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Cécile McLorin Salvant

Chanter juste est une chose. Bien chanter en est une autre. Cécile McLorin Salvant est pour sa part ailleurs. Là-haut, tout là-haut. A peine un quart de siècle passé sur terre et cette nouvelle voix jazz est un astre qui brille de mille feux… Née le 28 août 1989 à Miami en Floride, elle a étudié le droit français, le baroque et le jazz vocal à Aix-En-Provence avant de remporter le prestigieux concours Thelonious Monk en 2010 à seulement 20 ans devant un jury composé de Al Jarreau, Dee Dee Bridgewater, Patti Austin, Dianne Reeves et Kurt Elling !

Le grand public la découvre enfin avec l’album WomanChild qui parait en 2013 sur Mack Avenue Records. Tous comprennent rapidement que la jeune femme n’est pas un énième clone de Billie, Ella et Sarah mais une voix singulière, qui connait ses classiques et promène sa virtuosité sur des terres vierges. L’attente était immense pour les fans de jazz vocal. Car avant ce superbe opus, deux chansons gravées sur le disque de Jacky Terrasson avaient fait le buzz, et on savait Cécile McLorin Salvant prise en main par l'équipe de Wynton Marsalis (qui disait d'elle : « Elle a une tranquille assurance... et possède élégance, humour... soul, sensualité, puissance, virtuosité, tessiture, perspicacité, intelligence, profondeur, grâce… »).

Le répertoire est alors constitué de standards rares, Saint Louis Gal de Bessie Smith, John Henri de Big Bill Bronzy ou plus référencés, What A Little Moonlight Can Do que chantait Billie Holiday ou I Didn't Know What Time It Was que chantait Sarah Vaughan et de deux originaux, WomanChild qui a donné son nom à l'album et Le Front caché sur tes genoux sur un poème haïtien. L'orchestre qui l'accompagne est à la hauteur de l'enjeu : Aaron Diehl au piano, Rodney Whitaker à la contrebasse, Herlin Riley à la batterie et pour quelques titres, le guitariste James Chirillo.

Avec ce For One To Love qui parait également sur Mack Avenue en septembre 2015, Cécile McLorin Salvant hausse le ton. Un disque encore plus maîtrisé, plus complet et sur lequel sa voix fait encore plus de miracles. Du plus plus plus à tous les niveaux ! Surtout qu’en plus d’être une chanteuse de jazz de tout premier plan, elle est également une impressionnante compositrice comme le montrent les cinq chansons originales de cette cuvée 2015. Parmi les reprises de l'album, une version incandescente de Wives And Lovers, une ancienne composition de Burt Bacharach et Growlin’ Dan de Blanche Calloway (la première femme à diriger un orchestre d’hommes !) et What’s The Matter Now, initialement popularisé par Bessie Smith. Autre temps fort du disque, une relecture saisissante du Mal de vivre de Barbara. A l'arrivée, For One To Love s’avère surtout le plus bel écrin de la voix de la jeune chanteuse franco-américaine installée à Harlem : des aigus frémissants et des graves qui remuent l’âme, rien ne manque à l’appel de ce grand moment de jazz vocal. Un grand moment également dû à la musique servie ici par les quatre musiciens qui l’entourent : le pianiste Aaron Diehl, le contrebassiste Paul Sikivie, le batteur Lawrence Leathers et l’accordéoniste Vincent Peirani.


En 2018 avec The Window, Cécile McLorin Salvant opte ipour le duo voix/piano. Une sacrée épreuve du feu, sans fard, ni artifice, pour mettre encore plus en exergue son organe renversant. Un disque aussi en forme de méditation sur la nature complexe de l’amour, à travers des reprises de chansons signées Richard Rodgers, Cole Porter, Leonard Bernstein ou bien Stevie Wonder.


Quatre ans plus tard, son album Ghost Song (publié par le label Nonesuch) vient étoffer un peu plus son art. Histoire de bien montrer qu’il y aura un avant et un après Ghost Song, Cécile McLorin Salvant ouvre son album par une reprise, plutôt inattendue, de Wuthering Heights de Kate Bush qu’elle entame totalement a cappella. Certes, la Franco-américaine n’a jamais suivi à la lettre la tradition des chanteuses de jazz – ou de ce qu’on attend d’elles – mais elle enfonce ici un peu plus le clou tant dans sa diction, toujours aussi originale et fascinante, que dans l’instrumentation – éclectique – qu’elle a choisi. Et puis elle reconnait elle-même s’être vraiment intéressée, pour la toute première fois, à la production de son enregistrement. À une quête sonore et non seulement à offrir une simple photo d’elle et de son groupe, comme par le passé. Ici, la lauréate 2010 du Concours International Thelonious Monk ose tout. La ballade nonchalante, porté par le piano virtuose de son génial complice Sullivan Fortner (Moon Song), comme le vibrant sean-nós, ce style très ornementé de chant traditionnel irlandais (Unquiet Grave), ou la reprise à la fois sautillante et grandiloquente de Kurt Weill et Bertolt Brecht (The World is Mean). Ghost Song offre une sorte de gospel extra-terrestre avant d’atterrir sur un terrain plus feutré ou une déclamation théâtrale et ainsi de suite… On peut aisément être dérouté par cet éclectisme aux allures de saute-mouton avec les sons et les décennies, les continents et les humeurs. « J’ai fait un album comme je fais une playlist, capable d’enchaîner une musique du XIIe siècle à un titre de Kendrick Lamar… ». C’est dans cette originalité jamais gratuite, jamais vaine, que Cécile McLorin Salvant coupe les ponts avec une certaine tradition du jazz vocal. Tradition qu’elle ne rejette jamais, au contraire, mais qu’elle déstabilise comme sur Obligation. Comme pour mieux se l’approprier et l’empêcher de se noyer dans le formol de la muséification. Une chose est sûre : le jazz est vivant sur Ghost Song ! © MD/Qobuz

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