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Iggy ou Jackie ?

Sur les écrans ce 1er février, un biopic décalé consacré à la veuve de JFK et un documentaire sur les Stooges de l'Iguane...

Par Marc Zisman | Vidéo du jour | 1 février 2017
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Deux visages de l'Amérique des années 60 s'affichent sur les grands écrans ce mercredi 1er février 2017 : Jacqueline Kennedy née Bouvier et James Osterberg alias Iggy Pop. Un biopic et un documentaire pour deux B.O. indispensables ! Abordant le cas Jacqueline Kennedy de façon joliment singulière, Pablo Larrain a donc choisi pour la musique de son film Jackie qui sortira sur les écrans français le 1er février, une partition elle aussi joliment singulière. Le cinéaste chilien a ainsi confié à Mica Levi le soin d’habiller en notes la vie de l’ancienne First Lady au moment de l’assassinat de son illustre mari, en novembre 1963. C’est avec la B.O. du film Under The Skin que la Britannique, plutôt habituée à naviguer dans l’underground du rock indé avec son groupe Micachu & The Shapes, avait signé, en 2014, sa toute première musique pour le 7e Art. Mica Levi avait alors composé une œuvre oppressante, minimaliste, expérimentale et fascinante. Et son rythme électronique anxiogène était le parfait compagnon de ce film de Jonathan Glazer au style et à la beauté envoûtants… Avec Jackie, les images comme le sujet sont tout autre. Le glamour de l’héroïne, la période (le début des sixties), l’Amérique d’avant le conflit vietnamien, la tragédie JFK et les images léchées de Larrain auraient pu suggérer une B.O. luxuriante voire grandiloquente. Mica Levi a l’intelligence de mettre un grain de sable dans les rouages d’une partition baignant dans les cordes. Tout est dans le thème génial qui, comme pour Under The Skin, utilise un glissando appuyant la face onirique pour ne pas dire irréelle de la situation. Comme un twist léger porteur d’étrangeté… La Jackie Kennedy de Pablo Larrain est une extra-terrestre qui semble planer malgré le poids de la douleur et le regard de la planète toute entière posé sur elle et ses enfants. Et cette étrangeté qui se dégage de toute la partition de Mica Levi est indissociable des images de ce magnifique film ovni porté par une Natalie Portman renversante... Sans doute pour des raisons commerciales, cette musique a été étrangement éclipsée de la bande-annonce du film :



Une interview de Mica Levi réalisée en novembre dernier :



Ann Arbor à deux jets de pierre de Detroit. De là décolle l’aventure Stooges pilotée par Iggy Pop. Une cité industrielle ne peut qu'enfanter un rock agressif comme une machinerie d'usine. La première secousse sismique de ces Stooges qui parait durant l’été 1969 sera donc la bande originale des Temps Modernes et de la révolte qu'elle ne peut que susciter. Armées de pédales wah-wah et de fuzz déglinguées, les guitares de Ron Asheton tranchent dans le gras, la rythmique préhistorique de Scott Asheton et Dave Alexander martèle et le reptile Caruso ne peut qu'appeler à la rébellion. Le conflit vietnamien s'enlise, la jeunesse américaine s’emmerde (No Fun à tous les étages) et l'Iguane et ses Crétin se vautrent dans un génial manifeste nihiliste, sorte de garage rock chamanique porté par les hymnes I Wanna Be Your Dog, 1969 et No Fun. Une histoire qui a marqué au fer rouge Jim Jarmusch au point que le cinéaste américain consacre au défunt gang d’Iggy un documentaire intitulé Gimme Danger - The Story Of The Stooges (sur les écrans français le 1er février) dont la B.O. convoque les hymnes (Gimme Danger, No Fun, I Wanna Be Your Dog, 1969, Loose et autres Down The Street) et quelques raretés.



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