L’anglais Arcam a dévoilé récemment une toute nouvelle gamme d’électroniques destinée, entre autres, à la jeune génération. Nous avons testé l’amplificateur intégré A25 et le streamer ST5 auxquels il faudra adjoindre une paire d’enceintes.

Arcam propose un catalogue complet d’appareils pour constituer des ensembles HiFi et home cinema. Elle prend soin d’appliquer la même esthétique à toutes les électroniques afin qu’elles soient immédiatement assimilées à la marque. Depuis quelques années, celle-ci se caractérise par le haut et le bas de la façade légèrement bombés ainsi qu’un coloris gris moyen.

Avec cette nouvelle série Radia, on change du tout au tout. Les boîtiers deviennent noirs, avec une petite touche de jaune. Les façades sont planes, de couleur noir elles aussi. Quant à l’affichage, il passe par une ligne de texte très simplifiée uniquement. Cela leur donne un aspect moderne, dépouillé, mais pas dénué de style, bien au contraire. Nous avons pu mettre en œuvre deux des cinq modèles Radia, les autres étant des intégrés de puissance moindre et un lecteur CD.

Amplificateur intégré A25

Prix: 1799 €
Puissance: 2x100 Watts sous 8 ohms
DAC: PCM 32/384, DSD1024
Connectivité: 3x entrées analogiques RCA, 1x entrée phono MM, 2x numériques coaxiales, 1x numérique optique, 1x USB-C, 1x sortie pre-out, 1x sortie casque 3.5mm, Bluetooth bidirectionnel
Autres: télécommande IR
Dimensions: 431 x 344 x 83 mm
Poids: 9 kg
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Streamer ST 5

Prix: 950 €
DAC: PCM 24/192, DSD128
Connectivité: WiFi 4, Ethernet, Bluetooth LE, USB, 1x analogique RCA, 1x numérique coaxiale, 1x numérique optique
Réseau: webradios, UPnP, AirPlay 2, Chromecast, Qobuz intégré
Autre: télécommande IR
Dimensions: 431 x 344 x 57 mm
Poids: 3,5 kg

Présentation générale des éléments Radia

Le dessin retenu par Arcam pour cette nouvelle série Radia est assez novateur tout en restant élégant. Dépouillée, la façade de l’amplificateur intégré A25 offre un minimum de commandes : un potentiomètre de chaque côté, pour la sélection des sources à gauche, pour le volume à droite. Sur le streamer ST5 cela va encore plus loin : il n’y a aucun bouton ! L’essentiel passera donc par la télécommande ou l’application mobile.

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© Qobuz

Les arêtes des boîtiers sont douces, tandis que les faces avant font appel à une sorte d’acrylique noir transparent pour laisser apparaître l’afficheur derrière. Ce dernier offre deux lignes de texte sur l’amplificateur, une seule sur le streamer. Il est dommage qu’Arcam n’ait pas utilisé le même afficheur pour les deux appareils car on remarque une différence de luminosité et de taille de caractères entre les deux. C’est vraiment de l’ordre du détail mais les plus pointilleux le verront sûrement.

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Les ailettes pour le refroidissement de la face supérieure de l’amplificateur sont peintes en jaune sur leur tranche. Tout comme un liseré de la même couleur est présent sur les pieds, sur les côtés et de façon rétroéclairée autour des potentiomètres. Lorsque l’on est assis face à l’appareil tout cela est presque invisible. Discrète, la couleur se dévoile par petites touches sous certains angles. Le panneau supérieur est plus profond que celui sous l’appareil, cela permet de cacher toute la connectique qui n’est pas visible depuis le dessus.

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L’amplificateur A25 est le plus puissant de la gamme avec 2x100 Watts sous 8 ohms. A l’intérieur, un gros transformateur toroïdal prend place derrière la façade. Il est protégé par une sorte de coupole métallique pour l’isoler du reste des composants. L’ensemble est positionné sur une unique carte électronique accueillant l’alimentation, les condensateurs ou encore le DAC. Le radiateur a été positionné au centre avec des orifices sous et sur le châssis pour laisser circuler la chaleur. L’intérieur du streamer ST5 est bien moins rempli. L’alimentation prend place sur une carte séparée de tout ce qui concerne le son. Mais plus de la moitié du châssis reste vide, comme dans la quasi-totalité des streamers du marché.

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Utilisation des éléments Radia

L’amplificateur A25 dispose de pas moins de huit entrées audio pour autant de sources. Il y a tout d’abord quatre entrées analogiques, dont une est dédiée à la liaison d’une platine vinyle avec cellule MM. On trouve ensuite quatre entrées numériques : deux coaxiales, une optique et une USB. Celle-ci est au format USB-C, cohérente avec les besoins d’aujourd’hui. Elle accepte les flux PCM en 32 bits à 384 kHz ainsi que le DSD1024 au maximum. La sortie pre-out permet de brancher un caisson de basse par exemple. Quant au port RJ11, il se destine à la synchronisation avec le streamer ST5.

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Le cordon de synchronisation est fourni avec le streamer. Grâce à lui, une seule télécommande permet de tout contrôler et d’allumer/éteindre les appareils Radia de concert. Le ST5 dispose de deux sorties numériques et d’une sortie analogique. Cela vous laisse le choix du DAC : celui intégré au streamer ou celui de l’ampli A25, c’est comme vous voulez. Le ST5 ajoute un port USB pour la lecture directe de fichiers sur une clé ou un disque dur. Quant au réseau, là aussi vous avez le choix : Ethernet ou WiFi. Enfin, le Bluetooth est présent sur les deux appareils, avec la fonction de diffusion sur le A25 afin de rediriger le son vers un casque sans fil.

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Malgré le dépouillement visuel et l’afficheur textuel uniquement, ces deux appareils Arcam Radia disposent d’un menu de configuration. Sur l’amplificateur, on peut renommer les entrées, configurer une entrée en bypass pour le home cinema, régler la veille automatique ou mettre à jour l’appareil. Sur le streamer, on choisit le type de sortie, le volume maximum ou encore un filtre numérique. La synchronisation entre les deux éléments se configure dans ces menus. La télécommande étant identique pour le A25 et le ST5, il est possible de les reconfigurer pour n’en utiliser qu’une seule qui fait tout.

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Le streamer se pilote également depuis l’application mobile Radia. Son écran d’accueil liste les différents services, dont Qobuz qui est intégré, les radios web et les dossiers partagés. L’écran de présélection donne un accès direct et rapide à vos stations préférées. Elles peuvent être rappelées par la télécommande infrarouge également. Du côté de Qobuz, tous les menus habituels sont intégrés pour accéder aux recommandations et à vos favoris, playlists et achats. A ce propos, on peut ajouter des titres à une playlist Qobuz ou la supprimer dans sa globalité. Du côté rédactionnel, on a bien accès aux critiques des albums via le « + » en haut de la page, ou bien à la biographie d’un artiste depuis le moteur de recherche par exemple. Mais l’ergonomie globale n’est pas aussi fluide qu’avec d’autres applications concurrentes. Alternativement, vous pouvez utiliser l’app Qobuz native puis passer par AirPlay ou Chromecast, ou bien par Roon (qui n’était pas encore actif au moment de notre test).

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A l’écoute

Cet ensemble composé de deux éléments peut être séparé. Vous pouvez choisir l’un ou l’autre et l’associer à des appareils de marques différentes. Cependant, il serait dommage de se passer de la cohérence esthétique et de la synchronisation entre streamer et ampli. C’est pourquoi nous avons testé l’ensemble Radia sur lequel nous avons simplement connecté nos enceintes Dynaudio de référence. Aucun réglage à effectuer : ils n’existent pas dans la gamme Radia, mis à part le filtre numérique dont l’effet est toujours très subtil.

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A l’écoute du dernier album d’Arrested Development, Bullets in The Chamber, la rythmique est restituée avec force et conviction. Le hip-hop de ce groupe plus que trentenaire passe très bien à travers les électroniques Arcam Radia. La puissance semble démesurée et sans limite. Nos Dynaudio au format bibliothèque sont à la fête. Le A25 n’aura aucun mal à alimenter des enceintes bien plus imposantes et à mettre en mouvement des haut-parleurs de grand diamètre.

La scène sonore déployée par cet ensemble est d’un excellent niveau comme nous pouvons le vérifier à l’écoute du quartet de Bobby Watson. Elle se matérialise bien en arrière des enceintes en faisant disparaître totalement les enceintes. On ressent les micro-réverbérations qui donnent beaucoup d’air et donnent de la vie au saxophone parfaitement détouré au centre. Les autres instruments à l’arrière sont positionnés un peu plus bas avec une excellente lisibilité. Il n’y a aucun effort à faire pour distinguer la batterie au fond, le piano sur la droite.

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L’album remastérisé G. Love & Special Sauce bénéficie d’une production exceptionnelle. Les percussions et la guitare sont parfaitement captées. Ce que les Arcam Radia s’empressent de nous restituer avec un niveau de réalisme plus que convaincant. La rapidité, les appuis sur les cordes, les micro-informations, le respect des timbres, tout est là. De plus, on ressent l’ambiance avec un fort effet de présence dans notre pièce d’écoute. On pourrait presque croire qu’un loudness est activé par défaut tant le grave est puissant et présent.

Nous terminons avec les Danses Slaves de Dvorak par l’Orchestre Symphonique de Prague. Une nouvelle fois, une belle profondeur, un bon étagement des plans et une séparation des instruments facilitent l’immersion dans l’œuvre. Peut-être pourrions-nous avoir des choses à redire sur la finesse et le filé ou d’autres menus détails que nous réservons à l’analyse d’appareils bien plus onéreux. Mais cet ensemble propose une telle richesse sonore que l’on profite tout simplement de la musique. Dans sa catégorie, l’ensemble Arcam Radia est déjà plus qu’au niveau, il le surpasse.

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Arcam a réussi son pari en créant ce nouvel ensemble d’appareils simples à utiliser mais dont les compétences sonores sont bien au-dessus de la moyenne. Avec l’intégré A25 et le streamer ST5, la musique jaillit dans la pièce sans être projetée de façon artificielle. La restitution n’est pas avare en grave, ce qui devrait charmer la plupart de ceux qui écouteront les Radia. Inutile de chercher à les séparer tellement l’osmose est totale. La puissance disponible sera apte à maîtriser la plupart des enceintes de tous formats. Voilà un bel ensemble moderne et discret, un investissement HiFi qui devrait combler tous les amoureux de musique.

Musicalité évidente Réserve de puissance Présentation moderne et qualitative
Pas d’entrée HDMI Ergonomie de l’app perfectible Afficheurs différents sur l’ampli et le streamer