, qui essaye de calmer les fiévreux, les possédés. Le sujet du film est né du cadeau que m’ont fait, il y a quelques années, des amis en m’offrant le disque de l’. Il y a une telle magie dans cette musique, un côté tellement charnel, sensible et humain. Les Tarentelles recouvrent toutes les émotions : la joie, la tristesse, la sérénité, l’allégresse… Cette musique m’a inspiré assez vite un personnage de professeur de musique baroque qui vit à Strasbourg ».

Faisant feu de tout bois pour brouiller les frontières entre les siècles, Christina Pluhar est l’une des plus passionnantes empêcheuses de tourner en rond… A la tête de l’Arpeggiata, la harpiste, luthiste et grande prêtresse du théorbe s’est drapée de toutes les créations musicales du seicento pour mieux les magnifier et transmettre aux mélomanes du Troisième Millénaire leur foudroyante modernité. Installée à Paris depuis une quinzaine d’années, la magicienne autrichienne

En 1630, l'abbé jésuite Athanasius Kircher, génie universel et ésotériste, arrive dans les Pouilles pour faire des recherches sur d'antiques thérapies musicales liées au culte de Dionysos. Il publie ses études sur le Tarantisme dans son livre De Arte Magnetica (Rome, 1641). Les médecins de son époque observent une maladie, qu'ils appellent le Tarantisme, provoquée par la piqûre de la tarentule. Le malade ressent une grande tristesse et un abattement angoissant lui donnant la sensation de mourir, suivi d'un désir irrésistible de danser dans une agitation effrénée. Cet état convulsif ne peut être guéri que par la musique qui le fait danser et entrer en transe pendant des heures ou des jours entiers jusqu'à épuisement de ses forces. Quelques sources nous font savoir que le remède était plus efficace, si le malade dansait nu...

Le programme Antidotum tarentulae, composé de tarentelles vocales et instrumentales, que s’est proposé de créer l'ensemble L'Arpeggiata, est né d'une recherche sur les sources du XVIIe siècle et sur la connaissance des traditions orales des tarentelles encore chantées et dansées aujourd'hui dans les Pouilles, en Calabre et dans la région de Naples. Cette tradition ininterrompue depuis le temps d'Athanasius Kircher a livré des chants d'un raffinement rythmique et mélodique extraordinaire.

Deux chanteurs, maîtres incontestables de ce répertoire, sont exceptionnellement réunis pour ce projet : Lucilla Galeazzi, la voix la plus étonnante de la musique traditionnelle italienne, collaboratrice de Roberto de Simone et Giovanna Marini ; et Marco Beasley, chanteur napolitain qui s'exprime avec l'intensité et la maîtrise d'un chanteur à la fois traditionnel et baroque.

Pour redonner aux Tarentelles leurs couleurs instrumentales d'origine, elles sont accompagnées par des instruments de l'époque d'Athanasius Kircher, décrit dans son Ars Magnetica, comme la gitarra battente, la guitare baroque, le colascione, le psaltérion, la harpe baroque et la tamorra…

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