L'Oreille en coin Une Radio dans la radio

Une Radio dans la radio

L'Oreille en coin

Inbegrepen: 1 Booklet

Verschenen op 10 juni 2015 bij INA Mémoire vive

Hoofdartiest: Various Interprets

Genre: Cabaret/ Komedie / Luisterboek > Frans > Historische documenten

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Album : 4 albums - 36 tracks Totale duur : 04:33:03

    ALBUM 1
  1. 1 Les Malheurs de Muller 1 : « La caméra invisible » (1969

    Jacques Muller, comédien

  2. 2 Flirt : José Artur avec Marie Laforêt (1969)

    José Artur, journaliste - Marie Laforêt, comédienne & chanteuse

  3. 3 Les Malheurs de Muller : « J’embrasse mal » (1969

    Jacques Muller, comédien

  4. 4 Shaker : « Vivre ! », par Emmanuel Den et Kriss (1970)

    Emmanuel Den, comédien - Kriss, comédienne

  5. 5 Les Malheurs de Muller : « La Lettre » (1969)

    Jacques Muller, comédien

  6. 6 Les Malheurs de Muller : « Je ronfle éveillé » (1969)

    Jacques Muller, comédien

  7. 7 Bande à part : qui étiez-vous à 17 ans, Jean Gabin ?, par Simon Monceau et François Jouffa (1970)

    Jean Gabin, comédien - Simon Monceau, journaliste - François Jouffa, journaliste

  8. 8 Les Malheurs de Muller : « Renvoyé » (1969)

    Jacques Muller, comédien

  9. ALBUM 2
  10. 1 Les petits monstres, par Claude Dominique (1976, rediffusé 1986)

    Claude Dominique, journaliste

  11. 2 La grande aventure du CNRS : les pygmées Aka, par Robert Arnaut (1977)

    Robert Arnaut, journaliste

  12. 3 L’Orteil en coin, par Patrice Serres, Nadine Serres, Sophie Barrouyer (1979)

    Les élèves de l’école de la rue du Pont de Lodi - Pierre Gripari, écrivain

  13. 4 Jeune, jolie mais seule (JJMS), par Simon Monceau et François Jouffa (1975)

    Simon Monceau, journaliste - François Jouffa, journaliste - Danielle, candidate

  14. ALBUM 3
  15. 1 Dialogue de début d’émission

    Nicolas Sarkozy, homme politique - Maurice Horgues, chansonnier - Jacques Mailhot, journaliste - Patrick Burgel, imitateur - Pierre Saka, journaliste - Françoise Morasso, journaliste

  16. 2 Portrait de Nicolas Sarkozy par Maurice Horgues

    Maurice Horgues, chansonnier

  17. 3 « Tout tout tout sur Sarkozy », parodie par Pierre Saka et Michel Guidoni

    Pierre Saka, journaliste - Michel Guidoni, journaliste

  18. 4 Entretien avec Françoise Morasso

    Nicolas Sarkozy, homme politique - Françoise Morasso, journaliste

  19. 5 Petites saynètes neuilliennes, par Maurice Horgues et Jacques Mailhot

    Maurice Horgues, chansonnier - Jacques Mailhot, journaliste

  20. 6 Nicolas Sarkozy et les desserts

    Nicolas Sarkozy, homme politique

  21. 7 Introduction de la 2e partie de l’émission

    Nicolas Sarkozy, homme politique - Annie Cordy, chanteuse

  22. 8 Nicolas Sarkozy et Annie Cordy

    Nicolas Sarkozy, homme politique - Annie Cordy, chanteuse

  23. 9 Mitterrand et Kouchner

    Nicolas Sarkozy, homme politique

  24. 10 Fleur de papillon

    Nicolas Sarkozy, homme politique

  25. 11 Avec Pasqua

    Nicolas Sarkozy, homme politique - Charles Pasqua, homme politique

  26. 12 Tata yoyo mimi roro

    Nicolas Sarkozy, homme politique

  27. 13 Nicolas Sarkozy et les sondages

    Nicolas Sarkozy, homme politique

  28. 14 Fin de l’émission

    Nicolas Sarkozy, homme politique - Maurice Horgues, chansonnier - Jacques Mailhot, journaliste - Patrick Burgel, imitateur - Pierre Saka, journaliste - Françoise Morasso, journaliste

  29. ALBUM 4
  30. 1 Le Képi qui tourne, par Kriss et Alain Le Douarin (1975)

    Kriss, comédienne - Alain Le Douarin, guitariste

  31. 2 Les Nouvelles du Monde : La Radioscopie de Cléopâtre, par Jacques Chancel, Juliette Gréco (1978)

    Juliette Gréco, comédienne & chanteuse - Jacques Chancel, journaliste

  32. 3 Les Nouvelles du Monde : la Tour de Babel, par Kathia David (1978

    Kathia David, journaliste

  33. 4 Néné le Phallo, par Kriss et Alain Le Douarin (1978)

    Kriss, comédienne - Alain Le Douarin, guitariste

  34. 5 Dans la ville de Paramaribo, il y a une rue qui monte et qui ne descend jamais, par D. Mermet (1979)

    Daniel Mermet, journaliste

  35. 6 monde à part : le pays de Pierre Codou, par Emmanuel Den (1976, rediffusé 1981)

    Pierre Codou, producteur - Emmanuel Den, journaliste

  36. 7 Du cinéma pour L’Oreille : Serge Gainsbourg (1976), par Thomas Sertillanges et Gilles Davidas

    Thomas Sertillanges, journaliste - Gilles Davidas, journaliste - Serge Gainsbourg, auteur, compositeur & chanteur

  37. 8 « Vassilissia », par Daniel Mermet

    Daniel Mermet, journaliste

  38. 9 Giacomo Confetto, par Denis Cheissoux (1986)

    Jacques Langlois, journaliste - Denis Cheissoux, journaliste

  39. 10 L’Oreille en coin : indicatif

    Jim Wild Carson, musicien

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Details over de originele opname:

4 heures et 33min - Enregistré entre 1968 et 1989 - Notes en anglais
MULLER Jacques
Les Malheurs de Muller 1 : « La caméra invisible » (1969)
ARTUR José
Flirt : José Artur avec Marie Laforêt (1969)
MULLER Jacques
Les Malheurs de Muller : « J’embrasse mal » (1969)
DEN Emmanuel
Shaker : « Vivre ! », par Emmanuel Den et Kriss (1970)
MULLER Jacques
Les Malheurs de Muller : « La Lettre » (1969)
Les Malheurs de Muller : « Je ronfle éveillé » (1969)
GABIN Jean
Bande à part : qui étiez-vous à 17 ans, Jean Gabin ?, par Simon Monceau et François Jouffa (1970)
MULLER Jacques
Les Malheurs de Muller : « Renvoyé » (1969)
DOMINIQUE Claude
Les petits monstres, par Claude Dominique (1976, rediffusé 1986)
ARNAUT Robert
La grande aventure du CNRS : les pygmées Aka, par Robert Arnaut (1977)
GRIPARI Pierre
L’Orteil en coin, par Patrice Serres, Nadine Serres, Sophie Barrouyer (1979)
MONCEAU Simon
Jeune, jolie mais seule (JJMS), par Simon Monceau et François Jouffa (1975)
SARKOZY Nicolas
Dialogue de début d’émission
HORGUES Maurice
Portrait de Nicolas Sarkozy par Maurice Horgues
SAKA Pierre
« Tout tout tout sur Sarkozy », parodie par Pierre Saka et Michel Guidoni
MORASSO Françoise
Entretien avec Françoise Morasso
Petites saynètes neuilliennes, par Maurice Horgues et Jacques Mailhot
SARKOZY Nicolas
Nicolas Sarkozy et les desserts
Introduction de la 2e partie de l’émission
CORDY Annie
Nicolas Sarkozy et Annie Cordy
SARKOZY Nicolas
Mitterrand et Kouchner
Fleur de papillon
Avec Pasqua
Tata yoyo mimi roro
Nicolas Sarkozy et les sondages
Fin de l’émission
KRISS
Le Képi qui tourne, par Kriss et Alain Le Douarin (1975)
GRECO Juliette
Les Nouvelles du Monde : La Radioscopie de Cléopâtre, par Jacques Chancel, Juliette Gréco (1978)
DAVID Kathia
Les Nouvelles du Monde : la Tour de Babel, par Kathia David (1978
KRISS
Néné le Phallo, par Kriss et Alain Le Douarin (1978)
MERMET Daniel
Dans la ville de Paramaribo, il y a une rue qui monte et qui ne descend jamais, par D. Mermet (1979)
CODOU Pierre
monde à part : le pays de Pierre Codou, par Emmanuel Den (1976, rediffusé 1981)
GAINSBOURG Serge
Du cinéma pour L’Oreille : Serge Gainsbourg (1976), par Thomas Sertillanges et Gilles Davidas
MERMET Daniel
« Vassilissia », par Daniel Mermet
CHEISSOUX Denis
Giacomo Confetto, par Denis Cheissoux (1986)
CARSON Jim Wild
L’Oreille en coin : indicatif Liste des participants : Jacques Muller, comédien
José Artur, journaliste
Marie Laforêt, comédienne & chanteuse
Jacques Muller, comédien
Emmanuel Den, comédien
Kriss, comédienne
Jean Gabin, comédien
Simon Monceau, journaliste
François Jouffa, journaliste
Claude Dominique, journaliste
Robert Arnaut, journaliste
Les élèves de l’école de la rue du Pont de Lodi
Pierre Gripari, écrivain
Danielle, candidate
Nicolas Sarkozy, homme politique
Maurice Horgues, chansonnier
Jacques Mailhot, journaliste
Patrick Burgel, imitateur
Pierre Saka, journaliste
Françoise Morasso, journaliste
Maurice Horgues, chansonnier
Michel Guidoni, journaliste
Maurice Horgues, chansonnier
Annie Cordy, chanteuse
Charles Pasqua, homme politique
Alain Le Douarin
, guitariste
Juliette Gréco, comédienne & chanteuse
Jacques Chancel, journaliste
Kathia David, journaliste
Daniel Mermet, journaliste
Pierre Codou, producteur
Emmanuel Den, journaliste
Thomas Sertillanges, journaliste
Gilles Davidas, journaliste
Serge Gainsbourg, auteur, compositeur & chanteur
Jacques Langlois, journaliste
Denis Cheissoux, journaliste
Jim Wild Carson, musicien
L’Oreille en coin, une radio dans la radio : Le coffret de l’émission de France InterL’Oreille en coin a eu une très longue vie d’émission de radio. Entre mars 1968 et juillet 1990, elle a eu le temps de faire des week-ends de France Inter un lieu à part : une vraie radio dans la radio. Jusqu’à trois demi-journées de programmes, ironiques, innovants et modernes. Du jamais entendu jusque là ! La radio de L’Oreille était une radio sans vedettes, à la fois sophistiquée et populaire, chic et pour tous. C’était un atelier créatif qui contenait en lui-même toutes les formes de radios. Il y a eu bien sûr les dimanches matins des chansonniers, où sont passés Jean Amadou, Pa0trick Burgel, Pierre Saka, Maurice Horgues, Jacques Mailhot, Françoise Morasso, Pierre et Marc Jolivet, Alex Métayer, Yves Lecoq... Et où, à partir de 1984, les hommes et les femmes politiques ont défilé pendant des années. Certains vieux briscards n’ont pas hésité à mettre à l’épreuve leur sens de la répartie, comme Gaston Defferre, Valéry Giscard d’Estaing ou Edgar Faure. Pareil pour les jeunes loups du moment, parmi lesquels Alain Juppé, Dominique Strauss-Kahn, ou même un certain Nicolas Sarkozy.Et puis il y a eu les samedis et dimanches après-midis, moments de convivialité et d’inventivité radiophonique. Ils sont nombreux à y avoir appris leur métier, ou développé leur talent : Kriss, Daniel Mermet, Paula Jacques, Denis Cheissoux, Gilles Davidas, Agnès Gribes, Daniela Lumbroso, Leïla Djitli, Christine Lamazière, Emmanuel Den, Marie-Odile Monchicourt, François Jouffa, Simon Monceau, Kathia David, Thomas Sertillanges, Eve Ruggieri... Ils côtoyaient certains anciens qui marquaient déjà l’histoire de la radio : Claude Dominique, Yann Paranthoën, Gérard Sire, Robert Arnaut... Un voisinage fécond permis par Jean Garretto et Pierre Codou, les deux figures qui ont créé et dirigé L’Oreille en coin.
CD 1 – Les années TSFDes mars 1968 à septembre 1971, L’Oreille en coin ne s’appelle pas encore L’Oreille en coin, mais TSF 68, puis TSF 69, TSF 70 et TSF 71. Après trois ans, le titre est modifié à la demande de Jacques Sallebert, nouveau directeur de la radio.
Dès les premières années, l’émission occupe trois demi-journées du week-end : samedi après-midi, dimanche matin, dimanche après-midi. Et déjà, l’idée est de trancher avec les radios devenues des robinets à musique, en proposant une radio élaborée, préparée, insolente, ironique et poétique.1/ Les Malheurs de Muller : « La caméra invisible » (1969) – 4’33’’Jacques Muller était un comédien qui, pendant des années, a fait des « micros cachés » pour TSF puis pour L’Oreille en coin. Son humour absurde, associé à un physique de Français moyen, en fait un ancêtre trop méconnu de Jean-Yves Lafesse. « On avait acheté un sac d’écolier, que Muller tenait à la main », se remémore Jean Garretto, producteur de L’Oreille en coin avec Pierre Codou. « On avait fait faire par les services techniques de Radio France un petit parapluie muni d’un micro, qu’il mettait en travers du sac... De cette manière, le son était bon, parce que personne n’imaginait ce que cachait l’extrémité du parapluie. Il pouvait carrément le mettre dans le nez des gens, sans que ça pose problème. »
Chaque semaine, celui que tout le monde appelle tout simplement « Muller », la petite cinquantaine dégarnie, se voit confier une « mission ». Son parapluie-micro bien en avant, il doit approcher ses proies innocentes en respectant un scénario, issu souvent d’une cogitation de plusieurs heures menée avec Garretto et Codou. Ce qui peut l’amener à jouer, comme ici, un benêt cocu face à une dame bien gentille qui comprend tout bien avant lui.2/ Flirt : José Artur avec Marie Laforêt (1969) – 13’51’’Dans Flirt, José Artur, fameux tenancier du Pop Club depuis 1965, doit deviner l’identité de son interlocutrice en jouant les dragueurs. Il joue de sa voix, de son charme et de son humour, tout en menant l’enquête. « Êtes-vous connue ? », « Est-ce que je vous connais ? », « Êtes-vous jolie ? » sont les trois questions clés qui arrivent dès le début des 26 minutes de l’émission. Homme du monde, familier du Tout-Paris artistique, José Artur a très tôt des indications. Mais son interlocutrice, installée dans un studio à l’étage inférieur, est souvent joueuse. C’est le cas ici, avec Marie Laforêt. La comédienne-chanteuse, franche camarade de José Artur dans la vie, camoufle sa voix et s’arrange avec la vérité...3/ Les Malheurs de Muller : « J’embrasse mal » (1969) – 3’26’’bL’homme des micro cachés, toujours empêtré dans des problèmes conjugaux, cherche à tester ses baisers sur une étudiante de passage. En tout bien tout honneur, évidemment...4/ Shaker : « Vivre ! », par Emmanuel Den et Kriss (1970) – 6’58’’Jeunes comédiens, Emmanuel Den et Kriss sont arrivés un jour, presque par hasard, dans le bureau de Jean Garretto et Pierre Codou, les deux producteurs de TSF. « Je me souviens qu’on avait sous le bras une valise qui contenait tout ce qu’on avait écrit ensemble », dit Kriss. « Codou et Garretto nous ont dit : "Allez-y". Et on leur a fait une sorte de show, là, devant eux. A la fin du show, ils nous lancent : "C’est très bien, vous avez un studio chaque semaine et on se revoit dans trois mois. Faites-nous une émission par semaine, qui ne sera pas diffusée, mais ça vous permettra d’apprendre". » C’est ce qu’ils ont fait. Pendant trois mois, Emmanuel Den et Kriss mélangent des sketchs et des improvisations enregistrées dans les rues. « Au bout de trois mois, Codou et Garretto ont tout écouté avec nous et ils ont repéré quatre émissions qui tenaient debout », continue Kriss. « C’étaient des séquences de dix minutes très travaillées, très mixées. Ils nous annoncent : "Vous commencez en mars". C’était parti ! »
Cette première production, diffusée dans TSF 70, s’intitule « Shaker ». Elle est faite d’interpellations de quidams dans la rue ou dans les bistros, de musiques (pop ou classique), d’improvisations, de dialogues sans queue ni tête. C’est inattendu, rythmé, différent.5/ Les Malheurs de Muller : « La Lettre » (1969) – 2’37’’Lettre de rupture et quiproquos. Et encore un pauvre passant victime de Muller.6/ Les Malheurs de Muller : « Je ronfle éveillé » (1969) – 2’40’’

Tout est dans le titre : un micro caché qui emmène l’auditeur dans une autre réalité !

7/ Bande à part : qui étiez-vous à 17 ans, Jean Gabin ?, par Simon Monceau et François Jouffa - (1970) – 15’26’’La séquence « Bande à part », le samedi après-midi, est produite par François Jouffa et Simon Monceau. Ils réalisent des choses assez provocantes, expérimentant certains montages nerveux, très secs, très « cut ». Pour la série « Qui étiez-vous à 17 ans ? », ils rencontrent certaines vedettes qui évoquent leur jeunesse. Jean Gabin en fait partie. A l’époque, il se considère plus agriculteur que comédien et n’est pas connu pour aimer bavarder devant un micro. « Quand on est allé voir Gabin, on pensait qu’il arrêterait l’entretien au bout d’un quart d’heure », se souvient Simon Monceau aujourd’hui. « Mais il s’est laisser emporter dans le récit de sa jeunesse... »8/ Les Malheurs de Muller : « Renvoyé » (1969) – 3’30’’Dragueur de bas étages et mauvais employé : voilà un nouveau rôle pour Muller, qui déclenche une crise par téléphone interposé.
CD 2 – L’Oreille en coin du samedi après-midiHeure du conte, de l’aventure ou de la provocation, L’Oreille du samedi après-midi laisse s’exprimer des caractères forts et des créateurs 1/ Les petits monstres, par Claude Dominique (1976, rediffusé 1986) – 20’36’’Claude Dominique a marqué des générations d’auditeurs. Au Club d’Essai dans les années 50, puis à France Inter, France Culture, France Musique. Elle arrive à L’Oreille en coin en 1972, et crée des séquences uniques où elle associe sa connaissance précise de la chanson, ses références littéraires multiples (Alexandre Vialatte, les Dadas, l’Oulipo...), sa voix « rauquailleuse » et sa science du montage de la bande magnétique.
Ses séquences, diffusées le samedi après-midi, étaient fabriquées tard dans la nuit précédente, souvent en compagnie de Yann Paranthoën (ingénieur du son) et de Laurent Capelli (monteur). « Mémoires de poche », « J’suis pas amère, j’suis pas aigrie, mais ça m’fout en rogne », « C’était un scandale hier », « On attendait Groucho et ce fut Marx », « Des Petits cailloux dans l’engrenage », « Dieu et Dieu font trois », « Les pages rousses du petit Larose »... les titres des ses émissions sont les vitrines de son style : du rire scientifiquement distillé, deuxième et troisième degré, sous-entendus.
Dans « Les petits monstres », Claude Dominique évoque l’enfance, mélange sketchs et bandes de hasard, passe son propre fils au Questionnaire de Proust et retouve un délire absurde signé Ionesco. 2/ La grande aventure du CNRS : les pygmées Aka, par Robert Arnaut (1977) – 13’14’’L’Oreille en coin était une structure souple. Celui qui a le plus expérimenté cette souplesse s’appelle Robert Arnaut : « J’annonçais à mes amis Codou et Garretto que je partais, par exemple, chez les Pygmées Aka. Je leur disais que cette tribu se trouvait à la frontière de la République centrafricaine, du Congo et du Zaïre, quelque part en forêt équatoriale. "On peut te joindre ?", me demandaient mes deux amis. Réponse : absolument pas. "Tu vas rester combien de temps ? " Je ne sais pas. Et voilà, je partais !
Au retour, je revenais à L’Oreille en coin, qui était mon point de chute, ma maison. J’informais les deux producteurs : eh bien, là, sur les Pygmées Aka, j’ai la matière pour huit émissions. "D’accord, on te donne l’antenne pendant huit émissions", me disaient-ils. Et je prenais l’antenne pendant huit émissions, à l’issue desquelles je leur annonçais que je partais en Inde. "Bon, eh bien très bien. Combien de temps ? " Je ne sais pas. Et on me remplaçait ! Ce n’était pas un cadre tracé. » Ici, Robert Arnaut accompagne l’éthnomusicologue et membre du CNRS Simha Arom dans une tribu de pygmées Aka, justement. Une forme de grand reportage intime.3/ L’Orteil en coin, par Patrice Serres, Nadine Serres, Sophie Barrouyer (1979) – 13’11’’Le principe de L’Orteil en coin était le suivant : une classe d’élèves de 9 à 12 ans interviewe un artiste, choisi par eux. Et évidemment, face aux enfants, la vedette ne pouvaient pas refuser certaines questions bizarres, spéciales, ou gênantes... La grande réussite de cette séquence de L’Oreille en coin vient du montage très patient et très précis, signé Hélèné Pommier, du travail des producteur (une journée d’enregistrement pour une heure diffusée), associés à la grande « radiogénie » des enfants, spontanés et inattendus. Ici, les élève de l’école de la rue du Pont de Lodi, dans le 6e arrondissement de Paris, rencontrent Pierre Gripari, l’auteur des Contes de la rue Broca.4/ Jeune, jolie mais seule (JJMS), par Simon Monceau et François Jouffa (1975) – 29’42’’Entre 1975 et 1977, « JJMS » marque son époque. L’émission s’attaque au célibat des jeunes actives, phénomène nouveau à l’époque, et le traite avec une certain sens de la provocation. Le principe est le suivant : chaque semaine, une femme (jeune jolie mais seule) est invitée et vient raconter ses déboires sentimentaux. Elle est face à Simon Monceau et François Jouffa, qui jouent l'un de procureur, l'autre l’avocat de la défense. L'émission prend la forme d'un procès, dont la question centrale est de savoir si la fille au micro est « coupable de célibat ». « Le procureur l'agresse. L’avocat la défend », décrit aujourd’hui François Jouffa. « Puis quelques témoins, famille ou amis, viennent dire ce qu’ils pensent d’elle ».
Par la suite, un jury, composé de quelques auditeurs, décide de sa « culpabilité », et si elle mérite (ou pas) sa situation de célibataire. « A la fin, soit on donnait à cette jeune femme les fiches (noms, prénoms, téléphones) des hommes qui avaient téléphoné pendant l’émission pour la rencontrer, soit on les déchirait en direct. Vous imaginez la méchanceté au micro ! » L'émission est donc à la fois cruelle, ironique et dans l'air du temps. Un Tournez manège avant l'heure, version dure. Simon Monceau ajoute : « A l’antenne, on avait avec ces filles une relation à la fois tendre et violente. Il y avait un gentil et un méchant : il en ressortait forcément quelque chose. La dramaturgie était parfaite ». Ici, la candidate s’appelle Danielle, 30 ans. C’est le seule enregistrement de JJMS qui a été conservé en deux ans d’émission.
CD 3 – L’Oreille en coin du dimanche matin.Dès le départ, le dimanche matin de L’Oreille est réservé au rire. Jean Amadou y crée son style de chroniqueur ironique et confident, bientôt remplacé par Maurice Horgues, fameux chansonnier. Jacques Mailhot y fait ses débuts. Patrick Burgel devient l’imitateur attitré de l’émission, Pierre Saka lui écrit des textes... Agnès Gribes joue longtemps les « Madame Loyal », puis Françoise Morasso lui succède.
En septembre 1984, L’Oreille en coin inaugure une nouvelle formule en invitant les hommes et femmes politique à participer à l’émission. C’est une première pour une émission de divertissement. Jusqu’en juillet 1990, elle fera l’événement tous les dimanches matins sur France Inter. Près de 4 millions d’auditeurs en feront un grand succès populaire.
Respectant scrupuleusement l’équilibre politique, L’Oreille en coin des politiques n’est pas une émission polémique. On y met les invités à l’aise pour leur envoyer quelques piques, mais c’est un dialogue entre les « chansonniers journalistes » et l’élu à leurs côtés. Il règne dans l’émission « une certaine courtoisie un petit peu vinaigrée (...) et il n’est pas question de mettre les invités en difficulté ou de les faire sauter sur leur chaise », expliquera Maurice Horgues. « Notre modération est relative, mais fait partie du jeu. »
Sur le fauteuil de L’Oreille en coin du dimanche matin, quelques vieux lions de la Ve République (qui sont parfois aussi ceux de la IVe !) vérifieront le bon état de leur répartie, la plupart du temps avec succès, comme Gaston Defferre, Edgar Faure ou Jacques Chaban-Delmas. Mais certaines jeunes pousses ne dédaignent pas se frotter à l’équipe. Ainsi, le 23 avril 1989, Nicolas Sarkozy, 34 ans, entre dans le studio 105 de France Inter. L’équipe l’accueille chaleureusement, non sans faire remarquer son jeune âge. Le député-maire de Neuilly reconnaît qu’il est encore « à l’état de projet ». Il évoque ses débuts en politique auprès de Jacques Chirac, Achille Peretti et Charles Pasqua, un voyage aux Etats-Unis avec Brice Hortefeux, sa gourmandise et les sondages. Entre autres.
CD4 – L’Oreille en coin du dimanche après midiLe dimanche après-midi est le moment du reportage, des essais poétiques, des montages bizarres. Un laboratoire où se retrouvent beaucoup de voix féminines (Kriss, Agnès Gribes, Paula Jacques, Christine Lamazière, Marie-Odile Monchicourt, Kathia David, Leïla Djitli, Daniela Lumbroso...) et quelques voix masculines (Emmanuel Den, Daniel Mermet, Denis Cheissoux...). Autant d’individualités qui sauront cohabiter, s’apprécier, créer ensemble, avec l’aide de techniciens attentifs comme Yann Paranthoën, Guy Senaux, Joseph Rémiot, Edouard Camprasse. Ensemble, ils produisent une radio reflet de son époque, rentre-dedans, féministe, musicale et drôle tour à tour. 1/ Le Képi qui tourne, par Kriss et Alain Le Douarin (1975) - 2’33’’Kriss, revenue de « Shaker » (CD 1), est devenue l’une des voix vedettes de L’Oreille, intervieweuse insolente, séductrice et faussement ingénue. Avec Alain Le Douarin (alors guitariste de Maxime Le Forestier), ils font plusieurs sketchs partiellement improvisés au micro, comme ce drôle de Képi qui tourne.2/ Les Nouvelles du Monde : La Radioscopie de Cléopâtre, par Jacques Chancel, Juliette Gréco (1978) – 8’27’’Dans la séquence Les Nouvelles du Monde, de Thomas Sertillanges, Gilles Davidas, Kathia David et l’historien Gérard Caillet racontent les grands événements de l’histoire au présent. Ils demandent ainsi à des grands témoins de réagir comme s’ils venaient de les vivre à l’instant. Ainsi Suzanne Flon joue Jeanne d’Arc, Françoise Sagan parle des Borgia, Jean-François Kahn décrit l’enterrement de Socrate, Gilbert Picard, journaliste à la rédaction de France Inter, commente le grand incendie de Londres comme s’il était envoyé spécial, Macha Béranger reçoit l’appel d’un certain Rachid, qui a participé à la construction de la pyramide de Kheops...
Et Jacques Chancel adapte sa fameuse émission Radioscopie, dans laquelle il reçoit Cléopâtre, interprétée par Juliette Gréco. 3/ Les Nouvelles du Monde : la Tour de Babel, par Kathia David (1978) – 1’58’’Un fameux micro-trottoir devant la Tour de Babel. Toutes les langues, recueillies par Kathia David, pour les Nouvelles du Monde.4/ Néné le Phallo, par Kriss et Alain Le Douarin (1978) – 4’52’’« L’Oreille en coin, c’était un espace de passion », explique aujourd’hui Paula Jacques, arrivée à l’émission en 1975. « L’Oreille, c’était le seul endroit de la radio qui offrait une liberté totale, et permettait une vision contestataire de la société du moment. On était tous gauchistes et féministes ! », dit-elle. Il est vrai que les relations hommes-femmes sont des thèmes qui nourrissent beaucoup de séquences dans les années 1970. Ainsi, Kriss et Alain le Douarin réalisent cette saynète intitulée « Néné le phallo ». Un « phallo simpliste (...) même pas le phallocrate malin ». 5/ Dans la ville de Paramaribo, il y a une rue qui monte et qui ne descend jamais, par Daniel Mermet (1979) – 5’34’’A partir de 1977, Daniel Mermet devient une des voix de L’Oreille, grave, séductrice et légère à la fois. Et après quelques mois, il produit Dans la ville de Paramaribo, il y a une rue qui monte et qui ne descend jamais : 40 minutes de voyages, mêlant textes oniriques, ambiances lointaines et indéfinies, musiques. C’est de la poésie brute, purement radiophonique.
Avant ça, le futur producteur de Là-bas si j’y suis a été étudiant aux Beaux-Arts, puis aux Arts appliqués, où il a commencé le théâtre. Par la suite, il a travaillé avec Paul Grimault, l’ami de Prévert, le créateur du dessin animé Le Roi et L’Oiseau.
Placer des mots sur la musique, et raconter à l’économie : dès la première production qu’il signe pour L’Oreille, Mermet trouve son style. Yann Paranthoën, preneur de son de L’Oreille en coin, se souvient : « Mermet avait le sens de la voix à placer sur la musique. Il a compris très vite que le son était à prendre en compte. Il avait ce talent de poser sa voix sur la musique en rythme, sans jamais déranger le son. Ce qui n’est pas facile. » C’est un « poète sur gamme », ajoute Guy Senaux, lui aussi ingénieur du son de l’émission.
Le modèle qu’ont en tête Codou et Garretto est une certain Stéphane Pizella, une voix plus ancienne, qui présentait dans les années 50 et 60 « Les Nuits du bout du monde ». Après avoir écouté et réécouté les archives de Pizella, Mermet rapporte le premier numéro de Dans la ville de Paramaribo, il y a une rue qui monte et qui ne descend jamais. 6/ Un monde à part : le pays de Pierre Codou, par Emmanuel Den (1976, rediffusé 1981) – 20’42’’Pierre Codou, le coproducteur de L’Oreille en coin, revient sur les lieux de son enfance, près du Vigan, dans les Cévennes, grâce à Emmanuel Den. Très rarement présent derrière un micro, il refait là le chemin depuis l’école jusqu’à sa maison, tout en se dissimulant derrière un personnage (réel ? inventé ?) prénommé Raoul.
Ce reportage a été diffusé une première fois en 1976, puis en 1981, après la mort de Pierre Codou.7/ Du cinéma pour L’Oreille : Serge Gainsbourg (1976), par Thomas Sertillanges et Gilles Davidas – 12’42’’Du cinéma pour L’Oreille est la première série de Thomas Sertillanges et Gilles Davidas. Dans ce numéro, ils ont amené Serge Gainsbourg sur les lieux de son enfance. A la fois enthousiasmé et un peu triste de ce retour, le chanteur se livre beaucoup au détours des rues du 9e arrondissement de Paris, où il a passé son enfance, à quelques mètres en dessous de Pigalle. 8/ « Vassilissia », par Daniel Mermet (1979) – 8’49’’Il y a juste un tout petit peu de lumière... et des parfums de vieille Russie dans ce conte musical.9/ Giacomo Confetto, par Denis Cheissoux (1986) – 6’40’’Un scientifique au ton docte (interprété par Jacques Langlois) qui s’appuie sur l’Histoire, un journaliste informé qui le relance (Denis Cheissoux) : cet entretien sur le découvreur des confetti a tout l’air sérieux. Le canular est réussi, certains auditeurs de la première diffusion ont même écrit pour en savoir plus ! 10/ L’Oreille en coin : indicatif – 2’38’’Big Fat Man, par Jim Wild Carson, a servi d’indicatif à L’Oreille en coin pendant l’essentiel de la durée de l’émission, mais il n’a été diffusé dans son intégralité qu’à la fin de la toute dernière émission, le 2 septembre 1990.

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