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Rock - Paru le 19 juin 2020 | Columbia

Hi-Res Distinctions 4F de Télérama - Pitchfork: Best New Music
A quelques encablures de ses 80 printemps, Bob Dylan donne de ses nouvelles. Pour de bon cette fois. Premier album de chansons originales depuis Tempest en 2012, Rough and Rowdy Ways paraît alors que la planète vit des heures agitées à tous les niveaux. Évidemment, le Zim a toujours détesté cette étiquette de « porte-parole d’une génération » que certains lui collèrent dans le dos durant les 60's et les 70's, quand le monde n’allait pas tellement mieux. Mais entendre cette voix, quel qu’en soit l’ADN, poétique ou politique, ésotérique ou historique, a toujours résonné comme une parenthèse enchantée et salvatrice. Comme cette cuvée 2020, d’une richesse impressionnante et que certains, vu son grand âge, interprètent déjà comme un recueil crépusculaire, quasi testamentaire…L’histoire de cet album a débuté le 27 mars 2020 lorsque Dylan publie sans prévenir Murder Most Fool, une chanson de 17 minutes autour de l’assassinat de Kennedy et qu’il place ici à la fin de ce Rough and Rowdy Ways. Un choc plus parlé que chanté, musicalement presque en sourdine, mêlant tirade politique et culture pop(ulaire) avec une armada de références parmi lesquelles les Beatles, Joni Mitchell, Wanda Jackson, Robert Johnson, le Grateful Dead, les Who, Elvis Presley, Joan Baez, Little Richard, Billie Holiday, Patsy Cline, Etta James, John Lee Hooker, Nina Simone, les Eagles, Stan Getz, Thelonious Monk, Charlie Parker, Woody Guthrie, Ella Fitzgerald, Nancy Sinatra, Stevie Nicks, Miles Davis, Chet Baker, Randy Newman et même Ludwig van Beethoven ! Comme toujours chez lui, le lisible côtoie le flou et les docteurs et experts en dylanisme passeront des mois à décrypter chaque mot, chaque verbe de leur idole. Comme il l'a expliqué dans une interview au New York Times, « trop entrer dans les détails n'a pas d'importance. Cette chanson est comme une peinture, vous ne pouvez pas tout voir en même temps si vous vous tenez trop près. Toutes ces pièces individuelles ne sont qu'une partie d'un tout. »Rough and Rowdy Ways est aussi un tout durant lequel Dylan alternait entre vieux blues abrasifs sans fioriture (Crossing the Rubicon, False Prophet) et valses délicates aux teintes sépia. Dans ce torrent de mots plutôt que de notes, il évoque les droits civiques, la guerre, la religion, la mort, lui-même aussi (« Je ne suis pas un faux prophète / Je sais juste ce que je sais / Je vais où seul le solitaire peut aller ») et mille autres sujets. Il déroule ce qui ressemble davantage à des monologues teintés de poésie plutôt qu’à des structures de chansons classiques comme le furent au siècle dernier ses Blowin' in the Wind, Mr. Tambourine Man, Lay Lady Lay, Hurricane et autres Like a Rolling Stone. En cela, on n’entre pas si aisément dans ce Dylan qui confesse, murmure ou psalmodie avec le charisme du vieux sage. A l’arrivée, Rough and Rowdy Ways confirme que même s’il est invariablement un homme de blues, de folk, de jazz et de country, Bob Dylan reste un genre musical à lui seul. © Marc Zisman/Qobuz
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Rock - Paru le 31 octobre 2014 | Columbia - Legacy

Hi-Res Distinctions 4F de Télérama - Grammy Awards
Les Basement Tapes furent une parenthèse totalement à part dans la carrière de Bob Dylan. Une parenthèse conçue avec le Band (qui s’appelait alors les Hawks) et qui sortit sous la forme d’un double album en juin 1975, près de huit ans après son enregistrement… Après son grave accident de moto du 29 juin 1966, le Zim s’était donc retiré dans sa maison de Woodstock pour se reposer, composer et enregistrer en compagnie du groupe de Robbie Robertson. Les sessions se déroulèrent en 1967 dans son home studio ou dans la cave de celle du groupe baptisée Big Pink. Les dylanophiles savent tous que ce trésor était bien plus riche que les simples 24 titres présents sur le double album d’origine. Aussi, l’édition qui parait en 2014, The Basement Tapes Complete: The Bootleg Series, Vol. 11, réunit la totale de ces moments de création intense, à savoir 138 titres ! Si certains circulaient depuis longtemps dans diverses versions pirate, elles trouvent enfin ici un écrin digne de ce nom. Cette somme de 6 CD est un océan de blues, de thèmes country et de ballades folk. De prime abord, on pense écouter de sympathiques longues jams entre potes faites essentiellement de reprises mais ce sont des pans entiers des « musiques classiques américaines » qui sont ici revitalisées. Bob Dylan, Robbie Robertson, Rick Danko, Richard Manuel, Levon Helm et Garth Hudson connaissent si bien ce vaste répertoire qu’ils attrapent par le col que le ton qu’ils ont ici trouvé est renversant d’originalité. Un trip intense, dense et passionnant. © MD/Qobuz
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Rock - Paru le 2 novembre 2018 | Columbia - Legacy

Hi-Res Distinctions 4F de Télérama - Best New Reissue
Ce volume 14 des Bootleg Series de Bob Dylan est sans doute le plus attendu puisqu’il concerne l’album que beaucoup de ses fans considèrent comme son plus grand : Blood on the Tracks. Dans son autobiographie, le Zim citera Tchekhov comme inspiration majeure de ce disque publié en janvier 1975. Mais c’est évidemment la séparation d’avec sa femme Sara qui hante ce chef-d’œuvre. Sa prose touche au sublime, et chaque mot est un paysage de l’âme, juste, sans aucune faute de goût. Son folk-rock est orné d’une rythmique présente mais jamais en surpoids, d’une instrumentation de goût et de chapelets de guitares juste là pour chanter la mélodie. Toutes ses saynètes introspectives, à l’écriture pure et sobre, montre un Dylan plus humain que jamais, artistiquement revitalisé par cette période personnellement douloureuse. Bref, un Dylan magistral qui alterne entre chansons mélancoliques, coups de gueule et, comme à son habitude, pièces mystérieuses. Ce coffret de plus de 80 titres propose chronologiquement les séances new-yorkaises ainsi que celles de Minneapolis. Dylan avait réalisé une première version de son disque, décidant de tout réenregistrer sur les conseils de son frère David Zimmerman. L’album officiel mélangera des prises des deux sessions. Faux départs, tâtonnements, prises alternatives, changements de tempo ou d’instrumentation, c’est l’élaboration de A à Z de Blood on the Tracks qui traverse les oreilles tout au long de ce dantesque More Blood, More Tracks: The Bootleg Series Vol. 14 (Deluxe Edition). Indispensable. © Marc Zisman/Qobuz
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Pop/Rock - Paru le 10 janvier 1964 | Columbia

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Sorti en janvier 1964, huit mois après The Freewheelin’ Bob Dylan, The Times They Are A-Changin’ consacre Bob Dylan comme le leader incontesté du courant protestataire du folk américain. Si l’album offre plusieurs « protest songs » définitives, il marque une évolution subtile vers une écriture plus introspective. Dès cette époque, le rôle d’oracle dans lequel les mouvements progressistes le cantonnaient le restreignait dans sa liberté d’artiste. L’assassinat du président démocrate John Fitzgerald Kennedy en novembre 1963 le choqua beaucoup et le questionna sur le pouvoir de la musique à influencer le cours du réel. Même si la chanson titre, sorte d’ode aux idées nouvelles, se réfère plus à des passages de la Bible qu’à l’actualité brûlante du moment, Bob Dylan y sous-entend que s’il y a révolte contre l’ordre ancien, elle n’est possible qu’à partir d’une décision individuelle aboutissant à un mouvement collectif exempt de suivisme.  « With God On Our Side », qui a été son morceau le plus repris dans les années 60, est un autre classique de la chanson engagée. Elle raconte les multiples conflits de l’histoire des Etats-Unis où le nom de Dieu fut invoqué pour justifier des attaques sanglantes. L’astuce suprême de Bob Dylan est de donner à ce titre des airs de cantique religieux sur fond d’une mélodie et d’une partie du texte empruntés au « Patriot Game » de l’irlandais Dominic Behan (1957). « When The Ship Comes In » fait appel à des références religieuses venant directement de la Bible (« la Genèse ») puisque le navire évoque l’arche de Noé. Cette ode à la défaite du mal deviendra un hymne traduit en plusieurs langues et son vers « le monde entier nous regarde » sera chanté par les manifestants gauchistes lors de la Convention Démocrate de Chicago en 1968. « Only A Pawn In Their Game », seule « protest song » traitant de l’actualité, est une évocation brûlante de l’assassinat de Medgar Evers, responsable pour le Mississippi de l’Association Nationale pour la Défense des Gens de Couleur. Le propos original du chanteur est de démontrer qu’assassins et victimes sont tous deux victimes du système mis en place par ce Sud si foncièrement raciste. La solution radicale pour Bob Dylan ne peut venir que de la suppression totale de la politique ségrégationniste. Dans ce contexte engagé, on trouve quelques chansons d’amour qui traitent de sa relation avec Suze Rotolo sa petite amie de l’époque. La première, « One Too Many Mornings » est une ballade mélancolique où par une nuit d’angoisse, Bob Dylan réfléchit à la fragilité du lien amoureux. La voix est toute en retenue comme accablée par la tristesse. La seconde, « Boots Of Spanish Leather » nous montre un Dylan dépité par le long voyage de Suze en Italie. Cette période de solitude le rendra extrêmement prolifique puisqu’il va composer en quelques années plus de 200 chansons. L’album se ferme sur l’étrange « Restless Farewell  » où le jeune Dylan fait un bilan contrasté de son parcours de chanteur engagé. La déclaration d’indépendance de Dylan « rester ce que je suis, dire adieu et m’en ficher complètement » préfigure l’oeuvre à venir où des thèmes plus personnels vont supplanter progressivement les préoccupations militantes. S’il demeure plutôt austère par son ton parfois messianique, l’album conforte la maîtrise par Bob Dylan d’un folk habile où, à l’inverse de la plupart de ses collègues, il évite la grandiloquence et réussit à rester sobre et incisif, en un mot universel. © ©Copyright Music Story François Bellion 2017
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Pop/Rock - Paru le 9 juin 1970 | Columbia

Distinctions Pitchfork: Best New Reissue
La série Bootleg lancée par Bob Dylan et son label Columbia offrent avec ce dixième tome l’un de ses volumes les plus essentiels. Il rassemble principalement des inédits, des démos et des prises alternatives des deux albums enregistrés par le Zim en 1970 : Self Portrait et New Morning. Une nouvelle mine d’or pour tous les aficionados du grand songwriter américain mais aussi une éventuelle porte d’entrée pour les novices désireux de se plonger (enfin) dans l’œuvre protéiforme et génial du bonhomme.
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Rock - Paru le 7 juin 2019 | Columbia - Legacy

Hi-Res Distinctions Best New Reissue
En 2002, Dylan consacrait le volume 5 de ses Bootleg Series à la fameuse Rolling Thunder Revue, sa tournée culte de l’automne 1975/printemps 1976, jusqu'alors seulement immortalisée par l'album Hard Rain. Une embardée de 57 concerts qui faisait suite à la sortie de l’un de ses meilleurs disques, Blood on the Tracks, et pour laquelle il s’est notamment entouré de son ex Joan Baez, de Roger McGuinn du Band, de Joni Mitchell, mais aussi de Ramblin' Jack Elliott, Kinky Friedman, Bob Neuwirth, T-Bone Burnett, du guitariste de David Bowie Mick Ronson et de la violoniste Scarlet Rivera. Cette tournée fut exceptionnelle car atypique dans le parcours de son auteur. Les chansons de Dylan (alors âgé de 34 ans et en plein chaos sentimental) trouvaient un habillage original mêlant tradition folk (l’esprit de Woody Guthrie règne un peu partout), esprit informel « entre potes » et modernité grâce notamment à la guitare glam de Ronson. Surtout, le Zim transforme sa virée de plusieurs mois en barnum rock où le vrai faux chaos artistique régnant est élevé au rang d’art suprême.Avec The Rolling Thunder Revue : The 1975 Live Recordings, les dylanophiles vont s’évanouir : 148 titres (dont plus de 100 jamais publiés !) sur 14 disques pour plus de 10 heures et demie de musique ! Cette caverne d’Ali Baba réservée à ses fans hardcore réunit les cinq concerts enregistrés de la tournée, dans leur intégralité, ainsi que les répétitions aux studios SIR à New York et au Seacrest Motel à Falmouth. Sans oublier un disque bonus compilant d’autres performances rares extraites de cette Rolling Thunder Revue. Il faut prendre le temps de se plonger dans ce long mais passionnant document historique. Une tranche de vie et de création qui met à nu le cas Dylan dans toute sa complexité. Son rapport à la tradition. Sa façon d’exister dans son temps. Son rapport à l’écriture mais aussi à ceux qui l’entourent. Un vrai trésor qui sort simultanément avec Rolling Thunder Revue: A Bob Dylan Story by Martin Scorsese, passionnant documentaire produit par Netflix et dirigé par le réalisateur de Taxi Driver sur cette tournée clé de l’histoire du rock. © Marc Zisman/Qobuz
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Pop/Rock - Paru le 6 novembre 2015 | Columbia - Legacy

Hi-Res Distinctions Pitchfork: Best New Reissue
Et les portes de la caverne d’Ali-Baba que sont les Bootleg Series de Bob Dylan s’ouvrent cette fois sur la période 1965-1966. The Cutting Edge, douzième épisode de la collection, contient des enregistrements studio totalement inédits, des chansons jamais entendues auparavant, des out-takes, des morceaux de répétition et des versions alternatives enregistrés lors des sessions de Bringing It All Back Home, Highway 61 Revisited et Blonde On Blonde, trois des albums les plus importants du Zim… Plus important encore, The Cutting Edge 1965-1966: The Bootleg Series Vol. 12 offre une rare exploration du processus créatif du songwriter en studio. Cette Deluxe Edition de 6CD comprend en prime la session complète de Like A Rolling Stone. Evidemment, on est tenté de réserver ce genre de publication aux fans hardcore de Dylan car être prêt à enquiller vingt versions de cette chanson, géniale soit-elle, est un trip bien particulier. Pourtant, The Cutting Edge 1965-1966: The Bootleg Series Vol. 12 offre à pénétrer au cœur du processus créatif de l’un des plus grands artistes du XXe siècle. Un périple qui n’a donc pas de prix. © MD/Qobuz
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Rock - Paru le 15 octobre 2010 | Columbia - Legacy

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Et un double ! Et même le premier de l’histoire du rock’n’roll ! Paru au milieu de l'année 1966, Blonde On Blonde est surtout un nouveau monument signé Bob Dylan. Un Dylan qui aura passé sa première décennie artistique à se remettre en question, à se revisiter et construire sur ce qu’il a détruit. Enregistré avec Robbie Robertson qui n’a pas encore formé The Band, ce septième album studio est un merveilleux patchwork qui secoue folk, blues, country et rock’n’roll dans tous les sens. Délirant ou introspectif, caustique ou émouvant, simple ou complexe, le Zim fait tout, chante tout. Visions Of Johanna, I Want You, Absolutely Sweet Marie, Rainy Day Women #12 & 35 et les onze minutes poignantes de Sad Eyed Lady Of The Lowlands, il enchaîne les perles comme autant de petits romans miraculeux. Et la planète rock ne sera (une fois encore) plus vraiment comme avant… © MZ
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Pop/Rock - Paru le 23 août 2013 | Columbia

Distinctions Pitchfork: Best New Reissue
La série Bootleg lancée par Bob Dylan et son label Columbia offrent avec ce dixième tome l’un de ses volumes les plus essentiels. Il rassemble principalement des inédits, des démos et des prises alternatives des deux albums enregistrés par le Zim en 1970 : Self Portrait et New Morning. Une nouvelle mine d’or pour tous les aficionados du grand songwriter américain mais aussi une éventuelle porte d’entrée pour les novices désireux de se plonger (enfin) dans l’œuvre protéiforme et génial du bonhomme. Cette Deluxe Edition comprend notamment en plus le concert du festival de l'Isle of Wight de 1969.
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Rock - Paru le 15 octobre 2010 | Columbia - Legacy

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Il était une icône folk hippy, il sera une rock star ! Ayant pactisé avec la fée électricité depuis Bringing It All Back Home, Bob Dylan désintègre sa propre image avec ce chef d’œuvre paru en août 1965 qu’il a conçu avec un vrai groupe rock emmené par le guitariste Mike Bloomfield. Sur ce sixième album studio produit par Bob Johnston, l’instrumentation est plus dense et riche qu’à l’accoutumée comme en témoigne Like A Rolling Stone et le Zim ose tous les styles, plongeant même sa plume cynique et parfois surréaliste (le cirque fou de Desolation Row) dans l’encre d’une certaine décadence… Et qu’il s’agisse de rock’n’roll nerveux et arrogant ou de blues folk à l’âme soul, c’est bien le nouveau personnage de Dylan qui prend forme au cœur de cette Highway cabossée et bigarrée. Une vraie révolution qui influencera toute la planète rock. © MZ
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Rock - Paru le 15 octobre 2010 | Columbia - Legacy

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L’Histoire sait que certains esprits étroits n’apprécièrent guère que Bob Dylan ait mis les doigts dans la prise. Tant pis pour eux car ce cinquième album paru en mars 1965 prouve que le génie dylanien fonctionne dans tous les contextes. Tous ! Sa prose prophétique comme ses mélodies renversantes font ici des étincelles inédites et Bringing It All Back Home est une orgie ultime où se croisent folk, blues, rock, country, chansons engagées, délires à la Burroughs, poésie, satire, rien ne manque à l’appel ! Une manière aussi pour le Zim d’insister sur le fait qu’il n’est le gourou ou le leader d’aucun mouvement. Juste un songwriter qui ne ressemble qu’à lui-même et qui influencera tous les habitants de la planète rock. © MZ
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Pop/Rock - Paru le 15 octobre 2010 | Columbia - Legacy

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Sorti en janvier 1964, huit mois après The Freewheelin’ Bob Dylan, The Times They Are A-Changin’ consacre Bob Dylan comme le leader incontesté du courant protestataire du folk américain. Si l’album offre plusieurs « protest songs » définitives, il marque une évolution subtile vers une écriture plus introspective. Dès cette époque, le rôle d’oracle dans lequel les mouvements progressistes le cantonnaient le restreignait dans sa liberté d’artiste. L’assassinat du président démocrate John Fitzgerald Kennedy en novembre 1963 le choqua beaucoup et le questionna sur le pouvoir de la musique à influencer le cours du réel. Même si la chanson titre, sorte d’ode aux idées nouvelles, se réfère plus à des passages de la Bible qu’à l’actualité brûlante du moment, Bob Dylan y sous-entend que s’il y a révolte contre l’ordre ancien, elle n’est possible qu’à partir d’une décision individuelle aboutissant à un mouvement collectif exempt de suivisme.  « With God On Our Side », qui a été son morceau le plus repris dans les années 60, est un autre classique de la chanson engagée. Elle raconte les multiples conflits de l’histoire des Etats-Unis où le nom de Dieu fut invoqué pour justifier des attaques sanglantes. L’astuce suprême de Bob Dylan est de donner à ce titre des airs de cantique religieux sur fond d’une mélodie et d’une partie du texte empruntés au « Patriot Game » de l’irlandais Dominic Behan (1957). « When The Ship Comes In » fait appel à des références religieuses venant directement de la Bible (« la Genèse ») puisque le navire évoque l’arche de Noé. Cette ode à la défaite du mal deviendra un hymne traduit en plusieurs langues et son vers « le monde entier nous regarde » sera chanté par les manifestants gauchistes lors de la Convention Démocrate de Chicago en 1968. « Only A Pawn In Their Game », seule « protest song » traitant de l’actualité, est une évocation brûlante de l’assassinat de Medgar Evers, responsable pour le Mississippi de l’Association Nationale pour la Défense des Gens de Couleur. Le propos original du chanteur est de démontrer qu’assassins et victimes sont tous deux victimes du système mis en place par ce Sud si foncièrement raciste. La solution radicale pour Bob Dylan ne peut venir que de la suppression totale de la politique ségrégationniste. Dans ce contexte engagé, on trouve quelques chansons d’amour qui traitent de sa relation avec Suze Rotolo sa petite amie de l’époque. La première, « One Too Many Mornings » est une ballade mélancolique où par une nuit d’angoisse, Bob Dylan réfléchit à la fragilité du lien amoureux. La voix est toute en retenue comme accablée par la tristesse. La seconde, « Boots Of Spanish Leather » nous montre un Dylan dépité par le long voyage de Suze en Italie. Cette période de solitude le rendra extrêmement prolifique puisqu’il va composer en quelques années plus de 200 chansons. L’album se ferme sur l’étrange « Restless Farewell  » où le jeune Dylan fait un bilan contrasté de son parcours de chanteur engagé. La déclaration d’indépendance de Dylan « rester ce que je suis, dire adieu et m’en ficher complètement » préfigure l’oeuvre à venir où des thèmes plus personnels vont supplanter progressivement les préoccupations militantes. S’il demeure plutôt austère par son ton parfois messianique, l’album conforte la maîtrise par Bob Dylan d’un folk habile où, à l’inverse de la plupart de ses collègues, il évite la grandiloquence et réussit à rester sobre et incisif, en un mot universel. © ©Copyright Music Story François Bellion 2017
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Folk - Paru le 18 octobre 2010 | Columbia - Legacy

Distinctions Discothèque Idéale Qobuz
Avec son deuxième album studio paru en mai 1963, Bob Dylan chamboule la folk music. Il a beau ressembler à un digne héritier de Woody Guthrie ou de Dock Boggs, la musique qu’il propose ici mêle à la fois poésie, contestation, allégories et relectures bien à lui de traditionals. Une guitare brute, une voix nasillarde ne ressemblant à aucune autre et un harmonica sans fioriture sont les simples armes d’un jeune Dylan (il n’a que 21 ans !) qui chante la révolte, l'âme, la terre, le ciel, le cœur, la guerre, l'amour, la haine, comme personne. Surtout, ce Freewheelin' Bob Dylan renferme déjà des chansons d’une maturité et d’une beauté à toute épreuve : Blowin' In The Wind, Girl From The North Country, Masters Of War, A Hard Rains' A-Gonna-Fall, Don't Think Twice It's Alright, I Shall Be Free, etc. © MZ
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Rock - Paru le 25 mars 2014 | Columbia

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Pop/Rock - Paru le 11 avril 1969 | Columbia

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Nashville Skyline sorti en avril 1969, provoque la stupéfaction chez le public et la critique. Même si le dernier titre de John Wesley Harding, « I’ll Be Your Baby Tonight » possédait un léger parfum country, Nashville Skyline est totalement consacré au genre. Pour les fans de Dylan, ce style musical est associé au conservatisme le plus étroit et ce fut un vrai supplice pour eux de le voir embrasser cette nouvelle palette. Ils sont aussi interloqués par la durée très courte de l’album (27 minutes) faisant naître chez eux un soupçon de sécheresse créative chez un chanteur plutôt prolifique habituellement. Mais le choc est surtout dans cette nouvelle voix : une tessiture de crooner romantique sans ce timbre nasal si caractéristique de Dylan. Celui-ci, pince sans rire, l’attribuera à l’arrêt de la cigarette. Certains vieux fans affirment qu’il possédait déjà ce type de voix à ses débuts juste avant qu’il se mette à imiter le timbre de Woody Guthrie. La country music, Bob Dylan la connaît depuis son adolescence à Hibbing où il écouta beaucoup d’artistes de cette mouvance dont sa première idole connue, le tourmenté Hank Williams. Selon un journaliste venu l’interviewer, Bob Dylan possédait de lui un songbook, preuve qu’il se ré-intéressait à cette musique appelée « Blues des Blancs ». Sur Nashville Skyline, il préfère adopter une musique country assez décontractée, positive où le thème principal est « l’amour qui fait tourner le monde ». Exit les élucubrations littéraires de Blonde On Blonde, les paraboles bibliques de John Wesley, les textes de Nashville Skyline sont simples et directs. L’ouverture de l’album par la nouvelle version « made in Nashville » de « Girl From North Country » en duo avec l’homme en noir Johnny Cash surprend par sa lenteur et sa touchante imperfection. Les deux chanteurs, qui se respectent énormément, semblent hésiter à joindre leurs voix ajoutant ainsi un cachet très spontané. Véritable curiosité de l’album, « Nashville Skyline Rag », premier instrumental de Bob Dylan est un concentré de bluegrass à l’ancienne exécuté par un orchestre alerte. « Peggy Day », « One More night » et « Country Pie » sont d’agréables morceaux qui peuvent être vus comme des hommages au style « hillbilly » et pas plus que cela. En revanche, « Lay Lady Lay » est une des pièces maîtresses de l’album (avec le mélancolique « I’ll Threw It All Away »), un morceau languissant et envoûtant qui fut, contre toute attente de son auteur, un de ses hits les plus vendus dans le monde entier. Ecrite à l’origine pour le film Macadam Cowboy, le réalisateur John Schlesinger lui préféra la chanson de Fred Neil interprétée par Harry Nilsson, « Everybody’s Talkin’ ». En bon fan d’Elvis Presley, Bob Dylan lui lance un hommage vocal dans « Tell Me It Isn’t True », aimable bluette sur un mari trompé. Mis à part son accueil assez mitigé en 1969, on peut affirmer que même s’il n’atteint pas les cimes des précédents opus, Nashville Skyline est un album de bonne facture où Bob Dylan explore avec simplicité et enthousiasme un genre qu’il a toujours aimé sincèrement et qu’il maîtrise aussi bien que les rois de Nashville. © ©Copyright Music Story François Bellion 2016

Rock - Paru le 1 novembre 2019 | Columbia - Legacy

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Nouveau chapitre des Bootleg Series de Bob Dylan, Travelin’ Thru, 1967-1969 s’appesantit sur cette période charnière de sa carrière, consécutive à son fameux accident de moto qui alimentera les rumeurs les plus folles (mort ? Kidnappé par la CIA ?). L’artiste ne réapparaît finalement que deux ans après l’incident avec un album sous forme de contrepied, John Wesley Harding, acoustique et marqué par l’histoire des Etats-Unis. Il sera suivi de Nashville Skyline, qui remporte un franc succès en raison de la présence d’une autre personnalité musicale de haut rang, Johnny Cash, au contraire de son successeur, Self Portrait, qui déconcertera les fans par ses ballades jugées mièvres et son aspect hétéroclite. C’est donc une période en dents de scie marquée par l’incessant jeu de chat et de la souris entre le public et l’icône folk qui refuse son statut, sèche son rendez-vous avec l’Histoire en évitant Woodstock, s’embourgeoise parfois musicalement tout en parvenant à se renouveler grâce à quelques fulgurances. Chutes de studio de ces trois enregistrements et prises alternatives nourrissent donc ce somptueux coffret. Sur le disque 1, l’auditeur a rendez-vous avec le « Zim » dans le studio A de Columbia, avec les prises alternatives de compositions issues des deux premiers albums précités (« Drifter’s Escape », « I Dreamed I Saw St. Augustine », « All Along the Watchtower », « John Wesley Harding » ou encore « I Pity the Poor Immigrant » de John Wesley Harding, et « Lay, Lady, Lay », « One More Night », « Peggy Day » ou encore « Country Pie » de Nashville Skyline). Il est agrémenté d’un inédit, « Western Road ». On retiendra en particulier « Lay, Lady, Lay », dans une version au plus près de l’os ou l’énergie brute de « Country Pie », qui transpire de virtuosité. Mention spéciale également pour All Along the Watchtower, plus nerveuse qu’à l’accoutumée, que même un harmonica strident ne parvient pas à gâcher. Les disques 2 et 3, eux, font la part belle aux collaborations de Bob Dylan avec Johnny Cash, comme l’essentiel « Girl From North Country » tirée d’une répétition et pourtant sublimée par la voix enveloppante de ce dernier qui la pose comme s’il s’agissait d’une prise définitive, ou « I Stil Miss Someone », dans une version alternative délectable. On retrouve également une version renversante de « Ring of Fire », propulsée par un piano très joueur. Les défauts sont exposés sans fard et c’est ce qui fait tout le charme de l’initiative, cette immersion temporelle au centre de la pièce, au milieu des musiciens règlant les deniers détails avant de figer ces classiques sur bande.  © ©Copyright Music Story Music Story 2019
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Pop/Rock - Paru le 16 janvier 1976 | Columbia

Après l’introspection douloureuse du plébiscité Blood On The Tracks, Desire  est un retour remarqué à la spontanéité du « live » et aux chansons narratives. Revenu à New York, il se reconnecte avec les musiciens de la ville et se remet à improviser sur scène comme dans sa jeunesse. Durant une « jam » impromptue dans un café, il croise le fer avec une intrigante violoniste au style très véloce, Scarlet Rivera. L’entente musicale est si intense qu’il l’engage sur-le-champ, donnant ainsi un ton gipsy à tout l’album. Un autre soir, au café « The other end », Bob Dylan rencontre par hasard Jacques Levy, ancien psychologue reconverti metteur en scène et occasionnellement parolier de Roger McGuinn le leader des Byrds. Levy l’encourage à écrire de grandes chansons narratives basées sur des histoires réelles. Les séances d’enregistrement ont lieu à New York où Bob Dylan invite tous les musiciens locaux disponibles. Un groupe se dessine au fur et à mesure comprenant Scarlet Rivera, une section rythmique imparable avec Rob Stoner à la basse et Howard Wyeth à la batterie. Pour les chœurs, Bob Dylan choisit la chanteuse Emmylou Harris qui collabora précédemment avec le grand chanteur de country Gram Parsons. Tous les titres furent gravés « live » dans la journée du 30 juillet 1975 et aux dires des musiciens, l’atmosphère était  extatique. Première « protest-song » de Bob Dylan depuis « George Jackson » en 1971, le fougueux « Hurricane » nous conte l’histoire vraie du boxeur noir Rubin Carter condamné pour un triple meurtre qu’il semble n’avoir pas commis. L’histoire est brillamment exposée et le trait de Bob Dylan est si plein de fiel contre les policiers et le tribunal acharné à piéger un homme de « couleur » que sous la pression des avocats de CBS, Bob Dylan doit réécrire une partie des textes pour éviter un procès. La chanson n’eut guère d’impact immédiat puisque Rubin Carter ne fut absous qu’en 1985, ce qui désola Bob Dylan, très impliqué dans le combat pour l’innocenter (libéré sous caution le 21 mars 1976 après le succès de la chanson, il fût à nouveau condamné à vie lors de son deuxième procès). La musique est-elle somptueuse, portée par une mélodie accrocheuse au parfum country. « Isis » est un autre sommet de Desire  : air entêtant, imagerie riche et histoire mystérieuse. Sur fond de recherche d’un trésor qui se révèle vite illusoire, un homme quitte sa bien aimée « Isis » pendant un voyage initiatique. L’humour abonde dans cette curieuse chanson sur la réconciliation notamment dans le dialogue final entre les deux époux.  Le thème central de l’album, le désir, est résumé dans trois vers et le court refrain du bouleversant « Oh Sister », supplique pour la réconciliation de l’homme et de la femme. Sur « Joey » (somptueux vocaux mêlés d’Emmylou Harris et Bob Dylan) et « Black Diamond Bay », le poète rock se fait conteur de mythes. La première est une réactualisation de la chanson classique sur le hors-la-loi, thème fréquent dans le folk. Ici, c’est Joey Gallo le bandit new-yorkais au grand cœur (« king of the street ») bien que la réalité (le parti pris d’empathie de Dylan fut dénoncé par certains critiques dont Lester Bangs) soit moins reluisante. « Black Diamond Bay » est la peinture plutôt farfelue des occupants d’un hôtel qui va être emporté par un tremblement de terre. Le dernier couplet nous montre le narrateur assistant goguenard à la scène retransmise à la télé dans sa chambre. Le panoramique « Romance In Durango » avec l’accompagnement mariachi évoque un Mexique idéalisé en western épique (Dylan y chante en espagnol, et fort bien), tandis que l’exotique « Mozambique » est une douce invitation au voyage et à la libération des sens. Le mélancolique « One More Cup Coffee », autre morceau-clé de Desire  part d’un élément banal -le café- pour se transformer en déclaration romantique à une gitane libre et exubérante. Les harmonies acrobatiques entre Emmylou Harris et Bob Dylan en font l’une des merveilles de l’album, avec la partie de violon en contrepoint. La seule chanson autobiographique est l’ultime de l’album (située ici pas par harsard), la ballade passionnée « Sara » dédiée à sa femme alors que leur mariage est au plus bas, dix ans après son poème amoureux « Sad-Eyed Lady of the Lowlands » destiné à la même Sara. Ici, plus de métaphores, plus d’images, plus de symboles. Bob Dylan s’y montre nu, comme dans un journal intime. Son chant y est d’ailleurs mixé différemment, plus « en avant », comme s’il se confiait et demandait le pardon de ses fautes. La rédemption. Porté par une musique étincelante et dépaysante et un Dylan enflammé, Desire  est numéro un des deux côtés de l’Atlantique et demeure un de ses plus beaux albums. Une collection de neuf chansons qui demeurent parmi ses toutes meilleures, où son génie à exprimer les expériences humaines n’a qu’un but, démontrer que tous nos actes et nos sentiments sont motivés par le Désir. Mais Dylan a sous-titré son album « chansons de rédemption », ce qui n’est pas innocent car il a toujours choisi ses mots scrupuleusement. Ce que notre « désir » obtient, se paie. Desire sera le parfait véhicule de la tournée épique Rolling Thunder Revue  où le chanteur, accompagné d’un groupe pléthorique en produira des versions féroces, documentées dans son film Renaldo and Clara. © ©Copyright Music Story François Bellion 2016
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Pop/Rock - Paru le 29 août 2006 | Columbia

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Pop/Rock - Paru le 26 mars 1991 | Columbia

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Pop/Rock - Paru le 20 août 1979 | Columbia

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