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Daniel Harding

C’est l’histoire d’un jeune homme doué et pressé. Il a tout juste 17 ans lorsqu’il envoie la cassette d’un concert qu’il vient de diriger à Simon Rattle. Au programme, le Pierrot lunaire de Schönberg. Intrigué, Rattle rencontre le jeune homme et le nomme aussitôt son assistant à Birmingham. Il y apprendra son métier avant d’aller travailler à la Philharmonie de Berlin aux côtés de Claudio Abbado. Le reste est déjà légende. Le monde musical, stupéfait, découvre ce jeune gringalet, blond, explosif comme un diable sortant d’une boîte, dirigeant en alternance avec Claudio Abbado le Don Giovanni de Mozart au Festival d’Aix-en-Provence 1998, dans une mise en scène de Peter Brook. Le tempérament et les tempi extrêmes du jeune Britannique déclenchent vite les passions et le nom de Daniel Harding, sorte de Harry Potter de la musique, est bientôt sur toutes les lèvres.


Le jeune homme tient ses promesses et son ascension se poursuit sur le même rythme que sa direction survoltée. Si le jeune homme ne semble jamais s’essouffler, la critique marque le pas et lui cherche des noises : trop jeune, trop agité, trop immature pour bientôt s’accorder à trouver en Daniel Harding un des principaux et des meilleurs chefs de la jeune génération.


Aujourd’hui, Harding rit de ses erreurs de jeunesse, tout en se souvenant qu’elles étaient exactement conformes à ce qu’il sentait à l’époque. « J’étais persuadé d’avoir raison » dit-il, amusé. Ce passionné de Gustav Mahler qu’il dirige très fréquemment est sur les cimes de la musique et largement au dessus des sommets les plus hauts de la planète depuis qu’il a obtenu sa licence de pilote de ligne. « La beauté nous met en danger » dit-il aussi et piloter un avion permet à ce grand excité de rester cool et en total accord avec lui-même. Son rêve ? Emmener « son » Orchestre de Paris en tournée en pilotant lui-même le jet. Si leur collaboration avait très mal commencé en 1997, c’est aujourd’hui une histoire d’amour et de confiance réciproque entre Daniel Harding et l’orchestre parisien dont il est le nouveau directeur musical. La parfaite qualité acoustique de la Philharmonie de Paris scelle cette lune de miel qui semble déboucher sur un mariage idéal.


Daniel Harding, comme le fait son aîné Simon Rattle, décomplexe les orchestres symphoniques en réintroduisant dans leurs programmes la musique baroque et les classiques viennois que les Baroqueux leur avaient dérobé, prouvant ainsi que l’on peut avoir une vision historiquement renseignée de la musique tout en utilisant les instruments de l’orchestre romantique.


Encore très jeune pour la direction d’orchestre qui reste souvent le royaume des vieux messieurs, Daniel Harding a de nombreux disques à son actif, avec des solistes, Renaud Capuçon, Maria-João Pires, Gautier Capuçon, Paul Lewis, Ian Bostridge, Isabelle Faust, Dorothea Röschmann et dans le répertoire symphonique avec des Symphonies de Brahms, de Mahler. Dans le domaine de l’opéra il a enregistré Don Giovanni, son opéra porte-bonheur, mais aussi Le Tour d’écrou et Billy Budd de Benjamin Britten. Son enregistrement du vaste oratorio de Robert Schumann, les Scènes de Faust (avec lequel il a d’ailleurs ouvert officiellement sa collaboration avec l’Orchestre de Paris) a été couvert de récompenses.


Très heureux de sa position actuelle, Daniel Harding regrette parfois d’avoir 42 ans et voudrait pouvoir revenir au début de sa carrière, au temps où il rêvait…d’avoir dépassé la quarantaine ! « Je sais, c’est ridicule » avoue-t-il en souriant, avant d’ajouter, «je ne cherche pas plus de reconnaissance, si j’étais Andris Nelsons ou Gustavo Dudamel, je n’aurais pas le temps de piloter un avion de ligne, et, en fait, cela me rend très heureux. »


© FH – décembre 2017 /Qobuz

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