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Cycle Pollini Perspectives : la dernière séance

Le 22 juin, sur la scène de la Salle Pleyel, Maurizio Pollini se produira aux côtés du London Symphony Orchestra dirigé par Peter Eötvös dans le cadre du cycle Pollini Perspectives.

Par Max Dembo | Sur Scène | 4 juin 2010
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Mardi 22 juin, le cycle Pollini Perspectives se poursuit à Paris, Salle Pleyel, avec le London Symphony Orchestra (LSO) dirigé par Peter Eötvös et au piano le maître milanais Maurizio Pollini. Au programme de cette soirée d’exception, Johann Sebastian Bach / Anton Webern (Ricercare – Fugue pour six voix BWV 1079/5), Helmut Friedrich Lachenmann (Double) et Johannes Brahms ( Concerto pour piano n°1).

La musique d’Helmut Lachenmann met en crise les conventions et les habitudes d’écoute avec une radicalité sans précédent. Il édifie un univers unissant son et bruit dans une conception nouvelle d’une surprenante beauté, exploitant des aspects cachés du matériau sonore. Avec Double, issu du quatuor Grido, il extrapole à l’orchestre sa volonté d’envisager le quatuor comme un seul corps sonore réagissant aux mauvais traitements avec toute sa corporéité : résonance, frémissement, respiration, pression.

C’est la même démarche de démultiplication d’un matériau initial qui guide l’extraordinaire arrangement par Webern du Ricercare à six voix extrait de L’Offrande musicale. En raison de la complexité de cette polyphonie, Webern voyait dans une orchestration personnalisée le moyen de mettre en évidence les multiples dimensions du texte musical. Ici, l’usage de la Klangfarbenmelodie permet de souligner la structure par les timbres et parvient même à modifier les proportions, glissant ainsi de Bach-Webern à Webern-Bach.

Brahms n’agit pas autrement en concevant son Concerto pour piano n°1, notant d’abord la partition pour deux pianos. Encore peu familier avec le genre symphonique, il orchestre pas à pas, s’abstenant de pousser la partie soliste vers une virtuosité gratuite, préservant de fait l’équilibre initial. Ainsi, aboutissant à une sorte de « symphonie accompagnée », il ne sort à aucun moment les dents du pathos, privilégiant la puissance expressive d’un discours fondé sur la finesse et la richesse formelle.

Depuis plusieurs décennies, Maurizio Pollini occupe une position de premier plan parmi les plus grands pianistes du monde, s'intéressant à tous les aspects de la littérature pianistique. Ses interprétations des répertoires classique et romantique sont aussi célèbres que sa défense passionnée de la musique du XXe siècle. Né le 5 janvier 1942 à Milan, il étudie le piano avec Carlo Lonati en même temps que la composition et la direction d'orchestre au Conservatoire de Milan. Il s'est déjà fait remarquer par la presse musicale quand, en 1957, il interprète les Etudes de Chopin dans sa ville natale. Sa prestation primée au Concours Chopin à Varsovie en 1960 est suivie d'une période de perfectionnement.

Depuis le milieu des années soixante, Maurizio Pollini donne des récitals en solo et se produit avec les orchestres majeurs d'Europe, des Etats-Unis et d'Extrême-Orient. Il fait ses débuts américains en 1968 et entreprend sa première tournée au Japon en 1974. Régulièrement invité aux grands festivals internationaux de musique tels que Salzbourg et Lucerne, il fait ses débuts au premier en 1970. C'est à cette époque qu'il commence à manifester un intérêt grandissant pour des œuvres contemporaines, et c'est l'un des premiers pianistes à défendre leur cause.

Les incursions fréquentes de Pollini dans la musique de chambre (le Quintette avec piano de Brahms aux côtés du Quartetto Italiano) et ses engagements en tant que chef d'orchestre (au Festival Rossini à Pesaro) témoignent de son intérêt pour chaque aspect de la musique.

Pollini triomphe aux Berliner Festwochen de 1993 avec l'intégrale des Sonates pour piano de Beethoven, ce qui l'amène à redonner le cycle à Munich, Milan et New York, et, entre la fin 1996 et juin 1997, il le joue à Paris, Vienne et Londres. En 1995, l'année où il fête le 25e anniversaire de ses débuts au Festival de Salzbourg, il conçoit un programme consistant en une série de cinq concerts auxquels il participe également comme pianiste. Son "Progetto" comprend des compositions de Gesualdo, Nono, Schoenberg, Webern, Sciarrino, Beethoven, Brahms et Hindemith et constitue l'un des moments forts du festival d'été. Après ce "Progetto" réussi à Salzbourg, il y est invité de nouveau en 1999, ainsi qu'à New York en 2000.

Maurizio Pollini enregistre en exclusivité pour Deutsche Grammophon depuis 1971. De nombreuses références dont plusieurs couronnées de prix témoignent de son engagement envers la musique du passé comme celle du présent. Sa discographie très variée couvre un vaste répertoire où l'on retrouve les œuvres majeures de Beethoven, Chopin, Schumann et Schubert. En outre, il enregistre les compositions de Debussy, Stravinsky et Prokofiev, aussi bien que les concertos de Mozart et Brahms. D'autres disques proposent des œuvres des compositeurs du XXe siècle tels que Schoenberg, Webern, Boulez, Luigi Nono et Giacomo Manzoni.

Ces Pollini Perspectives qui sont présentées à la Salle Pleyel depuis janvier 2009 et qui s'achèvent avec cette dernière soirée du 22 juin ont proposé neuf concerts faisant dialoguer les principaux chefs d’œuvres du romantisme et de la modernité : Beethoven/Boulez, Brahms/Stockhausen, Chopin/Nono, Beethoven/Schönberg/Berio, Brahms/Lachenmann...

Le site officiel de la Salle Pleyel

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