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Orchestre Philharmonique de Berlin

Orchestre Philharmonique de Berlin

Présentation de la saison 2013-2014 du Philharmonique de Berlin

Par Berlingot |

De retour de Berlin où était annoncée la saison 2013-2014 du Philharmonique, le Berlingot vous dit tout.

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Et voilà, votre Berlingot de service est de retour de sa journée à Berlin. Ce lundi, l’Orchestre Philharmonique de Berlin présentait sa nouvelle saison 2013-2014, les œuvres, les créations, les artistes, les surprises, les questions sans réponses aussi. Tout d’abord, le Directeur musical de l’Orchestre, Simon Rattle, accueillait – en deux phrases d’allemand puis en anglais, son allemand restant désespérément au niveau débutant – les journalistes et aficnionados rassemblés dans le foyer de la Philharmonie, en rappelant combien la Philharmonie (dont on célébrera le cinquantenaire, puisque la fameuse salle, signée Hans Scharoun, fut inaugurée en 1963) bénéficie d’une acoustique extraordinaire. A quelque endroit que l’on place les musiciens et les auditeurs, la sonorité reste d’une intense présence… cette caractéristique sera sans doute fort bien mise en valeur lors du concert très spécial du 20 octobre 2013 où Rattle dirigera la Symphonie funèbre et triomphale de Berlioz, avec spatialisation des sources musicales, une œuvre de Gabrieli pour quatre ensembles, …quasi una fantasia... de Kurtág pour piano et instruments disséminés dans la salle, et la Fantaisie sur un thème de Tallis de Vaughan Williams qui, elle aussi, fait appel à trois ensembles séparés.. Même principe de spatialisation lorsqu’il redonnera la merveilleuse mise en espace de la Passion selon saint Matthieu dans la vision de Peter Sellars, l’un des grands temps forts de la saison. Autre temps fort, toujours Bach, toujours une Passion selon saint, on ne change que le nom : Jean, encore et toujours selon la conception de Peter Sellars.

L’orchestre se Gurre

On singularisera aussi la grande soirée Schönberg avec les Gurre-Lieder, rarement donnés eu égard à la titanesque orchestration : huit flûtes, 5 hautbois, 7 clarinettes, 5 bassons, dix cors, sept trompettes, autant de trombones, un seul tuba (il n’aimait pas ou quoi ???), un terrifiant arsenal de percussion – dont des chaînes –, et des cordes bien au-delà de l’effectif habituel même du Philharmonique de Berlin, ce qui n’est pas peu dire ! Avec le chœur, on arrive allègrement à 400 exécutants. Ce sont les réalisateurs de la Salle de concerts numérique qui vont se régaler tout en s'arrachant les cheveux. Si vous souhaitez en savoir un peu plus sur l'arrachage capillaire et le reste du travail des réalisateurs vidéastes, vous pouvez retrouver l'un d'entre eux, Stéphan Aubé, interviewé (en français) par le chef d'orchestre Marc Trautmann ; cliquez sur les liens du podcast en tête d'article - tiens, justement, la captation du concert de ce samedi 27 avril 2013 est de lui, ne manquez pas l'événement !

Débuts à 91 ans : Menahem Pressler

Parmi les débuts au Philharmonique de Berlin, saluons celui de Menahem Pressler qui aura tout juste fête ses 91 ans ! Oui, c’est la première fois que cet immense musicien jouera en solo avec cet orchestre, après une brillantissime carrière avec le Beaux-Arts Trio. Autre nouveau venu, le tout neuf chef-compositeur britannique Duncan Ward, assistant de Rattle en particulier auprès de l’Académie orchestrale du Philharmonique – cette intense pépinière de musiciens d’orchestre de toute première classe. Rappelons que parmi les cinq musiciens nouvellement engagés au Philharmonique de Berlin cette année, cinq proviennent de l’Académie-maison…

Chevaux et poulains de retour

Saluons le retour, depuis bien des années, de Lorin Maazel dans un programme exclusivement Straussien, le retour attendu de Myun-Whun Chung qui l’an dernier avait décommandé sa venue au tout dernier moment « pour raisons personnelles », le retour du discret mais efficace Alan Gilbert – directeur musical du Philharmonique de New York –, le retour de Harnoncourt cette fois dans l’imposant Schumann que sont les Scènes de Faust (Rattle souligne que c’est peut-être là l’ultime apparition de Harnoncourt à l’orchestre, eu égard à son âge, 84 ans quand même…), le retour de Zubin Mehta, de Bernard Haitink, de Claudio Abbado et de Mariss Jansons. Parmi les « jeunes loups », retour aussi de Tugan Sokhiev, de Andris Nelsons (nettement moins présent quand même que la saison passée), Gustavo Dudamel et Yannick Nézet-Seguin… Quelques journalistes présents ont posé des questions quant à la succession de Rattle après son départ en 2018. Motus et bouche cousue, l’annonce n’aura pas lieu avant la fin de la saison 2014-15, même si le processus est largement enclenché – ce que l’on peut traduire par « parmi les invités et réinvités récurrents, sans doute se trouve le prochain z’heureux z’élu. Par contre, reste à savoir si l’Orchestre jouera la carte de la jeunesse flashy hypermédiatisée, de l’expérience de quelques décennies sans pour autant voter pour un ancien, ou précisément un ancien servant en quelque sorte d’intermédiaire en attendant qu’un jeune flashy devienne moins jeune, moins flashy et plus expérimenté. Une sorte de Benoit XVI entre Jean-Paul II et François ? Allez savoir.

Musique, on tourne

Comme tous les ans, l’Orchestre effectue quelques « petites » tournées européennes : Baden-Baden naturellement puisqu’il est l’orchestre en résidence de Pâques – cette année avec Manon l’Escaut de Puccini dans le domaine de l’opéra –, Paris (où la présence de l’Orchestre doit se développer au cours des saisons à venir), Vienne, Bruxelles, Salzbourg pour le Festival d’été, et Lucerne. Comme tous les ans, il effectue aussi une grande tournée extra-européenne : cette saison, ce sera le retour en Asie avec la Corée, le Japon (pas seulement à Tokyo mais aussi bien d’autres grandes villes), et l’inévitable Taipeh où Rattle jouit d’un statut quasiment comparable à celui d’Elvis Presley !

La Salle de concerts numérique

Et la Salle de concerts numérique, dans tout ça ? Fièrement, le programme de diffusion en direct des concerts par Internet annonce quelque 15.000 abonnés au niveau planétaire, bravo, dont seulement 3% en France, pas bravo. Avec toute la promotion que nous avons fait depuis 18 mois ? Nous allons donc passer à la vitesse supérieure en annonçant d’ici peu un méga-archi-extra-super-concours dont les prix ne seront pas piqués des hannetons : dix abonnements annuels à la Salle de concerts numérique (donc : tous les concerts de la saison en direct et l’accès illimité au quelque 200 concerts archivés) pour les très grands vainqueurs, cinquante abonnements d’un mois (tous les concerts du mois choisi et l’accès illimité aux archives pendant cette période) pour les grands vainqueurs. Et aux détracteurs qui estiment que le site de la Salle de concerts numérique n’existe toujours pas en français, nous annonçons que bientôt, bientôt, il le sera, nous dit-on à Berlin. Par contre, les mêmes détracteurs qui estimeraient que le Philharmonique de Berlin et Simon Rattle ne laissent qu’une portion moins que sous-congrue aux musiciens français, nous répondrons : c’est ben vrai. Deux invitées extérieures, le binôme Katia et Marielle Labèque, et une invitée de l’intérieur, la violoncelliste Solène Kermarrec, membre de l’Orchestre depuis 2007. C’est tout… misère… Berlin retentit plutôt de kikeriki, cock-a-doodle-doo, kukeleku, צפה בפרופיל, кукареку, kikerigū, 咕咕咕 et kykyryký, mais de bien peu de cocoricos.

La saison complète 2012-2013 du Philharmonique de Berlin, sujette à d'éventuelles petites modifications dont nous vous tiendrons informés au jour le jour
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Les archives de la Salle de concerts numérique, soit 195 concerts à ce jour.