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Opéra de Paris : Emmanuelle Haïm jette l’éponge

La célèbre chef baroque ne dirigera pas Idoménée de Mozart mercredi à l’Opéra de Paris.

Par Marc Zisman | Actualité | 18 janvier 2010
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Emmanuelle Haïm a renoncé à diriger la reprise d'Idoménée de Mozart, qui devait marquer mercredi 20 janvier ses débuts à l'Opéra de Paris, à la tête de l'orchestre maison. Selon l’AFP, son retrait « fait suite au constat réciproque, au terme des premières répétitions, que le temps de travail nécessaire pour faire converger son approche artistique et celle de l'orchestre était incompatible avec les contraintes de programmation de l'Opéra national de Paris », assure l’établissement lyrique dans un communiqué.

Pour les neuf représentations programmées jusqu'au 13 février au Palais Garnier, Emmanuelle Haïm sera remplacée par Philippe Hui, qui avait été assistant sur cette production mise en scène par Luc Bondy lors de sa présentation fin 2006.

La musicienne baroque de 47 ans, rare femme à mener une carrière internationale de chef, retrouvera l'Opéra de Paris en 2011 « pour une production de Jules César de Haendel où elle dirigera le Concert d'Astrée », l'ensemble sur instruments anciens qu'elle a fondé, précise l'établissement.

Le retrait d'Emannuelle Haïm rappelle celui de Daniel Harding lors de la présentation du Cosi fan tutte de Mozart mis en scène par Patrice Chéreau en septembre 2005. Le jeune chef britannique avait lui aussi déserté la fosse de l'Orchestre de l'Opéra de Paris, formation renommée sur le plan artistique mais réputée rebelle…

Chef d’orchestre et claveciniste, aujourd’hui directrice artistique du Concert d’Astrée, Emmanuelle Haïm est pianiste et organiste de formation. Après des études de clavecin auprès de Kenneth Gilbert et de Christophe Rousset, et de nombreux Premiers Prix au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, sa passion pour l’expression vocale la pousse à se consacrer à la direction du chant, d’abord au Centre de Musique Baroque de Versailles, puis au CNSM. Elle est sollicitée par les plus grandes voix qu’elle accompagne volontiers en récital. Elle développe très vite une activité régulière de continuiste et d’assistante musicale, ce qui lui donne l’occasion de se produire sur les scènes les plus réputées.

C’est tout naturellement qu’elle commence à diriger, et on la retrouve bientôt sur les plus prestigieuses scènes internationales en tant que chef invitée pour diriger des formations de renom. En 2001, Haïm connaît un succès retentissant au Glyndebourne Touring Opera, avec Rodelinda, puis avec Theodora de Haendel en 2003. Elle est la première femme à diriger la compagnie du Chicago Lyric Opera dans Giulio Cesare, en 2007.

Artiste fidèle du Glyndebourne Festival Opera, elle y présente à l’été 2008, L’incoronazione di Poppea de Monteverdi. Par ailleurs, elle dirige régulièrement l’Orchestra Of The Age of Enlightenment, l’Orchestre Symphonique de Birmingham (CBSO), le Scottish Chamber Orchestra, le Deutsche Sinfonie Orchester Berlin ainsi que l’Orchestre de Francfort, le Hessischer Rundfunk Orchestra.

En mars 2008, Emmanuelle Haïm est pour la première fois à la tête de l’Orchestre Philharmonique de Berlin. Elle dirigera Idomeneo de Mozart en février 2010 avec l’orchestre et le chœur de l’Opéra de Paris au Palais Garnier, dans une mise en scène de Luc Bondy.

En 2000, elle fonde Le Concert d’Astrée, qu’elle mène rapidement sur les chemins du succès. L’orchestre se produit aussi bien dans Rameau ou Lully que dans Monteverdi, Purcell, Haendel ou encore Mozart. De Paris à New York et dans de nombreux festivals en France et à l’étranger (Londres, Berlin, Salzbourg, Amsterdam), Le Concert d’Astrée enchaîne les représentations. Ce succès est couronné en 2003 par la Victoire de la Musique Classique récompensant le meilleur ensemble de l’année.

En 2004, l’orchestre s’installe en résidence à l’Opéra de Lille. Emmanuelle Haïm et Le Concert d’Astrée y donnent les représentations scéniques de Tamerlano de Haendel, puis L’Orfeo de Monteverdi à l’automne 2005.

En 2005, pour poursuivre son projet avec Le Concert d’Astrée<, elle crée le Chœur du Concert d’Astrée qui se joint à l’orchestre sur de nombreux projets.

Lors des productions lyriques scéniques, Emmanuelle Haïm et Le Concert d’Astrée collaborent avec de grands noms de la mise en scène comme Jean-François Sivadier, Robert Wilson, David McVicard, Giorgio Barberio Corsetti, Sandrine Anglade, Stuart Seide et Claude Buchvald dans Dardanus de Rameau à l’Opéra de Lille, au Théâtre de Caen et à l’Opéra de Dijon à l’automne 2009.

Parmi les versions scéniques dirigées par Haïm, citons Thésée de Lully, Hippolyte et Aricie de Rameau, Giulio Cesare de Haendel, L’Orfeo de Monteverdi, Les Noces de Figaro de Mozart, The Fairy Queen de Purcell…

Le site officiel de l’Opéra de Paris

Le site officiel du Concert d’Astrée d’Emmanuelle Haïm

Ecoutez notre rencontre-podcast avec Emmanuelle Haïm

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